Le revenu universel : instrument de liberté

Publié Par Vincent Delhomme, le dans Philosophie

Par Vincent Delhomme.
Un article de Trop Libre

Alban Gonzalez Freedom-Creative Commons

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Le revenu universel a pris une place proéminente dans le débat public. De la gauche radicale aux Républicains, de Frédéric Lefebvre à Delphine Batho, un consensus semble se dessiner autour de cet instrument pour mettre fin au fléau de la pauvreté et de l’exclusion. Gaspard Koenig, président du think tank Génération Libre, en a également fait un de ses combats1. Pourtant, l’idée continue de susciter l’opposition de nombreux libéraux.

Pour comprendre les raisons de ce rejet, il faut sans doute revenir à la célèbre distinction établie par Isaiah Berlin2 entre liberté positive et liberté négative. D’un côté une liberté entendue comme la stricte absence d’interférence externe dans les actions de l’individu, de l’autre une idée de maîtrise de soi, de capacité à agir selon sa volonté propre et de réaliser ses fins. On peut dire que la tradition libérale s’appuie majoritairement, mais pas exclusivement, sur  la conception négative de la liberté, méfiante à l’égard de l’État et du pouvoir en général.

Liberté positive

Cette liberté positive, c’est justement elle qui se trouve au fondement de la plupart des arguments en faveur du revenu universel. Comme le dit Philippe Van Parijs, « le revenu de base, c’est une affaire de liberté »3, entendez la capacité donnée à tous les individus de vivre dignement et de faire leurs choix. Assurément, pour une personne démunie ou sans abri, la liberté demeure un concept assez théorique, et la certitude de ne pas être « contraint » n’apporte dans ces cas-là que très peu de réconfort. Néanmoins, défendre une définition de la liberté comme réalisation de soi nécessitant le versement d’un revenu est assez problématique, puisqu’elle ouvre la voie à la satisfaction de tous les désirs individuels par la coercition et la spoliation.

Pour répondre à la question de la pauvreté, à laquelle les libéraux sont particulièrement sensibles contrairement aux caricatures qui en sont faites, ceux-ci ont privilégié la logique du « filet de sécurité », une aide ciblée en faveur des plus démunis assurée par l’État, ou bien celle de la charité privée.

Pour autant, en changeant de prisme, il est possible de défendre l’idée d’un revenu universel inconditionnel sans tomber sur cet écueil. On peut mobiliser pour cela une autre conception de la liberté, celle de la tradition dite « républicaine4 », défendue le plus récemment et le plus clairement par Philip Pettit, une liberté comme non-domination5. Pour Pettit, la liberté positive n’est pas satisfaisante, mais la liberté entendue négativement est également insuffisante en ce qu’elle laisse de côté les situations de domination, lorsqu’une personne peut contraindre un individu de manière non coercitive. L’exemple pris est celui du « bon tyran » qui, par faiblesse ou par inclinaison, a les moyens de vous contraindre mais ne le fait pas. Il n’y a pas de situation de coercition au sens propre du terme, mais la menace que fait peser sur vos choix ce pouvoir arbitraire restreint votre liberté. À l’inverse, toute interférence n’est pas constitutive d’une domination dans la mesure où celle-ci provient d’une source non arbitraire, pour Pettit, un droit démocratiquement élaboré.

Non domination

Cette situation peut s’illustrer de manière encore plus claire par des exemples tirés de la vie courante. Le conjoint vivant sous la coupe de l’autre et ne pouvant quitter le domicile familial car ne disposant pas de ressources est-il libre ? Négativement il l’est s’il n’est pas physiquement empêché de partir, mais sa situation précaire le retient en réalité de faire ce choix. Il est dominé et n’est donc pas libre. Autre exemple, celui d’un employeur tyrannique et d’un salarié contraint de resté à son poste non pas par la force, mais par la certitude qu’il ne retrouvera pas de travail s’il le quitte. Là encore, le « républicain » y verra une situation de domination et de privation de liberté, le « négatif » n’y verra rien de tel.

C’est là que l’argument du revenu universel entre en jeu6. Il permet d’éliminer nombre de ces situations courantes de domination liées à la subsistance, en donnant aux individus le pouvoir de s’y soustraire. Assuré d’un revenu lui permettant de survivre, l’individu est véritablement autonome, libéré de toute exploitation que feraient les autres de sa situation de faiblesse. Comme le dit Philip Pettit, il peut regarder ses semblables dans les yeux.

