Crise des agriculteurs : et si c’était l’État le responsable ?

Publié Par Nathalie MP, le dans Agriculture

Par Nathalie MP.

Salon de l'AGriculture 2012-Mathieu Dehlinger(CC BY-ND 2.0)

Salon de l’Agriculture 2012-Mathieu Dehlinger(CC BY-ND 2.0)

 

Le Salon international de l’agriculture ou SIA2016 qui s’est ouvert samedi 27 février 2016 à Paris fait incontestablement partie des événements les plus colorés et les plus courus du pays. Devancé seulement par le Mondial de l’automobile, il accueille plus de 700 000 visiteurs (2014) qui se pressent chaque année dans les nombreux pavillons pour goûter aux produits du terroir, s’instruire sur les filières du monde agricole et pour admirer veaux, vaches, cochons, volailles et … hommes politiques de premier plan, éventuellement candidats à une élection, qui se précipitent les uns après les autres pour venir assurer les agriculteurs de leur plus totale compréhension et de leur dévouement dans l’immense crise qu’ils traversent. Ce salon n’échappera pas à la règle, qui verra passer à peu près tout ce que les primaires de gauche, de droite et d’ailleurs comptent de candidats, Marine Le Pen comprise. 

Car au-delà du folklore, de la gastronomie, des bons vins et des concours de beauté pour les vaches, le bonheur n’est plus dans le pré. Le monde paysan français est en colère et l’a fait savoir à différentes reprises ces derniers mois, notamment cet été, par des blocus et des manifestations importantes qui se poursuivent en ce début d’année. François Hollande, arrivé dès 7 h du matin samedi en compagnie du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll pour visiter le Salon et rencontrer les divers acteurs du secteur, a à peine eu le temps de rendre l’hommage traditionnel à la plus belle vache de l’exposition (il lui a quand même caressé les cornes, parait-il) : des éleveurs l’ont immédiatement accueilli par des sifflets en lui demandant sans fioritures inutiles de « démissionner et de se casser » tandis que le stand du ministère de l’Agriculture était entièrement démoli (voir vidéo 1′ 57″) :

Même si la part de l’agriculture dans l’économie est devenue faible (3,3 % des emplois et 1,7 % du PIB aujourd’hui contre 9 % et 4 % respectivement en 1981, et 31 % des emplois en 1955), la France reste une grande terre de production agricole, au premier rang en Europe et dans le top 10 mondial suivant les productions : 4ème rang pour le blé, et 2ème rang pour le vin, par exemple. Elle possède une surface cultivable d’environ 27 millions d’hectares, soit presque la moitié de sa superficie, idéalement située du point de vue climatique de part et d’autre du 45ème parallèle, ce qui lui permet d’avoir une production particulièrement variée passant par les céréales, le vignoble, les produits maraîchers, le lait, les fromages et la viande.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture française a fait des efforts considérables de modernisation, de mécanisation, de productivité et de qualité. D’une part le nombre d’exploitations a fortement diminué, de 2,3 millions en 1955 à 450 000 aujourd’hui portant la taille moyenne à 61 hectares. Dans le même temps, la part des exploitations de plus de 100 hectares est passé de 1 % à 20 %. D’autre part, le développement des labels de qualité et des appellations d’origine, tant dans l’agriculture traditionnelle que dans l’agriculture biologique, a permis de conforter la bonne réputation des produits agricoles français.

Et pourtant, les agriculteurs, notamment les éleveurs, sont en colère. Ils protestent contre la baisse constante de leur revenu et la hausse constante de leurs coûts. Sous la pression des manifestations, des accords de hausse de prix ont été négociés cet été entre les producteurs et les autres acteurs de la filière viande tels que les industriels de la transformation et la grande distribution. De plus, le ministre de l’Agriculture s’est engagé sur un plan d’aide de 600 millions d’euros, dont une partie en allègement de charges sociales, afin de soulager la trésorerie des agriculteurs. Mais six mois plus tard, rien n’a vraiment changé et les revendications reprennent de plus belle. Confronté à la grogne persistante dès son arrivée au Salon de l’agriculture, le Président de la République a déclaré :

« Si je suis là aujourd’hui c’est pour montrer qu’il y a une solidarité nationale, (…) on va tout faire (…) car en défendant l’agriculture je défends toute la nation. »

Voilà une déclaration particulièrement grandiloquente et creuse. Quand un représentant de l’État explique qu’il va « tout faire », qu’il est là pour manifester la « solidarité nationale » et que c’est la « nation », rien de moins, qui est en jeu, on peut être certain qu’il y aura des aides et des subventions à la clef, comme ce fut déjà le cas, et très peu de remise en cause fondamentale des processus qui ont mené à la crise. À l’inverse de laisser le marché se régler lui-même, le Président demande même à la grande distribution de « comprendre qu’elle doit faire un effort de solidarité » en ne faisant pas pression sur les prix.

Tous les secteurs économiques qui s’activent en France, électro-ménager, habillement, ameublement, automobile, bâtiment, etc… doivent respecter de plus en plus de normes techniques, sanitaires ou environnementales. Ce sont des contraintes qui pèsent souvent sur la productivité pour des bénéfices à l’égard des consommateurs qui ne sont pas toujours faciles à évaluer. Mais dans l’ensemble, les industriels restent maîtres de leurs investissements, de leurs productions et de leurs prix, ces derniers se fixant par rencontre d’une offre et d’une demande. Dans ce contexte non faussé, ils ont tout loisir d’orienter leur activité en fonction de ce que leur dit le niveau de prix du marché, de développer telle activité, réduire telle autre, bref, ils ont tout loisir de faire des choix de gestion éclairés.

