Provocateur : la jungle de Calais, oasis libérale agoriste ?

Publié Par Jérôme Morvan, le dans Libertés publiques

Par Jérôme Morvan

Stefan de Vries : Calais (CC BY-ND 2.0)

Stefan de Vries : Calais (CC BY-ND 2.0)

La jungle de Calais est le foyer de plusieurs milliers de migrants regroupés en îlots d’occupation discontinus sur une surface de plus de 18 hectares de forêts et de friches industrielles. Actuellement en cours de démantèlement à coups de gaz lacrymogènes et d’engins de chantier par la préfecture du Pas-de-Calais, c’est un bidonville de caravanes et de tentes, de cartons, de bâches et de palettes qui s’est développé dans une arrière-cour de l’opulente Europe.

Les migrants qui y vivent ont pour la plupart fui la violence de zone de guerre ou de conflits armés, pour être confrontés aux passeurs, aux phénomènes de caïdat, ou à l’arbitraire des polices européennes. La jungle est aussi le lieu de violences endogènes : troubles de voisinages, viols et agressions sexuelles ayant conduit progressivement à l’isolement des femmes. Entre les hommes, des conflits sporadiques éclatent ; en décembre dernier un Soudanais de 25 ans meurt poignardé.

Un lieu étonnamment vivable

Pourtant, la loi de la jungle ce n’est pas uniquement la loi du plus fort, un univers post-apocalyptique à l’insécurité permanente fait de menaces et de prédations ; mais bien, compte tenu des circonstances, un lieu étonnamment vivable. Bénéficiant d’une extra-territorialité de fait, la jungle a été le lieu d’expérimentation d’une certaine forme de liberté ayant permis l’auto-organisation sous la forme de relations marchandes pacifiques, de coopération économique et de solidarités alimentées par des organisation caritatives françaises et britanniques présentes sur le camp.

Le quotidien La Voix du Nord, rapporte des scènes de vie : « un migrant joue de la musique sur un vieux synthé Casio. Un autre s’est construit une superbe cabane avec terrasse ». « Les Afghans ouvrent des épiceries bien achalandées, des restaurants où l’on peut fumer le narguilé ou déguster un thé, allongé sur un tapis ». Des lieux de convivialité, de prières, de rassemblement ou d’éducation sont présents : une mosquée (la grande majorité des migrants sont musulmans), des églises évangélistes, une école non-confessionnelle, avec son aire de jeu.

Libération évoque lui aussi des «shops» éclairés (un étal de vêtements, des restaurants, des épiceries…) regroupés dans une artère « qu’on pourrait qualifier de commerçante » où se trouvait jusqu’à ces derniers jours un hammam. Quatre boulangeries, jugées « excellentes », fourniraient plusieurs milliers de pains par jour.

Maisons de fortune, restaurants, églises, discothèques : la jungle de Calais est une véritable ville où l’on peut tout trouver.

Le développement de cette cohabitation globalement pacifique dans l’univers chaotique des migrants, en dehors de l’ordre républicain et largement entre lui, pourra faire écho chez certains à l’agorisme (du grec ἀγορά, le marché ouvert), la philosophie politique établie par Samuel Edward Konkin III (1947-2004), auteur du New Libertarian Manifesto.

Cette philosophie prône la mise en place d’une société anarcho-capitaliste, ou anarchie de marché libre. Les agoristes ont cessé de croire en la légitimité de l’État et pour échapper à son contrôle et à sa taxation participent à la contre-économie, sur des marchés noirs ou gris, de manière pacifique. Ici, il s’agit d’échapper notamment à l’interdiction officielle de travailler faite aux migrants par l’État français, et ce dans des conditions qui déclencheraient un attaque foudroyante chez les membres des nombreux corps d’inspection de notre foisonnante fonction publique.

Économie informelle

Les migrants, s’ils n’ont jamais lu Konkin, on reproduit à Calais une pratique spontanée dans leurs pays d’origine : celle de l’économie informelle, analysée par l’économiste péruvien Hernando de Soto, non comme scorie ou résidu d’une économie primitive, mais comme une réponse rationnelle efficace : le moyen de se soustraire à des lois et règlements absurdes, liberticides et anti-économiques.

