1er mai : à quand une vraie fête des travailleurs ?

Publié Par Jacques Garello, le dans Syndicalisme

Le jour où les travailleurs seront libérés des leaders syndicaux, de la Sécu, et des impôts excessifs, ce sera un grand jour de fête.

Par Jacques Garello.
Un article de l’aleps.

Le 1er mai devait être leur fête. Mais la fête a été triste : fermetures d’entreprises, chômage, perte du pouvoir d’achat, impôts et cotisations en hausse, le moral n’est pas au beau fixe. Divisés et peu suivis, les leaders syndicaux ont fait également triste mine. Seuls les frontistes pouvaient jubiler, car ce qui désole les Français leur est promesse de succès.

D’ailleurs, le 1er mai a-t-il jamais été la fête des travailleurs ? Ses promoteurs et les rares qui sont restés fidèles au message originel l’ont surtout voulu et vécu comme la fête de la révolution prolétarienne : 1793, la Commune, l’Internationale Ouvrière, la Place Rouge et le Komintern. Bonne fille, l’Église (avec Pie XII) a béni le 1er mai en le mettant sous le patronage de Saint Joseph. Mais pour les catholiques, il s’agit de la fête du travail, une activité humaine fort louable, et pas de la fête d’une classe de salariés en lutte.

Pour ma part, je rêve d’un autre 1er mai, qui marquerait la vraie libération des vrais travailleurs, c’est-à-dire de tous les gens qui travaillent en apportant leur intelligence, leur savoir, leur énergie, et parfois leur argent pour créer des produits qui rendront service à la communauté. Peu importe qu’ils soient salariés, ou employeurs, ou artisans, ou libéraux, ou retraités, ils contribuent tous à la satisfaction des besoins des autres.

Or, ces travailleurs méritent d’être libérés.

D’abord et précisément d’être libérés des leaders syndicaux qui sont largement responsables de la situation dramatique où ils ont plongé ceux qu’ils prétendent représenter. Ils ne représentent rien, puisque les salariés qui sont sensés les élire sont moins de 3% à participer aux élections « sociales » dans le secteur privé, et moins de 15% dans le secteur public. Ils ne ne vivent que de privilèges, de subventions et de financements occultes dénoncés par le rapport Perruchot. Ils bénéficient aussi de l’oligopole qu’a institué une loi ridicule réservant la représentativité nationale aux cinq centrales ayant participé à la Résistance !

Non représentatifs, ils sont particulièrement nocifs. Avec l’aide de la classe politique et la complicité plus ou moins consciente des instances patronales dans le cadre du « paritarisme », ils ont inventé un droit du travail et un droit « social » qui sont des machines à tuer les emplois et les entreprises. Salaire minimum, durée légale, conditions d’embauche et de licenciement, indemnisation du chômage, allocations de toutes sortes : autant de « victoires sociales arrachées » qui sont les causes de la disparition des emplois et des entreprises. Ils sont systématiquement opposés à toute réforme significative et défendent avec âpreté les avantages qu’ils ont conquis pour eux-mêmes. Au lieu d’accepter et de développer le dialogue au niveau de l’entreprise, ils ont préféré prêcher et organiser la lutte des classes au niveau de la société.

Oui, le jour où les travailleurs français seront libérés des leaders syndicaux sera un grand jour de fête.

Autre jour de fête : le jour où ils seront libérés de la Sécurité sociale. Ce monstre dont le budget dépasse celui de l’État les tient dans un état éhonté de dépendance et d’exploitation. Les travailleurs devraient être propriétaires de la pleine rémunération de leur travail, les clients et les consommateurs ont payé le prix qu’il faut. En moyenne, sur cet argent bien gagné, la moitié va subir des prélèvements obligatoires. Par rapport au « salaire complet » (ce qu’aurait dû toucher le salarié en rémunération de son travail), la seule part qui va à l’URSSAF et aux assurances complémentaires représente un tiers du salaire net. Ainsi un smicard (1.121 euros net par mois) a-t-il vu son salaire amputé de 495 euros pour l’URSSAF et de 325 euros pour les autres institutions de prévoyance. Il aurait dû percevoir 2.040 euros, libre à lui de s’assurer soit en restant à la Sécu (coût 495 euros) soit en cherchant un assureur moins cher à prestations équivalentes. Un gain est toujours possible quand la concurrence est à l’œuvre, mais le salarié français est prisonnier d’un système qui non seulement lui est coûteux mais a toutes les chances d’exploser dans cinq ou dix ans.