Or ce n’est pas du tout ce qui se passe dans le domaine agricole qui est entièrement régi par la Politique agricole commune ou PACMise en place au niveau européen à un moment (fin des années 1950) où il importait de produire afin de sécuriser les approvisionnements alimentaires, elle correspond à un système dirigiste dans lequel il n’existe plus de vérité des prix, ce qui entraîne des problèmes de surproduction, ainsi que des mauvaises décisions d’investissement. L’agriculteur s’engage dans telle ou telle production en fonction des incitations de l’État, pas en fonction de la vérité du marché. Cette situation ne peut que déboucher sur des crises agricoles successives.

Je suis très pro-européenne, pour diverses raisons que j’ai expliquées , et je suis également très libérale. Il s’ensuit que la PAC fait partie de ces politiques que j’aimerais voir disparaître. C’est une position d’autant plus radicale, que dans le budget de l’Union européenne, la PAC représente plus de 40 % : 55 milliards d’euros en 2014 sur un total de 135 milliards environ. Et sur ces 55 milliards dédiés à l’agriculture communautaire, la France est la première bénéficiaire avec environ 10 milliards de subventions.

Au départ, la PAC (voir page 24 du document en lien) faisait un calcul des coûts de l’agriculture et en déduisait un revenu « objectif », fixant ainsi chaque année des prix de soutien (ou prix plancher ou prix d’intervention) visant à soutenir la production des pays membres, et des prix de seuil en dessous desquels les produits hors UE ne pouvaient pas entrer en Europe. Ce système a encouragé une forte progression de la production qui se trouvait toujours écoulée à des prix garantis, mais il pesait fortement sur les finances de l’Union et entraîna des excédents de production.

Dans un second temps, pour limiter les excédents, la PAC introduisit à partir de 1984 un système de quotas pour le lait, puis pour certaines céréales. Mais là encore, il fut impossible de limiter le dérapage du budget européen, d’où la mise en place d’une troisième approche à partir des années 1990. Il s’agissait cette fois d’essayer de rapprocher les prix européens des cours mondiaux en réduisant les prix de soutien. En compensation, des aides sont toujours attribuées, mais à l’hectare ou au cheptel, et non plus en fonction de la production. On parle de « découplage » des aides par rapport à la production.

En 2013, les membres de l’UE se sont mis d’accord sur une quatrième phase pour la période 2014-2020, avec l’idée d’en réduire le coût à 51 milliards d’euros par an au lieu de 55, et d’harmoniser les aides entre les anciens et les nouveaux membres de l’UE, la Pologne par exemple. Mais dans l’ensemble, l’agriculture européenne reste très encadrée et croule sous les normes. On se dit que les fonctionnaires européens doivent se sentir obligés de rendre un hommage appuyé à Kafka quand on lit dans un rapport récent des « Enquêtes du contribuable » que :

« L’Europe définit la longueur, la courbure et le poids minimum des concombres : 180 g pour ceux cultivés en plein air, 250 g sous abri. Des directives fixent la vitesse minimum des essuie-glaces des tracteurs, les dimensions des cages à poule, le taux de sucre des confitures, la longueur minimum des bananes… »

Et de fait, parmi leurs doléances, les agriculteurs ne manquent pas de citer la contrainte oppressante des normes et réglementations, ainsi que les obligations complexes imposées par la mode du « verdissement » et le « bien-être animal. »

Aujourd’hui, environ 30 % du revenu des agriculteurs est constitué d’aides. Bien qu’ils soient nettement moins nombreux qu’en 1955, il faut deux fois plus de fonctionnaires pour en assurer la distribution et le contrôle. Toujours Kafka.

Si l’on en croit l’expérience de la Nouvelle-Zélande1 qui a supprimé toutes les aides à l’agriculture en 1984, « aucun agriculteur Kiwi ne voudrait aujourd’hui revenir à l’ancien système » (dixit le Président de la Fédération néo-zélandaise des exploitants agricoles) :

Les subventions restreignaient l’innovation, la diversification et la productivité en corrompant les signaux et nouvelles idées des marchés. (…) L’arrêt des subventions a donné naissance à une économie rurale vivante, diversifiée et durable.

Dès lors, il me semble que prétendre « défendre l’agriculture », comme le dit François Hollande, sans s’interroger sur les bénéfices qu’on pourrait obtenir d’une libéralisation complète du secteur, n’est qu’une façon de repousser les problèmes à coup de traitement social sans rien résoudre pour l’avenir. François Hollande a promis de porter le sujet de la crise des éleveurs (ainsi que celui, plus circonstanciel, de l’embargo russe) sur la table des négociations lors du prochain Conseil européen du 7 mars, avec l’idée de faire monter les prix. Cela parait bien loin des réformes à entreprendre.

La libéralisation de l’agriculture concerne la France et l’Union européenne, elle concerne aussi les États-Unis. Si elle se faisait, elle apporterait le bénéfice supplémentaire de permettre aux pays en voie de développement d’accéder aux marchés mondiaux, méthode plus dynamique et responsabilisante de sortir de la pauvreté que celle qui consiste à recevoir des aides qui alimentent davantage la corruption que les populations.

Si l’on regarde qui manifeste dans les rues, qui brûle des pneus, qui bloque routes et autoroutes depuis de nombreux mois en France, on constate que ce sont surtout les chauffeurs de taxis, les agriculteurs et les professions médicales. Qu’y a t-il de commun entre ces trois secteurs ? Le poids de l’État dans l’organisation de leur activité. N’est-ce pas une preuve suffisante pour conclure que la réglementation d’une profession par l’État ne conduit nullement à la prospérité de ses acteurs ni au développement de la qualité des produits ou services rendus ?

Sur le web

  1. voir B-2 du lien.
  1. imaginons un instant que l’agriculture française soit libérée du carcan étatique et de ses réglementations plus contraignantes que dans les autres pays , qu’elle devienne productiviste…que se passerait il dans les autres pays européens ?

