Vers la fin des agences bancaires ? LCL ferme 250 agences

Publié Par Charles Sannat, le dans Économie générale

Par Charles Sannat.

Agence LCL à Paris (Crédits PooWho, licence CC-BY-NC)

Agence LCL à Paris (Crédits PooWho, licence CC-BY-NC)

Il n’y a rien de plus obsolète que le concept d’agence bancaire avec aussi les taxis face à Uber, ou encore l’arrivée de la robotique et des humanoïdes.

La preuve, le modèle de banque évolue, ce qui est logique, plus personne ne se rendant dans ces dernières ou presque. Les banques en ligne sont totalement fonctionnelles désormais. Nous allons donc assister, comme j’en parle depuis plusieurs années, à un vaste mouvement de fermeture des agences et à une évolution des emplois bancaires. Même si dans un premiers temps, il n’y a pas de licenciements massifs, c’est autant de milliers de personnes qui ne seront jamais plus recrutées.

Selon l’Expansion : « La banque LCL compte fermer près de 250 agences à l’horizon 2020, soit 13% de son réseau, une nouvelle réorganisation qui se traduirait par 350 à 400 suppressions d’emplois sans licenciement, selon Fore ouvrière, contactée jeudi par l’AFP.

Le directeur des ressources humaines a informé jeudi les syndicats de la mise en oeuvre d’un projet visant 280 fermeture d’agences à l’horizon 2020, avec 350 à 400 suppressions d’emplois, a indiqué Philippe Kernivinen, délégué national FO ».

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Banquiers d’en bas, pensez à votre reconversion dès maintenant car vos jours sont comptés et la prochaine crise financière servira de prétexte rêvé pour des licenciements économiques et brutaux cette fois.

Sur le web

  1. Pour la France ça tombe assez mal.
    Ça va faire bizarre mais c’est pas illogique, à part pour tirer de l’argent j’y vais assez peu.

  2. Dire qu’il y a plus de 20 ans que la banque directe, ça existe…Il en faut du temps pour évoluer.
    Quand 70% des gens ont encore un compte à la banque du coin et payent plus cher….On se dit qu’il faut éduquer au consumérisme.

    1. De toute façon, les banques, donc leurs agences, n’offrent plus aucun service à la clientèle et ne sont plus fiables: leurs « services » sont chers mais obligatoires alors que c’est vous qui faites le travail.

      C’est comme des « fonctionnaires » qui vivent sur vos sous pour vous compliquer la vie, mettre le nez dans vos affaires, vendre vos informations ou jouer au « petit rapporteur » pour les autorités: toutes choses que vous n’avez pas demandées.

      Mais si vous demandez un prêt, là, ce n’est vraiment pas sûr qu’il vous l’accordent!

      La phrase: « un banquier vous prête un parapluie quand il fait beau mais vous le réclame quand il pleut » n’a jamais été aussi vraie!

      C’est bien pour ça que l’utilisation des banques devient de plus en plus obligatoire, en France: Ah! la connivence!

      Mais croire qu’il n’y aura pas « d’Uber » (système alternatif) dans le domaine bancaire est clairement prématuré. Et la disparition des « paradis fiscaux » donne déjà lieu à des reconversions et des alternatives, évidemment!

      D’accord avec l’auteur, la prochaine crise financière (prenez vos précautions!) sera instructive: verra-t-on des faillites bancaires ou un nouveau scénario « chypriote »?

      1. La principale fonction des banques est l’accord de prêts à ceux qui présentent des garanties,cela suppose que les projets des emprunteurs soient passés à la loupe, donc des analystes de qualité. Ces postes là devraient survivre, contrairement à ceux des guichetiers. Par ailleurs, les banques ordinaires sont en fait un étage démultiplicateur au dessous du sommet qui est la banque centrale (qui refinance les banques ordinaires en prenant en garantie leurs actifs ou en les rachetant). Cette dernière n’a pas les moyens d’instruire les petits dossiers et a donc besoin de banques offrant de sérieuses garanties de compétences.
        Si les banques ordinaires se débarrassent de leurs boulets d’agences, elles n’auront pas grand chose à craindre des concurrents internet tant que ceux ci ne se dotent pas d’un personnel important pour l’analyse des demandes de prêts. Et ce faisant, ces concurrents perdraient l’atout de leur légèreté et donc à terme tous convergeraient vers le même modèle.

        1. Je comprends bien votre raisonnement qui est aussi clair qu’il me parait et logique et exact. Rien à redire.

          Mais, semble-t-il, le « patron » (M.Draghi), a donc mis le taux de la B.C.E. à 0, avec intérêt négatif sur les dépôts des banques que vous qualifiez du terme « ordinaires », au sens « neutre », je présume.

          Le but serait de permettre aux banques ordinaires de prêter plus facilement à leur clientèle (comprendre: avec une marge de risque un peu plus importante, raisonnablement suivant le taux de risque du débiteur, évidemment), afin d’obtenir un effet de relance économique, finalement.