Défendre ainsi le revenu universel n’a pas seulement l’avantage de pouvoir répondre de manière juste à des situations très concrètes, cela permet d’apporter une alternative à des arguments beaucoup moins séduisants du point de vue de la liberté. Ici, comme déjà évoqué, pas question d’envisager le revenu universel comme une aide à l’individu pour réaliser ses fins. Cette logique des « droits à » est dangereuse, et n’est que le vernis qui couvre l’inflation du périmètre de l’action publique. Il n’est pas question non plus d’envisager ce revenu comme une « dette » de la société à l’égard de l’individu. Il n’est de société que d’hommes. Enfin, cette conception évacue aussi tous les discours sur une prétendue « justice sociale », objet inconnu dans une société fondée sur l’ordre spontané, où nul plan préétabli ne décide de la répartition des revenus.

Enfin, et c’est là un argument plus pratique que théorique, on peut conjecturer que l’instauration d’un revenu universel permettrait de répondre au besoin primaire de sécurité, majoritaire dans l’opinion publique démocratique, condition indispensable à la remise en cause dans un deuxième temps des protections et des rentes qui minent le développement économique et le progrès social. Comme le disait magistralement Bertrand de Jouvenel : « Il me fâche d’accabler la tendance libérale. Son tort est d’être établie dans des positions intenables contre le raisonnement autant qu’inopposables aux besoins et aux passions. […] L’image qu’elle forme du Pouvoir ne répond à la réalité d’aucun temps et d’aucun pays. Jamais il ne s’est interdit le domaine des intérêts économiques et sociaux. La négation libérale est donc, dans les formes qu’elle revêt, toute utopique »7.

Sur le web

  1. Gaspard Koenig et Marc de Basquiat, LIBER, un revenu de liberté pour tous, 2014.
  2. Isaiah Berlin, Deux conceptions de la liberté, 1969.
  3. L’Express, En France, l’idée d’un revenu de base universel fait son chemin, 5 février 2016.
  4. Le terme républicain ne se réfère pas ici à la République en tant que système politique, mais à un courant de pensée en philosophie politique, le republicanism.
  5. Philip Pettit, Republicanism : A theory of freedom and government, 1997.
  6. Pour aller plus loin, se référer à : Philip Pettit, A republican right to basic income ?, 2007.
  7. Bertrand de Jouvenel, Du Pouvoir, 1972.
  1. Pour combattre ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, inutile de discuter ni d’écouter leurs arguments, commencez par leur donner un nom dévalorisant : les libéraux négatifs ! Proclamez-vous vous libéraux positifs comme d’autres se sont nommés progressistes.
    S’ils sont négatifs c’est qu’ils sont mauvais, évidemment ! La boucle est bouclée.
    C’est à gerber. Plus besoin d’arguments.
    Mais si la vie est une contrainte : suicidez-vous, ce sera libérateur !

  2. Le RU comme condition à la remise en cause des rentes et des protections qui minent le développement???
    On ne voit pas comment l’universalité déclarée d’ une nouvelle rente va permettre de mettre fin à ce phénomène économique autrement que par la seule sémantique.
    S’il suffisait d’ avoir de belles intentions pour mettre en route pareil généreux système sans qu’il ne nuise à personne!!!
    Dans les faits, pour payer ce revenu universel, il n’y a pas cinquante méthodes viables sérieusement utilisées en moyen unique ou en mix, autres que
    La création monétaire par la planche à billets,
    L’ endettement par l’ emprunt perpétuel,
    La ponction autoritaire sur le travail d’une fraction de la population pour financer le RU de ceux qui ne travaillent pas + le coût de la machinerie administrative ad hoc…
    Et même la ponction sur ceux qui travaillent de ce qui sera leur part personnelle du RU sera une escroquerie puisqu’il leur faudra acquitter les frais de la machinerie administrative…
    On en revient donc toujours concrètement aux problèmes engendrés par la générosité aux frais des autres, des merveilleuses idées si tentantes dans la théorie…

    1. Les libéraux se distinguaient naguère des socialistes par leur capacité à mesurer arithmétiquement les conséquences de leurs choix. Il semble que cet heureux temps soit en voie de disparaître.