  2. Excellente analyse parfaitement documentée comme d’habitude, merci Nathalie! Je partage à 100 % vos conclusions montrant l’aboutissement mortifère des politiques subventionnées, encadrées, normées, donc régulées là où le marché aurait dû dés l’origine et progressivement, ajuster les offres à la demande. On mesure notamment comment les agriculteurs se sont laissés saouler par ce système assisté au lieu de développer, y compris en se regroupant, des filières de distribution locales, mettant en valeur la qualité, l’origine et la composition de leurs produits. Les consommateurs n’attendent que ça, et les agriculteurs ont pourtant majoritairement préféré le système global – subventions et grande distribution – devenant des sortes de fonctionnaires du terroir se cantonnant à produire sans valeur ajoutée (du lait, de la viande, du porc au kg, des œufs..) des aliments de moins en moins rentables (les produits de base sont classiquement les plus exposés à la concurrence) et de moins en moins appréciés par les consommateurs (quitte à acheter de la m…, autant acheter la moins chère !).
    Ils sont donc bien responsables de leur sort mais on doit quand même les accompagner pour 2 raisons de quasi service public: d’abord parce qu’on a besoin d’une nourriture exemplaire si possible produite localement comme indiqué ci-dessus ; ensuite parce qu’on a besoin de quelqu’un qui s’occupe d’entretenir nos campagnes et nos paysages dont on profite tous les jours parce qu’ils sont aussi nos territoires de vie et de loisir.
    Il est donc normal de les aider à réformer cette filière pour qu’ils deviennent des entrepreneurs libéraux soucieux de leurs clients et de la qualité de leur pays. 1) au niveau de leurs immobilisations car l’activité étant fortement capitalistique (foncier et matériel), il s’agit d’une donnée structurelle qu’il doit être possible de faciliter pour limiter le risque de l’exploitant et favoriser leur flexibilité (encouragement fiscal pour une épargne populaire dirigée vers les actifs agricoles,cautionnement, systèmes coopératifs, crowdfunding, multipropriété ..) 2) comme pour les autres entreprises françaises (ici c’est désormais une question de survie..) diminuer les charges et favoriser la création de coopérations locales dans le domaine de la main d’œuvre ou du matériel agricole (sociétés d’intérim spécifiques) , de sociétés de services (marketing, distribution, merchandising labels et appellations..). On peut d’ailleurs reprocher aux agriculteurs d’avoir toujours préféré leur individualisme et de n’avoir pas suffisamment développé ces coopérations, notamment dans la distribution de leurs produits, comme ils ont laissé dériver leurs coopératives historiques vers des systèmes encourageant l’industrialisation subventionnée. 3) réglementer et contrôler davantage la transparence des produits (l’étiquetage demeure encore illisible) pour faciliter la lecture et le choix du consommateur et sanctionner durement les ententes illicites (interdiction d’exercer..).

    1. MDR… On doit les aider pour qu’ils deviennent des entrepreneurs libéraux ! Créer des dispositifs spécifiques, de nouvelles subventions et de nouvelles réglementations… Postulez au ministère, vous avez vos chances.

      Vos 2 raisons de quasi service public ? Faut faire quelque chose sinon on va tous mourir et tant qu’à faire faut des gens qui bossent gratos pour entretenir le paysage.

  3.  » les chauffeurs de taxis, les agriculteurs et les professions médicales »

    en ce qui concerne les professions médicales, la grande différence(au moins pour la partie « médecins libéraux ») c’est qu’ils souhaitent plus de liberté et donc moins d’intervention de l’état/assurance maladie quand ce dernier souhaite en mettre d’avantage

  4. on peut aussi ajouter le problème d’assurance sociale qui doit être aussi libéré (fin du monopole de la MSA).

  5. Bon article;
    je ne suis pas certain que la majorité des agriculteurs acceptent un système plus « libéral », tellement la compréhension des mécanismes de marché est lacunaire, comme chez la majorité des français d’ailleurs. C’est moins le cas chez nos voisins européens.
    Un point sur les normes dites » kafkaïenne » européenne. Si elles peuvent apparaitre idiote au premier abord, elles sont néanmoins nécessaires. Ainsi par exemple, harmoniser la surface disponible des cages pour les poules pondeuses est indispensable. La concurrence intra européenne est faussée si on permet de produire des œufs avec 10 poules par cage dans un pays et 7 poules dans un autre.

    1. c’est certain que plus il y a de poules par cage, moins elles vont pondre.
      Personnellement, à partir de 20 je remarque une surmortalité par étouffement: faites l’expérience…

    2. douar ,

      L’UE , c’est la cage à poule libre dans le poulailler libre avec un renard libre …au final , personne ne pense à vous donner le résultat des courses , mais les esprits aiguisés pensent que le vainqueur est le Fuchs et non la poule …

      1. Pas exactement. Je dirais que L’UE c’est :
        « Une cage à poules « libres », dans un poulailler « libre », avec un renard obligatoire à chaque poule » ….

        Etant agri moi même je peux vous dire que oui la vente de mes produits est totalement libéralisée ! Mon maïs est en concurrence avec l’Argentine, comme avec l’Ukraine..

        Par contre mes coûts de productions sont entièrement décidés par l’état et incontournables.
        – Assurance maladie 47% des bénéfices avant impôts.
        – Mes produits de traitements, taxés, soumis à agréments variés, réglementés.
        – Engrais taxés et réglementés aussi.
        – Mes semences soumises aux contraintes de la propagande médiatique. Taxées et réglementées aussi.

        Mon temps « libre » est lui aussi tributaire de toutes ces joyeuses déclarations réglementaires obligatoires qui vous occupent votre plein gré dès que possible.

