Le nucléaire : une énergie verte ?

Publié Par Michel Gay, le dans Environnement

Par Michel Gay et Jean-Luc Salanave

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

Une partie des écologistes1 s’est longtemps opposée à l’énergie nucléaire, lui préférant le vent et le soleil, suivant le principe que « vert » signifie avant tout « naturel », sans vraiment chercher à savoir ce que recouvrent ces termes.

Par exemple, le terme « vert » est utilisé en France depuis août 2015 pour nommer la « loi de transition énergétique pour une croissance verte ». Mais quelles énergies se cachent donc derrière l’adjectif « vert » ?

Le solaire et l’éolien sont souvent les premiers cités en oubliant que l’hydraulique ou la biomasse les devancent largement, en France et dans le monde. Les panneaux photovoltaïques (PV) et les éoliennes qui fleurissent dans nos paysages ne sont pourtant pas naturels.

Assimiler vert et naturel n’est donc pas suffisant pour guider les choix de la transition énergétique. L’énergie nucléaire est aussi sans conteste naturelle. Elle est même bien répandue sur terre (la radioactivité est largement responsable de la géothermie de notre planète) et dans l’univers où elle fait briller les étoiles. Des réacteurs nucléaires naturels ont même existé spontanément sur terre, il y a deux milliards d’années à Oklo au Gabon, et la nature a géré seule les déchets radioactifs, sans conséquence pour l’humanité.

Nos réacteurs nucléaires actuels, bien que sophistiqués, sont aussi naturels que des capteurs PV ou des éoliennes.

Tsunami à Fukushima

nucléaire rené le honzecCe qui est naturel ne serait donc pas toujours si « vert ». La catastrophe naturelle du tsunami de Fukushima a fait 20.000 morts et a provoqué un grave accident à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Cet accident n’a fait aucune victime due à la radioactivité et n’en fera sans doute pas selon les dernières études.

Le risque est, lui aussi, naturel et les activités domestiques sont, par exemple, responsables de plus de 10.000 morts par an en France. Cependant, selon l’académie de médecine, « la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit, par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, biomasse ou l’incinération des déchets« .

L’éolien et le solaire nécessitant des centrales thermiques fossiles pour assurer la permanence de la production, il faut aussi compter les accidents sur la santé de ces filières pour livrer une information complète et juste.

Cependant, l’énergie nucléaire a été tenue à l’écart des énergies vertes par des écologistes antinucléaires œuvrant en Europe. Ces « pseudo-écologistes » semblent rechercher le paradis perdu originel et se nourrir en partie de l’insatisfaction consumériste qui éloignerait les hommes de Mère Nature. Ils ont une vision de l’avenir inspirée par le passé (le retour à la nature de nos ancêtres), et, selon moi, rejettent le progrès scientifique et technique, dont l’industrie nucléaire est un symbole par sa complexité.

Pourtant, l’écologie n’appartient pas à un parti politique antinucléaire. Elle n’est ni de droite ni de gauche. Elle est devenue un enjeu pour l’humanité, à la fois culturel, sociétal, politique et économique. L’écologie est désormais utilisée pour donner un avenir durable à l’homme.

Le temps est donc venu d’associer sans hypocrisie l’écologie au progrès technique dans un monde aux ressources limitées, à la démographie croissante et face aux risques environnementaux. Alors seulement il sera possible de faire émerger le meilleur compromis écologique et énergétique en vue d’améliorer la vie sur terre. Cette vision impose une éthique de responsabilité pour guider nos choix, notamment en matière de production d’énergie nécessaire au développement de l’humanité.

La peur est mauvaise conseillère pour établir le futur paysage énergétique durable, propre et équitable que nous voulons tous laisser à nos enfants. Aujourd’hui, de nombreux citoyens discrets incluant une partie de la jeune génération pensent déjà que vert rime avec nucléaire.

Ainsi, tout ce qui est durable vis-à-vis de la consommation des ressources naturelles pourrait être considéré comme vert. Une production verte doit laisser peu de déchets et leur gestion doit être respectueuse de l’environnement.

Le problème de l’éolien

Or, le nucléaire nécessite huit fois moins de béton et quatre fois moins d’acier que les éoliennes pour produire la même énergie2 pendant leur durée de vie respective (25 ans pour les éoliennes et 60 ans pour l’EPR) et rejette peu de déchets. Le volume total représente une canette de boisson par an et par Français, et 90% de ces déchets sont déjà définitivement stockés.

