Concours Général Agricole : méthode et résultats

Publié Par Jean-Baptiste Noé, le dans Agriculture

Par Jean-Baptiste Noé

 

Le Concours Général Agricole (CGA) s’est tenu pour la 125ème fois lors du Salon de l’Agriculture de Paris. De très nombreux produits sont goûtés et médaillés. Les vins bien sûr, de toutes les régions de France, mais aussi les rhums, les eaux-de-vie, les charcuteries, les fromages, les produits laitiers, les confitures… formant ainsi le panel gastronomique et culinaire de la France, celui des bons produits et des terroirs de qualité. Les produits récompensés peuvent apposer le médaillon du CGA, d’or, d’argent ou de bronze. Pour le consommateur, c’est un gage certain de qualité.

Méthode du concours

Une première sélection a lieu dans les régions, qui ne retient que la moitié des produits concurrents. Lors du concours, nous pouvons attribuer 1 médaille pour 3 produits, dans la couleur de notre choix. Il est aussi possible de ne pas attribuer de médaille. Dégustant cette année les saucisses de Strasbourg, nous avions 9 produits à notre jury, nous pouvions donc donner 3 médailles maximum, et nous en avons attribué 2. Comme il y avait d’autres jurys de saucisse de Strasbourg, le nombre total de médaillés dans cette catégorie est supérieur à 2.

Les saucisses nous ont d’abord été présentées crues, pour en analyser la couleur et la texture. Puis elles ont été cuites par le chef. À titre indicatif, et pour que les lecteurs prennent la mesure du sérieux et de la fiabilité de ce concours, j’indique la feuille de notation qui nous a été transmise.
Nous notons la saucisse crue, pour 4 points, puis la saucisse cuite, pour 16 points. Sont notés la couleur, l’aspect général, l’aspect de la tranche, la texture en bouche, les saveurs et arômes (8 points).

Chaque juré est libre de planifier son barème. Un produit n’est pas médaillé parce qu’il obtient x points, mais parce qu’il est reconnu comme médaillable par l’ensemble du jury. Ainsi, pour une saucisse médaillée, certains ont pu attribuer une note de 16, d’autres 14. Nous ne faisons pas ensuite une moyenne des notes obtenues pour attribuer ou non les médailles. Les notes que nous donnons nous permettent, de façon individuelle, de hiérarchiser les produits. Les médailles sont attribuées en fonction de cette hiérarchie.

Une fois que tout a été dégusté, nous mettons nos résultats en commun, sous l’autorité du président du jury. Plusieurs tours de table sont organisés. Nous commençons par éliminer les produits qui ne sont pas dignes, puis nous isolons ceux qui pourraient bénéficier d’une médaille. Ensuite, nous choisissons quelle couleur donner. Pour de l’or, il faut qu’il y ait unanimité (règle non écrite, mais que nous nous imposons).

concours général agricole rené le honzecCette année encore j’ai pu vérifier que tous les membres du jury sont d’accord entre eux. Il n’y a jamais une personne qui trouve un produit excellent et les autres non. Je n’ai jamais vu de désaccord quant aux médailles à attribuer.

De même, chose remarquable pour les saucisses, toutes celles qui ont fait un mauvais effet crues n’ont pas été bien notées cuites. Soit que la texture soit trop molle, soit que saveurs et arômes ne conviennent pas. C’est un bon critère d’achat qui se dégage là : si un produit ne vous plaît pas à l’œil, il ne vous plaira certainement pas en bouche. La vue est donc un élément discriminant essentiel.

Une fois médaillés, les producteurs sont rapidement informés pour qu’ils puissent afficher cette information sur leurs stands. C’est un critère important d’achat, et avec raison, compte tenu de la rigueur du concours.

Bien évidemment, nous ne connaissons pas les noms des producteurs des produits que nous dégustons. Chaque produit a un numéro, et c’est ce numéro que nous savons vainqueur, mais le nom du propriétaire ne nous est jamais dévoilé, garantissant ici anonymat et indépendance de jugement.

Retrouvez la liste de tous les médaillés de 2016.

Sur le web

  1. un concours reste un concours, miss France n’est pas la plus belle fille de France, car il n’existe pas de critère subjectif de beauté..ni de gout…
    aussi peu importe les médailles pour savoir si un calendos ou un pinard est « bon » il suffit de le goûter…

    le reste sert à justifier la gastronomie ou l’œnologie qui ne sont que des formes de promotion d’un conservatisme à des fins commerciales..
    quand une personne me dit qu’une choses est bonne en prétendant à l’universalité..je fuis.

    1. Je crois qu’il y a quand même un avantage pour le consommateur, c’est une sorte de garantie que le produit répond à sa définition, à sa dénomination suivant des critères conditionnels objectifs de plus en plus nombreux.

      Il y a des produits, en France comme ailleurs que je n’apprécie pas (l’andouillette, par exemple, plusieurs fois essayée même des « AAAAAAAAAA »), c’est mon goût: si je goûte celui qui est primé, supposé être en même temps, « strictement authentique », je peux affirmer que je n’aime pas ce produit.

      On a vécu le moment où des vignerons ont ajouté des copeaux de bois dans les tonneaux pour accentuer le côté « boisé » de leur vin, afin de mieux l’exporter aux U.S.A., les Américains étant réputés amateurs de cette nuance: difficile de ne pas voir là un subterfuge qui modifie bien le goût du produit originel! Alors, acceptable ou non?

      Moi-même, je m’en fiche: je goûte, j’aime ou pas trop, pour le reste … chacun fait ce qu’il veut!

    2. C’est quoi le rapport avec l’oenologie ? C’est une science.

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