        1. La Coupe Est Pleine,

          « Par contre mes coûts de productions sont entièrement décidés par l’état et incontournables.
          – Assurance maladie 47% des bénéfices avant impôts.
          – Mes produits de traitements, taxés, soumis à agréments variés, réglementés.
          – Engrais taxés et réglementés aussi.
          – Mes semences soumises aux contraintes de la propagande médiatique. Taxées et réglementées aussi. »

          Oui , je connais ce que vous expliquez , un ami agri m’ayant un peu expliqué ( voire explicité ) le fonktionnement actuel de l’agriculture et m’ayant dit , en gros , que l’on ne leur demande plus que de monter sur leurs tracteurs , tt le reste est décidé d’en haut ( date des semences , semences utilisables , pesticides utilisables …)

          Pour mémoire , je me souviens d’un décret UE qui disait que le pied des asperges devait être coupé droit pour être vendu et non coupé en biais ou d’une norme UE qui interdisait aux vaches paisant dans des prés où il y a des ruisseaux d’y boire …

          1. Bonjour volna,
            J’imagine que si vous lisez contrepoints, c’est bien parce que vous avez une certaines sensibilité libérale n’est-ce pas ? Donc partant de là j’aimerais vous demander selon vous, si l’on se fixe comme objectif de complètement libéraliser l’agriculture en Europe, comment faudrait-il procéder ?

            Tout en ayant en tête les choses suivantes :
            – Il est possible qu’aujourd’hui il y ait trop d’agriculteurs en France.
            – Sans doute que s’il y en a trop aujourd’hui, c’est le résultat de 50 ans de politiques de soutien à l’agriculture qui ont rendu artificiellement rentable certaines activités.
            – L’objectif étant qu’au final les agriculteurs puissent vivre sans aide sur un marché libre.

            Comment faudrait-il s’y prendre ?
            Attribuer une partie des aides aux paysans pour qu’ils puissent vendre et se reconvertir ?
            Réduire les aides par palier pendant 10 ans ou 20 ans ?
            Que pensez-vous de la fin des subventions en Nouvelle-Zélande ? Est-ce que ce serait applicable en France ?
            Comment les agriculteurs verraient-ils un tel objectif de long terme ?

            Cordialement,
            Un noob

            1. Noob ,

              Je vais répondre à votre questionnement sur la problématique du comment libéraliser l’agriculture française , pour qu’elle puisse tourner sans aides du fisc .

              Et ma réponse est une autre question sur qui les économistes ont planché et se sont étripés au début du 19 éme siècle : qu’est ce que la valeur d’un bien ou service et comment la détermine t’on ?

              si vous avez une réponse sur ce sujet et qui me semble un préalable aux problèmes des agri , on peut continuer la discussion que vous me proposez …

              1. D’accord, même si je vois mal où cela peut nous mener, je veux bien jouer le jeu.

                Je vais supposer mais que la valeur d’un bien ou d’un service est traduite dans son prix pour éviter les questions de philosophie. Comme vous faites référence au XIXème siècle, j’imagine que vous voulez faire allusion à l’éclosion du marginalisme. Ce qui ce traduit dans la vie de tous les jours par la loi de l’offre et de la demande.
                Ainsi il suffit de mettre en vente ce bien ou ce service pour en déterminer la valeur. En fonction des préférences des acheteurs et de l’empressement des vendeurs, le bien ou le service en question verra son prix déterminé par le marché lorsque des ventes seront conclues.

                1. « D’accord, même si je vois mal où cela peut nous mener, je veux bien jouer le jeu. »

                  Si un agriculteur vend le kg de carcasse de porc 1.3 € ( porc sans viscères) et si , que quand vous l’achetez dans votre SUMA , vous payez le kg de viande de porc crue au prix moyen de 7 ou 8 € , vous devez vous demander pourquoi le prix à la vente par rapport à l’achat à augmenté de 500 % ou autrement dit : quand j’achète un produit un prix x , qu’est ce que je paie en général ou qu’est ce qui détermine la valeur de ce prix…

                  Même raisonnement pour le blé qui vaut actuellement 150 E la tonne ( 0.15 e le kg ) et que vous achetez 1 e la baguette de 250 g , soit 4 e le kg ( multiplicateur de 16..) ,…

                  Et naturellement , la loi de l’offre et de la demande me semble bien légère pour expliquer la valeur d’un bien , la notion de main invisible du marché de Smith ( je glose économie mais je ne sais rien ) me semble plus effective …

                  Ne pas oublier que le prix , donc la valeur est fortement déconnectée du produit vendu à travers les coûts des politiques de l’état providence ( tva , impots , csg , charges sociales…..on revient au libéralisme et à la théorie économique us du Public Choice ) , à travers le marketing ,

                  Qu’est ce que la valeur et pourquoi me paie t’on si peu , peut se demander le vaillant agriculteur ?

                  1. « vous devez vous demander pourquoi le prix à la vente par rapport à l’achat à augmenté de 500 % ou autrement dit : quand j’achète un produit un prix x , qu’est ce que je paie en général ou qu’est ce qui détermine la valeur de ce prix… »

                    Oui et non, si je suis un simple consommateur, je n’ai pas vraiment besoin de connaître la structure des coûts de mon vendeur. De toute manière, je serais bien incapable de déterminer avec suffisamment de précision les coûts que doit supporter le vendeur. Pour avoir autre chose qu’une discussion du café du commerce j’ai bien peur que ça soit insuffisant. C’est plutôt la personne qui essaierai de se lancer dans la commerce de détail de viande qui aurait intérêt à s’intéresser au problème de très près. Ayant discuté avec des responsables des achats de supermarché, ils m’ont tous confirmé que la viande ne fait faire aucun bénéfice, elle sert simplement de produit d’appel.