      1. Sans jamais avoir été appliqué de façon totale, le Libéralisme est comme l’écologie, on le retrouve partout à dose plus ou moins grande sans jamais être appliqué de façon totale.
        Un principe de réalité voudrait donc qu’il ne peut en être autrement.

  3. Revenu universel (qui n’a jamais été une théorie de Friedman) immigrationnisme pantois, toutes ces belles théories évoqués par des leadeurs au charisme creux comme Verron, Koening. Une petite clique se serait elle arrogée le droit de revendiquer de porter haut l’étendard des libéraux français…

    1. surtout que le revenu universel est clairement incompatible avec l’immigration libre.

  4. Pour ma part je trouve le fond de l’article intéressant, même si je partage l’avis d’Aristarkke sur l’impossibilité de financer un RU de façon acceptable.

    Je trouve le fond de l’article pertinent car j’ai vécu les différentes situations évoquées : liberté sans pouvoir réellement l’exercer (salariat, vie sociale, etc.). Mais avec l’âge j’ai compris une chose : la liberté n’a pas un coût, elle a un prix. Celui de l’inconnu, du risque, du renouvellement.
    Qu’aurait valu ma liberté de quitter mon employeur si j’avais pu disposer d’un RU « gratuit » pour la financer, même partiellement ? Pas grand-chose. Certes, à 30 ans j’aurais certainement trouvé ça bien, valorisant, nécessaire même. J’aurais juste quitté la prison d’un patron malfaisant pour celle d’une société civile anonyme. Belle victoire !
    Ça m’aurait bien aidé à l’époque, c’est vrai. Mais si mon « moi » d’aujourd’hui rencontrais mon « moi » de l’époque, je me proposerais de chercher un ami, un membre de la famille qui veuille bien me loger quelques temps, ou m’avancer un peu d’argent, afin que je puisse me libérer d’un fardeau subi. Le remboursement de la dette (morale pour l’hébergement, financière pour l’aide économique) est le prix de la libération : je l’aurais payé sans hésiter.
    Et d’ailleurs, c’est ce qui s’est passé…

    Quitter son conjoint alors même qu’on n’en a pas les « moyens économiques » n’a pas besoin d’être financé par la société civile dans son ensemble : c’est là aussi une question individuelle, et de solidarité de proximité. La liberté n’est et n’a jamais été synonyme de qualité de vie ou d’indépendance. Elle n’implique nullement une solidarité imposée à tous. Mais elle a pourtant un prix.

    Plutôt qu’envisager un RU qui ne ferait que remplacer une spoliation légale par une autre, pourquoi ne pas travailler sur un système assurantiel privé ? Si je suis salarié, je devrais avoir le droit de financer une assurance « perte d’emploi », à mes frais. Que je démissionne ou que je sois licencié, peu importe : j’aurai droit à une prestation. Pas forcément de même montant. Pas forcément de même niveau. Mais c’est assurable.
    Et si trop de salariés en profitent pour quitter leur emploi et se la couler douce, les primes augmenteront : le système s’équilibrera. Dès lors où les pouvoirs ne se mêlent pas du truc, ça va de soi !

    Si je n’adhère nullement aux visions de certains libéraux (où autres) qui prônent le RU, le problème posé mérite toutefois une réflexion sérieuse.
    AMHA.

    1. Désolé mais les assurances ça ne marche pas comme ça. L’assurance couvre un événement incertain et aléatoire (le risque). Aléatoire dans le langage de l’assurance c’est l’imprévisibilité et l’indépendance de la volonté de l’assuré : si vous voulez couvrir une démission c’est comme si vous vouliez couvrir ceux qui mettent le feu à leur maison. Ceci ne s’applique bien sûr pas aux démissions légitimes (harcèlement sexuel etc…) mais celles là se règlent déjà au tribunal et sont indemnisées suivant le jugement.
      Sinon actuellement tout est assurable et même si des compagnies n’en font pas la publicité il est possible d’assurer une perte d’emploi même si ce n’est pas adossé à un crédit immo.
      Pour les personnes en « errance » il est déjà possible de les prendre en charge fiscalement, on peut soit déduire un peu plus de 10,000€ par an (jje n’ai pas le chiffre exact) ou les inclure dans votre nombre de parts s’ils vivent avec vous.

