Le coût élevé de la gratuité scolaire

Publié Par Institut Économique de Montréal, le dans Canada

Par Jasmin Guénette.

Free Lunch gratuité (crédits sea turtle, licence Creative Commons)

Free Lunch gratuité (crédits sea turtle, licence Creative Commons)

Le gouvernement ontarien vient d’introduire la « gratuité scolaire » au collège et à l’université ! C’est en tout cas la première impression que l’on peut avoir en lisant les titres de certains médias qui ont relayé la nouvelle.

En réalité, dans son dernier budget, le gouvernement ontarien a introduit la « gratuité » pour certains étudiants, soit ceux des familles qui déclarent des revenus de 50 000 $ ou moins.

Il s’agit surtout d’un changement administratif, où l’on remplace plusieurs programmes de prêts et bourses par un seul, la Subvention ontarienne d’études. Si la mesure a le mérite de simplifier les choses, il n’y a toutefois aucun ajout d’argent additionnel pour les étudiants. Et si on veut faire le parallèle, on est très loin du montant de quelque 3 milliards $ exigé par la Fédération canadienne des étudiants afin d’instaurer une gratuité scolaire complète aux niveaux collégial et universitaire.

Les partisans de la « gratuité scolaire » vont sans doute s’inspirer de la réforme ontarienne pour relancer le débat sur la question. Il s’agit pourtant d’une bien mauvaise idée.

D’abord, cette mesure est profondément inéquitable. Un peu plus de 70 % des Québécois ne possèdent aucun diplôme universitaire. Or, le fait d’avoir un diplôme universitaire augmente à la fois le salaire et la stabilité de l’emploi, avec des revenus estimés supérieurs de 53 % pour les hommes et 70 % pour les femmes titulaires d’un baccalauréat. La gratuité distribue donc les coûts de l’enseignement supérieur à une population moins riche, alors que les bienfaits sont concentrés chez ceux qui ont reçu cette éducation.

Aussi, les partisans de la gratuité tiennent pour acquis que la qualité de l’éducation reste la même, peu importe les frais de scolarité. Mais c’est faux. L’expérience française, notamment, suggère que la gratuité scolaire a un effet néfaste sur la qualité de l’enseignement.

L’an dernier, j’ai eu la chance d’aller en France pour tourner un court documentaire expliquant comment la France a réussi à mettre en place un réseau d’établissements de grande qualité appelés « Grandes écoles » en misant sur la liberté de choix et la concurrence, et comment ce système peut servir d’inspiration pour le Québec. Je vous invite fortement à visionner ce court documentaire, où l’on aborde aussi la question de la gratuité scolaire et de ses effets en France.

En France, où les frais d’inscription universitaire sont quasi nuls, 52 % des étudiants échouaient leur première année à l’université française en 2007, selon le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Avec pour résultats, chez les élèves, une démotivation, une peur de l’avenir, du retard, le chômage, etc.

Comme je l’avais expliqué dans un texte précédent, la gratuité universitaire abaisse le coût de l’erreur d’orientation ainsi que le coût lié au fait que l’élève renonce alors à une année de salaire qu’il aurait obtenu s’il s’était directement dirigé vers le marché du travail. De jeunes adultes qui auraient autrement été employés, ou qui se seraient davantage impliqués dans leur orientation, se retrouvent ainsi dans des formations qui ne leur conviennent pas ou ne les intéressent pas vraiment.

Comme me le soulignait mon collègue Mathieu Bédard, qui a enseigné à l’université publique française, la non-sélection vient accentuer ce phénomène. Des étudiants avec des formations pré-universitaires de métier peuvent se retrouver dans des cursus qui demandent des compétences très élevées en mathématique, comme la licence en science économique.

Les classes de première année dans les universités publiques gratuites en France sont constituées de groupes difficiles, principalement à cause d’un nombre important d’étudiants qui n’y sont pas à leur place, ni même intéressés par leurs études. Ils sont là « pour la bourse », ou pour y patienter jusqu’à l’atteinte de l’âge minimal requis pour postuler à certains emplois. La qualité des cours dans ces classes s’en ressent.

