Pourquoi l’anarchie n’est pas viable

Publié Par Hadrien Gournay, le dans Philosophie

Par Hadrien Gournay.

Anarchy in Berlin crédits Carl Hiett (CC BY-NC-ND 2.0)

Anarchy in Berlin crédits Carl Hiett (CC BY-NC-ND 2.0)

L’anarchie n’a pas été la solution retenue par les premiers philosophes libéraux qui ont plutôt porté leur choix vers le gouvernement représentatif. Au cours du XXème siècle, certains libéraux contestèrent ce choix. Selon eux, le recours à l’État par les libéraux classiques était en contradiction avec le respect des droits de l’homme et de la liberté qu’ils avaient en même temps promu. Tout État suppose une coercition qui est par elle-même une atteinte à la liberté de chacun. La solution traditionnelle était d’accepter la coercition exercée par l’État pour éviter une coercition plus grande et de la limiter au maximum par le jeu de l’équilibre des pouvoirs. Une partie de plus en plus grande des libéraux contemporains a pensé que cette coercition initiale n’était pas nécessaire et que dans tous les cas, elle n’était pas légitime. Le choix entre l’anarchie et l’État doit donc être précédé de la réponse à ces deux questions : la liberté, la sûreté et la propriété individuelles sont-elles mieux protégées avec ou sans État ? Dans le premier cas, est-on en droit de limiter la liberté personnelle pour mieux la garantir ensuite ? C’est la réponse à la seule première question que nous rechercherons ici. Pour cela, nous affinerons par étape notre modèle de société sans État en présentant différentes hypothèses anthropologiques avant de confronter le tout à la réalité historique.

1ère étape : la société des hommes sans foi ni loi

Tentons de décrire la marche d’une société sans État composée d’hommes dont l’intérêt propre est le seul critère guidant les actions. Sans scrupules de conscience, prêts à tuer pour atteindre leurs buts, de tels hommes seraient aussi sans haine, sans cruauté et sans fanatisme et n’hésiteraient pas à s’associer lorsqu’ils y trouvent leur intérêt. Le jeu des intérêts personnels peut-il pacifier une telle société ? Analysons les incitations connues par les hommes égoïstes que nous venons de présenter. Il y a pour eux une tension entre deux méthodes permettant de profiter du travail d’autrui : la coopération et la violence. L’échange implique de fournir une contrepartie tandis que la violence a par elle-même un coût. L’une ou l’autre des deux solutions sera mieux adaptée selon les cas. Notons simplement ici le fait que si l’échange libre est toujours intéressant, l’exercice de la contrainte peut l’être davantage.

Lorsque A veut opprimer B, une société sans État fournit-elle à B des moyens de se protéger si A est physiquement plus fort que lui ?

B peut alors former avec C une association par laquelle ils se préserveront mutuellement de la violence de A. Cela résout le problème de B et de C mais pas celui de la violence d’une société sans État car B et C peuvent très bien s’entendre pour réduire A en esclavage. Il est vrai que A pourrait s’associer à D et à E pour se protéger de B et de C… avant de tenter à leur tour de les exploiter ! Le problème est sans solution car il n’y a pas de raison pour que l’agence de sécurité ne soit par une autre face d’une bande criminelle, qui si elle est plus forte qu’une autre bande pour défendre ses membres est également plus forte pour tyranniser ceux de la bande opposée. En toute logique, sur un territoire donné, ce processus d’accroissement et de regroupement des agences de sécurité/bandes criminelles devrait aboutir à l’assujettissement, contraire aux souhaits des anarchistes, d’une minorité par la majorité de la population.

La domination de la majorité ne semble pourtant pas une description adéquate de l’ensemble des sociétés humaines. Tentons de parfaire ce modèle en intégrant à notre analyse deux mécanismes de nature à corriger et préciser le sort d’une société sans État.

