Les économistes confondent-ils l’œuf et la poule ?

Publié Par Florent Belon, le dans Économie générale

Par Florent Belon.

Poule (Crédits Steven Lilley licence CC-BY-SA 2.0)

Poule (Crédits Steven Lilley licence CC-BY-SA 2.0)

Le célèbre paradoxe de l’œuf et de la poule  : « Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ? »

La réponse a beaucoup de conséquences si on la transpose à l’économie.

En effet, de nombreux économistes sont victimes de biais psychologiques (ou plutôt de biais de raisonnement afin d’éviter que mes propos soient mal interprétés) lorsqu’ils évoquent les relations entre PIB et consommation ou chômage et j’en oublie sûrement d’autres.

On entend alors les réflexions suivantes : « la croissance est tirée par la consommation… », ou encore « il ne peut y avoir de réduction du chômage sans croissance »…

Ils sont totalement obnubilés par la statistique, la comptabilité nationale.

Il y a alors à mon sens une erreur de raisonnement, une corrélation n’est pas une relation de cause à effet. Comme le dit Nicholas Taleb, « la corrélation est un charlatanisme ».

PIB et consommation

Le PIB a pour but de mesurer la richesse produite.
La richesse a pour vocation d’être :

  • soit consommée (une pizza fraîche par exemple)
  • soit épargnée, ce qui permet de constituer un capital ; voir la définition du dictionnaire d’économie politique de Charles Coquelin, « il est le fruit de l’accumulation. C’est l’ensemble des valeurs antérieurement soustraites à la consommation improductive et que le passé a légué au présent […] » 

Il existe ainsi une égalité de principe : PIB = consommation + épargne (synonyme de capital).
dont investissement (FBCF)

De nombreux économistes constatent alors que si le PIB a augmenté ou baissé, c’est en raison d’une hausse ou baisse de la consommation ou de l’investissement.

Or, il s’agit plutôt d’une affectation de la richesse produite à la consommation ou à l’épargne et non d’un rapport direct de cause à effet.

Il est vrai que si l’on utilise son épargne pour consommer ou investir, cela va stimuler la production de biens de consommation ou d’investissement, et donc toutes choses égales par ailleurs, la création instantanée de richesses. Mais ce phénomène est celui d’un transfert de ressources dans le temps, l’épargne constituée en N est transformée en investissement ou consommation en N+1. Rien de plus.

Cette argumentation est souvent utilisée par des tenants de la relance. Elle conduit à consommer des ressources par anticipation, menant au mal investissement, à l’endettement et à la création monétaire.

Mais si l’on souhaite augmenter la création de richesses, c’est le capital matériel, financier et surtout humain qu’il convient d’accroître.

« Le capital est un levier qui doit augmenter l’énergie, la puissance, la fécondité, de ses travaux futurs. » « Sans l’assistance d’un capital dans l’oeuvre de la production, l’homme ne peut rien et son travail même est stérile. »
Dans Dictionnaire d’économie politique de Charles Coquelin

Ainsi, le capital est le paramètre fondamental de la productivité du travail humain. Plus le capital est abondant, et plus la production de richesses d’un homme par unité de temps de travail est élevée. Cette abondance de capital est la seule voie permettant la prospérité générale.

En outre, si le travail a besoin de capital pour être efficace, un capital sans travail dépérit. Par conséquent, le nombre d’emplois offerts dans une économie est également une fonction du capital disponible.

PIB et chômage

Un constat est réalisé, le chômage ne baisse pas en l’absence de croissance.

La richesse est produite par les facteurs capital et travail en fonction de la productivité de leur association.
À productivité identique (malheureusement nos gains de productivité sont très faibles, en raison de sur-emploi dans certaines entreprises et la sphère publique, les gains de productivité de certains étant absorbés par la baisse de productivité de postes devenus sans, ou de moindre utilité, et les réglementations faisant le reste pour détourner les agents de la création de richesse et de son efficience) l’utilisation d’une plus grande quantité de facteur cause une hausse de la production.

Par conséquent, toujours à productivité égale, une hausse du nombre d’heures travaillées et a priori de personnes en activité ou une baisse du chômage (à effectifs de la population active identiques) entraîne une hausse de la production de richesse et donc de la croissance.

C’est la baisse du chômage qui peut entraîner la croissance. D’où la nécessité de bénéficier d’un marché du travail efficient, et non pas encore repousser cette réforme aux calendes grecques dans l’attente d’un retour de la croissance.

Oui, il existe un cercle vertueux, la croissance va permettre d’augmenter la richesse produite, les personnes ayant retrouvé une activité ou accru leur activité permettent une hausse de la demande solvable, la part non consommée accroissant le capital facteur de croissance long terme.

Mais la croissance reste une résultante de la mobilisation du capital humain et surtout de sa productivité soutenue par un capital financier et humain important.

L’économie est un processus dynamique de relations humaines et techniques (praxéologie).
La réduire à la statistique et à la comptabilité nationale sont des périls constants.

  1. « une corrélation n’est pas une relation de cause à effet. »
    La véritable cause est la finalité (Aristote, St Thomas): dernière chronologiquement, première ontologiquement.