                    Par contre oui, on doit bien s’intéresser aux coûts qu’impose l’État français à ses paysans. Typiquement en analysant s’il ne fait pas preuve de beaucoup trop de zèle concernant les réglementations européenne.

                    « Qu’est ce que la valeur et pourquoi me paie t’on si peu , peut se demander le vaillant agriculteur ? »

                    Oui et non. L’agriculteur vaillant n’est doit pas être un agriculteur obstiné. Si le marché se retourne pour sa production, il doit soit s’adapter s’il en a la capacité, soit quitter la ferme. Si dans un marché donné la demande diminue, il est absolument crucial que les vendeurs les moins rentables quittent le marché. Si on fait tout pour empêcher cela, d’une part on ne fait que donner des primes aux moins bons. Mais surtout pire que cela, on empêche la correction de la quantité produite. C’est à dire que même les meilleurs agriculteurs verront leurs recettes dégringoler à cause du surplus produit par les moins bons subventionnés.

                    Donc oui l’agriculteur peut se demander pourquoi le paye-t-on si peu, mais peut-être que le problème ne vient pas ni de lui ni de son acheteur, mais du fait qu’ils sont bien des milliers comme lui à produire la même chose et que dans ces là, il n’y a aucune raison de le favoriser lui plutôt qu’un autre.

                    Depuis deux siècles, les paysans ont quitté en masse les campagnes pour s’installer en vile, je n’ai pas l’impression que ça se soit fait dans un bain de sang. S’il y a encore des gains de productivité possible il est à prévoir qu’il y en aura d’autres dans le futur. Il est donc crucial de ne pas empêcher ce phénomène, le risque étant que 20 ou 30 ans plus tard les agriculteurs français soient complètement dépassés.

                    Par contre cela semble être devenu beaucoup plus difficile de nos jours. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j’imagine qu’à l’époque il s’agissait surtout d’ouvriers agricoles alors qu’aujourd’hui les agriculteurs sont propriétaires.

                    D’où mes questions, si on considère qu’il soit possible que demain le prix des produits que vous avez mentionnés baissent encore. (Après tout en tant que consommateur pourquoi devrais-je me plaindre si le prix des mon boeuf devait chuter ?)
                    Donc comme j’imagine que nous partageons ici l’objectif de libéraliser complètement le marché (sinon cette discussion a peu d’intérêt), je reviens à mes questions de départs.

                    Quelles mesures prendre pour que cette libéralisation, donc la fin des aides en questions, se passe sans grosse casse humaine. Ici il ne s’agit pas de vouloir jouer les sans coeurs, mais au contraire reconnaître que les systèmes d’aides actuelles ne font que de donner de mauvaises incitations aux producteurs qui au final en subissent les conséquences. Alors comment fait-on pour revenir à un marché libre ?

          2. Maladie à 47% ??? Pas vraiment !!! Plutôt 10,84% du BA bien sûr avant impôt.
            Sur le site de la MSA un chiffre intéressant par ailleurs : quand les exploitants payent 26€ de cotisations sociales, ils en reçoivent. .. 100 ! La solidarité nationale joue à plein, et personnellement, la solidarité nationale commence vraiment à me gaver.

  6. « Aujourd’hui, environ 30 % du revenu des agriculteurs est constitué d’aides.. » »

    Le pb est bien que les principaux bénéficiaires des aides agricoles de la CE , les céréaliers ( via argent versé par la France à l’UE et tiré du fisc et de l’endettement aux agriculteurs et reversé par l’UE en particulier aux céréaliers ) disent que sans la PAC , ils ne pourraient pas tenir économiquement et devraient mettre la clef under the door .

    Bref , on peut regretter le manque d’adaptabilité des céréaliers ( ou de leurs employés ou commis de culture ) qui font du tout céréales et ont pratiquement tous supprimés les Productions animales , travaillent en moyenne quatre gros mois par an , préfèrent le tracteur qui permet de labourer 10 ha par jour ( mais qu’il faut amortir et payer ) au plus petit tracteur, par rapport aux éleveurs Néo zélandais qui ont su se développer après 1984 et sa suppression des aides.

    Mais le pb est que je vois mal nos céréaliers français , si d’aventure on leur supprimais leur diverses aides et variées s’adapter et mettre en place d’autres spéculations visant à contrebalancer la disparition desdites aides…Ils fonctionnent , intellectuellement , dans le modèle  » monoculture de la canne à sucre …

    La csq réelle , si on supprime la PAC aux céréaliers est la disparition des fermes céréalières moyennes ( 200 à 300 ha ) leur rachat ou reprise par des GAEC ou investisseurs pour arriver à 1000 ha en moyenne …

  7. La contradiction est flagrante ,les agriculteurs – du moins ceux qui adoptent le système en place – se veulent libéraux dans la conduite de leur production ,et étatistes (pour ne pas dire fonctionnaires ) quand le marché ne répond pas à leurs attentes.

  8. Excellent article comm d’hab’, merci NathalieMP.

    Supprimer la PAC est certainement une bonne idée, mais il faut prévoir une transition en douceur pour éviter à ceux qui vivent de subventions de mourir d’un seul coup.

    Une des pistes indispendables pour cette transition est d’encourager les agriculteurs à se regrouper. Il y a de très belles réussites dans le monde agricole français, par exemple le sel de Guérande et le Champagne. Dans les deux cas il y a une organisation avec un marketing très efficace (marques, labels, animation..?) et un grand pouvoir de négociation face aux distributeurs. Il ya aussi des techniques de régulation (stockage) pour faire face aux aléas de la production. Le tout géré par les producteurs eux-mêmes (coopérative des salines de Guérande, Centre interprofessionnel des vins de Champagne).

  9. « Les subventions nuisent au libre-marché qui est pourtant la seule solution pour sortir de la crise. » Mais vous n’y pensez pas: Mr Cambadelis a déclaré hier soir sur BFM que si les « libéraux » revenaient au pouvoir, cela mettrait le pays à feu et à sang.