Bref, la « gratuité », ça finit par coûter cher…

Sur le web

  1. Je ne comprend pas …. Si quelqu’un veut se payer des études et n’a pas les moyens , qu’est-ce qu’il l’empêche de travailler deux-trois ans en restant chez ses parents pour financer ses études ?

    1. Et pourquoi l’étudiant de famille aisée n’aurait pas à faire ça lui ?

      1. Parce que ses parents ont travaillé justement pour, entre autres, éviter à leur enfants de travailler pour leurs propres études.

        1. Le fait est que ces enfants ne sont pas responsables de la richesse de leurs parents, ils n’ont rien fait pour mériter cet argent, c’est juste un coup de bol : naître au bon endroit.
          Les enfants de familles pauvres ou modestes ne sont pas responsables de cette pauvreté non plus.

          Ni l’un ni l’autre n’ayant mérité quoique ce soit ils doivent évidemment commencer au même niveau.
          L’accès à l’école est fondamental pour permettre une ascension sociale, je remercie donc ce pays pour son éducation accessible à tous, on ne joue pas avec l’éducation et cela ne doit jamais être uniquement destiné aux riches, ou en tout cas pas leurs enfants qui n’ont pas gagné cet argent eux-mêmes.

          1. Vision égalitariste très en vogue dans notre pays. Néanmoins, les parents sont responsables de ce qu’ils offrent à leurs enfants. Soustraire les parents de ce type de responsabilité est très pratique et électoralement efficace…
            Vous défendez un dogme. Le dogme avant l’efficacité, la France est connue pour cela. La gratuité a donné l’illusion d’un accès « égal » aux études ce qui n’est pas le cas. Il pousse des personnes à s’engager vers des études par facilité, ou en attendant mieux ou encore pour combler un vide alors que ce n’est pas le plus approprié. Conséquences, le niveau d’éducation et des étudiants baissent en France: certaines filières de fac n’ayant plus qu’un rôle d’absorbeur de jeunes pour les soustraire au chômage, le niveau de formation ne peut que baisser devant l’afflux de candidats, les budgets étant insuffisants malgré les petites rallonges de budgets accordées. Beaucoup de pays en Europe s’en tirent mieux pour un moindre coût avec un ascenseur social toujours en marche (cf PISA).
            Vous avez certes raison sur un point: les enfants ne sont responsables de leur famille de naissance. La naissance aide mais ne fait pas tout. Ils ne sont pas non plus responsables non plus d’être petits, grands, intelligents ou idiots…etc Faut-il systématiquement tout compenser? N’est-ce pas aux parents de le faire, de prendre leur responsabilité? Ne faudrait-il pas simplement aider ceux qui ont montré leur volonté de travailler et/ou de faire des études (par les résultats qu’ils ont déjà obtenus) via des bourses au mérite et non sur des critères purement sociaux? Faire croire à tout le monde qu’il est capable de faire des études est malhonnête. Et pousser certains a en faire est une escroquerie qui dévalorise ces mêmes études et crée beaucoup de désillusions.

            1. Nope, je défends le bon sens.

              Quand on parle d’améliorer la compétitivité on parle souvent de baisser impôts et régulations, ce qui est vrai et nécessaire.
              Cependant l’éducation en fait partie, et une main d’oeuvre éduquée et performante est ce que les entreprises étrangères adorent en France, une des rares choses que l’on fait bien. La voie choisie est la bonne.
              Là où il est nécessaire d’agir est la filière choisie car trop de gens choisissent des études qui mènent au chômage ou chez McDo faute de débouchés.
              Mais l’accès à tous est une idée fabuleuse.