2ème étape : coûts de transaction et passager clandestin

Soit un territoire divisé en gangs criminels répondant à la description précédente et représentant chacun 10 % de la population. Un gang particulier est en extension. Les autres gangs auraient alors intérêt à s’unir pour fonder une confédération susceptible de s’opposer à lui. Les coûts de transaction rendent cependant la formation de cette confédération aléatoire. En effet, un brigand peut préférer rechercher une part du butin moins probable mais plus grande en intégrant une bande plus petite plutôt que de le partager avec un trop grand nombre d’associés. Les gangs en question peuvent hésiter à s’associer pour des raisons comparables ou rendre les discussions menant au regroupement longues et complexes. Si enfin, la confédération a été constituée, son succès sera loin d’être garanti. La défiance entre les membres augmente avec la taille du groupe, chacun espérant en tirer parti en contribuant au minimum à son fonctionnement. Bien souvent, le gang plus petit, plus efficace car plus soudé, triomphera d’une semblable confédération, large mais fragile.

Cela précisé, il importe finalement assez peu du point de vue des défenseurs d’une société sans État qu’une minorité ou une majorité domine la société. Par contre, il est possible de se demander si la bande qui a ainsi soumis la société est devenue un État. Elle ne le serait pas si elle laissait à ses membres la liberté de la quitter mais pourquoi traiterait-elle ceux qui l’ont quittée mieux que ceux qui lui étaient déjà extérieurs ?

En supposant enfin que la double nature des agences ne soit pas un problème, leur efficacité serait limitée à partir d’un certain seuil par le phénomène du passager clandestin. En effet, l’abri offert par les agences aurait un effet pacificateur sur les sociétés qui couvriraient également les non adhérents. Nous insistons cependant sur le fait que ce problème de passager clandestin ne limiterait l’efficacité des agences qu’au-delà d’un certain seuil. Il n’en risque pas moins d’avoir une importance cruciale dans la phase de disparition d’un État.

Nous ne pouvons toutefois rien conclure avant d’avoir révisé notre hypothèse anthropologique.

3ème étape : la découverte de l’empathie et de la solidarité

Il n’est pas difficile de s’apercevoir que les hommes ne correspondent pas au portrait cynique que nous avons d’abord tracé d’eux. Ils sont capables de faire preuve d’empathie, de solidarité voire de risquer, jusqu’à un certain point, leur vie pour leurs proches. Cette solidarité peut s’étendre à des inconnus présentant des caractéristiques communes. En pratique, la langue, la culture et la religion sont les agrégateurs les plus puissants à la base de ce processus d’identification. Il peut tout aussi bien résulter de la désignation de l’extérieur d’un groupe de personnes comme d’une cible. Pour prendre un exemple, si les roux étaient l’objet d’une persécution, la plupart des roux deviendraient solidaires d’autres roux persécutés qui leur sont inconnus. Enfin, l’extension la plus grande que puisse atteindre le principe de solidarité humaine est la solidarité minimale de l’homme pacifique ou solidarité rationnelle. L’homme prend alors parti pour la victime, et contre son agresseur, pour la seule raison qu’elle est une victime, en dehors de tout processus d’identification complémentaire. Ce sentiment peut être dit rationnel, dans la mesure où un monde sans agression est préférable à un monde où l’on peut être tout aussi bien l’agresseur que la victime.

Il reste à mesurer l’efficacité de ces formes de solidarité pour assurer le développement pacifique d’une société sans État. Ces sentiments ont tendance à perdre en intensité ce qu’ils gagnent en extension. Le souci que les hommes ont pour leurs proches les rend capables de sacrifices plus grands que la pitié ou la colère face à l’injustice subie par des personnes vivant aux antipodes. La seule solidarité rationnelle risque alors de laisser les hommes aussi démunis que de pacifiques et timides agneaux face à la témérité du loup. Si cette problématique du passager clandestin était trop aiguë, l’État serait l’extension naturelle de ce sentiment de solidarité rationnelle.

Par opposition, la solidarité pour les membres du groupe restreint présente dans les sociétés tribales est beaucoup plus puissante. Ces sociétés ont toutefois une très lourde contrepartie du point de vue de leur capacité à assurer la paix entre les hommes : l’hostilité pour les membres des autres groupes (ou la xénophobie). Bon pour ses proches, l’homme tribal peut en toute conscience massacrer le membre de la tribu ennemie qui tombe sous sa main. In fine le monde tribal risque de ressembler assez fort au monde des hommes « sans foi ni loi » décrit auparavant.

4ème étape : la prise en compte de la réalité historique 

Les deux modèles présentés ci-dessus correspondent assez bien aux exemples historiques des sociétés les plus proches de l’anarchie : les sociétés tribales et les sociétés féodales.