    1. « Cause » désigne aussi bien une idée et donc un but qu’une raison ou un motif. Cet amalgame est-il spécifique au français ou peut-on le retrouver dans toutes les langues ?

      1. @ pragmat

        Oui, c’est probable!

        Non dans les mentalités (que je m’en voudrais de juger) que dans la subtilité de la langue: quand « on se bat pour une cause » (l’égalité des femmes, par exemple), en fait on se bat pour promouvoir des aspects (égalité de rémunération, par exemple) qui ne sont que des moyens (salaires) pour atteindre (et donc participer à la relation de cause à effet) un but (égalité)

        On parle donc de la « cause DES femmes », car ces femmes accusent, entre autres, des salaires « discriminatoirement » plus faibles qui les empêchent d’atteindre l’égalité, leur vrai but.

        J’ai provisoirement oublié l’appellation de cette tournure française qui utilise « une partie pour désigner un tout » comme on a reproché aux Belges d’appeler « friture » leur « friterie » (terme un peu ridicule), alors qu’on parle encore d’un « café » qui sert pourtant beaucoup d’autres boissons et pas seulement.

        @ Daniel Chaudron

        « La véritable cause est la finalité »: la formule exprime, par elle-même, qu’elle est un raccourci saisissant qui, dans l’activité humaine, n’est pas toujours respecté de façon inexorable, loin s’en faut.

        Une fois de plus, qu’entend-on dans le terme « cause »: si je vous dis: « la véritable cause (à une action ou à une réaction), dans un monde humain, est d’abord la nécessité », je ne manquerai pas d’exemples.

  2. Stéphane Boulots

    Le capital : ca n’existe pas économiquement.

    Mettez 1000 euros dans le portefeuille d’une personne, l’économie sera en panne, mettez 10 euros dans les poches de 100 personnes, vous aurez de la « croissance », de la vie, de l’économie.

    C’est l’échange et la diversité qui créent le mouvement économique.

    La vision statique du « capital » est un truc pour les intellectuels.

    C’est clair qu’avec des concepts, on a forcément un problème de poule et d’œuf : aucune poule dans la réalité n’a jamais eu ce problème….

    1. @ Stéphane Boulots j

      Je crois que l’auteur ne dit pas autre chose, raison pour laquelle il parle aussi d’épargne: la différence entre les 2 une épargne est une somme, chez soi ou en banque (compte courant ou compte épargne, ne rapportant rien ou peu, disponible sans perte, rapidement). Celle-là est utile pour une consommation prospective – achat prochain d’un logement ou une consommation imprévue – des frais suite à une maladie ou à un accident)

      Cette somme ne peut devenir « capital » que si elle est transférée dans un contrat (investissement indirect par un intermédiaire: assurance vie, fond commun de placement, ou direct: achat d’actions ou achat personnel de moyens de production dans un métier, avec, dans les 2 cas, un espoir de bénéfice).

      Ce que l’auteur met bien en évidence, c’est comme les banquiers, la valeur d’un bien (argent ou matériel) ACQUIS est une valeur évaluable, alors qu’évidemment, tout pari futur n’a rien prouvé.

      Si chaque Français avait 1000, 2000 ou 3000 € dans son portefeuille ou sur son compte en permanence, on pourrait déjà liquider la plupart des « aides sociales »!

      Si, par contre, les mêmes ont 3000 francs de crédit à rembourser, en permanence, la situation est très différente!… Et l’économie du pays s’en portera moins bien.

      Il m’a toujours semblé si clair qu’une personne comme un pays peuvent être dites riches si la personne produit plus qu’elle ne dépense comme un pays exporte plus qu’il n’importe!

      Personne n’en parle souvent mais la balance commerciale d’un pays (qui évidemment ne s’endette pas plus vite sur le plan international) reste une valeur de richesse valable pour jauger un pays et sa santé économique.

      1. Stéphane Boulots

        @Mykylux :

        Non, l’auteur dit le contraire : « Mais si l’on souhaite augmenter la création de richesses, c’est le capital matériel, financier et surtout humain qu’il convient d’accroître. »

        Le capital ne sert à rien pour créer de la richesse : le capital sert à produire des biens ou des services, mais la valorisation de ces produits varie énormément en fonction de l’échange ou des échanges qui permettent à ces produits d’être consommés (ou stockés)

        La création de richesse ne dépend ni de la production, ni de la consommation, mais du lien entre les deux : il faut bien sur de l’offre et de la demande, mais les deux s’adaptent en fonction : si il y a de la demande, l’offre se développe, si il y a de l’offre, la demande se développe.

        Par contre, si l’échange est contrarié (ce qui est l’effet produit par les taxes, les réglementations, mais aussi par l’uniformisation, la standardisation forcée, la redistribution … ) la création de richesse ne se développe pas.

        Alors bien sur il y a un marché purement « productif » qui correspond aux besoins de base (se nourrir, se loger, etc…) et cette économie est fortement influencé par la production, les besoins ne variant que peu et qui fait dire aux Keynésiens que l’on peut stimuler l’économie par la demande, ou comme l’auteur, par l’offre, mais ce marché est largement dépassé depuis le XIX° siècle : les deux sont faux.