Pour de Soto, les pauvres ne sont pas des êtres passifs et résignés, mais souvent des entrepreneurs qui travaillent et survivent et qui, pour beaucoup, pourraient déclamer comme Figaro « perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on n’en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes ».

Hernando de Soto plaide pour la pleine intégration de l’économie informelle au sein de l’économie légale permettant la transformation d’un « capital mort », sous utilisé, en un « capital vivant », plus aisément susceptible de transfert, de rente, d’engagement, comme collatéral. Ce capital représenterait une valeur de plusieurs milliers de milliards d’euros à l’échelle de la planète en Amérique du Sud, Afrique et Asie, essentiellement sous la forme de biens immobiliers non cadastrés et difficilement cessibles. Samuel Konkin a toujours affirmé au contraire que l’économie informelle devait rester telle, jusqu’à l’accrétion éventuelle d’une masse critique susceptible de dévoiler l’obsolescence de l’État ou d’en enclencher le processus.

Les bulldozers de la République ont aplani rapidement le débat théorique, témoignant que l’agorisme low-tech des migrants, à ce degré de concentration, supporte mal l’exposition médiatique.

La jungle de Calais sera donc rasée, mais sûrement pas au bénéfice de ses habitants.

  1. Ma visite de la jungle de Calais m’avait laissé la même impression, un oasis de liberté, quelque chose rappelait les villes du temps de la ruée vers l’or,.
    Et je me suis dit que ceux qui ont planifié, étatisé nos banlieues pouraaient venir s’installer dans la jungle et prendre des notes.
    En 6 mois de temps, l’activité commerciale est bien plus développée que dans la plupart des cités nouvelles vieilles de 50 ans.

    Je me suis pris à rêver qu’au lieu de hurler ou essayer de faire de l’humanitaire Top-Down, ou forcer les gens à vivre dans un camp de déconcentration, dans lequel il est même interdit de se faire du thé, une collaboration avec ces forces vives pourraient faire des miracles.

    il faut faire de Calais une zone de liberté, pas seulement pour la jungle, mais pour toute la ville. Les migrants n’ont pas tort, la proximité avec l’Angleterre fait de Calais un lieu de passage obligé. Cet atout devrait faire de cette ville une des plus riches de France, or c’est tout le contraire 5éme ville la plus pauvre.

    1. @croq « les villes du temps de la ruée vers l’or » : ça doit faire un moment que vous n’avez pas vu le film de Chaplin … ces villes étaient tout sauf un eldorado , je ne pense pas que l on fasse progresser la cause du libéralisme en montrant la jungle de Calais et la ruee de d’or noir américaine en exemple ….

      1. Je ne dis pas que Les villes de la ruée vers l’or ou la jungle de Calais sont des eldorados, je dis que par rapport aux territoires endormis dans la résignation il y a de la vitalité, de l’énergie.
        Le contraste à Calais entre une ville mourante et la jungle est frappant.
        Je ne me résigne pas à voir Calais mourir, c’est tout.
        Et la jungle est loin d’être la seule cause de l’agonie de Calais. Il faut chercher ailleurs.

        Créer à Calais une bulle de liberté me semblerait une bonne solution.

      2. Sauf que si le Far-West était une époque paisible. Quoi qu’en disent les films.

      3. « ces villes étaient tout sauf un eldorado »

        Ces villes n’étaient pas un eldorado justement car la quantité d’or était insuffisante pour faire vivre toutes leurs populations. Du coup beaucoup de gens étaient coincés là bas ruinés et devaient entreprendre pour pouvoir survivre.

        Aujourd’hui ça arrive encore au fond de la jungle brésilienne, des gens construisent des villes éphémères à la recherche de l’or. La plupart sont très pauvres et tout coute très chère. Mais ces villes sont très vivantes et s’agrandissent par les nouveaux aventuriers qui arrivent.