      1. Entièrement d’accord.
        Il est en effet bon de rappeler que les assurances couvrent des risques aléatoires et indépendants de la volonté de l’assuré. Mon propos n’était pas de changer ce périmètre mais bien de montrer que face à des situations subies ou partiellement choisies (une démission pour cause de harcèlement p. ex.) peut avoir d’autres réponses que le RU.
        En tant qu’ancien libéral (profession libérale, comprenons-nous bien), j’avais la possibilité de m’assurer contre une perte de revenus liée à différentes causes. Cher, compliqué à faire jouer : j’ai préféré économiser ces cotisations considérable et le épargner. Bien m’en a pris

  5. Comme si les alcooliques et les drogués. allaient devenir vertueux en leur donnant une grosse dose d argent gratuit.

    Le RU n est que du communisme puisque les bénéficiaires seraient de facto des fonctionnaires. Ce serait surtout une super allocation braguette.

  6. La pensée magique: saison 2!
    L’argument opposé aux libéraux contre le « ru » est l’argumentaire pragmatique développé par l’auteur. Qui est une reformulation de liberté formelle à liberté réelle des socialistes. Il serait facile de le démonter, déconstruire point par point, mais fastidieux encore et encore . L’ analyse économique suffit à reveler l’idiotie du projet ,je renvoie à l’article de H16 à ce sujet . Raymond Aron disait : une idée fausse et une idée qui amène au contraire de ce qu’elle énonce …

  7. On est quand même très orienté coté receveur de ce RU. Et évidemment dans ce cas c’est super pour la liberté. Qui ne souhaiterais pas recevoir chaque mois un peu (ou beaucoup même, soyons fous) d’argent ?

    Mais l’article oublié que pour que le receveur obtienne cet argent il faut de l’autre coté qu’un petit gars se lève et aille travailler. Ensuite il faudra lui confisquer le fruit de son travail pour le donner à d’autre (avec évidemment moult ponctions pour financer receveurs, contrôleurs, et agents divers). Donc on donne de la liberté aux uns en la retirant aux autres.

    Ce n’est pas vraiment libéral comme systeme. ET le fait que tout le monde puisse en bénéficier n’enlève rien au fait que certain vont devoir travailler plusieurs jours gratuitement pour financer ce systeme.

    Non, définitivement ça n’a rien de libéral.

    1. abavala faut qu’il y en ait un qui casse l’ambiance ! :mrgreen:

  8. Le revenu universel ne peut pas marché, jamais. Quoiqu’il arrive, vous aurez une inflation qui annulera son effet donc retour à la cause départ. Personne n’a jamais argumenter contre ceci car c’est juste le réel, tout comme argumenter contre la gravité.

    RU = inflation = RU = inflation = sans fin

  9. Autre exemple, celui d’un employeur tyrannique et d’un salarié contraint de resté à son poste non pas par la force, mais par la certitude qu’il ne retrouvera pas de travail s’il le quitte.
    Dans une situation libérale aurait-il cette certitude ?
    Probablement pas, le chômage de masse étant une conséquence de l’interventionnisme de l’état. L’auteur n’est pas capable de raisonner autrement que toutes choses égales par ailleurs.

  10. 1. « Il est possible de donner une assise libérale au revenu universel, celle d’une liberté comprise comme l’absence de domination. ».

    Sophisme que cela. Un droit à quelque chose n’existe que parce qu’il implique une obligation réciproque pour quelqu’un d’autre. Pour percevoir effectivement un revenu universel, il faut bien qu’en amont quelqu’un le financer. Comme ce ne sont pas un droit et une obligation qui relèvent d’un rapport contractuel librement consenti, c’est que nécessairement quelqu’un subit une contrainte, en l’occurrence celui qui doit exécuter l’obligation.

    2. « Cette liberté positive, c’est justement elle qui se trouve au fondement de la plupart des arguments en faveur du revenu universel.Comme le dit Philippe Van Parijs, « le revenu de base, c’est une affaire de liberté »3, entendez la capacité donnée à tous les individus de vivre dignement et de faire leurs choix. »

    Ces gens ne comprennent même pas le distinction qu’ils invoquent.