        Pour faire très court : ce n’est pas le capital qui fait que l’on vende ou achète des t-shirts de créateur à 200 euros, alors qu’ils sont fabriqués pour 2 euros, c’est juste le fait que tout le monde peut trouver à s’habiller, si on était en pénurie de vêtements (échange contrarié) tous les t-shirts seraient identiques, rares et au dessus des moyens des gens et le volume global (le marché t-shirt) serait réduit.

        1. @ Stéphane Boulots

          En théorie, vous avez parfaitement raison! De façon concrète, cela se passe de façon moins claire, surtout, en Occident: on voit de plus en plus qu’on peut renverser le processus: dans ma première réponse, je lie bien « capital » à « investissement » (en précisant: avec espoir de bénéfice).

          On ne peut nier que de plus en souvent, on investit d’abord, on produit ensuite en créant simultanément (presse, fausses « fuites » organisées, publicité, etc …) une attente, un « besoin » ou un « désir », avec des ventes record dès le premier jour, à ces victimes du « conditionnement ».

          Qui utilise vraiment toutes les possibilités de « l’I PHONE », par rapport au nombre de gens qui l’ont acheté? Qui utilise les 4 roues motrices de son SUV?
          Qui a besoin de boire du café sorti d’une machine Nespresso (café dont le coût par tasse reste délirant!)?
          etc…

          Dans tous ces cas, pourtant, la production a précédé le « désir » et le « besoin ».

          Je dis plus bas que je crois qu’on est dans la « 3ième guerre mondiale, économique » où la concurrence fait rage: tous les services R&D préparent la production de demain répondant aux besoins et désirs d’après-demain: celui qui sera prêt le premier risque de gagner la timbale! Celui qui arrive trop tard ou qui s’est trompé dans ses prévisions de « désir ou besoin » ne rentabilisera pas autant son investissement.

          On peut déplorer ce consumérisme, le faire disparaitre, c’est différent et puis chacun est libre d’utiliser son argent comme il l’entend, ce que je respecte scrupuleusement.

          Ce qui m’importe, c’est de montrer que l’économie théorique explique le passé, savamment, quand à prévoir l’avenir, le risque d’erreur d’un économiste monte à 1 chance sur 2 de dire la vérité ou de se tromper!

          1. Stéphane Boulots

            @Mikylux :

            Vous avez raison, le mécanisme réglementaire impose cela, parce que la régulation de l’économie est basée sur cette vision productiviste – consumériste, mais on commence à voir que lorsque l’on sort de ce système de distribution canalisé qui oppose consommateur et producteur (Uber, AirBnb etc…) on entre dans un autre paradigme et que tout l’édifice frissonne. On voit aussi que le consumérisme comme le productivisme sont absurde.

            Cette séparation entre producteur et consommateur (entre bourgeois et prolétaire pour faire simple) est complétement artificielle : elle est la base du socialisme, parce qu’elle explique que l’économie produit les richesses et que le politique doit donc les distribuer, ce qui légitime le rôle de l’Etat.

            La vision libérale est que création et distribution de richesse vont de paire et sont opérés par l’économie et uniquement par elle : en gros, l’économie crée des richesses quand cette création de richesse est distribuée, ce qui crée de la richesse etc… et que ce mouvement est naturel et tend toujours vers la commoditization et la spécialisation des produits dérivés qui sont alors permis par la commoditization.

            La monnaie, les unités de mesure ont suivi au fil des siècle ce processus de commoditization, mais les infrastructures également (routes, énergie), l’information (écriture, papier, imprimerie, internet) etc…

            C’est en devenant un standard de fait qu’Internet a permis la mise en place de l’économie numérique, c’est en devenant un standard de fait que les routes ont permis le développement du transport, c’est en devenant un standard de fait que l’automobile, l’aviation ont permis l’explosion d’offres différentes et diversifiées …

            C’est ce processus qui crée la « vraie » croissance, pas l’augmentation de la production : la commoditization « détruit » de la croissance (au sens croissance de PIB) parce que la valeur d’un bien ou service qui se commoditize ne fait que décroitre.

    2. Le mythe de l’argent inutilisé n’existe pas.

      1) Soit la personne dépense les 1000€
      2) Soit la personne les met a la banque et celle ci redistribuera cette somme sous forme de prêt.
      3) Soit la personne les met sous son oreiller ce qui aura pour simple conséquence de renchérir la valeur de l’argent dans le circuit économique.

      Aucune autre option possible

  3. « C’est la baisse du chômage qui peut entraîner la croissance. D’où la nécessité de bénéficier d’un marché du travail efficient »
    Un marché du travail efficient, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant pour faire diminuer le chômage.
    Il manque une donnée dans votre démonstration : les mécanismes de création monétaire par la dette et ses liens avec le chômage de masse.
    Tout d’abord, une précision : la BCE fait de l’émission monétaire (impression de billets) et non de la création. La création monétaire est faite par les banques à partir de la monnaie émises avec un effet de levier. Cette création ne peut se faire qu’en contreparties de dettes, mais les banques ont déjà exploité le gisement des prêts possible et les émissions ne se retrouvent plus vraiment sur les comptes des clients et ne va surtout pas vers l’investissement.
    Les clients des banques ont plutôt tendance à vouloir réduire leurs dettes pour en diminuer la charge. Et lorsqu’ils remboursent, la monnaie est détruite. Nous nous retrouvons donc avec un déficit de monnaie en circulation et il est démontré depuis plus de 20 ans qu’il y a un lien direct entre ce déficit et le chômage de masse.
    A propos de ce déficit, il est intéressant de noter que la dette privée + Publique est supérieure au double de la monnaie en circulation (M3). La suppression de la totalité de toutes les dettes ne pourra se faire qu’en abandonnant une partie significative de notre richesse.