        La grande différence avec la conquête de l’ouest américain c’est que ces villes ne sont pas stables car l’état brésilien ne veut pas laisser les gens au milieu de la jungle car cela gène quelques bobos occidentaux qui n’y ont jamais mit les pieds.

  2. On voit la toute l’aberration de notre système : il faut donc être réfugié sans papier pour avoir le droit de creer son commerce sans avoir immédiatement l’état sur le dos ?
    Mais vous êtes sans doute assez naïf : chaque groupe de migrants a sans doute son « protecteur local  » qui joue son rôle d’état et auquel il faut payer sa dîme soyez en sûr …

    1. Vous confondez état et milice privé. Si cette personne peut changer de protecteur alors ce n’est pas comparable à un état.

      1. La question est de savoir combien de dents restera-t-il à la girouette à la fin du processus de changement …

        1. @Agua tres juste, d’où la judicieuse appellation « sans dent » popularisée par le ci-devant Hollande

        2. On commence à empiler pas mal de suppositions.

          1. @un lecteur allez donc prendre un sac de couchage et passez une petite semaine sur place , rien ne vaut une petite experience « terrain » et ça vous permettra de mettre du concret sur des supposés , croyez moi …

            1. Croq dit y être allé et il ne dit pas la même chose que vous. Vu que l’on ne peut pas savoir qui dit vrai et qui ment sur ses expériences personnelles cela n’a pas beaucoup d’intérêt.

              1. Le système des mafias, dont l’histoire n’est pas en manque, n’est pas un exemple suffisant pour vous convaincre ?

                Les anarchistes, tel Konkin et son agorie décrit dans l’article, me sont toujours apparus comme de gentils bisounours qui semblent faire totalement abstraction de la nature profonde de l’homme, et de son penchant au mal et à l’injustice.

                Samuel Konkin a toujours affirmé au contraire que l’économie informelle devait rester telle, jusqu’à l’accrétion éventuelle d’une masse critique susceptible de dévoiler l’obsolescence de l’État ou d’en enclencher le processus.

                Soit ! Tenter l’expérience si cela vous amuse, mais cette masse critique ne verra jamais le jour. 😉

                1. Essayons d’atterrir :

                  – « Pale Rider » a sorti de son chapeau, car il a visiblement ressentit que c’était vrai, l’idée d’un « protecteur local » qui jouerait le rôle d’état.

                  – J’ai fait remarquer que si, par hasard, il y avait protecteur, celui-ci pouvait très bien être sous la forme de milice privé. Vous savez, l’autodéfense, cette idée folle qui existe encore dans la majeur partie du monde.

                  – « Agua », qui a visiblement volé le chapeau de « Pale Rider », vient parler de cassage de dents, ce qui n’est pas ce qui arrive dans la majorité des cas d’autodéfense ou de milices privés dans le monde.

                  – Je fait remarquer que l’on a quitté la terre ferme

                  – « Pale Rider » me dit d’aller à Calais pour « mettre du concret sur des supposés », alors que c’est lui qui a voulu se lancer dans les supposés.

                  – Je lui dit qu’il n’est pas le seul qui se vante d’avoir « l’expérience du terrain », que l’on ne sait pas si c’est vrai, et qu’un autre contributeur a un avis différend du sien.

                  Vous voici avec les mafias, dont j’ignore la place dans le débat. Tout ce que je peux vous dire dessus, c’est que la présence de mafias semble inversement proportionnelle au degré de libéralisme d’un pays.

  3. Cette vision tout à fait originale et qui va à contre courant de la doxa officielle, conventionnelle et conformiste est très intéressante. Vue sous l’angle de l’agorisme cette situation calaisienne est une organisation libre d’hommes libres et c’est finalement une bouffée d’optimisme car on voit bien que les hommes, des qu’ils dont libres, ne se transforment pas en bêtes sanguinaires psychopathes et ne transforment pas la vie en terrain de guerre à la Mad Max. Bien sur la Liberté ne fait pas disparaître le faible pourcentage d’individus qui sont des voleurs, des escrocs et des criminels , elle ne rend pas les Hommes parfaits ( ce que voudrait faire les socialo-constructivistes) mais elle laisse les Hommes équilibrer leurs rapports entre eux dans une harmonie que les socialo-constructivistes ne peuvent jamais atteindre.