          Cela risque de rester difficile, cependant, les banques ordinaires ayant resserré les conditions de crédit depuis quelques années avec un personnel de contact avec la clientèle qui a été sévèrement « rationalisé », d’une part, et personnel réorienté vers la vente de « produits » bancaires, évidemment les plus rentables pour la banque.
          Les clients fidèles et relativement « fiables » qui ont dû essuyer un refus, à ce moment-là, risquent d’être échaudés.

          Je ne suis pas jeune et j’ai entendu, de longue date, chez moi, qu’il fallait avoir un « bon assureur » et un « bon banquier », dans la vie (bon = de confiance): ces considérations n’auront plus cours, maintenant que la « confiance » sera remplacée par le rapport qualité-prix et la solidité de la société. Il n’est pas question de « nostalgie », mais d’un marketing maladroit.

          1. Par banques ordinaires, j’entends les banques qui n’ont pas les moyens comme la banque centrale de faire n’importe quoi. Je ne suis pas du tout convaincu qu’ouvrir les vannes du crédit à de mauvaises utilisations puisse relancer l’économie. Ce qui relance l’économie ce sont de bons projets créant des richesses. Non seulement ces bons projets ne sont pas à une fraction de % près sur le taux d’intérêt qu’ils doivent payer mais, en plus les prêts à faible taux accordés à des mauvais projets leur permettent de tenter l’aventure (qui se termine souvent mal) et de détourner des moyens rares à leur profit. Par exemple si le prêt du mauvais projet permet d’embaucher un profil très rare, il manquera aux bons projets. Et s’il s’agit de permettre aux états de s’endetter pour payer plus de fonctionnaires, là aussi ces profils manqueront ailleurs. Il ne faut pas oublier que les fonctionnaires ont souvent un niveau de formation nettement au-dessus de la moyenne (il y a bien moins d’illettrés en leur sein que dans nos masses de chômeurs inemployables). Il est dommage de ne pas mieux exploiter leurs compétences.

        2. Il n’y a pas de concurrence :
          Boursorama appartient à la société générale
          Hello banque à BNP Paribas
          Fortuneo et Monabanq appartiennent au groupe Crédit Mutuel….

          Il n’y aura je pense pas de perte de compétences: les employés des agences seront certainement transférés d’une filiale à l’autre

    2. La banque en ligne c’est un peu comme le dégroupage du téléphone. Même si ça permettait une économie de 150 euros par an au début (et certainement plus maintenant) les gens se posaient la question du service qui leur serait apporté en cas de pannes et ont donc joué ce qu’il s’imaginait être la sécurité mais en fait avec un tel raisonnement ils devraient s’acheter une voiture dans chaque marque.

      C’est un peu pareil avec la banque au coin de la rue quand le client pense qu’il a son conseiller particulier qui le connait bien (surtout s’il est à découvert!) mais qu’en fait c’est un simple chargé de clientèle qui change tous les 3 ans et qui ne vous connaît pas plus que ça (sauf découvert)… ça relativise beaucoup la relation client.

  3. le contact humain n’est pas toujours remplaçable.
    Eh puis, on a le droit de le préférer à un écran.

  4. Ce mouvement va encore s’intensifier avec le développement spectaculaire du Blockchain. BNP et Société Générale sont déjà sur le coup; et puis derrière il y a aussi IBM qui avance à grand pas. Et là où IBM passe …

  5. Tiens, j’en reviens à l’instant, de mon agence de réseau. J’ai du me déplacer pour recuperer une cb et effectuer un virement, le système de virement online étant relié à une carte expirée depuis peu. Bilan de l’opération,1/2h a faire la queue, pour m’entendre dire que si ma nouvelle CB est bien prête, elle n’a en fait pas encore été livrée à l’agence.
     » Repassez lundi. Àh non,mardi: le lundi on est fermé. Et que le matin pour les opérations courantes, l’après midi c’est sur rendez-vous uniquement. Pour votre virement aucun problème, c’est facturé un euro…
    (Moi): vous vous fichez de moi?
    – c’est un montant forfaitaire, monsieur, je ne peux rien faire.
    -Ok j’aimerais avoir un rendez-vous dans la semaine prochaine j’ai une opération importante à effectuer avant le 15
    -ah oui mais là ça va être compliqué M. XXX, vous vous y prenez tard
    -moi (de plus en plus énervé) : ça fait au moins une semaine que je vous sollicite par mail, car il est impossible de vous joindre au téléphone.
    – ah, M. Xxxx, c’est que J’ETAIS EN CONGÉS (!!! )
    -(moi)c’est votre droit, mais ce n’est pas mon problème. Comment on fait pour mon rdv?
    -j’ai bien peur de ne pouvoir vous recevoir avant le 18, 16h (nous sommes le 12).
    -en plein milieu de ma journée de travail? Vous n’avez pas plus pratique ?
    -c’est que nous fermons à 17h30.
    -moi (carrément hors de mes gonds ) : Madame, je me suis engagé auprès d’un fournisseur de confiance (également ami) à émettre un chèque de banque en sa faveur le 15 de ce mois au plus tard, et vous me contraignez à trahir un engagement moral et financier ? Vous-rendez vous compte de la situation dans laquelle vous me mettez ?
    – (elle, ne sachant littéralement plus ou se mettre): Croyez bien que j’en suis désolé M. Xxxx, mais si vous vous y étiez pris plus tôt… (SIC)
    -moi, très bien revenons à ce virement. Quitte à payer 1€ le clic, autant le rentabiliser, donc je vais virer 1000€ d’un coup, on verra pour la suite.