    La solution passe obligatoirement par une modification des règles de création monétaire. La BCE demande aux pays membres de ne pas dépasser 60% du PIB pour la dette. Mais comment faire du PIB sans monnaie et mettre de la monnaie en circulation sans s’endetter ? C’est mathématiquement impossible. Avec des intérêts négatifs, on peut espérer faire circuler la monnaie plus rapidement et ainsi augmenter le PIB avec une même quantité monétaire, mais cela me semble bien mal parti et rien n’est fait pour contrer les effets négatifs.

    La solution passe par la création monétaire avec une autre contrepartie que la dette. On peut s’intéresser à la création de richesse et l’utiliser en contrepartie. Dans le cas d’une entreprise, la monnaie peut être créée pour être placée dans les fonds propres. Elle ne rend pas d’intérêts avant que l’investissement produise quelque chose.
    On peut se poser la question de la différence avec la création monétaire sur un prêt qui est placé dans l’entreprise pour faire cet investissement. En fait la différence est une question de cycle. Pour un prêt, on rembourse intérêts et capital dès la première année alors que l’investissement n’a encore rien produit. Il est alors nécessaire d’emprunter beaucoup plus avec un coût de la dette beaucoup trop élevé pour que l’investissement soit rentable et il existe un déficit de monnaie dans l’intervalle.
    Si la création monétaire est placé dans les fonds propres, il n’y a rien à rembourser avant que l’investissement ne produise. L’investissement est censé rapporter plus que la somme initiale, il y a donc un moyen de rembourser intérêts et capital plus tard. les sommes rendues doivent être détruites comme pour un prêts ou réaffectées à un nouvel investissement.

    1. Malgré que ce procédé ait déjà souvent été utilisé, en fait vous préconisez qu’il se reproduise: on ne peut pas créer de l’emploi si on n’a pas de travail productif commercialisable et vendu à faire.

      Seul l’état, en compliquant ses règles et subtilités peut faire travailler plus de fonctionnaires pour administrer le même nombre d’entreprises, de travailleurs productifs de valeur marchande vendable mais cela va se conclure pas un appauvrissement du pays: c’est déjà le cas, en France où l »état » (tout confondu, n’a pas suffisamment d’argent alors qu’il s’attribue 57,5% du PIB contre 45 % en Allemagne.

      Et le PIB est une valeur sans vraie signification de « richesse » puisqu’elle tient compte au même titre du salaire d’un fonctionnaire d’état (vraiment pas tous « productifs » dans le sens: « qui aide à produire plus de bénéfice ») ou le salaire de l’industrie aéronautique qui crée beaucoup de valeur ajoutée.

      En économie « libérale », ce qui est notre cas, actuellement, en logique, il faut en revenir au « marché » dans sa simplicité: on travaille et on produit: on vend avec un bénéfice brut qui permet de vivre ( = payer ce qu’il y a à payer) dont une partie de bénéfice net qui permet de manger, boire, se loger, payer pour les enfants etc…

      Si, tous comptes faits, notre production est plus chère que celle de notre voisin, nous vendrons peu et lui beaucoup (et la concurrence fait rage, actuellement: c’est, à mes yeux la 3ième guerre mondiale, économique).

      Si votre état vous demande des impôts plus importants ou vous donnent des freins plus nombreux à votre production, votre production sera plus chère et vous vendrez moins! C’est déjà le cas pour le lait!

      Gardons le lait: vous en faites du fromage, plutôt que de le vendre brut, en vrac, dans votre cuve au camion de la coopérative qui passe le pomper, et (avec des collègues), vous faites du fromage frais ou, mieux, un fromage plus affiné, avec une personnalité: vous ajoutez donc à la production de la matière première, un savoir faire qui vous apporte une plus-value: chaque degré de plus-value apporte son bénéfice. Vous ouvrez un « commerce à la ferme » vendant vos produits transformés aux consommateurs finaux, en court-circuitant « la grande distribution » affublée de toutes les insultes, justifiées ou pas, c’est un pas de plus de plus-value, donc de bénéfice.

      Et vous vivez bien, en tout cas mieux que vos collègues qui vont tout casser à Bruxelles parce que même si ils n’ont pas évolué, ils veulent plus d’argent pour leur production, … à un prix plus élevé « que le marché »!

      Je vis dans un pays où le lait national peut être facilement 2 X plus cher (parfois plus) que le lait étranger (qu’on trouve aussi dans le commerce), c’est vrai qu’il est un peu de meilleurs goût et d’excellente qualité: tant que les citoyens (qui ne sont, en général, pas pauvres!) seront d’accord de l’acheter, il sera produit, mais après?