Le volume des seuls déchets radioactifs de haute et moyenne activité représente seulement quelques grammes par an et par Français. Même dilués dans du verre et recouverts d’acier et de béton, leur volume ne représente chaque année que l’équivalent d’un dé à coudre par Français (700m3), soit au total le volume d’une maison particulière avec un étage. C’est un million de fois moins que nos autres déchets industriels et ménagers.

Leur gestion sûre et pérenne est démontrée internationalement, malgré l’agitation régulière d’épouvantails par des activistes antinucléaires qui affirment le contraire. Ces déchets confinés sont très contrôlés. Ils ne risquent pas de perturber les équilibres planétaires, la terre étant des millions de fois naturellement plus radioactive.

La conscience écologique populaire associe souvent « vert » à ce qui est recyclable.

Or l’énergie nucléaire recycle une partie de ses combustibles usés (environ 15% aujourd’hui3) dans presque la moitié du parc de réacteurs (26 réacteurs sur 58). Ce recyclage atteindra jusqu’à 96% à partir du milieu de ce siècle en ne laissant que 4% de produits de fission (les déchets ultimes) grâce à la surgénération dans les réacteurs de quatrième génération. Cette qualité du nucléaire en fait un champion de l’économie circulaire en consommant moins de 100 tonnes d’uranium par an. Cette quantité représente un cube de moins de deux mètres de côté4 (soit l’intérieur d’une petite voiture de type Clio ou 206) pour alimenter la France en électricité, et… en partie ses voisins.

Le nucléaire est donc bien vert. Cette source d’énergie est naturelle (issue directement de la terre), compacte (elle demande peu de surface par kWh produit), économe en combustible (un gramme d’uranium par Français et par an), émet peu de déchets dont la gestion est exemplaire. De plus, son empreinte radioactive est négligeable devant les expositions radioactives naturelles (et encore plus médicales), et elle n’émet presque pas de CO2 (7 à 8 g/kWh comparés au 400 g/kWh du gaz et aux 900 à plus de 1000 g/kWh du charbon… allemand). Cette énergie bas carbone contribuera donc aussi grandement à tenir les engagements de la COP 21.

Enfin, elle est en partie gérée en « économie circulaire » (recyclage) depuis 30 ans et elle est durable grâce, demain, aux réacteurs de quatrième génération (GEN IV).

Le nucléaire, déjà vert, le sera de plus en plus au cours de ce siècle en devenant durable pour des millénaires.

  1. Une autre partie soutient le nucléaire comme, par exemple, les adhérents de l’Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN).
  2. Article a129bis au lien suivant : https://sites.google.com/site/sitemichel73/home/essai-1
  3. Article 29 au lien suivant : https://sites.google.com/site/sitemichel73/home/essai-1
  4. L’uranium est « lourd ». Sa densité est de 18. 2x2x2 = 8 m3 et 8×18 = 144 tonnes.
  1. que veut dire vert? que veut dire durable? que veut dire naturel?
    et pourquoi le vert serait il préférable?

    la nature n’est ni bonne ni mauvaise..
    changer notre environnement n’est ni bon ni mal pour l’homme , quoique ce soit plutôt bon depuis l’invention de l’agriculture… 7 milliards d’etre humains ce n’est pas naturel…

    Ces adjectifs utilisés pour empêcher de débattre sont toxiques!

    Désormais vous parlez avec des gens qui considèrent que « les produits chimiques » c’est mal…
    vive le sel à bas le chlorure de sodium, à bas le H20 vive l’eau…

    On va où là?

    1. je veux dire parlez des avantages et des inconvénients, surtout ne les regardez pas avec des lunettes déformantes.

  2. L’idée de départ pour le solaire et l’éolien était plutôt bonne : exploiter une énergie inépuisable à l’échelle de l’humanité.( bien que dans 3 milliards d’années il n’y aura plus de soleil) .Le problème est que l’on ne sait pas  » encore  » tirer partie de cette énergie dans des conditions économiques et environnementales satisfaisantes.L’erreur politique est d’imposer cette énergie non rentable . Si les centaines de milliards d’euros donnés en subventions en Occident à quelques profiteurs avaient été mis dans la recherche peut être aurions nous avancé.Il est en effet absurde de condamner l’énergie nucléaire alors qu’il n’y a pas mieux pour l’instant et ans doute pour encore bien longtemps. Il ne faut pas non plus exagérer les concepts de durable ou non durable: d’une part l’homme n’exploite aujourd’hui qu’une partie infime du globe terrestre ( quelques centaines de mètres à certains endroits sur les 80 km de la croûte terrestre sans parler des milliers de km en dessous). Il faut accepter l’idée que rien n’est durable et que ce n’est pas grave car l’homme a la capacité à trouver les solutions qui se présentent à lui …. à la condition de former des scientifiques, d’investir fortement dans la recherche,, de combattre l’obcurantisme etc.. la principale menace pour l’homme est cette tentation de revenir à une période obscurantiste et non la fin des réserves actuellement utilisées.

