Investissements d’avenir et routes pavées d’or royal

Publié Par h16, le dans Édito

Si on veut se ménager un avenir rose, douillet et plein de riantes perspectives, c’est dès maintenant qu’il faut investir. Cette évidence est apparemment comprise même par nos politiciens, ce qui est une performance suffisamment rare de leur part pour être notée. C’est donc de façon étonnamment logique qu’ils nous ont concocté au début de la décennie courante un Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), doté de moult milliards, et dont – ça tombe bien – une première évaluation vient d’être faite.

Manque de bol, ce n’est pas exactement une réussite flamboyante. Oh, zut.

gifa oh noes facepalm power rangers

Que voulez-vous : finalement, ce programme d’investissements décennal – forcément décennal, nous ne sommes pas dans un pays planiste pour rien – et normalement bâti pour « augmenter les perspectives de croissance à long terme de notre économie » comme s’emploient à le rappeler leurs auteurs, se traduit par quelques avancées modestes mais aussi par un paquet de gâchis et des effets très dilués, voire contre-productifs.

Ainsi, alors que les investissements dans le domaine de l’enseignement supérieur peuvent faire valoir l’émergence de quelques universités régionales de recherches, le reste de ces investissement s’est surtout traduit par un dégonflement en rase campagne dans un petit pfuiiit triste.

gaston-souffle

D’une part, une partie des fonds a été utilisée par simple substitution budgétaire (au lieu de payer certains programmes de développement, comme celui de l’A350, sur les budgets traditionnels prévus de longue date, ce sont ces fonds spécifiques qui furent engagés), ce qui ne se traduit donc pas par de l’innovation fraîche mais par la continuation de recherches et de développements en route depuis un moment.

En outre, pour les entreprises de taille moyenne, l’absence de projets adaptés à ces fonds a poussé leurs gérants à investir pour sauver des entreprises moribondes. En pures pertes pour la plupart des cas. Belle innovation.

C’est vraiment ballot. D’autant qu’avec tout ça, très concrètement, le taux d’investissement public a tout de même réussi à reculer en France entre 2010 et 2015. Cela vous a un petit côté magique triste, où tout ce qu’entreprend l’État donne exactement le contraire de l’effet attendu et où tout ce qu’il touche se transforme immédiatement en plomb dont on fait les semelles de condamnés à la noyade.

C’est d’autant plus ballot que nous ne manquons pas de gens inventifs qui ont toujours des idées palpitantes. Prenez par exemple la ministre des Petites Fleurs et des Oiseaux qui font cui-cui, Ségolène Royal : il ne se passe guère un mois sans qu’une de ses géniales fulgurances ne lui passe par la tête et qu’immédiatement, elle en fasse profiter tout le monde. Enfin, profiter, le mot est vite dit puisqu’on l’aura compris, pour chaque bonne idée correspond une dépense, généralement importante (l’unité de base étant au moins le million d’euros), et un résultat à l’importance diamétralement opposée.

Dernièrement, elle a notamment poussé de tous ses petits bras musclés une impressionnante quantité de billets de banque en provenance directe de la poche des contribuables vers les hauts fourneaux de la dépense publique vigoureuse dans lesquels ils ont très joyeusement flambé : réclamant ainsi la pose de 1 000 kilomètres de routes couvertes de panneaux solaires d’ici à cinq ans, elle s’est déjà engagée à consacrer cinq millions d’euros pour ce projet (c’est pas cher, c’est toi, ami lecteur, qui paye).

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L’idée est à la fois simple et parfaitement idiote : recouvrir la route d’un matériau photovoltaïque pour produire de l’électricité.

Des routes, c’est-à-dire un endroit où passent des voitures, des bus, des camions et des cyclistes en spandex jaune, vont donc être recouvertes d’une surface qu’on ne devra pas faire ni lisse, ni réfléchissante, mais très solide, durable et sans impact sur l’environnement tout en la remplissant de terres rares polluantes, et en la fabricant au moyen de procédés tout à fait écologiques. Bien évidemment, le rendement de ces éléments apposés sur ces lieux de passage sera suffisamment bon pour tenir compte de la poussière (qui fait de l’ombre), des véhicules (qui font de l’ombre), des intempéries (qui font de l’ombre) et malgré tout produire assez d’électricité pour les habitants autour de ces routes pavées d’or royal.

Snif, snif, tiens, on dirait cette odeur caractéristique d’un prout de licorne. Étonnant.

sassy unicorn

Bref, passons : nous aurons bientôt droit à quelques mètres carrés d’une route pas trop visible ni trop passante sur laquelle sera posée une poignée de panneaux dont les rendements, très médiocres, permettront d’allumer un cierge lampadaire à LED pendant toute une heure en plein été (et douze minutes en hiver). Et ça, mes petits gaillards, c’est de l’innovation qui roxxe, c’est du désir de l’investissement d’avenir qui envoie du steak et qui bute de la licorne du poney.