      La plupart des grands fermiers sont déjà en train de se réorienter: la nourriture animale vient de céréales internationales, la production nationale devenant spécialisée (variétés différentes) pour la boulangerie en pains divers, soit part directement dans l’industrie des combustibles, actuellement subsidiée.

      Et il en va de même de l’élevage en plus grand nombre avec récupération du méthane produit, comme en Allemagne etc…

      Croire que l’agriculture à l’ancienne n’a rien à changer alors qu’un paysan moderne n’a même plus à conduire son tracteur, tant le GPS, associé à l’analyse des sols par satellites peut être autrement précis?

      Comme pour l’homme préhistorique, la question reste la même: s’adapter ou mourir: nous le savons depuis Ch.Darwin!

      1. @Mikylux

        Il me semble que vous opposez le travail créateur de richesse dans les entreprises et travail créateur d’effet Joule dans l’administration. En fait, le problème est beaucoup plus complexe. La création de richesse et la rentabilité financière n’ont pas grand chose à voir. Participer à l’éducation d’une génération est créateur de richesse, mais pas de rentabilité financière, du moins tel que l’on peut l’entendre aujourd’hui. L’éducation produit de la richesse à un horizon assez lointain puisque cela peut dépasser la vingtaine d’année avant qu’une éducation soit arrivée à son terme et que la personne éduquée commence à créer ou produire de la richesse qui rapportera des impôts à l’Etat qui a financé l’éducation. Il est nécessaire de ne pas retirer les sommes en jeux avant le retour sur investissement (sauf si on se rend compte que l’investissement ne sera pas efficace). La création de richesse qui créée le plus d’emploi se joue sur des cycles très long qui n’ont rien à voir avec les cycles de la finance actuelle (quelquefois, cela se joue à la milli-seconde). Avant 1973, l’Etat oubliait bien souvent de rembourser les lignes de crédit qui correspondant à de tels investissement. Lorsqu’il s’agit réellement de création de richesse, cela ne pose pas de problèmes, car la richesse créée est la contrepartie de la création monétaire. Lorsqu’il s’agit de cadeaux aux électeurs, nous avons alors de l’inflation. Pour tuer l’inflation et les cadeaux aux électeurs, on a également tué la création de richesse. Le remède a fini par tuer lentement le patient alors qu’il aurait suffit de mettre de la rigueur dans la création monétaire.

        Aujourd’hui, ce n’est pas le travail qui manque, c’est le financement du travail. Avec du financement, on peut construire de meilleures universités, de meilleurs hôpitaux, un environnement plus sain, un toit pour tous, plus de culture ou de nouvelles formes de production d’énergie. Toutes ces formes de création de richesse sauf la dernière crée de l’emploi chez nous et pas en Chine. Il est aussi possible de créer plus de start-ups qui génèreront le travail de demain (ça, c’est mon métier et j’en connais les pièges du financement – je n’ai rien d’un nostalgique du passé).

        Sans être un nostalgique du passé, il est intéressant d’étudier les formes de création de monnaie non orthodoxes qui ont existé ou existent encore. Les réussites et les échecs sont porteurs d’enseignement. Allez donc voir du côté de la Suisse et de la banque Wir par exemple, qui émet sa propre monnaie à côté du Franc Suisse (10% du PIB Suisse est payé au moins partiellement avec des Francs Wir). L’effet de cette monnaie n’est pas marginale sur le fonctionnement de l’économie Suisse.

        1. @ Pascal Legris

          « La création de richesse et la rentabilité financière n’ont pas grand chose à voir. »

          Cela, une fois de plus, dépend de ce qu’on veut dire: à côté de l’aspect humain, évidemment prépondérant, éduquer un enfant et l’instruire est d’abord le « devoir » des parents, à côté de leur « investissement » financier, par l’impôt, les parents participent aussi au financement de l’instruction de l’enfant par l’E.N.

          La « rentabilité » de leur investissement existe bien, même si c’est à long terme et qu’ils n’en profiteront, sans doute, que lors de leur retraite que leur enfant aura contribué, un tant soit peu, à payer. Par contre, cet enfant jouira sans doute pendant des années de son instruction pour vivre et gagner sa vie, à charge, pour lui, de répéter éventuellement le scénario. (comme dirait un artiste: « mes parents sans qui rien n’aurait été possible »).

          Et si ces parents ont pu acquérir un logement (dont ils auront profité, donc déjà rendu partiellement rentable), l’enfant pourra peut-être en hériter et donc profiter, à son tour, de cette rentabilité.

          Ne me parlez pas de la finance, surtout informatique qui peut être très rentable avec une mise de fond théoriquement importante mais en fait quasi nulle puisque les sommes n’ont souvent pas eu le temps de « changer de main ».( je rêve qu’on impose une taxe « Tobin » à taux de 10 exposant – 5 ou – 6 sur chaque ordre de bourse: cette taxe, à mon avis très rentable, compenserait l’immoralité totale de cette spéculation délirante!)