    En fait ils usent des propriétés des libertés négatives pour faire comme si elles relevaient des libertés positives. La liberté positive repose sur l’idée que les individus voient leurs choix limités par la nature, leurs capacités et les ressources dont ils disposent ou que leurs capacités leur permettre d’obtenir, etqu’ainsi les possibles ne sont pas accessibles à tous de la même façon. Le principe consiste donc à prétendre qu’on doit y suppléer pour mettre chacun devant la possibilité effective de pouvoir choisir entre les options.

    La liberté négative repose sur l’idée que les individus doivent pouvoir, dans les limites des possibles offerts par leurs ressources et capacités, choisir librement sans entraves de la part des autres.

    Si c’est une question de capacité à faire des choix librement comme le dit le texte, c’est de liberté négative dont ils parlent, pas de liberté positive. Et il s’avère précisément -contrairement à ce que dit le texte- que le fait de contraindre quelqu’un à remplir une obligation pour financer ce revenu universel l’empêche lui de faire ses choix librement. Avec le revenu universel on réduit la possibilité des individus de faire leur choix. Ce qu’on améliore c’est le nombre d’option disponibles pour certains au détriment de la liberté de choix des autres.

    On a là un sophisme supplémentaire. Ces gens argumentent comme si les uns défendaient une liberté négative et les autres une liberté positive qui a tout autant de valeur mais repose sur un principe différent, comme si elles étaient simplement orthogonales. Elles ne le sont pas. La liberté positive, au sens où ils l’entendent, ce n’est pas simplement de la liberté positive, c’est la négation de la liberté négative.

    Le revenu universel ne repose pas simplement sur la liberté positive, il implique la destruction de la liberté négative.

    3. « Pour répondre à la question de la pauvreté, à laquelle les libéraux sont particulièrement sensibles contrairement aux caricatures qui en sont faites, ceux-ci ont privilégié la logique du « filet de sécurité », une aide ciblée en faveur des plus démunis assurée par l’État, »

    Absolument pas. L’auteur rêve debout. Cela c’est ce que demandent les socialistes. Toute protection sociale qui implique par un fonctionnement collectiviste obligatoire une participation forcée à un ensemble ne peut -par essence- pas être libéral.

    4. « Non domination ».

    L’argument sur la non domination, en plus d’être faux est ridicule.

    Lorsque notre nature animale et la rareté des ressources impliquent que nous avons des besoins à satisfaire et que leur satisfaction implique un effort ou un coût, il n’y a aucune domination là dedans. Personne ne domine personne. Si dans une situation A possède une ressource que B pourrait vouloir, mais que A n’est pas volontaire pour échanger et satisfaire ainsi le besoin de B, A ne domine pas B. Si A accepte d’échanger et que B n’a en l’état pas d’autre moyen de satisfaire ses besoins que d’échanger avec A, personne ne domine personne, pour la simple et bonne raison que le fait de dépendre de ses propres besoins qui nous poussent à échanger n’a rien a voir avec la domination de soi par autrui. La notion de domination impliquer de pouvoir imposer sa volonté à l’autre. A n’est pas en mesure d’imposer quoi que ce soit à B. A la rigueur on peut discuter du fait qu’il puisse y avoir dépendance, mais assurément pas domination. Mais de parler de dépendance n’arrangerait plus les collectivistes, parce que cela justifie moins l’intervention: c’est tellement plus noble d’éliminer une domination que d’éliminer une dépendance.

    Et à l’opposé de ce que laisse entendre l’auteur, la domination elle apparaît lorsque B prétend pouvoir contraindre A à fournir une ressource avec ou sans contrepartie peu importe pour obtenir une liberté positive, parce que la domination est précisément le mécanisme qui détruit la liberté négative pour introduire par la contrainte l’obligation de fournir à autrui une liberté positive.

    En fait l’auteur importe dans les libertés positive quelque chose qui n’a rien à y faire et qui relève en réalité des libertés négatives. Comble de l’imposture, il associe même aux libertés négatives la domination, qu0’il entend éliminer par l’introduction d’une dose de libertés positives. Il associe l’absence de domination aux libertés positives, alors que la liberté positive implique au contraire une domination. C’est la liberté négative qui élimine toute domination et l’absence de liberté négative qui implique une domination.