Ce qui n’empêche pas, tout de même, de conserver un œil sur d’anciennes techniques, éprouvées celles-là. Comme le nucléaire par exemple, que la même Ségolène Royal, jamais en rade d’une bonne blague (c’est Premier Avril, n’hésitons pas) se dit prête à prolonger dans notre pays en augmentant de dix ans la durée de vie des centrales nucléaires.

Du reste, est-il vraiment nécessaire de s’inquiéter d’une éventuelle pénurie, que ce soit dans le nucléaire (qui va donc – semble-t-il – continuer au même rythme pendant 10 nouvelles années) ou même dans le pétrole lorsqu’on apprend que les premiers tests de forage dans le voisinage de Gatwick (en Angleterre) ont permis de confirmer la nature exceptionnelle du champ pétrolifère qui s’y trouve et qui permet de tabler sur … une centaine de milliards de barils (soit presque deux fois la quantité disponible en Mer du Nord, pour donner un ordre de grandeur).

Mais j’y songe d’un coup : si on ne manquera ni de nucléaire, ni de pétrole, à quoi diable nous serviront les routes en plastique de Ségolène ? Comment en justifier le déploiement, fort coûteux, la maintenance, encore plus coûteuse, et les rendements, négatifs si l’on prend en compte le démantèlement, le recyclage et les cyclistes en spandex jaune qui glisseront sur les dalles et iront terminer le cul dans les ronces ?

Tout ceci est-il vraiment un investissement d’avenir ? N’y avait-il pas de meilleures idées que celle-là ? Ne serait-il pas temps d’arrêter les gabegies milliardaires ?
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Sur le web

  1. tant qu’ils pourront prendre le pognon des français , ils le feront et le dépenseront n’importe comment ; c’est pas plus compliqué ;et qu’elle sache , la mère royale , que son ou ses projets impacterons de toute façon l’environnement ;

  2. cette histoire de route solaire est la meilleure blague de l’année …cela aurait été plus simple , utile et pas trop cher de couvrir les routes de panneaux solaire , l’ombre en été est tellement rare !

  3. A ce niveau, ce n’est même plus de l’incompétence, ça relève de la psychiatrie.
    Elle a ruiné sa Région, en prenant bien soin de planquer tout ce qu’elle pouvait sous le tapis et maintenant elle cherche carrément à aider son ex à ruiner le pays avec ses son écologie bien-pensante à deux balles. Ca me rappelle un directeur général qui avait sévi dans une entreprise où j’étais il y a 15 ans. Ce dingue avait décrété des méthodes de management philosophique à la japonaise et avait pratiquement mis la boîte en faillite au bout de 3 ans. Résultat, on l’a gentiment exfiltré vers…une plus grosse filiale !!!
    Y’a pas, au bout d’un moment, il faut penser à mettre les gens sous tutelle pour leur propre sécurité.
    Ca me rend malade de constater que tout le monde s’en fout !

  4. Le problème avec l’investissement à la française c’est que l’on ne compte que la formation de capital et pas sa destruction. Remplacer à l’identique un équipement usé n’est pas de l’investissement, c’est de la maintenance. Curieusement en France on ne parle que de PIB qui est un très mauvais indicateur dans lequel les amortissements ne sont pas déduits. Un meilleur indicateur est le produit intérieur net mais curieusement on ne le trouve pas directement dans les statistiques courantes. Sans doute n’est il pas présentable ! Quand à l’utilité des investissements, c’est un autre problème !

  5. Ces « routes solaires », ça ressemble furieusement à la version moderne et écologique des « avions renifleurs » des années 70 …

  6. L’aveniritude c’est demain, elle ne dit donc pas que des conneries cette femme là.

    Un billet prochain sur la mafia, dénoncée par un proche de Valls dans « Pilleurs D’état » ?

  7. et les cyclistes en spandex jaune qui glisseront sur les dalles et iront terminer le cul dans les ronces ?