    1. il a dit « revenaient » ?
      Je ne m’étais pas aperçu de leur passage.

      1. gc ,

        Moi non plus , d’ailleurs …nos libéraux , à travers les innombrables chapelles du beau mouvement libéral , doivent certainement débattre pour fixer la notion de libéralisme au 21 éme siècle …

      2. Oui, étrange. Il a du faire une halte un peu trop prolongée au salon au stand vinicole …

  10. Le fond de l’article est bon, mais il faut préciser deux trois détails.
    De tous les gros pavés réglementaires imposés à l’agriculture française, une grosse partie est clairement Franco-Française.
    Depuis le grenelle de l’environnement produit par un certain Nicolas S. Nous avons outrepassé les exigences européennes.
    – L’Europe demandait de réduire voire d’interdire les produits de traitement qui posent un problème sanitaire ou environnemental.
    => La France à écrit Ecophyoto2018 qui demande une réduction de 50% des volumes de produits épandus.
    (Plus aucune notion de risque ou de danger en quoi que ce soit, juste le volume compte)

    – L’Europe laisse aux états membres de choisir si oui ou non nous pouvons cultiver des OGM sur notre sol.
    => La France a choisi le « moratoire perpétuel », n’autorise même plus les expérimentations.

    => Seul le ministère de l’agriculture fixe la taille maximale d’une exploitation agricole.

    – L’Europe a fixé un taux réglementaire des nitrates dans les eaux de rivières.
    => La France a d’emblée annoncé qu’elle réduirait de 40% ses taux de nitrates.
    Seulement depuis et malgré que toutes nos rivières respectent la norme Européenne, la France est épinglée et taxée puisqu’elle est incapable de respecter son engagement.

    Voila le genre de contraintes guignolesques que les seuls gouvernants Français nous ont imposé …..

  11. quelle blague comme ci les agriculteurs voulaient vraiment du libres échanges et c’est comme dire que l’Etat taxi en ont marre de l’Etat

  12. Les viticulteurs qui font de la qualité ne reçoivent pas de subventions et ils exportent pour plus de 10 milliards € de CA .Quand l’état laisse faire les chefs d’entreprise cela se passe plutôt bien !.L’agriculture est diverse et il ne faut pas tout amalgamer. L’état fausse les données de marché par les subventions ( grandes cultures et élevage bovin-ovin) et par la politique fiscale qui incite les agriculteurs à être sur équipés ( pour faire baisser les impôts).

    1. prolux ,

      C’est cela , l’hédonisme …il est quand même plus agréable de labourer 10 ha par jour avec un tracteur de 130 cv que 2 par jour avec un 40 cv…

      Que feriez vous à la place de l’agriculteur N?

  13. Le gouvernement œuvre au quotidien à la perte de compétitivité de la France et à la réduction de la production et des emplois qui en découle tout en disant que c’est pour créer des emplois.
    C’est le cas de la loi Macron pour l’extension de l’ouverture dominicale, qui a été prise sous la pression de lobbys économiques et politiques qui se réclament d’une concurrence libre et non faussée (en réalité une loi de la jungle qui tue spécifiquement entreprises et agriculteurs français).
    L’ouverture dominicale est une arme de destruction massive contre les commerces les moins puissants ou les plus petits qui ne peuvent pas ouvrir le dimanche ou qui survivaient parce que les commerces puissants n’ouvraient pas le dimanche; cela contribue incidemment à la perte d’attraction des centres villes. Elle élimine encore plus les petits commerces ou indépendants qui achetaient aux fournisseurs français, PME et agriculteurs, elle augmente encore l’omnipotence des grands et moyens commerces dans les relations avec ces fournisseurs. Les prix à la production des PME en France ont chuté en 2013 et encore en 2014, aux dépens des fournisseurs français et à cause des pressions de ces commerces appelées négociations mais qui sont de la concurrence faussée et non libre avec un quasi monopole. Ces commerces les mettent en concurrence directe avec les fournisseurs et agriculteurs les moins chers de l’étranger, souvent par dumping (travailleurs sous payés, esclaves,…), subventions et corruption étatique, elle les ruine et les fait disparaître au profit des importations et des producteurs étrangers qui deviennent encore plus puissants. Ainsi la part de marché des PME (fabriquant en France) qui fournissent rien que la grande distribution a chuté en 4 ans depuis 2008 de 29 à 20%, un tiers de perte qui correspond à des dizaines de milliards € par an de productions perdues puisque ces productions ne sont plus vendues dans la grande ou moyenne distribution (elles y ont été remplacées par des importations; comme le client peut le constater, dans ces magasins beaucoup plus de produits qu’avant sont étrangers), vendues d’ailleurs de moins en moins dans les petits commerces puisque ceux-ci sont éliminés par les commerces qui font de l’importation.
    Oeuvrer au quotidien à la perte de compétitivité de la France et à la réduction de la production et des emplois qui en découle tout en terrorisant la population à propos de la pollution. C’est le cas des récents décrets et lois anti-automobilistes, qui ont été pris sous la pression de lobbys économiques et surtout politiques qui se réclament de l’environnement. Cette mise en place d’obstacles et embouteillages pour empêcher de circuler dans les villes entrave l’activité économique, provoque la perte d’attractiovité des centres villes et y élimine les commerces de qualité. Cette destruction a un coût économique considérable et diminue la qualité moyenne du commerce français, au dépens de la qualité de vie des usagers et de sa compétitivité.
    Les produits agricoles français subissent des charges sociales sur le travail plus importantes que celles de la plupart des autres pays qui nous envoient donc des produits moins chers car moins grevés par ces charges. Une solution partielle pour compenser est de basculer une partie les charges sociales salariales sur la TVA, à 33% ‘(un taux qui existait auparavant en France pour certains produits), par exemple au lieu de 5.5% ou 20% , comme les cotisations sociales sur la production seront diminuées encore plus, ce qui est fabriqué en France sera au total moins cher en moyenne, par exemple 5%. Par contre ce qui est fabriqué à l’étranger sera augmenté de la différence des taux donc d’environ 10 à 25%, ce qui, au niveau de la vente aux commerçants, rétablira de 15 à 30% la compétitivité des produits français , actuellement distordue par nos fortes charges sociales.
    Les produits animaux venant d’Allemagne et sans doute de quelques autres pays sont aussi très subventionnés par l’intermédiaire des aides à la production de déchets et déjections animaux (pour production de biogaz ou d’électricité). Les ménages allemands subventionnent ainsi la production animale par la hausse de leurs factures électriques, qui sont augmentées d’environ 25 milliards d’euros par an dont une partie pour la biomasse des élevages de vaches, porcs,…. Sans compter les milliards de subventions pour les équipements électriques, et peut être d’autres milliards pour subventionner les installations de méthanisation. Il serait intéressant que les agriculteurs et autorités français calculent combien cela représente, certainement plusieurs milliards d’euros par an. A la limite les éleveurs allemands pourraient vendre à zéro euro le kg de porc et de boeuf ou le litre de lait puisqu’ils sont fortement payés pour la biomasse produite par ces animaux.