Oui, le jour où les travailleurs seront libérés des leaders syndicaux et de la sécu, ce sera un grand jour de fête.

Autre jour de fête : le jour où ils seront libérés des impôts excessifs. Ils représentent en moyenne 25% de leurs gains, sous forme d’impôts sur le revenu, de CSG, de CRDS, de TVA, de TIPP (carburant), de taxe d’habitation ou de taxe foncière, sans compter les impôts « verts » qui prolifèrent.

Que reçoivent les salariés contribuables en contrepartie ? Des services publics sans nombre, qui amènent à payer une armée de fonctionnaires pour des prestations obligatoires dont certaines ne sont même pas désirées et qui seraient sans doute aussi bien fournies par le secteur privé à meilleur compte. Mais surtout des dépenses de « transferts sociaux », qui permettent à des gens de percevoir des rentes aux dépens des travailleurs. Ainsi le veut l’État Providence, l’état de l’assistance généralisée. Il prend dans la poche de Paul pour donner à Pierre en faisant croire que cet argent vient de sa bienveillance ; il en attend des remerciements électoraux chaleureux.

Oui, le jour où les travailleurs seront libérés des leaders syndicaux, de la sécu, et des impôts excessifs, ce sera un grand jour de fête.

Alors, à quand ? Au 1er mai 2017, ou 2026 ? Le plus tôt serait le mieux.


Sur le web.

  1. je défilerais le jour où on fêtera …la fin du travail . c’est dingue que des gens fêtent le travail forcé , un travail imposé par la société par des gens ne travaillant pas eux même !

    1. C est votre vision : le travail comme une aliénation ? Libre à vous . La mienne : une fierté , une autonomie , un service. Bonne journée

      1. Bravo ! Nous sommes déjà au moins deux.

        1. Non, 3!

          Je comprends bien que tout travail ne soit pas « amusant ou passionnant » mais c’est alors les relations entre collègues qui font que le travail ne soit pas une « punition ».
          Cela devrait être pris en compte par le patronat (soit toute l’équipe dirigeante: le DRH, le médecin du travail, un VRAI représentant du personnel, ou les ouvriers eux-mêmes à interroger).
          Il faut empêcher un ouvrier de s’abrutir sur une tache répétitive simple et déprimante, tous les jours de l’année, quitte à varier ses taches, à lui faire faire une formation, premier pas d’une promotion éventuelle, bref à lui laisser un espoir d’échapper à sa pénible routine qui, une fois automatisée, le conduira à l’exclusion, de toute façon.

          Ce sont évidemment les études, principalement mais pas exclusivement (mais dans quelle entreprise existe-t-il encore une promotion interne, au niveau ouvrier?), qui ouvrent la porte sur un poste « intéressant », voire passionnant.
          Or les gens sont tous différents, avec des dons particuliers et des défauts habituels. Mieux les connaitre mieux permettrait d’exploiter ses dons en évitant que ses défauts interviennent dans son job.

          C’est la finance qui, ne s’intéressant qu’au nombres, passe à côté des talents particuliers qui seraient utiles, correctement utilisés: un employé/ouvrier n’est pas interchangeable! Le chef d’équipe, quand il y en a un, sait bien, lui, à qui confier telle tache!

          C’est bien en cela que le code du travail français, cet obèse dont la cure d’amaigrissement devient urgente, ne prend pas en compte les individus: bien sûr que le jeune célibataire X est prêt à travailler plus longtemps pour prolonger le voyage exotique qu’il prévoit de faire! Il faut donc que la flexibilité profite tant au patron qu’au salarié, par avenant limité dans le temps décrivant l’exception acceptée annexée au contrat-type.