    On dirait un texte socialiste où on use de novlangue pour inverser les valeurs et le sens des mots. La liberté positive c’est l’absence de domination comme la guerre c’est la paix ou la liberté c’est l’esclavage pour reprendre l’aphorisme d’Orwell. Ce genre de galimatias pour faire passer des vessies pour des lanternes on en a a longueur de journée à la télévision et sur tous les sites et dans tous les journaux d’information classiques. C’est la marque de fabrique des collectivistes. Merci on a déjà donné. Voilé que contrepoint s’y met aussi autant sur la position défendue que sur la méthode argumentative. Si contrepoint devient un site collectiviste de plus, autant le dire tout de suite, on ira directement lire les originaux comme Terra Nova au lieu de perdre du temps ici.

    1. Négation de la liberté négative, je le pensais en lisant l’article.
      Bonne analyse, claire.., rien à redire.

    2. Parfaitement expliqué !

    3. Pierre Kirool (futur émigré)

      C’est vous que l’on devrait publier à la place de ce Monsieur!

    4. @libertarien belle démo 🙂

  11. à défault de donner de l’argent , donnons des bons d’achat ….y compris aux députés en guise d’indemnités de frais de mandat , au moins on est sur que ça servira à  » faire tourner l’économie ……

    1. Comment seraient financés vos bons ?

  12. Le revenu universel c’est la même erreur sur la valeur que les 35h. Croire qu’une heure travaillée est aussi efficiente qu’une autre heure travaillée. Croire qu’un revenu Universel a pour chacun la même valeur. Ça va créer plus de frustrés, des jaloux, des iniquités que de gens contents. Machine a gaz qui ,entraînera 25% de fraude et une dépense collective démesurée…

    Un revenu universel de 300€ donne 65m2 à Saint-Bonnet-le-Château, en centre ville. https://www.leboncoin.fr/locations/770209878.htm?ca=11_s , par contre avec 300€, « 0 » « zéro » logement à Paris ou région parisienne….

    1. Sans oublier que les politocards pourront encore faire assaut de démagogie et de clientelisme.

  13. Il suffit d’utiliser une Robinsonnade, comme le faisait souvent Murray Rothbard, pour se rendre compte de l’absurdité du concept de liberté réelle (cad marxiste) que l’auteur utilise sous le vocable de liberté positive.

    Sur une ile déserte, il y a Robinson et Vendredi.

    Les 2 ne sont pas libres au sens positif ou réel, Est-ce une raison pour asservir Robinson à Vendredi ou l’inverse pour soit disant en « libérer » un ?

    Avec le raisonnement par Robinsonnade on se rends bien compte que le RU n’est qu’un esclavage de plus …

  14. Il est assez amusant qu’un libéral actualise avec des mots neufs la vieille distinction marxiste « libertés réelles/libertés formelles » (le pluriel n’est pas un hasard : cette distinction a pour substrat le refus de penser « la » liberté comme concept ).
    Nous vivons dans un cadre où les deux se mêlent, et chacun fait individuellement des choix liés à sa volonté de prise de risque -volonté que nul n’a le droit de juger de l’extérieur : qui osera dire à l’employé mal payé et chargé de famille qu’il « doit » exercer son droit de quitter son employeur ? Mais il y a aussi des salariés qui créent leur entreprise -sans pour cela aller forcément à Londres- Bref, ne hiérarchisons pas, nous n’en savons pas assez sur la vie de chacun, et ses contraintes.
    En revanche, il ne s’ensuit nullement de cela une justification « libérale » du R.U. : quelle que soit la manière dont on le fonde, y compris comme « créateur de liberté réelle » (j’évite positif et négatif, mots affectivement connotés), le R.U. est un droit-créance : « J’existe, vous me devez tant par mois ». En tant que tel, il restera toujours, qu’on le tourne dans tous les sens qu’on veut, un droit sur le travail d’autrui, avant même d’en avoir fourni soi-même, et donc, pour tous ceux qui s’en satisferaient, sans jamais en fournir. Il n’est pas difficile de voir que le résultat économique autant que social ne peut être que la faillite.