          Que l’état ne rembourse pas ses lignes de crédit ne doit pas être excusé sous un prétexte: 1973: je suppose que c’est la loi Rotschild-Pompidou et le problème du pétrole, de son prix donc de la valeur de la devise qui ont mis fin à cette pratique qui permettait que l’exécutif cache son déficit budgétaire derrière les rotatives de la Banque de France. Et de fait, je me rappelle bien les taux d’inflation et les dévaluations du FF, toujours lors d’un long weekend.

          Très amusant, le système Wir, de fait. Merci de me l’avoir fait découvrir.

          1. Stéphane Boulots

            A noter que les Suisses devraient avoir une votation sur l’initiative monnaie pleine pour le FS (100% monnaie) qui boosterait les monnaies privées comme le système Wir et permettrait de découpler le circuit de monnaie du circuit d’investissement pour permettre les créations de monnaie non conventionnelles.

            Une monnaie régalienne fixe et de référence, des monnaies privées flottantes comme outils d’investissement.

    2. C’est étonnant le nombre de gens (y comprit des économistes réputés sérieux) qui croient sincèrement ce bobard que la création monétaire serait nécessaire à la croissance. Ça peut peut-être aider, à condition de rester à dose modérée, mais nécessaire, non!

      1. @Elvin
        bobard = argument d’autorité = non démontrable. Argumentez si vous ne voulez pas passer pour un ignorant. Sans création monétaire, il n’y a pas de monnaie qui circule. Nous ne sommes plus à l’époque de l’étalon-or et des monnaies basées sur le troc. La quantité de monnaie qui circule doit être proportionnelle au besoins de l’économie et ce n’est plus le cas aujourd’hui pour une raison que j’ai expliqué plus haut.

        Le fonctionnement de la monnaie n’est jamais correctement enseignée dans les écoles de commerces ou à sciences Po. On y explique qu’il s’agit d’une unité de réserve, d’échange et de mesure dont le fonctionnement n’a pas de conséquences sur le fonctionnement de l’économie. Derrière cette affirmation, il y a une énorme approximation. Cette affirmation est possible en micro-économie (par exemple pour les ménages), mais ne marche plus en macro-économie où la masse monétaire ne peut plus être considérée comme infinie devant la dette. C’est même exactement le contraire, la dette est supérieure à la masse monétaire. Toutes les équations qui contiennent la variation de la dette dans une expression doivent aussi intégrer la variation de la masse monétaire. Lisez Steve Keen, même si vous n’êtes à priori pas d’accord avec lui.

        1. +1 Ce n’est pas pas le mythe de la création monétaire nécessaire à la croissance qui perdure c’est celui de la neutralité de la monnaie, mythe car en réalité cette neutralité n’ a jamais existé durant le Bas Moyen Age Philippe le Bel manipulait déjà la monnaie pour alléger le montant des dettes de la couronne envers ses créancier.
          La neutralité de la monnaie est un postulat heuristique permettant de formuler des hypothèses et raisonnement complexe.
          Ce n’est rien de plus qu’une expérience de pensée, Léon Walras dans son ouvrage « Eléments d’économie pure » nous parle de marché libre sans monopole et d’équilibre générale sauf qu’ils nous explique bien clairement que ces deux postulats sont seulement utiles à son raisonnement et à la construction de son modèle théorique.

          1. Stéphane Boulots

            « Ce n’est pas le mythe de la création monétaire nécessaire à la croissance qui perdure c’est celui de la neutralité de la monnaie » + 1000

            J’ajouterais même que la monnaie est « toxique » par construction, parce que son usage implique des effets pervers : la monnaie « conceptuelle » qui sert de sang à l’économie et qui permet l’échange n’est qu’un langage, elle est complétement abstraite par nature et la matérialisation de ce concept entraine forcément des limites imposées par le réel.

            La monnaie ne sert qu’à permettre aux gens de se mettre d’accord sur la possibilité d’un échange réciproque, d’utiliser un vocabulaire commun. Elle précède le troc, alors que les « économistes » dans leur majorité considèrent qu’elle en est une évolution. C’est l’industrialisation, la concrétisation, la normalisation de la monnaie qui a évolué au fil du temps : troc, objets fétiches, pièces, obligations, billets, etc…

        2. « Argumentez … »
          Bien volontiers.

          « Sans création monétaire, il n’y a pas de monnaie qui circule. »
          Plus précisément, sans monnaie il n’y a pas de monnaie (étonnant, non?). Mais il suffit qu’il existe un ou plusieurs biens utilisables comme moyens d’échange indirect, il n’est nullement nécessaire d’en créer en permanence. D’ailleurs, pour devenir une monnaie, il faut qu’un bien existe et ait une valeur au préalable. Lisez (parmi de nombreux autres) Smith, Say, Menger, Mises …

          « La quantité de monnaie qui circule doit être proportionnelle au besoins de l’économie »
          Dans une économie libre, les prix s’ajustent aux quantités disponibles de chaque bien et service, y compris la monnaie, quelles que soient ces quantités. Donc l’idée que l’économie a « besoin » d’une certaine quantité de monnaie n’a pas de sens.
          Ce qui est nécessaire à la croissance, c’est l’investissement, qui consiste à affecter des biens à la production d’autres biens et non à la consommation. Pour ça, il faut que les producteurs aient assez de monnaie pour acquérir ces biens face à la concurrence des consommateurs (lisez Schumpeter…). Mais cette monnaie peut provenir d’échanges antérieurs et pas nécessairement de la création monétaire.