    2. Libre à vous de vivre de dons, en défilant dans la rue pour cracher sur ceux qui produisent des choses.

  2. En France ? Vous rêvez ! Ca sera JAMAIS.
    Les français n’imaginent meme pas que cela puisse se passer autrement !

  3. Il y a toujours un espoir. L’URSS s’est bien effondrée du jour au lendemain, et personne n’aurait parié dessus.

  4. Ne plus pouvoir se soigner? Ne plus pouvoir se défendre? Vivre comme un ouvrier américain?
    Etes vous fou?

    1. Ah parce qu’avec 495 euros/mois vous ne trouvez aucune assurance santé?
      Je ne vois pas en quoi on ne peut plus se défendre. Pouvez-vous argumenter?
      C’est vrai que le chômeur français est préférable à un ouvrier américain *facepalm*

      1. L’humour est décidément quelque chose de distribué bien inégalement…

    2. Qui dit qu’un ouvrier américain es malheureux?

  5. Encore et toujours une vision réactionnaire du libéralisme, A croire que ce libéralisme là est devenu le repère de tous les archaïsmes. Le drame de notre époque réside dans la perversion de l’ensemble des visions politiques : le communisme a failli à son idéal pour s’enfoncer dans la dictature. Le social libéralisme n’est plus que l’expression de son second terme, ce libéralisme de la prédation capitalistique, ce libéralisme de nomenklatura (énarchie, Xponts, fils de, Union européenne) qui confond intérêts d’une minorité et intérêt populaire. Oui, tout à fait d’accord : le libéralisme devrait-être la liberté donnée – et donc les conditions économiques et juridiques crées – afin que chacun puisse se réaliser et vivre décemment de son travail. Mais pour cela il faudrait briser les oligopoles, d’abord et avant tout les multinationales qui écrasent toute possibilité de concurrence, poussent le prix du travail à la baisse, et leurs privilèges, notamment fiscaux. Son bras armé est bien entendu l’Union européenne, dévoyée, construite sur le coup d’Etat de 2005-

    La Sécurité sociale. Il y aurait certes beaucoup à redire, en notant par exemple que la médecine dite libérale ne vit que grâce à elle, et qu’elle finance les grands groupes pharmaceutiques oligopolistiques, dont les produits et méthodes sont d’un intérêt souvent douteux au vu de l’intérêt public. Il importe ensuite de relever quelques inexactitudes matérielles : non, il n’est pas possible de trouver dans le secteur privé des prestations d’assurance santé équivalentes à celle de la Sécurité sociale. Le présent rédacteur a vécu longtemps à l’étranger. J’ai crée en Chine les activités d’une multinationale des médias et développer ses affaires. J’ai eu à m’intéresser à l protection sociale de ma famille. J’ai donc réalisé une étude de marché, où j’ai balayé les prix et prestations des divers acteurs privés. La conclusion a été nette : l’organisme le moins cher et fournissant les meilleurs prestations s’est avéré être la Caisse des Français de l’étranger. C’est le seul à couvrir la longue maladie par exemple. Et ceci pour la raison simple que la prise en charge de telles affections ne peut être rentable et ne saurait être assumé que par l’Etat.

    Je suis pour un libéralisme populaire. Il n’y en a d’ailleurs pas d’autres. Je crains que l’idée libérale soit perverti par des groupes et des intérêts qui n’en relèvent aucunement, mais auquel le terme de néo-archaïsme ou néo-féodalisme convient parfaitement bien , dans une dérive, je le répète, parallèle qu’a connu le communisme ou le socialisme.

    Si j’accepte nombre d’analyse de l’auteur – syndicalisme non représentatif, dérive de la sécurité sociale sous l’influence de gouvernances dévoyées (à ma droite comme à ma gauche), je ne reconnais pas par contre la validité d’opinions tendant à réduire le libéralisme à l’oligopole, à la réaction, à la prédation. Je ne vois pas de libéralisme sur ce site, mais bien l’expression des intérêts de groupes sociaux minoritaire camouflés derrière le paravent du libéralisme, rêvant de la féodalité et de privilèges retrouvés, en contradiction diamétrale avec l’idée libérale, dont la vocation est nativement d’être populaire.

    1. « ce libéralisme de la prédation capitalistique »
      Charabia.

      gloubiboulga

    2. Cet article est assez pitoyable effectivement.

      Je ne dirais pas qu’il est archaïque, puisque le libéralisme archaïque était au contraire humaniste, pragmatique, contextuel et grand-angle.

      Mais depuis que Marx a fait croire que le libéralisme était un anti-humanisme, beaucoup d’humanistes ont délaissé le mot « libéralisme ».