La vie des sociétés tribales, notamment en Afrique et en Amérique du nord pré-coloniales, fut régulièrement émaillée de guerres entre tribus jusqu’au jour où l’une d’elle parvenait à former un empire. Dans les sociétés féodales, la classe guerrière, chevaliers et seigneurs du moyen-âge européen, Daïmios et Samouraïs du Japon, formaient à la fois des sociétés de sécurité rendant un réel service défensif à leurs membres d’abord, à la population ensuite, tout en tentant de subjuguer leurs adversaires et d’asservir villes et paysans. Le sort des populations était ambigu puisque si une protection leur était effectivement offerte, elles devaient la payer lourdement et n’avaient guère le choix de leur protecteur. Le monde tribal est plutôt un monde pré-étatique où de fortes solidarités entre membres du groupe coexistent avec l’hostilité pour l’extérieur. Les sociétés féodales sont liées à la décomposition d’un ordre étatique dans lequel les solidarités tribales avaient auparavant perdu leur efficacité. Aussi, le monde féodal ressemble-t-il à celui où les intérêts personnels prédominent. (Cf II première partie). Monde tribal et monde féodal se rapprochent lorsqu’une tribu domine un empire dans le premier cas, ou lorsque la classe guerrière contrôlant la société se rassemble autour d’un roi ou d’un empereur dans le second cas.

Ces expériences ne donnent pas de signes d’une bonne performance du marché libre dans le domaine de la sécurité. Les exemples de réussites anarchiques, les plus souvent cités par les anarcho-capitalistes, l’Irlande du IXème siècle ou l’Islande médiévale étaient des sociétés rurales. Son application réussie à une civilisation urbaine serait une preuve plus convaincante de la possibilité de vivre en anarchie à notre époque. Ces expériences et bien d’autres montrent cependant que si la solidité du rempart qu’il constitue est davantage sujette à caution, un droit peut assurément émerger sans État. Dans les systèmes sans État, le droit et la violence se côtoient.

Par ailleurs, la quasi-totalité des terres émergées est aujourd’hui sous la juridiction d’un État particulier. Est-ce parce que, comme nous le décrivions plus haut, les agences de protection se sont combattues jusqu’au moment où l’une d’elle a acquis le monopole de la violence sur un territoire donné ? En réalité, la souveraineté d’un État sur tout ou partie d’une zone donnée peut être liée à une conquête qui a pu s’exercer contre une anarchie ou un autre État. La première possibilité ne valide pas les capacités défensives d’une société anarchique. La seconde conduit à s’interroger sur la première présence réellement étatique sur le territoire en question. L’acquisition progressive du pouvoir par des personnes placées au cœur du jeu social constitue alors une hypothèse concurrente à la dégénérescence violente de la concurrence entre sociétés de sécurité. Dans ce cas la question de la pérennité de l’anarchie persiste mais n’est plus posée dans les mêmes termes.

Pour conclure, le niveau de protection des droits individuels en fonction des systèmes politiques pourrait être évalué ainsi , de 0 à 100 : Anarchie 20 – Minarchie 90 – Démocratie libérale 75 – Sociale-démocratie 50 – Dictature 30 – Totalitarisme, guerre et guerre civile 10.

Si nous acceptons le principe selon lequel nous pouvons accepter une coercition si elle permet d’en prévenir de plus importantes, la minarchie et la démocratie libérale devraient être le but des libéraux. Toutefois, une défense ultime de l’anarchie pourrait être ainsi tournée : si l’anarchie nous entraîne toujours vers l’État, pourquoi ne pas attendre tranquillement l’apparition de celui-ci ? Il y a une double objection à cette solution : la société anarchiste tout comme l’État (ou le pouvoir) qui suivra cette anarchie auraient toutes les chances d’être plus violents que l’État limité conçu par le premier libéralisme.

Il semble que telle l’hydre dont la tête est tranchée, le pouvoir que l’on détruit se décompose en fragments plus redoutables.