    Oh la, quel optimisme démesuré : ce sera plutôt une écrasée de cycliste par un camion… Cyclistes, n’oubliez pas de mettre des patates dans la sacoche… 🙂 Motocyclistes, n’oubliez pas votre carte de donneur d’organe. Pensez à ceux en attente d’un greffon, mais SVP, foncez, plus vite, mais évitez les camions… :mrgreen:

    Sans compter les diverses fuites d’huile … :mrgreen:

    Au premier accident de cycliste, je prend le pari que tout sera démonté rapidos 🙂

  8. Dave Jones – l’australien à l’origine du forum et de la chaine youtube « EEV Blog » (Electronic Engineering Videos Blog) a fait une très belle vidéo sur le sujet…et il a même trouvé un nouveau nom pour Ségolène : « The French Minister for Silly Walks » 😉

    1. Le plus « drôle » c’est de voir Arte promouvoir la route solaire (et aussi le truc charlatan au rendement ridicule du couple Brusaw) dans dans son émission « Futuremag » du 2 avril : http://www.arte.tv/magazine/futuremag/fr

  9. L’inénarrable Pimprenelle nous a aussi sorti un atout majeur, si l’on en croit lejournaldereference :
    « La ministre de l’écologie a également proposé d’augmenter la taxation du gazole afin de dégager, dès 2016, 200 à 300 millions d’euros pour financer les infrastructures de transport. « Compte tenu de la baisse du prix du pétrole, il est tout à fait normal que le gazole participe avec une taxe supplémentaire à l’abondement de l’AFITF [l’Agence de financement des infrastructures de transport de France] », a déclaré Mme Royal. »

    Allez, hop, une petite taxe de plus !
    CPEF

    1. « une petite taxe de plus »

      Afin de dilapider dans des projets fumeux le peu de marge de manœuvre laissé par des fluctuations temporaires de la conjoncture.

      Dans la vie publique, on place ces gens la sous tutelle pour les protéger d’eux-mêmes. Dans le monde politique, ils ne risquent rien. Mais le citoyen lui va inévitablement au mur.

  10. Cela démontre bien la puissance des lobby dans ce pays prêts à n’importe quoi pour s’en foutre plein les poches. Les lobby même pas eux ne croient à ce projet. D’un côté les lobby requins et de l’autre des ministres naïfs sortis de l’ENA et prêts à sortir le carnet de chèque à tout va pour soutenir des projets relevant de la psychiatrie.

  11. « recouvertes d’une surface qu’on ne devra pas faire ni lisse, ni réfléchissante, mais très solide, durable et sans impact sur l’environnement »

    Petits joueurs : ils auraient du inclure dans le cahier des charges d’y intégrer des boucles à induction pour recharger les véhicules électriques, des capteurs pour tracer le passage de chaque occupant des véhicules et des réseaux de communication pour que le conducteur consulte ses pubs – pardon son courrier – pendant que la voiture se conduit toute seule …

  12. Royal ? Petite joueuse face à l alchimiste à l envers Anne Lauvergeon promue , grâce à ses remarquables états de service, à la tête d une commission pour l innovation, en charge de préparer le pays aux enjeux technologiques et industriels des 20 ans à venir. Contribuables, courage !

    1. « à la tête d une commission pour l innovation »

      Elle a surement quelques bonnes pistes d’investissement genre Uramin à proposer …

  13. C’était pas un poisson d’avril ? Une poison de chaque mois, alors…

  14. C’est bizarre : les projets zécologiques ne sont pas soumis au principe de précaution : quand un panneau se décollera et qu’il sera projeté dans le pare-brise de la voiture suivante, cela ne comptera pas ❓

  15. En matière d’énergie. Royal est de très lion la personne la plus incompétente, la plus depensiere que la france est eu. Elle ne sait pas que sans soleil ou sans vent ces tres chers panneaux et éoliennes laisseraient la france dans le black-out.Elle n’y connait rien en électricité. Même un enfant avec une dynamo de velo lui donnerait un cour.
    Par contre tout le monde sait qu’elle a été pistonnee par son ex. Ca coute très cher aux contribuables les magouilles pour enrichir les lobbys.un technicien en énergie.

    1. oui mais royale ne se soucie d’energie que de façon secondaire, c’est un moyen et non son but, son but est politique, la plaie ce sont les médias…Quand Ségolène royale a été nommée au ministère de l’environnement on a pas échappé ,surtout dans les médias publiques, au rappel de la « volonté » de faire des trucs verts de ségolène, si les médias avaient analysé les conséquences des lubies vertes de ségolène sur le plan environnemental et économique ça aurait été catastrophique pour elle. Wattway est un fabuleux bidule « vert » un signe éclatant de la volonté « écologique » de ségolène est un signal très fort à EELV, plus exactement un moyen de siphonner les « concernés par l’écologie ».. gaspillage d’argent publique? qu’est ce que ça peut faire : la réponse est toute faite, il aurait été criminel de ne pas essayer pour les générations futures et la planète…
      Le fait que la majeure partie des médias ne fassent plus de travail d’enquête et soient devenus des militants verts et écologiques est le problème.

      Pour ségolène ça la fait passer du statut d’incompétente à celui d’arriviste avide de pouvoir. Ségolène exploite l’idiotie des gens, elle ne l’est pas.

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