      Une première OPA a alors été faite sur ce mot, par ce que l’on appelle aujourd’hui le néo-libéralisme (je l’appelle plutôt néo-féodalisme, cela lui correspond mieux).

      Mais plus récemment, il y a eu une deuxième OPA sur ce mot réalisé par les libéraux dogmatique-asociaux (dit libertariens aux USA, vu que le mot libéral y a suivi là-bas ses origines sociétales et non ses origines économiques). Et je pense que c’est bien ce courant politique qui a influencé notre pauvre auteur, consciemment ou pas.

      Ces dogmatiques-asociaux sont des libéraux certes, mais pour la plupart ils sont une caricatures du libéralisme : non-pragmatique, non-contextuel, positivistes. A l’image de beaucoup de militants d’extrême-gauche, ils confondent les perspectives de court, moyen et long terme, et ne tiennent aucun compte de l’histoire présente, ni des connaissances actuelles en ethnologie, sociologie, neurologie, psychologie et même en économie, où l’on intègre désormais de plus en plus de paramètres lors de l’analyse des externalités positives et négatives prévisibles.

      Si nous voulons être des militants utiles à l’espèce humaine, nous nous devons d’être des chercheurs en politique, et adopter une démarche scientifique, c’est à dire méthodique et modeste : une théorie irréfutable est par définition non scientifique. Les théories « libertariennes » sont le plus souvent de simple pseudo-sciences, comme le marxisme et le freudisme l’ont été avant elles.

      Il y a beaucoup de propositions intelligentes de court terme à faire pour débloquer le malentendu actuelle sur le droit du travail. Cet article n’en fait aucune. Il ne fait au contraire que renforcer les blocages actuels. C’est triste.

      1. « par ce que l’on appelle aujourd’hui le néo-libéralisme »

        Pouvez-vous me donner un exemple de néo-liberté ?

  6. Nous sommes trois.

    Le travail rend libre et digne. Il y a aucune fierté à aller se prostituer devant un fonctionnaire pour avoir de l’argent gratuit des autres.

    1. En fait 4, au moins! ( 😉 (voir plus haut)

  7. « Il aurait dû percevoir 2.040 euros »

    Normalement c’est plus, 2300-2400 euros, allègements Fillon pour les smicards oblige.

  8. vive le syndicalisme a la chinoise, indonésienne, kowietienne……pour la liberté du travailleur dans un monde capitaliste parfait ou le renard est libre dans la basse cour pour le plus grand bien de la volaille.

    1. « le renard est libre dans la basse cour pour le plus grand bien de la volaille. »

      Les exemples ne manquent pas : Staline, Castro, Kim Jong-Un, Pol-Pot, Ho-Chi-Minh, Mao.

      Le Droit, la justice doivent vous être étrangers.

    2. Oui.. Heureusement qu’en France on a un berger bienveillant (l’état) pour nous plumer et nous affamer lui même. Encore que celui ci prend de moins en moins la peine de s’assurer que la volaille ne souffre pas. Sur qu’on a vachement de leçons à donner aux chinois en terme de non corruption.

      1. Il est clair que vous n’avez pas de leçon à donner (ça énerve tout le monde, d’ailleurs, même si on préfère en rire!).
        Mais comment pouvez-vous admettre que cet état consomme, chaque année, 57,5 % de P.I.B., dont on dit qu’il correspond (vaguement!!!) à la richesse produite? Seul sans doute, Louis XIV a fait pire, et encore!! Sans compter que ça ne suffit pas et que la dette augmente chaque année?

        Les gouvernements passent et aucun n’ose une réforme de fond pour corriger ce délire! C’est incompréhensible!

        1. ?
          Avez vous compris le sens de ce que j’ai écrit? Ou alors c’est moi qui ne comprend pas ce que vous écrivez, mais je n’ai pas dit « youpi c’est génial, l’etat pompe 57% du pib ». Il me semble même avoir été clair sur le fait que c’est le problème justement.

  9. DEMMER François

    Il n’y a que le Christ pour nous rendre notre liberté et certainement pas, les politiques, leaders syndicaux et lampistes du genre, alors pour ce 1er Mai : vive le Christ Roi !

    1. A chacun ses grigris.

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