          « Le fonctionnement de la monnaie n’est jamais correctement enseignée dans les écoles de commerces ou à sciences Po. »
          Ni dans les universités d’ailleurs. Là, nous sommes bien d’accord. La preuve : on leur apprend tantôt que la création monétaire est indispensable à la croissance, sous prétexte que « la quantité de monnaie doit être proportionnelle aux besoins de l’économie », tantôt que la monnaie est neutre, ce qui est aussi faux l’un que l’autre.

          « Cette affirmation est possible en micro-économie, mais ne marche plus en macro-économie »
          Micro-économie et macroéconomie ne devraient être que deux façons d’appréhender une seule et même réalité économique. Tout ce qui est vrai en microéconomie devrait aussi être vrai en macroéconomie. Sinon, ça prouve que la macroéconomie (sous sa forme mainstream) est pure fiction sans rapport avec la réalité.

          « Toutes les équations qui contiennent la variation de la dette dans une expression doivent aussi intégrer la variation de la masse monétaire. »
          Bien sûr. Si la masse monétaire varie, il faut bien que cette variation soit représentée dans les modèles. Mais ça ne prouve pas du tout que cette variation soit nécessaire.

          « Lisez Steve Keen »
          C’est fait depuis un bon moment. Keen consacre 365 pages (donc 364 de trop…) à montrer ce qui devrait être évident pour tout le monde : toute la démarche néoclassique est viciée dès le départ ; plus on tente d’en corriger les défauts, plus on les aggrave ; il n’y a rien à en sauver, tout est à jeter et toute la discipline est à reconstruire.
          Mais bizarrement, alors que en gros la base de l’économie néoclassique c’est Walras + Keynes, et que au moins Walras, lui, comme son continuateur Debreu, admettait qu’il ne parlait pas du monde réel mais d’une construction théorique, Keen reste attaché aux mythes keynésiens. Donc son livre, excellent dans la destruction, est nul dans ses essais de reconstruction.
          Recommandation pour recommandation, lisez Mises, au moins en version abrégée et en français si les 950 pages de Human Action vous effraient. Précipitez-vous aussi sur ce petit chef d’œuvre de Bastiat : Maudit Argent.

          1. Vous préconisez un retour à la monnaie troc (étalon or…). Ce n’est plus le cas aujourd’hui et il ne faut pas forcément s’en désoler. Les monnaies virtuelles ouvrent des perspectives immenses à l’économie. Encore faut-il maîtriser la bête et ne pas faire n’importe quoi. D’ailleurs, ceux qui ont mis au point le système actuel dans les années 1970 savaient ce qu’ils faisaient car ils ont mis au point un système de prédation bien plus efficace que l’esclavage et personne ne s’en est rendu compte au début : les dettes étaient quasi-inexistantes à l’époque, mais avec un tel système, il est impossible de sortir des dettes. Ceux qui possèdent les dettes possèdent le monde.

             » Dans une économie libre, les prix s’ajustent aux quantités disponibles de chaque bien et service, y compris la monnaie, quelles que soient ces quantités  »
            Trop ou pas assez de monnaie créent une instabilité. L’inflation est la fille d’une monnaie trop abondante. Par ailleurs, il y a un paramètre non pris en compte par la loi de Walras : le crédit. Entre l’offre et la demande agrégée, il y a la variation de la dette. Le désir d’accumulation de certains acteurs vient également perturber ce bel équilibre. A propos de l’ajustement des prix, Steve Keen (encore lui) a démontré qu’il n’y avait pas qu’un seul prix d’ajustement possible. Les lois de l’offre et de la demande ne peuvent être représentées par des droites et peuvent avoir des formes indéfinies. Il est donc possible que les courbes d’offres et de demandes se croisent en plusieurs points.

             » Tout ce qui est vrai en microéconomie devrait aussi être vrai en macroéconomie « . Il s’agit là d’une idée purement néoclassique, mais fausse. Le problème est mathématique. Nous faisons en permanence des raccourcis et des approximations dans notre pensée et nous avons l’habitude de penser relativement juste sur la micro-économie qui est notre environnement habituel. Ces approximations ne sont plus forcément valides en macro-économie. Le fait de considérer la masse monétaire comme infinie ne peut pas s’appliquer en macro-économie, tout simplement parce qu’elle est beaucoup plus petite que la dette totale. Si les équations mathématiques qui régissent la micro-économie sont sans approximations, nous pourrions extrapoler et nous observerions que certains paramètres faibles prennent de l’importance. Les mécanismes qui régissent la monnaie prennent un poids fort sur la macro-économie.
            Par ailleurs, les crises successives ont largement démontré l’aspect dynamique et instable de l’économie. Nous devons donc en examiner le fonctionnement dynamique avec d’autres outils que des droites qui se croisent. Je n’y ai pas souvent rencontré des équations différentielles, outils pourtant utilisés dans toutes les disciplines scientifiques.

            je dois reconnaître que Steve Keen ne propose pas grand chose dans « l’imposture économique », mais ses travaux, en particuliers sur les aspects cycliques des crises et sur la relation entre la variation de la dette et le chômage de masse peuvent permettre d’imaginer d’autres règles de fonctionnement, en particulier sur la monnaie.