 

  1. Un bel exemple de biais : confirmation d’hypothèse et dissonance cognitive.

  2. Les arguments historiques me semblent hautement discutables…

  3. mais bien sûr, et avant 1789, il nous semblait parfaitement impossible de vivre sans Roi, et de laisser les gens choisir leur vie par le vote en démocratie, un truc parfaitement impossible, aucun exemple précédent n’ayant existé, la démocratie grecque n’étant pas un vrai exemple.

    blablabla

    les mêmes disent que le téléphone portable était du domaine de la pure utopie …

  4. « Les deux modèles présentés ci-dessus correspondent assez bien aux exemples historiques des sociétés les plus proches de l’anarchie : les sociétés tribales et les sociétés féodales. »
    Dire que la féodalité est proche de l’anarchie est un contresens qui provient du fait que l’on regarde l’état d’atomisation du pouvoir pour le comparer à une entité politique (disons la France) qui n’existe pas encore. Il faut quand on regarde l’époque féodale faire fi du résultat bien postérieur qui est la nation française, on voit alors des règles et des ordres très définis très loin de l’idée d’anarchie.

    1. Le maintenant classique argument Somalie…

      1. Je ne comprends pas le sens de votre réponse, la Somalie n’est pas un système féodal ce me semble. Quel lien avec ma remarque ?

  5. Article imbuvable, qui se veut possesseur de la vérité absolue sur l’anarchie, mais qui ne donne aucun argument.
    Toujours cette même idée non fondée qu’une anarchie serait une société violente sans foi ni loi, c’est tellement absurde. Les anarchistes ne rejettent pas les règles communes, ils souhaitent une société ordonnée mais sans Etat (ni autre puissance coercitive). Enlever la supériorité d’individus ou de groupes sur d’autres aurait au contraire pour conséquence de diminuer la violence (un homme seul ou une entreprise n’ont ni les moyens financiers et moraux pour enrôler une armée et partir à la guerre).
    Quant au rapport à l’histoire, désolé mais les sociétés tribales ou féodales ne sont en rien proche d’une anarchie. La plupart des sociétés tribales sont dirigées par un chef (souvent d’ordre patriarcale d’ailleurs), la coercition y est forte et les libertés inexistantes. Les sociétés féodales n’étaient pas une sub-division d’Etat ou un pré-Etat, mais un Etat à part entière dans une organisation différente de l’actuelle. Ces sociétés étaient encore une fois dirigées par des seigneurs prêtant eux-mêmes allégeance à un roi, je ne vois pas où est la proximité avec une anarchie.
    Enfin, qui peut croire à la pertinence de quantifier le niveau de protection des différentes sociétés? Comment ce calcul a-t-il été établi? Pourquoi 20% et pas 25%? C’est d’un ridicule.

    Pour conclure, cet article aurait pu tenir en une seule ligne : « moi j’aime pas les anarchies, c’est pas bien, vive l’Etat! ».

    1. «Toujours cette même idée non fondée qu’une anarchie serait une société violente sans foi ni loi, c’est tellement absurde. Les anarchistes ne rejettent pas les règles communes, ils souhaitent une société ordonnée mais sans Etat»

      Oui, mais la question est précisément de savoir ce qu’il se passe avec les individus qui rejettent les règles communes (totalement ou partiellement).

      Moi aussi je suis pour la non-agression, mais comment ça se passe face à un groupe qui envisage d’agresser autrui ?

      1. Les anarchistes (les vrais, pas les zadistes qui veulent tout casser) reconnaissent l’existence de règles essentielles pour une vie en société, mais ces règles et cette société ne peuvent pas être dirigées que ce soit par un groupe ou un seul homme, rien ne peut être supérieur en pouvoir à l’individu.

        Seulement, il serait stupide d’ignorer la nature humaine et évidemment que les sociétés anarchistes ne seraient pas un monde de bisounours où tout le monde est beau et gentil.

        C’est pourquoi il y aurait nécessité d’avoir une justice et des forces de l’ordre, comme dans nos sociétés actuelles, mais qui seraient indépendantes de tout pouvoir et dont la seule fonction serait de nous protéger de ces personnes ou groupes de personnes voulant attenter à nos libertés.

        Ce serait encore plus stupide de répondre à ce genre de question en disant que les solutions sont faciles, car elles ne le sont pas. Il est impossible de prédire ce qui arriverait alors, mais on peut déjà réfléchir au cadre de cette société.
        La justice serait là pour protéger la société de certaines personnes, on pourrait donc imaginer l’existence de jurys populaires lors de procès pour représenter cette même société.