    1. L’ouverture dominicale est une arme de destruction massive contre les commerces les moins puissants ou les plus petits qui ne peuvent pas ouvrir le dimanche ou qui survivaient parce que les commerces puissants n’ouvraient pas le dimanche;

      Affirmation gratuite. L’ouverture dominicale est avant tout un moyen de redonner de la liberté aux commerçants, qu’ils soient petits ou grands. Là où je vis les petits commerces vivent très bien à côté des grandes surfaces car ils savent se différencier.

      Quant au délire sur la TVA « sociale », je rappelle que la TVA a un effet rigoureusement nul sur les comptes des entreprises. Que leurs produits soient importés ou produits localement n’a aucune importance. La TVA est intégralement payée par le consommateur final. Augmenter la TVA n’aura aucun effet sur la compétitivité des entreprises.

      1. Vos délires sur les petits commerces montrent un fort déni de réalité.
        La plupart des petits commerces ont été ruinés en France par les moyens et grands commerces, en particulier les commerces unipersonnels qui par exemple ne peuvent être ouverts 80 heures par semaine et ne peuvent s’offrir un salarié. Le remplacement des petits commerces par de plus grands plus efficaces n’est pas obligatoirement une mauvaise chose, mais trop vite (quelques dizaines d’années) ou aux endroits où il ne faudrait pas cela entraîne des drames humains et des dégradations des conditions de vie dans les endroits désertifiés en commerces. En plus cela augmente fortement le chômage dans le commerce et encore plus chez les millions de personnes qui vivent directement et indirectement de la fourniture de biens aux moyens et grands commerces, soit des centaines de milliards d’euros par an en France.
        Quant à la TVA « sociale » , il ne faut pas oublier la part baisse des cotisations sociales qu’elle implique. Augmenter la TVA tout en diminuant fortement les cotisations sociales qui pèsent sur les entreprises productrices en France diminue fortement le coût de production en France, donc augmente fortement la compétitivité des productions françaises. Avec cette TVA, des dizaines de milliards d’euros, autrefois pesant sur les entreprises sous forme de cotisations sociales, sont payés par les consommateurs finaux par la TVA très augmentée sur tout ce qui est importé. Cette TVA très augmentée est payée sur tout ce qui est importé et aussi sur ce qui est produit en France, mais sur ce qui est produit en France elle est plus que compensée par la baisse des cotisations sociales sur ces produits; en définitive ce qui est fait en France a ses prix abaissés donc se vend plus en France et à l’étranger (et en plus amortit mieux le capital des entreprises et emploie plus d’employés en France d’où moins de chômage) et ce qui n’est pas fait en France a ses prix augmentés en France et s’y vend donc moins et diminue la rentabilité des productions à l’étranger, éventuellement concurrentes des productions françaises.

        1. darad: « Le remplacement des petits commerces par de plus grands plus efficaces n’est pas obligatoirement une mauvaise chose, mais trop vite (quelques dizaines d’années) ou aux endroits où il ne faudrait pas cela entraîne des drames humains et des dégradations des conditions de vie dans les endroits désertifiés en commerces. »

          D’autres pays on vécu cette mutation et se portent parfaitement bien. Le problème de la France c’est une économie calcifiée, figée par les contraintes, la fiscalité et le corporatisme qui rend son économie très peu souple, très peu adaptable.

          Et surtout s’il n’y a plus de petit commerces dans les villages c’est qu’à 65% de taxes+ une collection de contraintes législatives grotesques n’avoir que 500-1000 clients est totalement impossible.

          Et ne me dite pas que des gens qui habitent à 5km-20km de la supérette n’iraient pas dans une épicerie ou un petit magasin de village.

        2. Vos délires sur les petits commerces montrent un fort déni de réalité.
          Ce n’est ni un délire ni un déni. Au contraire c’est une observation basée sur la réalité des commerces dans ma ville. Votre logorrhée ne repose sur aucune étude économique sérieuse.

          Idem pour votre rêve de TVA sociale. Baissons les cotisations sociales si vous voulez. La hausse de la TVA n’aura toujours aucun effet sur les entreprises. Allons un peu plus loin dans le raisonnement: les cotisations sociales diminuent le revenu disponible des consommateurs. Si vous compensez la baisse des cotisations sociales par une hausse de TVA les consommateurs ont toujours le même pouvoir d’achat et vous n’avez rien gagné. La compétitivité ne se gagne pas d’un coup de baguette magique.