  4. Ces immigrés s’installent sur des terres volées par l’État à des Français. Sans ce vol préalable, sans l’État, il n’y auraient pas de jungle à Calais et ces migrants auraient pour seule option de trouver un hébergement chez des Français volontaires pour leur rendre ce service… Ou de squatter, et de se faire traiter en conséquence.

    1. Vu la taille de la France, si on privatise toutes les terres, la majorité des migrants irakiens auront les moyens de s’acheter la place nécessaire à la construction d’une petite maison.

      1. Les moyens ? Qui est garant de leur « paiement » ?

        1. Personne, il faut se projeter un peu… La France c’est grand. Si comme JDN l’a oublié la France serait soudain libérale et qu’aucune terre n’appartiendrait à l’état, alors il n’y aurait plus non plus de terrains non constructibles et toutes forme de zonage. Aussi, il sera peu probable de l’on fasse exploser les immeubles pour que chaque français prenne son carré de 100 mètres de terrain (à la densité de population actuelle). Il y aurait certes un étalement urbain, mais lent, il est donc peu probable que des immigrés qui ont vendu ce qui leur appartenait ne puissent pas acheter un petit terrain nu.

          Libéralisation du foncier -> forte déflation

          1. On ne peut privatiser que ce qui est actuellement propriété de l’Etat. Or, vu le copinage ambiant, tout ce qui peut se privatiser sans demander des moyens pour l’aménager ou le rendre « exploitable » l’a déjà été. Il reste des friches loin de tout et propres à rien, et les édiles locaux sont obligés de proposer des aides à ceux qu’ils veulent y faire venir. La question du logement et des permis de construire ne peut se séparer de celle des productions de richesses : personne ne s’installera là où il n’y a ni job ni ressource ni rien à gagner, même si la liberté de le faire lui est donnée. La preuve, il y a plein de ruines dans nos montagnes ou sur le Larzac, où aucun policier n’irait expulser un migrant qui s’installerait, mais aucun ne le fait. Donc certainement, on ferait baisser les prix pour la part du budget consacrée au logement (et on ferait un certain nombre de b…sés chez ceux qui ont acquis leur propriété dans les dernières décennies), mais il n’empêche que l’Irakien qui achèterait un logement ne résoudrait en rien son problème : créer une source de revenus honnêtes et durable. Il gaspillerait moins de son capital, mais il le gaspillerait quand même.

            1. « On ne peut privatiser que ce qui est actuellement propriété de l’Etat. Or, vu le copinage ambiant, tout ce qui peut se privatiser sans demander des moyens pour l’aménager ou le rendre « exploitable » l’a déjà été. Il reste des friches loin de tout et propres à rien, et les édiles locaux sont obligés de proposer des aides à ceux qu’ils veulent y faire venir. »

              Ce n’est pas car le privé ne peut pas valoriser des terrains actuellement qu’il ne le pourrait pas dans une économie beaucoup plus libre. Sans oublier que le privé ne valoriserait pas que les terrains nouvellement privatisés, mais aussi les anciens ou l’état a arbitrairement décidé qu’ils devaient rester des champs, des forets, des zones industrielles abandonnées…

              « la question du logement et des permis de construire ne peut se séparer de celle des productions de richesses : personne ne s’installera là où il n’y a ni job ni ressource ni rien à gagner, même si la liberté de le faire lui est donnée. »

              Ben alors qu’est ce qu’on perd à lui donner cette liberté ? Si j’ai bien compris on met en place tout un tas de régulations pour éviter le (très méchant) étalement urbain ou le (très méchant aussi) mitage, puis vous vous me dites que de toutes façons même sans ces régulations cela n’arriverait pas ?