              1. Oui je défends LE BON SENS, tout comme SweepingWave dans son post!

              2. Akashi ou SweepingWave, la même personne derrière ces pseudos on l’aura compris, vous êtes un jeune socialiste qui se prend pour un libéral.
                Vous devez rêver quand vous pensez que la fin de la gratuité des études conduirait à une sélection au compte en banque des parents. La fin de la gratuité ne serait pas un problème pour les enfants de riche, ça on l’a compris. Mais non plus pour les pauvres, il suffit pour cela de créer des bourses privées (internes à l’école ou par des fondations) et sélectionnant selon leurs propres critères pour permettre de sélectionner les meilleurs et donner leurs chances aux plus talentueux. Vous êtes d’ailleurs assez peu logique, vous défendez ardemment les USA mais voudriez préserver l’école gratuite. Bizarre.
                Et je ne sais où vous avez pêché que les entreprises étrangères adoraient les étudiants français plus que les autres, et que notre système scolaire restait notre force. D’une, dans la majorité des pays (anglo-saxons ou germaniques par exemple) le diplôme ne fait pas le candidat au contraire, les recruteurs préférant regarder les résultats plutôt que les diplômes. De deux, le système scolaire français est le plus mauvais de l’OCDE comme nous le rappelle l’étude Pisa alors retourner dans vos rêves socialistes.

                1. Malheureusement. Nos médias adorent ressasser que nos diplômés sont très appréciés à l’étranger. Certains peut-être… mais ce sont ceux issus de ces filières spécialisées et pointues. Et encore, ceux qui se bougent pour partir à l’étranger et qui acceptent des conditions de fonctionnement parfois très différentes de ce qu’on trouve en France.

                  1. En fait, en France, on voit que l’E.N.A. sélectionne ses candidats: essentiellement des « Sciences-po », des « X » ou « Polyrech », des « Mines », des « Normaliens », quoi encore? Quelques juriste?
                    Oui, les Français ont répété pendant des années que c’était la crème de la crème! Maintenant qu’on les a vus à l’oeuvre, c’est, comme souvent, la différence entre le discours et la réalité, qui est source de déception.

                    Dans le domaine qui est le mien, j’avoue très volontiers qu’il y a en France, quelques sacrées pointures qui sortent du lot, mais, surtout depuis la multiplication des universités, il est bon de rappeler le temps où on traversait la moitié de l’Europe pour aller écouter et suivre le cours d’une sommité, alors que les multiples « sommités » départementales n’ont évidemment pas tous les atouts en main pour atteindre le même niveau, qui tient d’ailleurs en une parfaite adéquation entre une personnalité riche et sa passion non seulement utilisée mais dépassée vers de nouvelles perspectives d’avenir. Sur 40 ans de carrière, J’ai appris le nom de moins de 15 ou 20! Je n’en ai approché que 4 ou peut-être 5, tous assez simple et passionné pour accepter de partager leur savoir avec celui qui en veut et, comiquement, concerné par la question du plus modeste. Une belle confirmation de leur valeur.

          2. Ah… ces cocos! Incapables de raison! Donc, un père et une mère (pardon, un parent A et un parent B), n’auraient pas le droit de disposer comme bon leur semble des excellents fruits de leur gestion économique?

            Et, vous croyez vraiment rendre service à ces gamins de « pauvres » en leur imposant des études qu’ils ne veulent pour la plupart pas (voir taux d’abandon), et les rendre esclaves à vie de leur dette d’études?

            Je veux dire, avant, le mec qui pouvait pas faire d’études bossait à Starbucks, et quand il avait réuni assez (5000$) pour une formation utile (plombier, maçon, électricien, soudeur) il pouvait changer de job.

            Aujourd’hui, tu as des gens dans les fastfood qui ont des dettes d’études supérieures à 50K $ et des dettes à mort, des « mortgages ».
            Tu rembourses, ou tu arrêtes de payer à ta mort. Tu n’y échapperas pas. Et cette dette-là n’est pas éligible pour la « faillite personnelle ».

            C’est un piège la fac pour tout le monde, mais, quel communiste comme vous n’aimerait pas un endroit où tout est pareil pour tout le monde? Les horaires, les cours, les profs, le niveau faible?

            1. C’est vraiment comique! J’habite un pays assez « libéral », avec un état qui décide mais sous-traite, ce qui ne l’empêche pas d’assurer un service social très correct mais maitrisé sans dette débile.

              Une modification des allocations familiales permet d’assurer aux étudiants des bourses d’études suffisantes pour étudier, même à l’étranger.

              Suivant une formule, indépendante des revenus des parents qui, par contre se passeront alors, d’allocations: la bourse c’est au moins 7 000 € par an: 1/2 cadeau, en espérant que le futur citoyen participera à la prospérité du pays ensuite (= investissement), 1/2 prêt avec garantie de l’état, à rembourser à partir de de 2 ans après la fin des études jusqu’à la dixième année après, à un taux fixe de 2%.