            1. Je ne préconise rien du tout ; je constate.

              Et je ne dis ni que la masse monétaire est infinie, ni que les mécanismes qui régissent la monnaie sont sans importance.

              Dans votre dernier post, il y a donc des tas de choses avec lesquelles je suis d’accord.
              Per exemple, quand vous dites« Les lois de l’offre et de la demande ne peuvent être représentées par des droites », je vais plus loin que vous. Je pense comme Mises (mais aussi comme Say et la plupart des classiques) qu’aucune relation économique ne peut s’exprimer sous la forme d’une équation (linéaire ou autre, algébrique ou différentielle). En particulier, la macro-économie néoclassique (ou néokeynésienne) est une pseudo-science, un peu l’équivalent de l’astrologie . Dans les deux cas, le fait que beaucoup de gens y croient n’y change rien.

              Mais rien de tout ça n’a de rapport avec la question qui a motivé mon intervention : la création monétaire est-elle indispensable à la croissance ? Je maintiens que non.

  4. « mettez 1000 euros dans le portefeuille d une personne… » et il n y restera pas. il sera soit prêté soit investi car le propriétaire en tirera intérêt ou plus value. cette richesse accumulée permettra à des acteurs de prendre des initiatives souvent créatrices. la consommation est par défiguré destruction.

    1. Stéphane Boulots

      Vous dites la même chose que moi : le capital se transformera rapidement … à la seule condition que l’échange soit possible. C’est donc l’échange le facteur clé, pas l’accumulation.

  5. Les économistes de tous bords, y compris les économistes libéraux commettent une faute majeure c’est de confondre les biens matériels avec la valeur qu’ils ont sur un marché. Une autre faute majeure est qu’ils ne connaissent que le capital et le travail. De plus, alors que pour un physicien le travail, c’est de l’énergie sous forme mécanique, pour un économiste, c’est le salaire versé à un travailleur.
    Or il n’y a pas de création de biens matériels, et donc des services qui vont avec sans énergie. La disponibilité d’énergie est donc la clef de l’économie, ce qu’un physicien comprend intuitivement, mais très peu d’économistes. Ce n’était pas très grave en période d’abondance énergétique. Cela va le devenir. Déjà à l’heure actuelle, l’économie de la valeur a de moins en moins de prise sur l’économie réelle.

    1. Vous croyez sérieusement qu’il faut craindre une crise de l’énergie, dans les prochains siècles?

    2. + et plus largement il tend à avoir une confusion entre monnaie et argent

    3. BMD: « Ce n’était pas très grave en période d’abondance énergétique. Cela va le devenir. »

      D’où tenez-vous les informations que le soleil va s’éteindre avant 4.5 milliards d’années et tous les potentiels énergétiques disparaitre rapidement de la planète ?

      À moins qu’elles ne soient vraies, on baigne dans des océans d’énergie et les moyens de la capter ne sont pas prêt de se tarir, bien au contraire.

      Malthus est mort ruiné…

  6. la balance commerciale comporte des biais protectionnistes (voir écrits de Bastiat notamment). mais il est vrai qu une balance commerciale structurellement fortement déficitaire n est pas le signe d une compétitivité et elle obere l épargne.

    1. Franchement, je n’ai jamais lu Bastiat mais je sais parfaitement bien que malgré toutes les volontés de « libre échange » qu’on exprime partout, chaque pays tente, en permanence, de tricher pour favoriser son activité nationale au détriment de ses concurrents, pour un tas de raisons dont la plus évidente est l’avantage de conserver, dans bien des domaines, une autonomie nationale. C’est vraiment du B – A -BA !

  7. Il faut effectivement remettre les « moments » de l’économie dans l’ordre. Bastiat disait: « besoin, effort, satisfaction, voilà l’Homme du point de vue économique ». Autrement dit, le mobile de toute production est le besoin du consommateur exprimé dans sa demande de biens de consommation (ou du moins telle qu’elle est perçue par les entrepreneurs). Mais avant que le consommateur puisse obtenir satisfaction à travers la consommation de biens et de services, ces derniers doivent être créés et cela nécessite un effort de production, lequel alimentera une demande de facteurs de production, donc de travail. Le PIB est réalisé par l’emploi de facteurs donc de travail, l’inverse n’a pas de sens… Enfin, pour avoir de la croissance, c’est à dire davantage de biens utiles, donc plus de besoins comblés ou encore une satisfaction supérieure, il est nécessaire de restreindre pour un temps sa consommation en epargnant des ressources pour les affecter à la production de nouveaux biens. Comment peut-on penser pouvoir accroître notre bien-être en consommant chaque mois le maximum de notre revenu ?

  8. La baisse du chômage est en réalité un effet de la croissance, non une cause.
    Le pourcentage de population employée à la production dépend de l’initiative entrepreneuriale, liée à la liberté d’entreprendre.

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