  15. Pierre Kirool (futur émigré)

    Résumons.

    On part d’une idée idiote emprunte de sentimentalisme : aider le pauvre SDF à se sortir de sa condition en lui filant un billet. C’est bien connu, donner gratuitement de l’argent à quelqu’un le rend libre. On se demande comment on y avait pas penser plutôt. Si je ne m’abuse les SDF peuvent déjà bénéficier du RSA. Apparemment, ils n’ont pas l’air d’être plus libre qu’avant… Une question débile va tout de suite se poser : à partir de combien d’argent reçu on devient libre ? 500 euros, 1 000 euros, 1 millions d’euros? On peut multiplier les interrogations à l’infini. À partir de quel niveau de diplôme je suis positivement libre? Brevet, bac, bac+5, diplômé d’Harvard?

    Rajoutons aussi la faculté à voir des opprimés partout qu’il faut absolument libérer du joug de leur tyrans : les tyrans étant ici à peu près tout le monde, vous et moi en tant que conjoint ou employeur. Gageons que l’auteur nous trouve d’autres exemples concrets de tyrannie…

    Pour faire prendre des vessies pour des lanternes on procède par une distinction fumeuse entre libéraux négatifs et libéraux positifs dont on se demande d’ou elle peut bien sortir. On fait intervenir un concept fumeux de « non-domination » dont on se demande d’ou il peut bien sortir.

    Ça permet plusieurs choses :
    -disqualifier sans même avoir à argumenter les opposants au projet en leur niant le qualificatif de républicain (notion élastique qui peut vouloir dire tout et son contraire selon les désirs de l’auteur) et donc de les placer de facto dans le camps du mal et les défenseurs du projet dans le camps du bien.
    -donner l’illusion de la nouveauté et donc de progrès
    -triturer dans tous les sens les notions pour arriver à faire entrer le projet dans la théorie

    Bien évidemment, on envisage pas une seul seconde que les solutions puissent venir du privé. Il faut un système de redistribution gérè par l’État. Les solidarités familiales, amicales et associatives n’existent pas. Il y aurait comme une lacune du privé. Ne parlons même pas de l’idée que les situations dénoncées puissent être la conséquence directe de l’intervention étatique…

    Éludons complètement la question du financement de ce dispositif, alors que concrètement on se propose de faire payer par des millions de personnes la « libertés » de quelque uns (oui parce que quelques milliers de SDF et quelques milliers de conjoints sans moyens financiers rapportés à la population totale ça fait pas beaucoup) en ajoutant en plus de cela les salaires des fonctionnaires et coûts structurels liés à la collecte et à la redistribution.

    Ne réfléchissons surtout pas sur les conséquences économiques comme sur l’inflation, l’appel à l’immigration, la désincitation à travailler etc

    Terminer par affirmer sans se démonter que c’est pour la liberté et que c’est ça le vrai libéralisme.

    Ce texte de nature profondément socialiste est dangereux en ce qu’il ignore totalement les conséquences de long terme sur l’économie et en ce qu’il est fondé sur une idéologie qui consiste à voir dans chaque relation sociale un rapport potentiel de dominant-dominé. On a vu sur quoi ont dégénéré ce genre de penser par le passé…

  16. Encore un liberal-voleur qui pense qu’on a le droit de voler ses pairs pour distribuer un revenu inconditionnel. C’est une abomination, et c’est insupportable tant du point de vue philosophique que pratique.
    Assez.
    Comme si seuls les libéraux soi-disant négatifs étaient contre. Une grande partie de la population est contre.
    Employez votre énergie sur les sujets vraiment utiles et important.
    Ras le bol.

    1. Y’en a marre.

  17. Une solution si est plafoné à un pourcentage du PIB par voie constitutionelle ( sous forme d’un impot négatif par exemple) et réservée aux seuls citoyens en attendant que des alternatives suffisantes privées se mettent en place…

  18. Quand une personne n’a plus accès à son minimum biologique et social, elle n’est plus libre…Et est à la merci d’irresponsables cyniques et sommes alors ici bien loin de toute forme de liberté.