              Ce n’est ni sélectif par la population cible ni anti-social, pour un pays relativement libéral.

              Alors d’accord, c’est bien trop simple pour la France: ça n’occupe pas assez de fonctionnaires: les syndicats n’auraient pas été d’accord.

    2. Parce qu’ils ont le droit de s’éduquer eux aussi sans avoir à se coltiner la sale besogne que les enfants de riche s’épargnent, tout simplement.
      Dans une société civilisée le statut social des parents ne peut plus être un critère d’accès à l’éducation, c’est horriblement démodé et ridicule de demander un retour à l’époque pré-révolution, et la France n’y reviendra jamais car le peuple ne l’acceptera jamais. C’est d’ailleurs une tendance mondiale, l’accès des gens défavorisés au système scolaire est une des clés de la croissance et du développement.

      Si les libéraux ne comprennent pas ça jamais l’un des leurs n’arrivera au pouvoir. Il y a beaucoup plus important comme combat que priver les pauvres d’éducation, ce qui ne devrait d’ailleurs pas être un combat.

      Même aux Etats-Unis cela fait débat avec des Etats cherchant à offrir une éducation universitaire gratuite comme dans l’Oregon, Bernie Sanders fait même campagne là-dessus et a reçu énormément de soutien parmi les jeunes, obtenant 82% du vote des 18-24 ans dans la primaire démocrate.

      Oubliez ça, c’est un droit qui ne sera jamais remis en cause, y a plus important que d’aller pourrir la vie des jeunes qui souffrent déjà beaucoup de la crise.

      1. Ouh la! Débat difficile. On ne peut critiquer le système français sans se voir immédiatement accusé de vouloir retourner aux temps anciens.
        « ’accès des gens défavorisés au système scolaire » bien sûr que c’est indispensable. Où diantre avez-vous lu que je pensais l’inverse? C’est indispensable mais avec un minimum de responsabilisation. Et justement la déresponsabilisation prégnante du système français finit par desservir les bénéficiaires eux-mêmes.
        Quant à votre statistique, autant poser une question sur l’éducation aux jeunesses socialistes…
        « n’y reviendra jamais car le peuple ne l’acceptera jamais » Il y a tellement de choses que le peuple français finira par accepter parce que la situation économique l’y oblige. On en reparlera quand commenceront à apparaître des formations complémentaires payantes (certes facultatives) mais… indispensables. Cela me rappelle la Sécurité Sociale. Il y a 40 ans, elle était suffisante pour tous et les mutuelles accessoires. Depuis, les mutuelles sont devenues indispensables (et même obligatoires). Et maintenant, les sur-mutuelles commencent à apparaître. Tout cela pour un niveau médical en baisse constante en France. Vous voyez le parallèle.
        Mais, cela n’apparaîtra peut-être pas. Il paraît que de plus en plus de jeunes vont faire la totalité de leurs études (non médicales) à l’étranger donc en payant. Le retour à la discrimination par l’argent que le système a tant voulu combattre et a finalement favorisé.

      2. Sans être socialiste du tout, je me sens libre d’adopter des idées d’une certaine justice sociale, même si je suis d’accord avec beaucoup de thèses libérales: mais je ne serai évidemment jamais un un « libéral français », n’étant pas un Français et refusant un libéralisme théorique sans traduction concrète sur le terrain (au contraire, libertés en ↓↓↓).

        Et oui, je crois que la charte des droits de l’enfant comme les buts de l’Unicef (= O.N.U.), c’est bien interdire le travail des enfants jusqu’à 15 ans ET un accès à l’instruction, déjà garanti jusqu’à 15 ans, serait une belle victoire.

        Maintenant, en restant réaliste, dans certains pays, il se passera du temps avant l’accès universel à l’université.

  2. Ben oui, surtout empêchons les enfants pauvres ou de familles modestes d’étudier afin de passer dans une classe supérieure ! Si les pauvres ne veulent plus rester à leur place dans la pauvreté où va-t-on ?

