Cameroun : la redoutable efficacité des comités de vigilance anti-terroriste

Publié Par Charles Bwele, le dans Afrique

Par Charles Bwele

boko haram credits ak rockefeller (licence creative commons)

boko haram credits ak rockefeller (licence creative commons)

Dans la province Extrême-Nord camerounaise, frontalière du Nigeria et régulièrement victime d’attaques à l’arme lourde et d’attentats-suicides perpétrés par la secte djihadiste Boko Haram (1100 civils et 67 policiers/militaires tués depuis 2013), les autorités locales et les habitants ont instauré des comités œcuméniques de vigilance mêlant chrétiens et musulmans. Ceux-ci patrouillent dans les localités et les villages à la recherche d’intrus ou d’éléments suspects et sifflent l’alerte en cas de risque très probable ou avéré.

Parallèlement, leur tactique la plus innovante consiste à faire appel à leurs membres chrétiens pour protéger les mosquées lors de la prière du vendredi, et aux membres musulmans pour protéger les églises lors de la prière dominicale. En effet, les foules amassées dans les lieux de culte sont littéralement du menu fretin pour la secte djihadiste…

Low cost et efficace

Selon le bihebdomadaire camerounais L’œil du Sahel (qui publie essentiellement sur papier et rarement sur son site Web trop souvent hors-ligne), ces comités de vigilance ont fait la preuve de leur efficacité en quelques mois et l’ont récemment démontré en quelques jours :

« Les comités de vigilance sont de plus en plus efficaces. La preuve, cinq attentats-suicides se sont déroulés entre le 10 et le 13 mars 2016, dans l’Extrême-Nord, sans causer de victimes en dehors des kamikazes eux-mêmes. Un double attentat a été perpétré dans la matinée du 13 mars 2016 dans la localité de Tolkomari, dans le Mayo-Sava. Selon des sources locales, les kamikazes – une femme et une jeune fille – se sont introduites à Tolkomari aux environs de 6h du matin. Mais elles ont été vite repérées par un membre du comité de vigilance local, Massabak Adji, qui a aussitôt sonné l’alerte dans le village. Aussitôt, c’était la débandade, les populations cherchant à se mettre à l’abri pendant que d’autres membres du comité de vigilance, accourus sur les lieux, ont commencé à harceler les kamikazes (…) Au final, épuisées, les kamikazes se sont dirigées vers deux maisons appartenant à Madi Gali et Mechebé et où elles se sont faites exploser. Elles sont décédées sans faire de victimes. […] Le 12 mars 2016, un berger du nom de Bahama, et ses 300 boeufs, étaient enlevés par des membres de Boko Haram dans cette localité. Aussi, à Houmaka, le 11 mars 2016, deux kamikazes se sont faits exploser à l’entrée de cette localité, ne causant la mort de personne. […] Le 10 mars 2016, c’est à Achigachia qu’un kamikaze, refoulé vers le Nigeria par les membres du comité de vigilance, s’est fait exploser dans la rivière qui sépare les deux pays ». Là encore, pas de perte en vie humaine ».

En janvier 2015, « un attentat suicide a été évité de justesse, dimanche matin, dans la localité de Kolofata, située près de la ligne de front, à la frontière avec le Nigeria. Une jeune femme kamikaze a été repérée avec une charge explosive qu’elle s’apprêtait à activer dans un marché. De jeunes gens, organisés en groupe d’autodéfense, l’en ont empêché. La kamikaze est tout de même parvenue à faire exploser sa charge et est décédée seule, sur le coup. Ce dernier attentat à Kolofata a été déjoué, rapporte-t-on, grâce à l’action des membres d’un comité de vigilance local. Ces derniers, après avoir repéré la kamikaze, l’ont prise en chasse, ne lui laissant d’autre choix que de se faire exploser sans faire d’autre victime qu’elle-même. » (RFI).

Conscients de l’indéniable efficacité des ces comités de vigilance, la présidence camerounaise et l’administration provinciale de l’Extrême-Nord ont offert 40 motos tout-terrain, une centaine de vélos tout-terrain (avec casques dans les deux cas), des détecteurs de métaux, des jumelles, des machettes, des lampes de poche et des mégaphones. Les frais d’entretien et de carburant sont supportés par les communes. Par ailleurs, ces comités ne manquent jamais d’arcs, de flèches et de fusils artisanaux d’abord destinés à la chasse.

Objectif : augmenter les capacités d’alerte rapide des comités de vigilance… et rendre autant que possible la vie difficile à Boko Haram en « zone civile », et ce, parallèlement aux opérations de l’armée camerounaise (appuyée par des drones américains de surveillance et par des hélicoptères russes d’attaque Mil Mi-24) qui, en mi-février, avait mené un raid dans plusieurs localités nigérianes – avec l’accord de Lagos, tuant plus de de 160 terroristes, détruisant 4 centres de fabrication de mines/IED et un centre d’entraînement.

Sur le web

  1. Mais non, pour arrêter le terrorisme, il faut une loi sur le renseignement voyons !

    1. Sont con ces noirs…

  2. Très importance information à relayer, merci pour cet article.

  3. encore une fois c’est du bon sens : le peuple doit s’impliquer pour juguler ce terrorisme. Les suisses l’ont dit ( recommandation d’armer les citoyens pour qu’ils puissent se défendre eux mêmes). Les Japonais le fo,t depuis longtemps . En France nos gouvernants font tout l’inverse: ils veulent nous livrer sans défense aux terroristes. Pourtant la police se ridiculise à chaque fois par son inefficacité: pour Charlie les tueurs sont sortis de Paris en plein jour sans être inquiétés. idem pour le Bataclan. Les voleurs des 200 détonateurs de l’armée ( juillet 2015) courent toujours) , M Hollande et Valls ont fui lorsqu’à Marseille ils ont essuyé des tirs de kalachnikov etc On pourrait multiplier les exemples. la police est efficace pour punir le conducteur qui aura dépassé la limitation de vitesse ( quand il fait beau car en cas de mauvais temps il faut mieux rester au chaud au bureau) mais pour le reste ?

  4. Heureusement qu’ils prennent LEUR sécurité en main ! S’ils devaient attendre après leurs « Forces de l’Ordre », il y en aurait eues des pertes humaines. Comme quoi, ne pas rester comme des moutons, c’est pas con !
    Si des civils unis en « comité de vigilance » arrêtaient des kamikaze en France, imaginez la honte des services de renseignements français, des politiques, pour les sommes astronomiques dépensées, et de tous ceux qui tentent de désarmer le Peuple et le de le rendre encore plus bovin ! Ils pourraient bien nous payer quelques motos aussi, ou des machètes (on va pas aller jusqu’à demander un port d’armes, hein ?) avec tout cet argent !

  5. L’ union fait la force ! Bravo pour ce bel exemple de solidarité et de tolérance qui permet de sauver des vies.

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