              Il me semble que l’étalement et le mitage sont naturels. Je me souvient que Vincent Bénard parle de tout ça dans « LOGEMENT: Crise publique, remèdes privés ». Que vous pouvez consulter gratuitement en PDF:

              https://www.habiter-autrement.org/15.politiques/contributions-15/logement-crise-publique-remedes-prives-etude_benard.pdf

              J’ai lu ce livre il y a un moment, mais globalement l’idée c’est que les choses vont à double sens, les gens s’installent ou il y a de l’activité mais l’installation des gens créé de l’activité. On peut prendre un exemple évident qui est la conquête de l’ouest américain.

              Le marché trouve naturellement une utilité au terrain. Si ce n’est pas le cas ça peut vouloir dire que deux choses:

              – l’état l’en empêche.

              – Il y a un surplus de foncier tel qu’il ne serait pas rentable d’aménager une zone.

              « La preuve, il y a plein de ruines dans nos montagnes ou sur le Larzac, où aucun policier n’irait expulser un migrant qui s’installerait, mais aucun ne le fait. »

              Aucun n’y pense ? Encore une foi vous vous basez sur la situation actuelle. Qu’est ce qui vous dit que dans un marché libre cela n’arriverait pas ?

              Je vous ferait aussi remarquer que cela va dans le sens de mon argument comme quoi « on a de la place ». Si il y a des ruines alors que la population de France ne fait qu’augmenter cela veut bien dire que l’on est devenu plus efficient (en partie à contre cœur à cause des règlementations) dans notre utilisation du terrain.

              « et on ferait un certain nombre de b…sés chez ceux qui ont acquis leur propriété dans les dernières décennies »

              Non. C’est un argument récurrent contre une libéralisation. Ceux qui ont acquis leur propriété pourront la revendre au prix d’une propriété semblable après la libéralisation. On pourrait aussi dire qu’en ré-autorisant l’importation de voitures les cubains qui sont propriétaire de leur véhicule se font arnaquer…

              Le problème c’est que l’étatisme fait que maintenant une propriété est vue comme un investissement (car l’immobilier monte toujours !) et non comme un bien à dépréciation lente dans lequel il faudra investir pour ralentir sa perte de valeur.

              « mais il n’empêche que l’Irakien qui achèterait un logement ne résoudrait en rien son problème : créer une source de revenus honnêtes et durable. »

              Le français qui achète un logement ne résout pas ce problème non plus…

              « Il gaspillerait moins de son capital, mais il le gaspillerait quand même. »

              Non, il prendrait un risque. Celui de se trouver sans activité avec une attache à un lieu précis. Risque qu’il peut éviter en louant un logement en attendant de trouver du travail, ou en habitant chez un ami… Ce qui sera aussi moins compliqué.

  5. c’est le propre de l’homme de chercher à survivre quel que soit l’endroit ou il se trouve ;

  6. L’auteur oublie de faire remarquer quelque-chose de fondamental. Si le marché est si libre dans la jungle et tout un tas de pays pauvres, alors pourquoi ces gens sont systématiquement plus pauvres que ceux des pays occidentaux ?

    Tout simplement car il reste une dernière chose que l’état empêche, c’est la plus facile à empêcher et la plus fondamentale pour le bien être économique : l’accumulation de capital.

    Peu importe que le marché soit libre, si il y a un plafond de capital cumulable avant que l’état vienne le confisquer, alors la productivité, la croissance, l’investissement et les conditions de vie seront toujours limités par ce plafond.

    1. cVoir les plafonds des auto-entrepreneurs : enfermer les créateurs dans un statut qui interdit de fait la croissance. C’est presque pire que le statut normal car lorsque l’on atteint le plafond, il faut une croissance considérable avant de retrouver un gain par rapport à ce plafond.
      Il est certain que si les restaurants de la jungle voulaient s’agrandir, ils verraient déferler sur eux, les inspections de la DASS, du RSI, des Impots et tutti quanti…
      bien plus efficaces que tous les bulldozers pour détruire l’activité économique

    2. un_lecteur: « Si le marché est si libre dans la jungle et tout un tas de pays pauvres, alors pourquoi ces gens sont systématiquement plus pauvres que ceux des pays occidentaux ? »

      Les gens sont restés très pauvres là ou il n’y a pas d’état de droit un minimum libéral.
      C’est là les limites de la démonstration de l’article, sans état, minimum peut-être, mais fort dans ses tâches régalienne il est remplacé par une/des bandes corrompue qui ne travaillent qu’a leur propre bénéfice.