    1. La France, pays de gratuité des études, n’est absolument pas un exemple en matière d’ascenseur social efficace. Cet ascenseur est de moins en moins efficace, plusieurs articles déjà parus sur Contrepoints en témoignent. La gratuité des études en France avec l’illusion d’un accès « facile » « pour tous » donné à certaines études (peu en rapport avec les besoins du marché car il faut bien caser les étudiants quelque part) ont fini par engendrer des filières « bas de gammes », débouchant sur le chômage malgré des diplômes de 3è cycle. Ce système égalitariste a, en parallèle, développé un système ultra-élitiste réservé à certains.
      Aux USA, pays des universités payantes (horreur et putréfaction!!!), l’ascenseur social est beaucoup plus efficace. Bien sûr, tout le monde ne peut pas se payer Harvard (qui n’a pas d’équivalent en France d’ailleurs). Mais toutes les universités ont un système de bourses basées sur le mérite et non sur des critères sociaux (re-horreur!). Beaucoup se payent des études certes en fonction de leur capacités financières (de ce qu’on peut ou accepte de payer) mais avec une motivation beaucoup plus grande qu’une partie des étudiants de nos fac gratuites.

      1. J’ai beau adorer les USA il faut préciser que les étudiants doivent s’endetter massivement pour faire ces études qu’ils peuvent mettre 15 ans ou plus à rembourser..Donc même avec un bon emploi ils doivent se priver et ne peuvent en profiter.

        1. Se priver pour avoir quelque chose est scandaleux? On est en France, pas de doute.

          1. Si les enfants de riches doivent se priver aussi alors aucun, sinon nan.

            C’est pas de l’égalitarisme c’est du bon sens.
            Il est bon pour une société d’avoir des individus de mieux en mieux formés afin d’être compétitive, c’est l’un des atouts de la France pour les entreprises qui y investissent.

            1. En principe oui. C’est tout à fait exact pour une partie des étudiants. Mais qu’en est-il de tous ceux qu’on a poussé à s’engager dans ces études qui ne leur offrent que des formations en décalage complet avec les besoins des entreprises. Et qui n’ont donc que le chômage en débouché ou des emplois sous-qualifiés par rapport avec leur niveau d’étude. Désillusions et frustrations en perspective.
              Toujours la haine des riches! Dommage.

              1. Je n’ai pas la haine des riches, bien au contraire j’aimerais bien en devenir un et ferait en sorte de le devenir. Le riche, ou du moins celui qui l’est devenu par ses efforts (exit les héritiers) est un exemple à suivre. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il faut leur donner tous les avantages pendant que le reste de la population a le droit à rien d’autres que subir. Ce n’est plus viable au 21ème siècle.
                Vous êtes assez extrême dans votre vision, je pense qu’il faut un équilibre.

                Et d’ailleurs que voulez-vous dire par formations en décalage avec les besoins des entreprises? Les formation psycho, philo ou littérature anglaise par exemple ?

            2. Le bon sens serait donc que des enfants qui ont la chance de ne pas y être obligés se privent quand même, alors que tous les moins gâtés ne rêvent évidemment que de ne pas à avoir à se priver pour étudier?

              C’est idiot!

        2. Et pourquoi donc les étudiants choisissent de s’endetter? Parce que 1: on ne valorise pas les « trades », les métiers manuels.
          On leur vend de la fac surpayée, un diplôme inutile avec des profs fonctionnaires, qui n’ont jamais travaillé dans une entreprise.
          On leur vend aussi des installations, des dortoirs hors de prix. Des cours minables, des livres à 2000 USD$ qui changent chaque année…

          POURQUOI? La bonne question, c’est pourquoi?

          La réponse: l’état (ou le gouvernement fédéral, mais ça revient au même!)

          Comme pour les maisons à la con, le gouvernement a promis de rembourser s’il y avait défaut. Donc, les facs ont gonflé les prix, de la même façon que l’immobilier était gonflé, parce qu’il y avait plus d’acheteurs. (Plus que de raison, même ceux à qui on aurait du refuser! )

          C’est la même chose avec la fac! On la donne à tlm… le but de l’école n’est plus l’instruction. Ceux qui ont le grappin sur les 25 premières années de votre vie vont pas desserrer la mâchoire facilement.
          (Je parle des fonctionnaires/syndicats de crèches, de primaires, de collège, lycée…) ils vont pas vous laisser vous échapper aussi facilement, vous êtes leur gagne-pain!