        1. Donc les sociétés anarchistes, ne pouvant être un monde de bisounours, finiraient par constituer une structure étatique mais qui ne dirait pas son nom car « l’État c’est mal ! » Au départ je croyais que les anarchistes étaient des bisounours, mais en fait je me rends compte que ce sont de piètres théoriciens : je ne sais pas ce qui est le pire. :facepalm:

          1. Je ne suis pas d’accord. J’ai l’impression que selon vous dès que l’ordre est établi et régi par des règles nous sommes forcément sous l’égide de l’Etat. C’est tout simplement faux, et un manque d’imagination d’une société qui n’existe pas encore.
            L’Etat à la différence d’une société anarchiste ordonnée a le monopole de la violence, dirige les individus par la coercition, et même dans les démocraties les plus directes, seule une majorité dirige la vie de minorités.
            Je ne vois pas en quoi une société anarchiste qui essayerait de maintenir l’ordre lorsque celui-ci est menacé serait semblable à une structure Etatique. Vous n’appuyez votre vision par aucun argument, donc niveau piètre théoricien je ne sais pas qui est le plus à même de donner des leçons.

            1. Nul manque d’imagination. L’imagination est la faculté de se représenter un objet en conformité avec son concept, et cela sans sa présence effective (présence difficile à réaliser, pour le coup, si la société n’existe pas encore). Ainsi pour être en état de m’imaginer une telle société, encore faudrait-il que j’en comprenne le concept. Mais, pour reprendre le mantra des adeptes du duck typing, « Si je vois un animal qui vole comme un canard, cancane comme un canard, et nage comme un canard, alors j’appelle cet oiseau un canard ». Et là, vous dîtes, je vous cite :

              « La justice serait là pour protéger la société de certaines personnes, on pourrait donc imaginer l’existence de jurys populaires lors de procès pour représenter cette même société. »

              Il y aurait donc une justice incarnée par des jurys populaires qui représenteraient cette société. Mais cette justice, pour rendre son verdict, devra bien, d’une manière ou d’une autre, s’appuyer sur des règles implicites ou explicites admises par les membres de cette société, autrement dit sur des Lois. Et une fois la sentence prononcée, il faudra bien une instance pour l’exécuter et l’appliquer, non ? Autrement dit un pouvoir exécutif. Ainsi cette société imaginaire semble bien posséder une structure trinitaire : législative, exécutive et judiciare; c’est à dire un État !

              Pour ce que vous décrivez être l’État, vous décrivez ce qu’est un État dont la constitution est despotique. Au fond, vous soutenez la thèse qu’à l’heure actuelle tous les États existants ont pour fondement une constitution despotique : je vous laisse assumer une telle position.

    2. «Les anarchistes ne rejettent pas les règles communes, ils souhaitent une société ordonnée mais sans Etat»
      Ils souhaitent le paradis sur terre, quelque chose qui n’a jamais existé d’après nos connaissances, et si par miracle une telle société a existé un moment (une sorte de secte à gourous multiples bienveillants?,….), elle a été incapable de protéger cette société et ceux qui en dépendaient contre les autres sociétés.

  6. Pour les exemples modernes d’ « anarchie », voir Somalie, Libye, Syrie, Irak. Dans les 2 premiers, l’État a fonctionnellement disparu. Dans les 2 derniers, il est devenu une faction parmi d’autres.

    De mon point de vue, sauf à des moments et dans des lieux précis et circonscrits, l’anarchie n’existe pas. Toute société humaine, quelque soit ça taille, finit par s’organiser.

    1. @ cypher7th :

      Pour un libéral, l’anarchie ne s’entend que capitaliste, cad avec le strict respect du droit de propriété, ce que n’est pas la Somalie, Libye, etc …, là ce n’est que de l’anarchie pure/chaos, ou anarchie libertaire, cad sans respect du droit de propriété et sans sociétés privées pour le faire respecter.

      1. Stéphane: « cad avec le strict respect du droit de propriété »

        Et qui va le faire respecter ?

        1. @ Ilmryn :

          des agences de sécurité privées mises en concurrence.

          Sans état, qui va vous soigner et vous rembourser ? des cliniques privées et des assurances privées en concurrence….

          1. Stéphane ,

            «  »des agences de sécurité privées mises en concurrence.