      Si on examine pays par pays, la plupart du temps la pauvreté est le fait d’état très corrompus, très peu libre avec un droit totalement arbitraire ou/ et très socialo/communiste ce qui revient au même.
      Indice liberté économique – Classement des pays
      Indice liberté de la presse – Classement des pays
      Indice de démocratie – Classement des pays
      Indice de la corruption – Classement des pays

      1. C’est là les limites de la démonstration de l’article, sans état, minimum peut-être, mais fort dans ses tâches régalienne il est remplacé par une/des bandes corrompue qui ne travaillent qu’a leur propre bénéfice.

        Et c’est bien là les limites du système anarchiste : il laisse le champ libre aux mafias et devient, de fait, bien plus liberticide.

        Néanmoins, à voir la manière dont les migrants se sont organisés dans la jungle, on comprend pourquoi ils s’obstinent à vouloir migrer en Angleterre alors que notre gentil État si dit prêt à les accueillir. 😉

        1. « Et c’est bien là les limites du système anarchiste : il laisse le champ libre aux mafias et devient, de fait, bien plus liberticide. »

          En témoigne à quel point les pays envahis de mafias sont des pays libertariens… Je dirais plutôt l’inverse, c’est le socialisme, du fait de sa non fonctionnalité, qui créé un marché parallèle ou les mafias prospèrent.

          Aussi vous n’avez pas envisagé quelque-chose de simple, l’autodéfense. Dans un pays libéral les gens auront des armes et pourront engager des sociétés pour se protéger.

          1. un_lecteur: « En témoigne à quel point les pays envahis de mafias sont des pays libertariens… Je dirais plutôt l’inverse, c’est le socialisme »

            Les mafias prospèrent aux deux extrémités, absence d’état de droit ou état corrompu que ce soit par le socialisme ou tout autre organisation liberticide. La différence c’est que dans le second cas ce sont toujours des mafias institutionnelles alors qu’on peut trouver des bandes armées dans le premier.

            1. Etat de droit != Etat.

  7. Imaginer un conte philosophique libéral sans victime est une idée amusante mais purement idéologique. Il n’y a rien de libéral dans la jungle de Calais où règnent la contrainte, la violence, l’absence de responsabilité. C’est une société parasite qui s’est développée aux dépens de la société locale. Entendez les témoignages des Calaisiens pillés, agressés, rançonnés dont les autorités françaises refusent d’enregistrer et d’instruire les plaintes. Essayez d’imaginer l’origine des marchandises vendues dans ces magasins si bien achalandés, beaucoup sont simplement « tombées des camions ». Les associations y travaillent plus avec l’argent des contribuables qu’avec des dons volontaires. Plutôt un cauchemar qu’un rêve libéral.

    1. @Frans tout à fait ! Dans un monde libéral , les habitants de la jungle vendraient leurs bras pour un travail proposé par les locaux à un prix fixé par le marché, c’est à dire tres peu onéreux vu le nombre d’immigrés. Ils loueraient un local pour habiter et achèteraient leur nourriture . Des oeuvres caritatives privées aideraient les plus démunis . La police évacuerait sans ménagement tout fauteur de trouble. Les autres seraient les bienvenus car les besoins en main d’oeuvre bon marché sont innombrables . Tout le monde y trouverait son compte . Mais nous ne sommes pas dans un monde libéral . Le cout du travail est bien trop élevé pour ce qu’ils peuvent offrir , ils sont condamnés au désœuvrement et/ou bien au trafics en tout genre . L’état ferme les yeux sur les trafics et joue au « bon samaritain » pour se donner le beau rôle . La situation n’est tenable pour personne et ne peut que devenir explosive …. l’état joue au pompier pyromane

      1. « Dans un monde libéral , les habitants de la jungle »

        habiteraient forcément sur un terrain privé. Vu qu’il est peu probable que des investisseurs aient laissé un terrain vide dans une agglomération pour le louer affin qu’il y soit construit des bidonvilles, ces gens se seraient naturellement répartis dans des habitations low cost (genre studio d’étudiants) sur tout le territoire.