          Aujourd’hui, toute l’éducation qu’on veut est disponible sur internet, à la bibliothèque, pour tellement 3fois rien!

          Les MOOCS, Wikipedia, Google… tout ça, c’est des sources d’infos.

          A part savoir lire écrire, compter (soustraire, diviser, calculer un % ou une fraction simple) ça reviendrait à BIEN moins cher si chacun après choisissait sa spécialité.

          Par exemple, le mec qui veut faire que codage, il fait que coder. A quoi sert de lui bourrer la tête avec de la chimie, de la géo, de la musique, s’il s’en fout?

          Mais, ça réduirait cursus, coûts, postes… et les syndiqués devraient chercher des jobs où ils sont vraiment productifs/pour lesquels les gens ont envie de les payer… (et ça, ils ne savent pas faire)

      2. Les USA remettent de plus en plus en cause cette éducation coûteuse avec des offres d’universités gratuites comme dans l’Oregon, les étudiants qui en ont marre de passer leur vie à rembourser leurs dettes d’études et ça devient même un argument électoral.

        Vous avez choisi un bien mauvais exemple ! Même eux en veulent de moins en moins!

        1. Si ces universités gratuites offrent le même niveau de formation que les autres. Pourquoi pas?
          Mais si ces universités adoptent un mode de fonctionnement dont le but est que les étudiants finissent par tous (ou presque) avoir un diplôme, j’en doute.

          1. Ben ce n’est pas le cas en France non plus.

            Dans ma filière commerce internationale nous étions 250 en première année de licence et on a fini à 20 en Master 2. Un taux de réussite inférieur à 10% donc.
            La sélection est bien là et ce que certains disent sur l’université française n’est qu’un mythe.

            D’ailleurs les cours aux USA ne sont pas vraiment plus difficiles qu’en France, la qualité des cours et des bâtiments est bien meilleure mais on y apprend la même chose…en tout cas dans les facs normales, je ne parle pas de l’Ivy League.

            Bref sortez de votre bulle et brisez les mythes sur les facs françaises..

            1. Vous répondez de vous-même à un commentaire précédent!
               » filière commerce internationale » voici une filière de formation très commune… Votre formation répond effectivement parfaitement aux besoins de certaines grandes entreprises. Quant est-il de Lettres, Socio, Histoire… etc? Ces filières et d’autres recueillent des masses de jeunes en quêtes d’études pour quelles résultats pour la plupart? Les meilleurs s’en tireront bien sûr mais les autres?
              Et dans votre filière, vous me parliez de 250 au départ en licence. Dites-moi, combien avait réellement leur place? Et combien, y en avait-il en 1ère année de DEUG (je ne connais pas le nouveau nom).
              La sélection pour les formations pointues et spécialisées existe en France dans les Universités. Je n’en ai jamais douté. Mais qu’en est-il des autres filières plus généralistes. Et surtout qu’en est-il pour tous ces jeunes qui commencent et ne terminent jamais?

              1. Ah il se peut bien que l’on commence à se comprendre un peu mieux là xD

                Ma filière reste généraliste surtout en licence mais qui se spécialise en Master, en fac publique, je le précise, mais c’était bien utile et je l’ai choisie pour ça car pour moi les études doivent être utiles et mener quelque part, si on nous finance la formation ça me parait être la moindre des choses.

                Ce que vous dites sur les nombreux étudiants en lettre, philo, psycho..etc…est vrai, il y en a beaucoup et ça ne mène généralement nulle part d’autres qu’au chômage ou des emplois niveau BAC. Je n’ai jamais compris moi-même pourquoi il y en a autant, ça me semble être un gros gâchis, à la fois de talents et d’argent.
                Il y a sans doute des réformes à faire à ce niveau, en finançant davantage les filières correspondant aux besoins tout en réduisant la voilure sur le reste.