        3. « La plupart des petits commerces ont été ruinés »

          Ah la méchante concurrence qui oblige à se sortir le doigt du fondement et qui demande aux entrepreneurs de s’adapter à leurs clients alors que vous voudriez visiblement l’inverse.

    2. darad: « qui se réclament d’une concurrence libre et non faussée (en réalité une loi de la jungle qui tue spécifiquement entreprises et agriculteurs français). »

      Dans le pays avec 57% du PIB bouffé par l’état et qui est classé 70eme en dessous du Ghana et du Kazakhstan pour la liberté économique, il faut arriver à la sortir sans perdre une dent celle-là.
      Indice liberté économique – Classement des pays

      darad: «  »par exemple au lieu de 5.5% ou 20% , comme les cotisations sociales sur la production seront diminuées encore plus, ce qui est fabriqué en France sera au total moins cher en moyenne, par exemple 5%. Par contre ce qui est fabriqué à l’étranger sera augmenté de la différence des taux donc d’environ 10 à 25%, ce qui, au niveau de la vente aux commerçants, rétablira de 15 à 30% »

      Toutes les économies administrée finissent pareil depuis deux siècles: la faillite généralisée et pour finir la fermeture du pays à coup de murs, de taxes ou de protectionnisme pour tenter de redresser la situation.

      Ce ne sont que des cailloux de plus sur la tombe.

    3. « en réalité une loi de la jungle qui tue spécifiquement entreprises et agriculteurs français »

      Cette loi à un nom : le socialisme. Le pilier du socialisme est la guerre civile permanente.

  14. Selon un vieux cadre supérieur du ministère de l’agriculture mis au placard (le cadre, pas l’opuscule), la PAC avait été et était encore (au moment où il écrivait), pour la France, un système conservateur pour figer la rente agricole et maintenir une sous-productivité soi-disant propice à l’emploi, et pour l’étranger y compris l’Allemagne (mais aussi l’Espagne, l’Italie du nord, etc.), un outil de financement de sa modernisation. La France était donc en train de créer sa propre concurrence, plutôt que suivre la voie de l’industrialisation.
    On comprends pourquoi ce monsieur était dans un placard …
    La philosophie agricole est la même que celle des taxis : le marché est captif et fixé, dans ces conditions ça ne sert à rien de se battre entre agriculteurs, il vaut mieux se le partager ; celui qui se modernise chasse un collègue pour prendre sa place, mais après on sera moins nombreux, on pèsera moins et pourra moins bien se défendre, la course à la productivité est donc une trahison. Sauf que … à l’étranger ils ont bien compris que le marché n’était pas fixé et qu’il avaient le droit, et la possibilité, de tailler des croupières à ces français assez stupides pour croire que tout leur était du et que leur part de marché était définitive. Certains autres français moins stupides ont d’ailleurs participé eux-mêmes à la curée, en s’installant à l’étranger.
    Et pour couronner le tout, on a rajouté des couches délirantes de protection environnementales (dans toute l’Europe) et de droit social (spécificité française) que les fermes industrielles supportent bien mieux que les petites et moyennes. Une ferme géante de mille vaches est moins gênante pour les voisins que son ancêtre traditionnel 20 fois plus petite.
    Bref : « plutôt crever que se moderniser ». 50 ans après la PAC, 15 ans après l’opuscule, le résultat est là : on crève. L’agriculteur nouveau doit miser 300 000 € pour avoir le droit de gagner un SMIC en bossant 70 h par semaine, si tout va bien (et « tout va bien », ce n’est pas tout le temps, n’est-ce pas …). tout ça pour quoi ? pour que maintenant en France le lait premier prix dans les supermarchés vienne d’Allemagne, ce qui aurait été inconcevable.
    Et quand les matières premières de base foutent le camp, les filières « de qualité » meurent aussi. Il n’est pas difficile de faire aussi bon que le roquefort ou le camembert en Silésie ou en Prusse.
    bottom line : c’est à la France de se réformer, pas aux autres de lui faire plaisir.
    quelques articles intéressants à lire: http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/10/31003-20150710ARTFIG00132-liberaliser-l-agriculture-le-seul-moyen-de-la-sauver.php
    http://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/crise-de-lagriculture-quand-les-mesures-structurelles
    http://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/eleveurs-francais-la-politique-publique-paralysee-par-les-denis-et-les-tabous
    http://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/agriculture-les-degats-du-faux-long-termisme-politique
    Le secteur n’est pas tant victime d’une concurrence déloyale que de son impréparation et de son manque d’investissement. http://www.slate.fr/story/105661/elevage-le-mur-est-dans-le-pre

    Sur RMC, un éleveur expliquait que la FNSEA avait laissé ses adhérents surproduire ce qui avait engendré un effondrement du prix. Les syndicats agricoles et leurs annexes – chambres d’agriculture (8 000 salariés), SAFER (1 000 salariés) – gèrent l’économie agricole du pays à la place des agriculteurs et décident de qui a le droit de s’installer pour exploiter une propriété agricole ou en acquérir une. Ils étouffent les agriculteurs sous les réglementations. Il faut simplifier ces règlements, supprimer les organismes qui en vivent et traiter par des aides sociales directes la situation des agriculteurs en difficulté.

  15. 10 milliards de subventions : ça doit bien se gaver à tous les étages, sauf celui au RDC.

  16. L’état est totalement responsable et ce par l’utilisation d’un poison « Mortel », la culture de la « Subvention » qui a les mêmes conséquences sur la vie économique qu’une autre arme tout aussi mortifère, le quantativising où l’art d’imprimer des images avec lesquelles font joujou les trader et les financiers.
    Je ne suis pas optimiste, la situation de l’agriculture française est telle qu’elle ne pourra plus se relever…

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