Santé : aucun risque à manger de la viande, du fromage, du beurre

Publié Par Ronald Bailey, le dans Santé

Par Ronald Bailey.

Produits alimentaires (Crédits : US National Cancer Institute, libre de droits)

Produits alimentaires (Crédits : US National Cancer Institute, libre de droits)

Le BMJ, anciennement British Medical Journal, a publié une fantastique nouvelle étude qui fouille des données vieilles de 40 ans sur les effets de la consommation de graisses saturées sur la mortalité et les maladies cardiaques. Cette recherche était un essai d’intervention aléatoire contrôlé, sur l’alimentation, en double aveugle, avec des groupes parallèles, effectué dans le Minnesota à la fin des années 60 et au début des années 70, où 9000 participants ont été nourris soit de diète contenant des graisses saturées, tels de la viande, du lait, des œufs, ou de diète contenant des graisses polyinsaturées, principalement de l’huile de maïs.

Les participants étaient plus de 9000 hommes et femmes, âgés de plus de 20 ans, et admis soit en maison de repos, soit dans l’un des six hôpitaux psychiatriques du Minnesota. L’expérience a duré entre 41 et 56 mois. Les chercheurs ont essayé de découvrir quels effets un régime pauvre en graisses saturées aurait sur les taux de cholestérol, les maladies cardiaques et la mortalité globale.

Huiles végétales et cholestérol

La consommation des huiles végétales a réduit le taux de cholestérol des participants à qui on en donnait. Alors que les chercheurs de l’époque, dans les années 70, n’ont pas relevé d’effet sur les tendances de pathologies cardiaques, ils pensaient que si leur expérience avait été prolongée, les avantages de réduction du cholestérol auraient fini par émerger. Les résultats de leur étude n’ont jamais été publiés, quoique les chercheurs aient rapporté certains de leurs résultats préliminaires à la conférence de la American Heart Association en 1975.

Pourquoi donc les résultats d’une étude si rigoureuse n’ont-ils pas été plus largement publiés ? Le BMJ cite aussi le biostatisticien Steven Broste ayant utilisé ces données du Minnesota dans sa thèse de Master en 1981, et qui n’a pas détecté de différences de mortalité entre les groupes consommant des graisses saturées et insaturées. D’après le Washington Post, Broste suggère

qu’au moins une partie de la raison de la publication incomplète des données pourrait avoir été la nature humaine.

Les chercheurs du Minnesota avaient une théorie en laquelle ils croyaient, selon laquelle réduire le cholestérol dans le sang rendrait les gens en meilleure santé. En fait, cette idée était répandue et allait bientôt être adoptée par l’État fédéral dans ses premières recommandations en matière de nutrition. Dès lors, quand les données qu’ils avaient collectées chez les patients psychiatriques se sont révélées en conflit avec cette théorie, les scientifiques ont pu éprouver une certaine réticence à croire ce que leur expérience a dévoilé.

Les résultats allaient à l’encontre de ce que les gens croyaient à l’époque, a dit Broste. Tout le monde pensait que le cholestérol était le coupable. Cette théorie était si répandue, et on y croyait si fort, et soudain elle n’était pas supportée par les données. Était-ce une mauvaise théorie ? Ou étaient-ce de mauvaises données ? Ma perception est qu’ils se sont retrouvés coincés à essayer d’interpréter les données.

La récupération et la réinterprétation des données par le BMJ mettent maintenant en évidence que le régime à base d’huile végétale a fait baisser le taux de cholestérol, mais pas la mortalité ni les maladies cardiaques. En fait, pour les participants de plus de 65 ans, des taux de cholestérol plus faibles ont conduit à des taux de mortalité plus élevés, et non plus bas. De plus, les chercheurs du BMJ ont exhaustivement passé en revue d’autres essais contrôlés et ont rapporté « qu’ils n’apportent pas de soutien à l’hypothèse traditionnelle sur l’alimentation et le cœur ».

Recommandations cœur-santé

L’étude du BMJ est une étude supplémentaire dans une ligne de recherche en pleine croissance, qui mine les recommandations alimentaires « cœur-santé » de l’État fédéral et de l’American Heart Association (AHA). L’AHA avertit quand même :

Il existe beaucoup d’informations conflictuelles sur les graisses saturées. Devrais-je en manger ou pas ? L’American Heart Association recommande de limiter les graisses saturées que l’on trouve dans le beurre, le fromage, la viande rouge et d’autres produits d’origine animale. Des décennies de science saine ont prouvé que cela peut faire monter votre taux de « mauvais » cholestérol, et augmenter votre risque de maladie cardiaque.

La chose la plus importante à se rappeler c’est le tableau global de la nutrition. Les graisses saturées ne sont qu’un morceau du puzzle. En général, vous ne pouvez pas vous tromper en mangeant davantage de fruits, de légumes, de grains complets et moins de calories.

Quand vous entendez parler du dernier régime en vogue, ou d’une théorie sur l’alimentation nouvelle ou d’apparence étrange, tenez compte de la source. L’American Heart Association ne fait ses recommandations qu’après avoir soigneusement considéré les dernières preuves scientifiques.

Il y a de moins en moins de preuves conflictuelles, et une soigneuse considération s’impose peut-être, en effet. Voyez l’émission de Reason TV, Comment l’État vous fait grossir, Gary Taubes sur l’Obésité, les Glucides et la Mauvaise Science

Traduction Contrepoints.

Sur le web

  1. lowcarb forever
    ne laissons pas les gvt nous dicter des règles absurdes basées sur des fantasmes médicaux orientés pas nos chers labo pharma.

  2. Ce sont les dizaines ou centaines de millions de dollars déversés sur le corps médical par les lobbies du maïs et du soja quo ont implanté l’idée devenue dogme de la nocivité des graisses saturées et du cholestérol. Pur lobbying…..

  3. Bref, il suffit de manger de tout en quantité raisonnable! C’est ce que j’ai toujours pensé et pratiqué.

  4. Ceci étant ça fait 30 ans (1986) avec Montignac qu’il y a en France de la littérature grand public sur la dangerosité des sucres et amidons … (glucides à IG élevé)
    L’état est mauvais là comme ailleurs, mais on n’est pas obligé de le suivre.

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