  3. Le vert est la couleur de la chlorophylle. La récupération du terme pour désigner l’écologie ou l’environnement est à la fois stupide et malhonnête :
    – la chlorophylle ne saurait représenter l’écologie ou l’environnement (aucun rapport avec les PV ou les éoliennes) et encore moins les innombrables tendances des mouvements qui se réclament de l’écologie ou l’environnement,
    – on cherche tout autant à conserver des liens avec la nature qu’à s’en préserver : qui a envie que du chiendent pousse dans son salon ou que sa charpente soit infesté par les termites ?

    Alors comment désigner la mouvance écologique ? Réponse : il n’y a aucun moyen de la désigner car elle est trop multiforme, sans but cohérent et versatile. Elle est au mieux l’expression d’un malaise réel, mais qui n’est qu’une conséquence et ne doit pas être confondu avec un but, une solution, une réponse, une cause, une philosophie ou quoi que ce soit.

    Sinon, il n’y a qu’à créer le Grand Parti du Malaise, et il regroupera 100% de l’humanité.

  4. Comme c’est réconfortant de vous lire! Je me sens moins seule!

  5. Je pense que tout le monde a bien conscience du fait que l’empreinte en terme de CO2 produit est extrêmement basse, que les déchets sont un problème « gérable »… Maintenant il y a tout de même des chose qui font plus que me chiffoner dans cet article hyper orienté.

    1/ Il est affirmé qu’aucune personne n’aest morte des suites de l’accident nucléaire de Fukushima. Très honnêtement je n’ai aucune du fait qu’il y ai eu ou non des victimes directes, mais affirmer cela maintenant ne fait aucun sens, il faudrait faire une étude sur le long terme concernant les retombées sur la santé humaines. On sait bien qu’après Tchernobile, c’est sur le long terme que l’impact de l’accident était réellement estimable. De plus, nous (êtres humains) ne sommes pas les seuls pensionnaires de cette planète, et c’est oublié l’impact qu’un tel accident peut avoir sur la faune et la flore.

    2/ Les risques nucléaires sont selon moi très largement sous-estimé. Oui, les infrastructures seront probablement de plus en plus safe, mais même ainsi, le risque sera toujours existant. Un tremblement de terre important, bien qu’improbable dans notre Europe, n’est pas non plus impossible. De plus, venant de Belgique, on a eu récemment via les médias la surprise d’apprendre que nos infrastructures nucléaires étaient visées par ISIL. Je ne connais pas le degré de cette menace, n’était pas un spécialiste de la question, loin s’en faut. Maintenant, une telle éventualité existe bel et bien, et il faut la tenir en compte.

    3/ Il faut garder à l’esprit que l’uranium n’est pas une ressource renouvlable. Je ne connais pas les chiffres, et tout comme pour le pétrole ou autres matières énergétiques, les réserves évoluent au fil des ans selon de nombreux facteurs. Alors oui, on peut aussi améliorer le recyclage des matières fissiles, mais reste que les sources sont limitées. Les chiffres de 2006 parlaient (je ne vais pas affirmer la source, je ne l’ai plus en tête) de réserves mondiales pour 172 ans au rythme de la consommation d’alors.

    Bref, je suis plus que critique vis-à-vis de certaines informations affirmées dans cet article….

    1. Grégory : « , il faudrait faire une étude sur le long terme concernant les retombées sur la santé humaines. On sait bien qu’après Tchernobile, c’est sur le long terme que l’impact de l’accident était réellement estimable. »

      Tchernobyl c’est encore la russie communiste, celle qui en manipulant l’agriculture a fait 10 millions de morts et a laissé un pays écologiquement dévasté. C’est une infime goutte d’eau dans les incommensurables dégâts que le mépris communiste pour les individus a engendré.

      Les japonais sont beaucoup plus sérieux, si on parle des conséquences à long terme examinons la chose:

      -Le tsunami a crevé des centaines de millier de contenants: réservoirs, barils, emballages ce qui a relâché quelques dizaines de milliers de tonnes de tonnes d’agents chimiques cancérogènes, mutagènes ou toxique dans la nature. Bizarrement, personne ne le mentionne et surtout pas les écolos de salon.