    1. Toujours la même tournure passive et impersonnelle de phrase qui voudrait faire croire qu’il n’y a pas de responsable.
      Posez vous les questions suivantes ?
      – Pourquoi une personne se retrouve dans cette situation ?
      – Quelle est sa part de responsabilité personnelle ?
      – Si elle est victime, alors qui est coupable ? (évitez la sôôôciété hein)
      – Qu’a-t-elle fait ou pas fait pour se retrouver dans cette situation ?
      – Comment peut-elle s’en sortir ?
      – Doit-o lui donner du poisson ou une canne à pèche ou un manuel pour savoir pécher ?

      « A la merci d’irresponsables cyniques… » ? : mettez des noms sur ceux que vous accusez. J’aimerais d’ailleurs bien savoir qui pourrait avoir intérêt à profiter de quelqu’un qui n’a rien et qui peut rien apporter (prélèvements d’organes, vite des noms!) ; au contraire il trouvera certainement des gens prompts à vouloir l’aider ou des gens indifférents.

      1. Nous sommes tous responsables de ce que nous faisons et de ce que nous sommes, nous sommes donc d’accord. Là où nous divergeons c’est que pour relancer celui qui est au fond du trou il doit au minimum avoir quelques forces pour arrêter la dégringolade et remonter.

        Des noms d’irresponsables cyniques ? Prenons par exemple les vendeurs de sommeil ou les proxénètes, ils emploient qui à votre avis ? Des filles qui sortent de sciences po ? Ils sont là pour les aider peut-être ? C’est un exemple et il y en a tant d’autres dans un environnement qui ne fait rien pour protéger les plus faibles…

        Inutile de nier cette spirales de la déchéance, et de la faune, bien plus nombreuse que les bisounours, qui n’hésite pas à exploiter le peu de valeurs ajouter qu’il peuvent produire, c’est une ressource inépuisable la misère.

        1. Pierre Kirool (futur émigré)

          Votre foi en l’humanité fait chaud au coeur!

          1. Disons que je ne crois au monde des bisounours

        2. bonjour bigbug

          Oui mais le RU est tout sauf une aide aux plus démunis qui elle est conditionnelle.
          Donc vous êtes hors sujet.

          Laissez le marché faire et on verra si la misère augmente ou diminue.

          L’argumentaire classique des socialistes est de critiquer le libéralisme (il n’est pas parfait comme vous le dîtes dans votre post plus haut) et de proposer un système totalitaire qui au final aggrave la situation et nous aliène tous, vous et moi.

          Regardez l’état de la france, plein de SDF plein d’aigris.

          Soyez libre!

          1. Bonjour gillib,

            C’était quoi le titre de l’article déjà ?

        3. « Des noms d’irresponsables cyniques ? Prenons par exemple les vendeurs de sommeil ou les proxénètes, ils emploient qui à votre avis ? »

          Vous ferez attention BigBug vous essayez de solutionner une conséquence au lieu de rechercher la cause. Les socialistes font souvent ça : ils créent un problème puis font une loi pur résoudre la conséquence. Donc reprenons :

          Les vendeurs de sommeil : outre qu’ils apportent un service sans mettre un flingue sur la tempe, il faut se demander pourquoi il est interdit de louer un local de moins de 9m². Il y a 40,000 chambres de bonne sur Paris qui sont d’offices retirées du marché. Mettez les sur le marché et les prix descendront. Et protégez moins de façon générale le locataire et tous les prix de l’immobilier baisseront. Modifiez l’ordonnance du 18 août 1667 qui fixe la hauteur maximale à la hauteur des corniches parisiennes à 8 toises (15,6 mètres) et alors comme dans toutes les villes on pourra construire plus haut et il y aura plus de logements.

          Les proxénètes : qui a fermé les maisons closes dans lesquelles les mères maquerelles prenaient bien soin de leurs pensionnaires (santé et protection) afin d’assurer la renommée du lieu. En fermant ces maisons ils ont mis sur le pavé et sans défense ces gagneuses qui n’ont eu comme choix que de se jeter dans les bras d’un maquereau pour ne pas se faire violenter par un autre. De même la loi les empêche de se mettre en ménage puisque le compagnon d’une tapineuse est obligatoirement assimilé à un proxénète.

          Quand vous déclarez qu’un logement ou un travail est illégal vous mettez les gens dans l’illégalité et l’insécurité. Vu ?

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