Êtes-vous socialiste ou simplement généreux ?

Publié Par Matthieu Mistret, le dans Sujets de société

Par Mathieu Mistret.

On entend souvent dire qu’un système libéral conduirait à laisser sur le bord de la route les personnes en difficulté. Le libéralisme est pourtant profondément humaniste et lorsque l’on va plus loin que l’habituel cliché du méchant ultralibéral égorgeur de chatons, (le turbolibéral, dirait h16), on s’aperçoit rapidement que les choses sont un peu plus complexes que ce que les médias et une grande partie de la classe politique veulent bien raconter.

D’abord, il convient de rappeler que le libéralisme est trop souvent associé à l’aile droite du spectre politique. Or, l’aversion pour l’interventionnisme qui est l’essence du libéralisme politique trouve ses racines aussi bien à droite qu’à gauche. Ces dernières décennies d’alternance en France le montrent : l’État est constamment présenté comme l’alpha et l’oméga des solutions à apporter aux problèmes des citoyens, en témoigne par exemple le niveau exorbitant de la dette publique, alimentée par des dépenses qui représentaient 56,1% de la richesse produite par le pays en 2015.

Le résultat de cette longue période de tout-État n’est objectivement pas bon. La pauvreté ne recule pas. Le chômage augmente. Les impôts et taxes se multiplient et augmentent sans que la qualité, perçue ou réelle, des services publics ne progresse, ni que l’équilibre des comptes sociaux ne soit atteint, voire approché.

Face à ces problèmes bien réels, le libéralisme ne consiste pas en un système de chacun pour soi géant dans lequel les situations individuelles sont ignorées par la collectivité. Il consiste à considérer que l’État n’est pas l’acteur le plus efficace pour venir en aide aux personnes en difficulté, ce que semblent prouver les résultats des politiques menées jusqu’ici. Ainsi, si comme moi vous croisez régulièrement des personnes qui considèrent qu’il faut voter socialiste, ou du moins qu’il ne faut pas supprimer des pans entiers de l’interventionnisme actuel, parce qu’on ne peut pas décemment laisser les personnes en difficulté se débrouiller seules, demandez-leur :

  • ce qu’elles feraient de l’argent issu d’une réduction d’impôts de quelques pour-cents (la bonne réponse n’est pas un voyage au soleil),
  • en quoi l’État est plus efficace que les individus, regroupés en associations ou communautés, pour aider les personnes en difficulté de leur entourage plus ou moins proche (la bonne réponse n’est certainement pas la gestion administrative),
  • dans le cas où elles sont aisées, si elles sont prêtes, dans l’intérêt du système d’aide sociale, à renoncer à des allocations qui leur sont légalement dues, ou encore si elles sont prêtes à les reverser intégralement en aides individuelles ou collectives issues d’initiatives privées (la bonne réponse n’est pas « non, j’ai cotisé donc je touche les prestations »),
  • ce qu’elles font au quotidien, à leur échelle, pour améliorer le quotidien de ceux qu’elles considèrent comme méritants (la bonne réponse n’est pas « rien, je paie assez d’impôts pour la solidarité »).

Les exemples de mauvaises réponses sont authentiques. Faut-il comprendre que le sentiment de donner des impôts par solidarité n’est au fond qu’une consolation face au niveau d’imposition exorbitant qui frappe les citoyens ? Faut-il comprendre que cette délégation de générosité n’est pas toujours sincère ? Ou plus simplement, faut-il déplorer une absence de compréhension du système, bien soutenue par des décennies de propagande axée sur une relation pas si évidente entre impôts et générosité ?

  1. Excellent. À partager.

  2. Il y a certaines personnes qui ont réussi qui se plaignent parfois de ne pas payer assez d’impôt. Le bonne réponse à leur apporter est de leur demander s’ils ont véritablement besoin de l’état pour être généreux.

  3. Exact, en général les socialistes sont généreux avec l’argent des autres…

  4. « personnes qui ont réussi qui se plaignent parfois de ne pas payer assez d’impôt »

    Facile quand on gagne plus que ce dont on a besoin, qu’on place le surplus au chaud dans l’immobilier et qu’on n’a pas investi dans son outil de production. Moins évident pour les autres – qui eux, sont pourtant indispensables à la société.

    1. Personne n’est indispensable à la société

  5. Plusieurs remarques :
    Un : un vrai libéral n’est pas humanisme, ce sont des notions séparées, un libéral peut aussi être humaniste ou ne pas l’être, être libéral c’est avoir la liberté de choisir et d’assumer la responsabilité de son choix. Comme dirait Ayn Rand , je choisit de pas vivre pour les autres et de ne pas demander aux autres de vivre pour moi
    Deux : le libéralisme n’est ni de gauche ni de droite, puisque il tend vers aucun état, donc aucun système politique.

  6. Les américains sont cinq fois plus nombreux et cent fois plus généreux que les français. Mais ils le sont avec leur argent, pas celui des autres
    autres.

  7. Au « world giving index » qui mesure la charité privée la France est classée 74eme en dessous du Tajikistan, bien en dessous du Kazakhstan et du Botswana, et très, très loin derrière le Canada, les Pays-Bas, l’Australie, les USA etc. etc.
    https://en.wikipedia.org/wiki/World_Giving_Index

    La « solidarité » forcée sous peine de prison a-t-elle porté chance aux français les plus pauvres ?
    On peut réellement en douter quand on voit avec quoi ils vivent et quand on s’aperçoit que c’est la charité en grande partie privée via les restau du cœur qui doit les nourrir, un comble.

Les commentaires sont fermés.