      -Contrairement aux produits ci-dessus, les agents radioactifs issu de Fukushima sont surveillés comme le lait sur le feu, ce qui n’est pas du tout le cas de la radioactivité naturelle issue par exemple des volcans qui peut représenter l’équivalent radioactif de Tchernobyl pour un seul d’entre eux.
      Là encore, pas un cheveu ne bouge chez les écolos de salon, c’est « naturel », donc c’est probablement bon.
      http://energie.lexpansion.com/climat/-le-nuage-du-volcan-eyjafjoll-plus-radioactif-que-tchernobyl_a-35-4448.html

      On est en présence d’un deux poids deux mesures idéologique ou d’une peur irrationnelle.

      1. je dois dire que quand j’ai vu les vagues de bidons, j’ai pensé à ça aussi, en gros, je lsouhaite bien du plaisir aux épidémiologistes pour attribuer telle mortalité à telle cause…

  6. Désolé pour les éventuelles fautes de frappe, pas le temps de relire…

    1. Toute technologie doit être évaluée scientifiquement en termes de bénéfice/risque. Il n’y a que les idéologues pour prétendre que tous les bénéfices sont d’un côté et tous les risques de l’autre, et pour faire croire à l’utopie d’une vie sans risque.
      Concernant l’uranium, l’avenir sera sans doute dans des centrales à fusion utilisant d’autres matériaux.
      Brider la recherche ou mal l’orienter au nom de l’idéologie est en tout cas une très mauvaise idée.

  7. Le nucléaire a nécessité plus d’investissements publics que toute autre forme d’énergie, le solaire a obtenu beaucoup moins, et pourtant le solaire n’aurait pas sa chance lui ? Pourtant la baisse des coûts dans le solaire a été hallucinante !

    1. Par KWH produit, certainement pas. Que représente le solaire actuellement en production. C’est insignifiant au regard du nucléaire. La baisse du coût du solaire semble s’atténuer et il ne faut pas s’attendre à plus. De plus, le solaire ne produit pas lorsqu’on en a besoin et c’est un gros problème. La preuve, c’est que l’on exporte en général plus d’électricité que le solaire et l’éolien en produit. Voir site RTE : http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

    2. « pourtant le solaire n’aurait pas sa chance lui ? »

      Ce n’est pas une question de chance. L’énergie est une industrie lourde. Le solaire ne répond pas au besoin de production en grande quantité, stable, prévisible et pilotable.

    3. « Le nucléaire a nécessité plus d’investissements publics que toute autre forme d’énergie, le solaire a obtenu beaucoup moins, et pourtant le solaire n’aurait pas sa chance lui »

      Et bien prenez votre carte du PC et gravissez les échelons jusqu’à faire partie du comité d’attribution de l’argent du peuple …

      1. L’origine du financement du nucléaire fait partie de la légende du nucléaire largement colportée depuis 40 ans. Les centrales nucléaires actuelles ont été entièrement financées sur fonds propres d’EDF et surtout par recours à l’emprunts de l’Entreprise et l’état n’a fait aucun apport en capital depuis des lustres. Il a toujours été et reste un très mauvais actionnaire qui n’est intéressé que par ses dividendes.

  8. Bonjour
    Je suis déçu par l’article. Je m’attendais à davantage de comparatif entre les sources d’énergie, surtout en ce qui concerne les terres rares utilisées dans l’éolien par exemple et le traitement des déchets, recyclage, des panneaux PV et des éoliennes.

  9. Dans les centrales nucléaires du future, le combustible sera un LIQUIDE. Ca permettra de produire de l’énergie nucléaire de façon intrinsèquement sure et donc moins chère.

    Pour en savoir plus :

    http://energieduthorium.fr

  10. Rien n’est tout blanc ou tout noir.
    Je suis pour le nucléaire à condition qu’il soit vraiment bien encadré au niveau sécurité, ce qui n’a pas été le cas à Tchernobyl ou Fukushima (vétusté, sous-estimation des risques naturels…)
    Nous ne sommes pas totalement à l’abri de ces riques en France (séïsme majeur par exemple ou, malheureusement, terrorisme) bien que
    nos centrales soient beaucoup plus sûres que les précédentes citées.
    Merci au passage à madame Voynet qui, au nom de l’écologie, a fait fermer SuperPhénix qui était un laboratoire de recherche pour réduire les déchets ultimes qui posent le problème de leur durée de vie phénoménale et de leur stockage.
    D’ailleurs elle est responsable également de l’arrêt du grand canal Rhin-Rhône qui aurait supprimé un grand nombre de camions sur les routes . Quant à ses amis du gouvernement actuel, ils vont multiplier les cars pour remplacer les trains. Or qu’ y a-t-il de plus meurtrier que la route ?
    Combien de morts dans des accidents de cars depuis le 1 er janvier ?…
    Et n’oublions pas les milliers de morts dans les mines de charbon depuis qu’on exploite ce combustible et la pollution qu’il engendre …
    Il n’y a pas de risque zéro.