    -très bien. Quel est le destinataire ?
    -moi, ( avec, je l’admets, un petit sourire): B***** à Banque, sur le compte courant que je viens d’y ouvrir. Pour la suite, ne vous fatiguez surtout pas, je vais faire ça en direct de chez eux. On se revoit le 18: j’aurais des choses à vous annoncer….

    Voila. Il y a 3 semaines cette meme « conseillere » ( dont les oublis m’ont déjà coûte cher…) me vantait la proximité et la facilité de contact dans une banque de réseau régionalisée, en comparaison des banques en lignes…
    On croit rêver, j’avais déjà eu 2 entretiens avec mon nouveau conseiller Bxxx avant même que mon compte soit crédité d’un seul euro, et d’effectuer toutes mes opérations dont j’avais besoin en 2 clics et un coup de fil, un samedi à 14h, sans bouger de chez moi… Mon ‘ancienne’ banque n’est même pas capable de répondre à une demande courante avant 10j ouvrés et en se servant la soupe au passage.
    Pour mon expérience personnelle, pour l’instant on en est à 10-0 pour la banque en ligne.

    Parce que je suis trop bon, je leur laisse encore 3 à 6 mois pour remonter au score. Passé ce délai si le niveau de service ne s’est pas largement amélioré, il ne verrons plus un kopeck de mon pognon.

    1. Faut dire que s’appeler M. XXX ça fait bizarre, ça donne pas confiance…

      1. C’est honteux, c’est de la discrimination.

    2. Je n’ai aucune confiance dans les banques françaises, en retard de 20 ans sur celles de mon pays:

      ma surprise quand on m’a proposé un chéquier à l’ouverture de mon compte (chèques qui ont disparus du paysage, chez moi, exception faite pour les « chèques de banque » (qui garantit à celui qui le reçoit que la banque le payera).

      Surprise encore que ces chèques ne soient même pas des « eurochèques » (disparus aussi) et, de plus, qui étaient tous « barrés » d’avance!

      Surprise quand j’ai dû utiliser la formule « TIP + RIB » (pourquoi faire simple …)

      Surpris encore quand je n’ai pas pu virer de mon compte au crédit agricole au compte de mon frère, au crédit agricole mais dans une autre région

      Surpris de constater, pour finir, que la banque postale fut la plus accessible et la plus serviable parmi les 5 fréquentées et quittées prématurément.

      Et aujourd’hui surpris par la BNP (celle-là même qi fut en « délicatesse aux U.S.A.) qui s’est voté un dividende exceptionnel de plus de 2 milliards d’une filiale dans un pays européen pour les rapatrier à Paris, à charge, pour ce pays de se débrouiller avec cette filiale en cas de problème: quelle élégance!

      La France n’a, pour l’instant, rien à gagner « d’ambassadeurs pareils », sa situation croquignolette est déjà suffisante!

  6. Le crédit agricole a racheté LCL , donc il ferment des agences bancaires pour éviter les doublons , c’est quoi cet article bidon

    1. Très juste.

  7. 400.000 personnes travaillent en France dans le secteur bancaire ..qui sont des consommateurs et payent des impôts . Cool .. 1/2 million de chômeurs de plus .. Quand plus personne n’aura un emploi dans ce pays …

    1. Pas si simple, les employés de banque, tout comme les fonctionnaires, ont un niveau de formation nettement supérieur au gros des troupes de chômeurs. Diminuer l’emploi dans ce secteur (il n’est question que de moindre embauche et non de licenciement) signifie donc que les autres secteurs pourront se partager des travailleur de bonne qualité et donc stimuler la croissance de pays. On n’augmente le chômage que lorsque l’on supprime des postes occupés par des personnes inemployables ailleurs. Les travailleurs qualifiés, s’ils n’ont pas d’exigences irréalistes (par exemple en durée de travail réel) trouveront toujours preneur.
      Ne regarder que le taux de chômage moyen sur un pays n’a pas de sens, il fut regarder plus finement et l’on s’aperçoit alors qu’il y a des cas désespérés (qualification nulle) mais aussi des goulets d’étranglement dans des catégories recherchées.

      1. Ils iront bosser ailleurs. Ca leur fera le plus grand bien. De toute façon à l’heure actuelle ils nuisent à leur entreprise et a l’économie em general. Je préfère encore les payer à casser des cailloux.

  8.  » […] prochaine crise financière servira de prétexte rêvé pour des licenciements économiques et brutaux cette fois. »

    Une des plus grandes banque française à effectué des licenciements après 2008, renvoyez vos sources Mr Sannat…..

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