            Sans état, qui va vous soigner et vous rembourser ? des cliniques privées et des assurances privées en concurrence… » »

            Bien sûr , mais la faiblesse de ce raisonnement est bien qu’il faut tjrs une structure quelquonque qui chapeaute ce qui précède et évite que vos agences de sécurité privées se taillent des baronnies ( féodalité ) dans les zones où elles travaillent où mettent en place des structures qui aménent rapidement au retour de l’état abhorré et quelle structure revient immédiatement pour empêcher le retour de la féodalité , dictature d’un groupe , théocratie ou n’importe quoi d’équivalent : un état bien sûr …

          2. Stéphane: « des agences de sécurité privées mises en concurrence. »

            Je suis impatient de voir ce que va donner la concurrence entre l’agence privée de la CGT, celle du MEDEF, celle des faucheurs volontaire, celle du FN, celle du NPA etc. etc.

    2. D’abord, même si on a des convictions vraiment libérales, individuellement, on ne peut évidemment pas contraindre un autre individu d’avoir les mêmes conceptions: c’est le problème de la France où le libéralisme est loin d’être un courant dominant. Vous, libéraux français, vous me semblez tenter de définir un libéralisme aussi pur que parfait, théoriquement, par le discours et de moins en moins incarné.

      Moi, je crois que le libéralisme est une conception à défendre qui peut nous aider à vivre: il est comique qu’on diminue le rôle de l’état dans mon pays, alors qu’il enfle en France, sans aucun bénéfice pour la population qu’on met à contribution de plus en plus, au seul profit du bloc politico-administratif: anciens énarques administratifs à l’exécutif, y compris le président, et fonctionnaires, profession majoritaire à l’assemblée nationale législative: les dés sont pipés!

      Soyez peut-être moins théoriques ou purs mais plus pragmatiques et efficaces et qu’on puisse trouver en politique des libéraux qui modifient la « glissade » actuelle de la France! Ça vaut le coup! Non? (L’anarchie n’a évidemment aucune chance, actuellement!)

  7. vous ne pouvez pas faire l’économie de notions qui hélas ne sont pas du tout traitées : l’efficacité (chance de succès et gain en cas de succès) et le cout de l’agression, et ceux de la résistance (dépense, risque de perte et amplitude de la perte).
    L’Etat (ou plus généralement le pouvoir établi, l’agence de sécurité, etc.) est un organe qui REDUIT fortement les couts de l’agression, en échange du réduction de l’incertitude et de la quantité perdu (typiquement : la moitié).
    Nous somme tous Ulysse confronté au choix entre Charibde (une chance sur deux de tout perdre) et Scylla (certitude de perdre la moitié), et l’équilibre de la terreur des pouvoir est qu’en pratique il est raisonnable d’opter pour la certitude de perdre la moitié (Scylla), au profit de ceux qui optent pour la possibilité de tout perdre … ou qui n’ont rien à perdre pour diverses raisons (notamment parce qu’ils sont à l’abri dans leur forteresse ).
    Ainsi, le débat anarchie Vs Etat est-il biaisé, et même dépourvu de sens.

    1. @P :

      L’absence d’état ne veut pas dire absence d’agences de sécurité privée rendant un meilleur service de sécurité que l’Etat.

      Comme disait Bastiat, sous prétexte que l’on ne veut pas que l’état s’occupe de la production de blé, vous en déduisez que nous ne voulons pas que les hommes mangent du pain …

  8. Le sort des populations était ambigu puisque si une protection leur était effectivement offerte, elles devaient la payer lourdement
    Mais moins lourdement qu’en France aujourd’hui.

  9. Sketch de quelques minutes qui présentent une limite intéressante à l’anarchie :

    1. Ce sont juste des ados attardés…

      Wikiberal:
      L’anarchie que proposent les anarchistes n’est pas l’absence d’ordre, de règles, de structure organisée ; cette réalité-là se définit comme de l’anomie.
      La distinction entre anarchisme et anomie est d’ailleurs une des principales différences entre anarcho-capitalistes et anarcho-collectivistes. Cette distinction est fondamentale pour comprendre ce qui oppose les anarcho-capitalistes à la plupart des anarchistes de gauche, qui souvent confondent les deux. Les anarchistes de gauche refusent en effet généralement tout type de pouvoir (auquel ils assimilent indûment toute une série de droits, et principalement le droit de propriété) et « donc » toute loi, ne reconnaissant pas que la loi (au sens général de « norme juridique », et non pas au sens de production d’une instance législative, refusée également par les anarcho-capitalistes) sert précisément à définir et entraver tout pouvoir arbitraire.