  11. Cet article résume remarquablement et de façon simple une grande partie des enjeux de la politique européenne en matière de production d’électricité qui est aujourd’hui beaucoup plus définie sur la base de considérations politiques et idéologiques que sur des critères technico-économiques et scientifiques. Pour être complet, il convient d’y ajouter l’absence de régulation, en particulier à travers un prix réaliste de la tonne de CO2 produite, et, comme l’a très bien montré une étude de deux économistes de la Toulouse School of Economics (l’université du prix Nobel d’économie, Jean Tyrol), l’étude des conséquences catastrophiques de la distorsion de la concurrence que constitue, en Europe, le subventionnement des énergies dites renouvelables. Cela pourrait faire l’objet d’un article spécifique.

    1. Je ne mets pas en doute la réalité des faits, et des chiffres utilisés pour illusterr cet article.
      En revanche, la pertinence de l’utilisation de certains d’entre eux, et, surtout, les comparaisons d’ordre de grandeur, ne me paraissent pas évidents.

      « Des réacteurs nucléaires naturels ont même existé spontanément sur terre, il y a deux milliards d’années à Oklo au Gabon, et la nature a géré seule les déchets radioactifs, sans conséquence pour l’humanité. »
      Exact. Les algues unicellulaires et les bactéries (seule vie existante à l’époque) ont sûrement très bien géré la chose. Et la nature n’a besoin que de 200 000 ans à 15 millions d’années pour gérer les déchets à vie longue. Alors, 2 milliards d’années…

      « Nos réacteurs nucléaires actuels, bien que sophistiqués, sont aussi naturels que des capteurs PV ou des éoliennes. »
      Exact. Autant que les centrales à charbon, le GPS et les tamagoshi, le génie d’Einstein et les fantasmes de Guy Georges, les trithérapies et la bombe H…

       » [L’accident à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi] n’a fait aucune victime due à la radioactivité et n’en fera sans doute pas selon les dernières études.  »
      Exact. Et ça rassurera sûrement les quelques 2000 morts dus aux conséquences indirectes de l’accident de la centrale, comme l’évacuation, qui n’auraient pas eu lieu si la région n’avait pas été contaminée.

       » les activités domestiques sont, par exemple, responsables de plus de 10.000 morts par an en France.  »
      Exact. Alors que les radiations n’en font que 8 000. Dont plus de la moitié par radiations naturelles, certes.

       » Ces déchets confinés […] ne risquent pas de perturber les équilibres planétaires, la terre étant des millions de fois naturellement plus radioactive.  »
      Exact. Et la Terre émet par géothermie naturelle des milliards de fois plus de chaleur qu’un feu de cheminée. Si vous acceptez de mettre un tison ardent dans votre poche, j’accepte mon dés à coudre de déchets dans la mienne.

       » Cette qualité du nucléaire en fait un champion de l’économie circulaire en consommant moins de 100 tonnes d’uranium par an […] soit l’intérieur d’une petite voiture de type Clio ou 206. »
      Je ne suis pas sûr de comprendre le type d’uranium dont il est question. Mais, en un an, la consommation est, à la louche, de 1000 t de combustible, soit 1 000 000 t de minerais, soit 10 piscines de la taille d’un terrain de foot, et de 2 m de profondeur. Sans compter les stériles de mines.

       » L'[énergie] nucléaire est donc bien vert. […] compacte (elle demande peu de surface par kWh produit)  »
      A la louche encore, 2500 MW / km² pour le nucléaire, 250 MW / m² au sol pour des éoliennes, soit un rapport 10

       » […] économe en combustible (un gramme d’uranium par Français et par an) »
      soit 10kg de minerais par Français (si je reprends les chiffres ci-dessus), sans compter la dizaine de KWh nécessaires pour produire chaque gramme d’uranium enrichi.

      Bref, tout est relatif…

      1. Il fallait évidemment lire 2500 MW / km² pour le nucléaire et 250 MW / Km² pour l’éolien. Certes, c’est la puissance et pas l’énergie produite.

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