    2. Oui. Cela me fait penser aux détracteurs du libertarianisme qui voyent dans la Somalie, un paradis libertarien. Ce qui n’a, bien entendu, rien à voir. La jungle de Calais n’a rien d’un oasis libéral, il suffit d’écouter les Calaisiens en parler …

      1. Putin la Somalie…
        Quand un connard de base, se croyant malin, me parle de ce pays pour m’expliquer ce qu’est le libéralisme appliqué, moi je lui parle du Zimbabwe.

    3. 100% de votre avis.
      Vous avez bien résumé le problème.
      Et l’auteur dit tout et son contraire. Sous prétexte que ce n’est pas l’enfer total, il fait ressortir quelques maigres points positifs qui semblerait compenser toute la violence contenue dans cette « jungle ».
      Quel beau modèle de civilisation nous offre t’il !

  8. Je m’interroge sur la nature de la production de richesses dans ce microcosme. Quelle est sa balance commerciale ?

    1. Vous confondez production de richesses et production de biens. L’énorme majorité de la valeur ajouté produite est évidemment dans les services, la distribution, un peu d’artisanat… Il n’y a bien sur pas de production industrielle.

      Bon, vous trollez ?

      1. Je n’ai jamais parlé exclusivement de biens, j’ai parlé de balance commerciale, biens et services. Quels sont les échanges de la Jungle avec le reste du monde ? Qu’est-ce qui est durable (disons une prestation de plomberie) et qu’est-ce qui est non-renouvelable (vente de bijoux de famille 🙂 ) ?

        1. C’est évidemment une économie fortement subventionnée par les diverses aides. Mais l’article ne dit pas que c’est une économie capable d’être indépendante (à ne pas confondre avec autarcique) mais qu’il s’y est développé spontanément un tissu d’entreprises.

          Si on en croit l’article, c’est surtout une économie basée sur les services et la distribution. La distribution pour redistribuer tout ce que l’état et les ONG ont mal distribué avant, les services pour tout ce qu’ils ont oubliés. Vu que l’on a aucune idée de l’importance de la vente des bijoux de famille, on ne peut que spéculer.

    2. La balance est positive.
      Je vole donc je n’ai aucun coût en matières premières, et je revend quelque chose que je n’ai pas produit.

  9. Surprenant qu’il n’y ait pas – ou du moins l’auteur n’en parle pas – de mafias ou organisation à tendance criminelle, ou exploitation de personnes sous une forme ou une autre. Pas de prostitution et proxénétisme par exemple ? Car il ne faut pas rêver, la liberté totale d’entreprendre facilite aussi les activités que nous considérons dégradantes.

    1. « la liberté totale d’entreprendre facilite aussi les activités que nous considérons dégradantes. »

      Mouais, il faut voir de quoi vous parlez, ce n’est pas car une façon de gagner sa vie peut être considéré comme moralement douteuse qu’il est légitime de l’interdire.

      1. Tout à fait. Il faut bien distinguer les transactions honnêtes entre personnes consentantes, heurtent-elles certaines convictions, des transactions forcées contraires aux droits naturels des personnes concernées.

  10. Beaucoup semble considérer que la base de l’économie de la jungle, c’est le vol. Les produits vendus sont en général achetés dans les magasins de Calais, le tabac provient surement de Belgique, donc d’un trafic assez banal dans les régions frontalières.
    L’ancienne Seafrance pour mémoire avait quand même pas mal de casseroles pour la question vols et détournements.
    C’est aussi un peu le pillage qui a conduit Calais, là où il est.

    http://www.leparisien.fr/economie/un-salarie-seafrance-etait-la-vache-a-lait-de-calais-20-01-2012-1820818.php

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