                1. Les fac ne sont pas un concours, il n’y a pas de places limitées à un diplôme (sauf peut-être en Master?). Il suffit d’avoir les notes suffisantes. Plus financer les filières répondant aux besoins, peut-être (coûts supplémentaires cependant). Réformer certaines filières, sûrement.
                  Mais êtes-vous sûr cela créera beaucoup plus d’étudiants compétents capables de réussir dans ces filières (sauf à en abaisser le niveau)?
                  On a voulu faire croire que la grande majorité d’une classe d’âge était capable de suivre des études supérieures et on les a poussé à le faire. Mais quel type d’études supérieures? Beaucoup se sont tournés vers le type d’étude général que vous citez. Mais êtes-vous sûr que ces jeunes auraient été capables (compétence et/ou motivation) pour faire d’autres études plus pointues? J’ai des doutes.

      3. Et, ceci n’est qu’une confirmation que votre système a fini par foirer: même les systèmes élitistes finissent par ne plus engendrer « d’élite ». Le problème français n’est pas un problème de conception mais un problème d’adaptation au changement, en dehors de tout dogme, si possible.

        Pour vous y aider, un coup d’oeil, sans préjugé, sur l’étranger, vous aiderait souvent!

        Aux U.S.A., si vous êtes pauvre mais excellent au basket, ça peut aider pour obtenir une bourse!

        Il est souvent très difficile de sélectionner avant, un candidat qu’il faut sélectionner pour le favoriser dans tel parcours universitaire. Cela demande d’examiner l’ensemble des candidats possibles mais on voit déjà clairement que le conseil en orientation se plante régulièrement.

  3. C’est sur ce genre de sujet qu’on comprend que Akashi et SweepingWave défendent surtout leurs intérêts personnels. Comme tout le monde me rétorquerez-vous. Certes… certes…

    N’empêche c’est triste de voir que chaque fois qu’une personne, qui prétend être libérale, n’est ni raciste, ni sexiste, ni homophobe, ni xénophobe, hé bien en réalité très souvent cette personne n’est pas si libérale que ça : elle pioche les libertés qui lui plaisent et s’oppose aux libertés qui mettent fin aux éventuels privilèges que l’Etat lui octroie.

    Ce n’est pas demain la veille qu’on aura la chance de voir des « bobos libéraux », c’est-à-dire de voir des gens qui s’opposent (comme Akashi et SweepingWave) au sexisme, à la xénophobie, etc, mais qui s’opposent également (contrairement à Akashi et SweepingWave) à toutes les lois injustes, c’est-à-dire même aux lois susceptibles de leurs octroyer des privilèges.

    1. Libéralisme à géométrie très variable en sorte… ou libéralisme de connivence?

      1. Différence de vision du libéralisme plutôt : ici on parle de la liberté de pouvoir monter l’ascenseur social…Si seuls les riches y ont accès alors il n’y a plus de liberté.

        1. Jusqu’ici l’ascenseur social marche très bien dans les pays libéraux avec une éducation payante (en partie ou totalement) et d’autant plus mal que les pays pays sont socialisants et dirigistes (avec éducation gratuite le plus souvent)…

    2. Tout le monde défend son intérêt personnel.
      Concernant les études le monde développé dans son ensemble va vers plus d’accessibilité, hormis le R-U, c’est une demande légitime et démocratique.

      1. Désolé d’être aussi violent, mais à lire vos différents messages, je conclus que vous n’êtes pas du tout libéral. Vous êtes un jeune socialiste qui défend le système actuel, qui se prend pour un libéral et qui alimente les clichés sur cette philosophie.
        Vous rêvez d’être riche. Belle ambition, vous ridiculisez encore le libéralisme en le réduisant à la caricature des Golden Boys de Wall Street.
        Et je dirai aussi que créer 2 comptes pour défendre l’un l’autre, comment dire, c’est pathétique.

        1. Je suis libéral, que ça vous plaise ou non, ce n’est pas à vous d’en décider.
          Le libéralisme défend la liberté, hors vouloir empêcher l’accès d’une grande partie de la population à l’éducation ce n’est pas de la liberté, c’est la volonté d’un petit groupe de dominer l’autre, bref une dictature.