  10. Et bien, apparement la promesse d’un nivellement par le haut de Contrepoints n’est pas respectée ici. Déjà le titre fait preuve d’une fermeture d’esprit en condamnant le mouvement.

    Ensuite moi qui me balade aussi sur liberaux.org, je vois bien les limités du libéralisme tel que vous le concevez où vous voulez tous vous séparer de l’Etat mais on doit rester ensemble, sociabiliser etc. C’est une erreur qu’on retrouve partout en Europe et notre éducation fait que même si ici certains détestent Marx, ils sont encore inconsciemment liés à son mouvement.

    Franchement, je suis pas un expert de l’anarchisme mais la vision proposée est très réduite. J’ai l’impression que le seul exemple de société anarchiste proposé par l’auteur est directement inspiré de The Walking Dead où tout le monde se tir dessus.

    L’autre erreur, c’est de vouloir faire de la liberté un symbole alors que c’est simplement un droit. Les gens veulent absolument leur liberté mais quand on le demande pourquoi, ils sèchent, c’est juste qu’ils y ont droit, donc la réclame. Absurde.

    Personnellement entrepreneur, j’ai été très sensible au modèle de société proposée par Ayr Rand dans la Grève quand John Galt fait venir ses amis dans son paradis. Pour moi c’est une vision possible de l’anarchisme. Ce qui vous empêche de voir cette vision, c’est que vous n’arrivez pas à voir les choses de manière individuelle, vous voyez tout en collectif pour tous.

    La démocratie actuelle serait bien meilleure si elle était à petite échelle, c’est la même chose pour l’anarchisme. Celui qui ce libère de l’Etat, créer sa collectivité d’anarchistes où il n’y a aucune aide sociale et où le vol est interdit, va pousser les individus à se spécialiser dans un domaine où chacun sera très bon et chacun aura sa place, comme avec John Galt, vous ne voyez peut être pas ça comme de l’anarchisme mais alors comment appelez vous ça ? Personne n’est engagé ni obligé de travailler pour la collectivité. Chacun travail pour lui en échangeant des services et des compétences avec ses voisins.

    1. « créer sa collectivité d’anarchistes où il n’y a aucune aide sociale et où le vol est interdit »

      Si le vol est interdit au sein de la collectivité, mais qu’un des membres se rend tout de même coupable de vol : comment réagit-elle ? au nom de quelles règles ? et selon quelles procédures ? Et selon quelles règles publiques, connues de tout les membres de la collectivité, est déterminé ce qui est le sien de tout un chacun ?

      « vous ne voyez peut être pas ça comme de l’anarchisme mais alors comment appelez vous ça ? Personne n’est engagé ni obligé de travailler pour la collectivité. Chacun travail pour lui en échangeant des services et des compétences avec ses voisins. »

      J’appelle cela la République.

      1. Comme dit plus haut, je ne suis pas un spécialiste de la question mais j’essaye de me poser les bonnes questions.

        Le monde de John Galt est très utopiste j’en conviens. Mais nous pourrons imaginer des associations comme ça dans des lieux communs où chacun puisse se retrouver dans une valeur centrale. Une association aurait un territoire. Chose finalement impossible aujourd’hui puisque chaque bout de terre dans le monde appartient à un Etat.

        Je ne cache pas non plus que ces discussions libérales sont bien belles mais qu’il y a peu de chance de voir une révolution menant à un système plus libéral comme nous l’imaginons ici. C’est pourquoi je m’intéresse de plus en plus à l’anarchie. Cela permet comme dit dans l’article mis en lien par @voronmir dans les commentaires, d’avoir une critique solide et saine des systèmes de pouvoirs qui nous gouvernent et surtout nous manipule. Depuis Balzac, un homme qui réussit aujourd’hui, réussit socialement avant tout. Et l’anarchisme (version Stirner) permet de se libérer de toutes ces croyances (Croyances limitantes en développement personnel) et d’avoir plus d’aisance sociale et de charisme. C’est encore un peu réducteur par rapport à ce que je pense mais si des incapables sont au pouvoir aujourd’hui, c’est bien que d’autres idiots acceptent aussi cette situation.

