Ma vie d’expat’ en Inde et en Thaïlande

Publié Par Ma Vie d'Expat, le dans International

Une interview par la rédaction de Contrepoints.

 

Une petite présentation ?

Je m’appelle Pierre, j’ai 29 ans, je suis célibataire, originaire de Normandie, actuellement en Thaïlande à Bangkok depuis deux ans, après avoir passé un an à Delhi en Inde.

Quel est votre parcours professionnel ?

Titulaire d’un bac STI mécanique, j’ai ensuite fait un IUT mécanique puis une école d’ingénieur spécialité conception mécanique. J’ai fini par un stage de fin d’études en marketing et ayant beaucoup apprécié cette expérience, j’ai souhaité continuer dans le marketing/commerce de produits industriels.

Pourquoi être parti ?

J’avais envie de découvrir autre chose, j’avais un peu la bougeotte, et surtout une grosse envie de bosser en anglais, de pouvoir vraiment m’améliorer, de pouvoir enfin communiquer avec bien plus de gens. J’ai eu la chance de trouver un VIE1 en Inde. Je n’ai pas trop hésité, c’était l’occasion de relever le défi !

Pourquoi ce pays ?

Au hasard ! Pour l’Inde, le VIE que j’avais trouvé partait là-bas… Au moins ça change ! Et puis tant qu’à faire de découvrir quelque chose de nouveau, autant que cela soit vraiment différent.

Ah oui, et aussi parce que financièrement c’est ultra rentable un VIE la bas… avec un coût de la vie incroyablement faible et un salaire (il dépend des régions) plutôt très élevé pour un jeune diplômé…. Lançons-nous…

Avez-vous eu des doutes, et comment les avez-vous gérés ?

Plein ! Dans l’avion en partant, la première semaine, après 1 an, après 2 ans…

D’abord parce que l’Inde ce n’est pas la porte à coté, si quelque chose vous manque c’est compliqué de rentrer pour le week-end. Ensuite parce que finalement on « abandonne » tout le monde pour 1 an (pour moi) famille, amis, etc… on rate des occasions (mariages, anniversaires, naissances…) de ses proches.

Il y aussi le pays. L’Inde est un pays merveilleux mais extrêmement « dur ». S’adapter n’est pas si facile. Heureusement nous sommes tous dans le même bateau et rencontrer des expats’ de tous les pays est plutôt simple.

Après un an, c’est reparti pour la Thaïlande, encore pour le boulot. Bien sûr, j’ai dit oui ! Qui dirait non à un boulot en Thaïlande ? Plages de rêve, peuple souriant, …

Voilà maintenant 2 ans que j’y suis…

Un bilan aujourd’hui : que vous a apporté l’expatriation ?

L’expatriation ça fait grandir, je la conseillerais vraiment à tout le monde. On rencontre des personnes différentes, des cultures différentes, etc, on apprend une nouvelle langue, une nouvelle façon de penser.

On découvre tellement de choses incroyables que ça serait difficile de lister…

Bangkok backstreet By: Ahron de LeeuwCC BY 2.0

 

Est-ce que vous vous sentez encore Français ? Pourquoi ?

Ha ha ha, bien sûr que je reste Français ! D’abord parce que la nourriture française me manque tous les jours, même si la nourriture asiatique est très bonne.

Ensuite parce qu’il est finalement extrêmement difficile de vraiment s’intégrer en Asie, je resterais toujours le « blanc », « farang », … de service.

Et puis parce que la France ce n’est pas si mal. D’accord c’est un pays très encadré, « on ne peut rien faire » est une phrase que j’entends régulièrement, tant au niveau du boulot (paperasse insurmontable, taxes, …), qu’au niveau personnel (tout est cher, impôts, vacances).