          1. Les communistes aussi prétendaient défendre la liberté.
            Le libéralisme ne défend pas que la liberté, mais avant tout les individus, leur responsabilité, la fin de leur oppression par une autorité suprême (l’Etat).
            Donc non, vous ne pouvez pas affirmer être libéral d’un côté et de l’autre défendre une idéologie socialiste.
            De plus il n’a jamais été question d’empêcher certains d’accéder aux études, mais de les rendre payantes. Vous pensez que les pauvres n’y auraient plus accès? C’est tout simplement faux. La sélection dans les pays où les études sont payantes ne se fait pas par le compte en banque, mais par le mérite. Et peut-être est-ce là ce qui vous effraie, que l’on sélectionne les étudiants au lieu de faire open-bar.
            Je le répète, voir une atteinte des libertés dans la fin de la pseudo gratuité des études ce n’est pas être libéral, c’est être socialiste.

    3. Et pourtant les vrais libéraux (tels Ron Paul en seul représentant politique) sont opposés à toutes ces discriminations, donc je ne comprends pas trop cette remarque sauf si elle vise au contraire les clichés sur les libéraux.

    4. Bonjour commando

      « Ce n’est pas demain la veille qu’on aura la chance de voir des « bobos libéraux » »

      Ben si, vous en êtes un 🙂
      Tjs le premier pour défendre le féminisme (et non l’égalité en droit), tjs le premier pour défendre l’immigration (et non les frontières ouvertes)..

  4. Akashi/Sweepingwave: l’argent des autres semble etre une obsession chez vous, et le nivellement par le bas une solution au nom de ka justice sociale! Vous virez socialistes… La France a un systeme d’education des plus inegalitaires, un de ceux qui permet le moins de mobilite sociale de l’OCDE, cf etudes PISA

    Les parents riches ont le droits de favoriser leurs enfants, c’est naturel et c’est le libre usage de leur epargne.

    Etre liberal, je pense, c’est accepter qu’il y aura toujours des inegalites, laisser les enfants de riches beneficier des avantages que leurs parents veulent leur transmettre, mais s’assurer que les pauvres aient acces a l’education aussi.

    Personne ne donne un avantage aux enfants de riches, a part leurs parents…

    1. ‘Etre liberal, je pense, c’est accepter qu’il y aura toujours des inegalites, laisser les enfants de riches beneficier des avantages que leurs parents veulent leur transmettre, mais s’assurer que les pauvres aient acces a l’education aussi.’

      Eh ben voilà, il n’y a pas de souci. Vous remarquerez que je n’ai critiqué ni les Grandes Ecoles ni les écoles très coûteuses en général..Si les riches peuvent y mettre leurs enfants tant mieux pour eux !
      Je m’insurge surtout contre la volonté d’empêcher les pauvres d’avoir une éducation en y mettant de nombreuses barrières, notamment tarifaires. Dans une économie de la connaissance cela revient à la mort économique de ces gens. Et cela endommage l’économie d’un pays.

      1. Personne ne veut empecher les pauvres d’avoir une education, et les barrieres tarifaires ne sont « mises » par personne, elles existent naturellement, une bonne education ayant un cout. On peut souhaiter diminuer ses barrieres, mais dans ce cas, c’est mieux s’il s’agit d’initiative privee que de contrainte etatique et de redistribution forcee, et dans le cas de la redistribution forcee, un minimum de selection par un systeme de bourse au merite par exemple me semble du bon sens.

      2. En France, les barrières tarifaires sont en grande partie dues à l’Etat qui spolie les gens de la moitié de leur salaire en leur imposant un système collectiviste égalitariste coûteux et peu efficient (cf rapport PISA) tout en leur faisant croire que c’est le meilleur possible. Si on laissait les gens gérer l’intégralité de leurs revenus et choisir eux-même les couvertures retraites, santé, prévoyance…etc Leur marge financière serait beaucoup plus importante et ils feraient leurs choix eux-mêmes. Quant aux très pauvres, même en France, leurs enfants sont toujours très peu nombreux à poursuivre leurs études, preuve s’il en fallait, que notre « cher » système égalitaire ne garantie pas l’accès aux études « pour tous ». Les seuls qui tirent leur épingle de ce jeu de dupe, sont les enfants de la classe moyenne dont la prise en charge des études par la société fait économiser de l’argent à leurs parents.

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