        Inscrit depuis quelques mois sur liberaux.org je me suis peu à peu éloigné car j’ai de plus en plus l’impression que c’est une église de plus qui cherche à convaincre des fidèles pour légitimer son existence. L’anarchiste n’a besoin d’aucune croyance pour exister. Il fait des choix raisonnés et ne peut se cacher derrière sa croyance pour dire que ces échecs sont la faute de l’Etat, de la bourgeoisie ou des étrangers, etc etc. Il jouit pleinement de son existence.

        1. @ madaniso :

          un monde plus libéral fait de petites communautés : regardez du côté de la Suisse…

          et au miracle, il se portent bien mieux que nous …

      2. @ Turing :

        des sociétés de sécurité privées veilleront à la punition du voleur, tout bêtement.

        La République pour info, est un système de gouvernement où les dirigeants sont élus au suffrage universel, rien d’autre, c’est un pléonasme avec démocratie.

        1. Stéphane: « des sociétés de sécurité privées veilleront à la punition du voleur »

          L’agence de Jean-Luc Mélenchon va juger les atteintes à la propriété privée ?

        2. Stéphane ,
          «  » »des sociétés de sécurité privées veilleront à la punition du voleur, tout bêtement. » » » »

          Vous remplacez Sociétés de sécurité privée par barons et vous avez le retour de la féodalité …

      3. « Et selon quelles règles publiques, connues de tout les membres de la collectivité, est déterminé ce qui est le sien de tout un chacun ? »

        Le contrat entre individus.
        Sinon je trouve qu’accoler collectivité et anarchistes est assez drôle.

        1. @ Sam player:
          Oui,si on en reste à une définition de l’anarchisme comme simple individuelle, mais non si on cherche à établir une société de type anarchiste cas non centralisée,mais qui devra bien avoir des accords collectifs.

  11. Encore un mariole qui parle de ce qu(il ne connaît pas et fait en permanence des raisonnements faux ou biaisés.
    A commencer par l’absence de définition et compréhension claire de l’anarchie (qui n’est pas l’absence de règles/lois mais de pouvoir) et de l’état.
    J’ai écrit il y a déjà 5 ans un article sur la question, mais Hadrien ne l’a probablement pas assimilé…
    https://www.contrepoints.org/2011/11/25/57407-pour-un-etat-fort-mais-sans-etat

  12. L’anarchisme n’est pas un vrai nom,originel,désignant le groupe,(le parti,mais ce qui est un mot qu’ils récusent) des anarchistes.
    Ce terme leur a été appliqué par Karl Marx,dans le sens jusque là habituel depuis des siècles,alors que ceux qu’il a caricaturé ainsi étaient des participants à la première réunion à Londres, de la première Internationale Ouvrière.En fait,donc,des socialistes qui le sont toujours, et qui refusaient le principe autoritaire que Marx a appliqué au premier Parti Socialiste international, et qu’ils ont désigné comme Socialisme Autoritaire,se désignant eux-mêmes comme Socialisme Libertaire,leur idée étant non d’une direction centrale selon Marx,mais de fédération et d’assemblées
    libres.
    Il s’est passé un phénomène curieux qui est qu’ils ont adoptés le terme d’anarchistes,donc d’Anarchisme,et,pire,en l’interprétant de la façon la plus indisciplinée et désordonnée possible.De pacifistes,ils sont devenus en quelques décennies,terroristes,ce qui n’était nullement dans leur projet initial. Avec un synonymie d’anarchiste avec « libertaire ».
    Il n’y a qu’en Espagne qu’aura été tentée une organisation anarchiste,de type originellement fédéraliste,et de fonctionnement nécessairement et théoriquement centralisé,bien que le terme soit honni.
    Il fallait quand même s’organiser !

  13. En bref, l’anarchisme,au sens politique moderne,c’est d’abord le refus du centralisme type marxiste. Ainsi que bourgeois,bien sût

  14. Ma réponse était pour Turing,mais s’est déplacée

    1. Bien sûr que l’Anarchisme doit bien avoir des règles et une idée de l’ordre,puisque selon la définition d’Artaud,l’anarchiste est quelqu’un qui hait toute caricature de l’ordre !

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