Mais sous ces airs de pays de rêve, la Thaïlande est officiellement le pays où il y a un des plus gros taux de mortalité sur la route (2ème), et je ne parle pas de l’Inde… (officieusement on bat des records. Que dire de la Chine…). La pollution y est terrible, il n’y a aucune norme…

Les rackets par la police locale, dans tous les pays, sont réguliers simplement parce que l’on conduit ou que l’on souhaite ouvrir un commerce… les arnaques sont journalières et sous leurs sourires chaleureux nous restons des vaches à lait… Pas d’assurances, ni de retraite, encore moins de chômage…

 Autre chose à ajouter ?

Vivre dans un pays est bien différent que d’y passer quelques semaines ou mois en vacances, L’administration peut être pire qu’en France, obtenir des papiers légaux est un parcours du combattant… Certes tout n’est pas rose en France, mais nous sommes quand même très bien lotis !

Vous souhaitez participer à la série ? Contactez-nous à redaction@contrepoints.org !

  1. Volontariat international en entreprise.
  1. Merci Pierre, tres interessant et tellement vrai.

  2. Je vis aussi en Thailande, mais je suis retraité. Je respire un air de liberté que je ne retrouve plus en France (où je passe quand-même qqs mois, à la belle saison). Il y aurait tant à dire sur ce qui va ici et ce qui ne va pas. Pourtant, le bilan est globalement positif. J’étoufferais de rester en France toute l’année.

  3. Merci Pierre ! 🙂

  4. Il faut comparer ce qui est comparable eu égard aux infrastructures, notamment l’administration et la corruption. Et en parlant d’ouverture d’esprit, si en mettant le pied en Inde ou en Thailand, vous ne voyez pas les differences vous sauter aux yeux, vous avez un serieux probléme d’évaluation de la réalité. L’Inde est une économie de facteur de production (comme les matieres premieres, l’agriculture etc.) basés sur du travail non-qualifié. Dans ces pays, on trouve l’Iran, le Vietnam et l’Angola par exemple. En ce qui concerne la Thailand, c’est une economie des facteurs d’effectivité (l’économie s’industrialise et developpe des économies d’échelle, les grandes firmes á fortes densités de capital dominent) comme la Chine, l’Indonésie, Mexico ou le Bresil. En ce qui concerne la France, nous appartenons aux economies d’innovation comme l’Allemagne, le Royaume Uni, les Etats Unis. L’économie est dépendante de l’innovation, qui est demandeur de savoir spécialisé et le secteur des services est en expansion.

  5. Fondation pour l'innovation politique

    « Une émigration française existe donc bel et bien, et doit être appréhendée par les pouvoirs publics dans sa globalité, en tant que phénomène recouvrant divers profils ». Pour en apprendre davantage sur les raisons et sur les coûts de l’émigration des français, la Fondation pour l’innovation politique vous invite à lire la note de Julien Gonzalez « Trop d’émigrés ? Regard sur ceux qui partent » (https://lc.cx/4d2Z)

  6. Merci Pierre, c’est bien vrai.. je peux vous le dire.. l’Inde, je connais bien. Ils ont de tres bons ingenieurs chez GE, Baxter. . La pollution en Chine est terrible, j’ai vu l’evolution du pays de 1997 A maintenant.. .Je suis tout A fait d’accord les anarques, les rackets sont courant. Vous avez raison quand vous dites Vivre dans un pays est bien différent que d’y passer quelques semaines ou mois en vacances, j’ai vecu en Chine, En Europe et maintenant aux Etats unis ( pays que j’aime beaucoup, j’aime le people resilient et travailleur,,,, je me revolte contre tous les clichés que je lis en France sur les Americains..surtout les intellectuels d’un anit americanisme primaire..c’est effarant. Tout n’est pas beau, certes, mais c’est le pragmatism que j’admire le plus, et de trouver des solutions.. Quand je telephone en France, j’entends souvent les gens se plaindre de tout,, rien ne va..et pourtant, certains peuples les envient ( retraite, assurance etc).. desolee pour l’omission des accents. interessant article,

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