Les 3 manières de créer de l’argent

Publié Par Fabrice Houzé, le dans Économie générale

Par Fabrice Houzé

Rareclass-Sea of money-Creative commons

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D’où vient l’argent ?

Depuis la crise de 2008 et l’essor des politiques monétaires dites « non conventionnelles », on peut lire un peu tout et n’importe quoi sur la planche à billets, l’endettement des États et la création monétaire. Voici une brève synthèse des trois manières de créer de l’argent dans notre système monétaire que sont l’argent-dette, les obligations d’État et le QE.

  • La création d’argent-dette par les banques

Les banques privées disposent du privilège (exorbitant ?) de créer de l’argent en échange d’une reconnaissance de dette. Autrement dit, quand vous allez voir votre banque et qu’elle vous accorde un prêt à la consommation de 3 000 euros, elle crédite instantanément votre compte de 3 000 euros. L’actif de la banque augmente de 3 000 euros (votre reconnaissance de dette) et son passif de 3 000 euros (votre dépôt fraîchement crédité ex nihilo). Contrairement à ce qui est encore enseigné dans certaines facultés d’économie sous le nom de « multiplicateur monétaire », ce mécanisme de création est tout à fait illimité. La Réserve Fédérale américaine explique en détails pourquoi ici et la Banque d’Angleterre .

Cet argent créé est parfois qualifié d’argent-dette. En effet, pour chaque euro créé, une dette de même montant est créée. C’est du véritable argent : vous pouvez le retirer de la banque et acheter ce que vous voulez. Mais vous devrez rembourser, cet argent est donc éphémère. Lorsque vous remboursez la banque, votre dette s’éteint et simultanément l’argent créé disparaît. Ainsi, la création d’argent-dette dépend des volontés conjuguées de l’emprunteur et de la banque. En ce moment, elles sont faibles.

  • La planche à bons des États

L’État dispose d’un privilège également : la confiance des citoyens (jusqu’à un certain point, dépassé en Grèce) dans la capacité de remboursement de l’État. Si l’État veut dépenser plus que ne le permettent ses recettes fiscales, c’est-à-dire s’il est en déficit budgétaire, il peut imprimer – électroniquement – des bons du Trésor, ou obligations d’État. Les épargnants qui souhaitent rémunérer leur argent les achètent : ils échangent leur argent contre les bons. Il s’agit bien de création monétaire car, dans un État comme la France, les épargnants considèrent les bons du Trésor presque comme de l’argent, même s’ils ne peuvent pas le dépenser directement.

Puisque les bons sont à la fois sûrs et liquides (ce qui signifie qu’ils peuvent être revendus très facilement), les bons sont ainsi de la quasi-monnaie. Les États peuvent en théorie allègrement utiliser la « planche à bons » pour dépenser. Cette utilisation est d’ailleurs confortée par des avantages fiscaux et réglementaires pour les détenteurs de bons. Toutefois l’Europe interdit un déficit budgétaire supérieur à 3 % par an. La création de quasi-monnaie est donc limitée par la vigilance allemande.

  • Le QE de la Banque centrale

Le Quantitative Easing (plus de détails ici) est le nom donné aux rachats des obligations d’État par la Banque centrale européenne. L’individu qui détient une obligation d’État, lui rapportant un intérêt de 2 % par exemple, se retrouve donc avec un billet de banque, ne lui rapportant rien. Le Quantitative Easing n’est donc pas vraiment de la création monétaire, il s’agit seulement de la transformation d’une quasi-monnaie en monnaie, un échange de papier contre un autre, ou encore une baisse des taux (tout à fait conventionnelle). De fait, le rachat d’obligations par cette monnaie créée ex nihilo en centaines de milliards d’euros n’engendre aucune inflation des prix à la consommation. En revanche, cela nourrit l’envolée des prix des actifs financiers. En effet, puisque la Banque centrale européenne rachète des actifs (les obligations), ils deviennent ainsi de plus en plus rares, et ce qui est rare est cher.

Et la planche à billets ?

Elle a été démembrée et ne fonctionne plus que très faiblement ! En effet, la planche à billets résulte de la combinaison de l’impression de bons du Trésor par l’État (planche à bons) avec leur rachat par les billets de banque que la Banque centrale imprime (Quantitative Easing). Avec la limitation du déficit budgétaire des États, la planche à billets est donc tout autant limitée. C’est pourtant un moyen particulièrement simple de créer l’inflation recherchée en temps de crise déflationniste. Mais tous les pays de la zone Euro ne partagent pas les mêmes objectifs…

A lire aussi :

  1. Est ce que l’auteur simplifie à l’extrême ou manipule ses explications ?

    L’argent dette créé par les banques n’est limité en ce moment que parce que les capacités des banques sont en grande partie monopolisée par les marchés obligataires : pourquoi une banque s’amuserait à prêter à des particuliers ou à des entreprises risquées alors que les États pompent sans cesse des obligations à très faible risque ?

    En supprimant le risque, on a supprimé l’agilité et donc la croissance.

    Les obligations d’Etat sont couvertes par l’émissions de nouvelles obligations quand elles arrivent à échéance. C’est exactement l’inverse d’une bulle qui créée un volume monétaire : cette spirale détruit de la monnaie on fine parce que les valeurs obligataires diminuent. Ce trou noir avale de la monnaie plutôt que de la créer. Il est donc faux de dire que les États créent de la monnaie via des obligations : ils créent temporairement des liquidités mais in fine détruisent de l’argent.

    Il en est de même pour le QE : à taux positif, une banque centrale détruit de la monnaie à terme.

    En fait, le système actuel crée de la monnaie et la reprend en en détruisant une partie à terme échu, il détruit donc la monnaie, d’où la tendance déflationniste globale.

    1. hum … il n’y a pas de différence entre liquidité et argent, c’est strictement la même chose. Donc votre formule
      « ils créent temporairement des liquidités mais in fine détruisent de l’argent. » doit se lire
      « ils créent temporairement de l’argent mais in fine détruisent de l’argent. »
      C’est possible, mais si ce n’était que ça ce ne serait pas grave. Ce qui est grave, c’est que
      « ils créent temporairement de l’argent mais in fine détruisent de la RICHESSE ».
      Il n’y a, hélas, pas de tendance déflationniste globale. J’écris bien « hélas », parce que comme « CitoyensDebout » le fait justement remarquer plus bas, la déflation marquerait le fait que la quantité de richesse représenté par l’argent augmenterait plus vite que la quantité d’argent en circulation, c’est à dire qu’elle signerait une forte croissance, vu comme la quantité d’argent en circulation s’accroit. Hélas …

      1. Ils ne créent pas de l’argent, mais des obligations, qui pendant leur durée de vie sont troquées contre de l’argent (d’où mon terme de liquidités). A la fin de leur vie, leur rachat est financé par l’émission d’autres obligations, qui sont elles d’un rendement moindre, d’où la disparition de monnaie. Une obligation des années 80 à 18% n’a rien à voir avec les bons actuels à 1% ….

        En fait, cela devrait se stabiliser avec une inflation quasi nulle et des taux réels quasi nuls, mais le monde est parti de très loin : il a fallu les années 80 pour que les USA et les Anglais avec Reagan et Thatcher (puis les Européens) mettent en place une vraie politique monétaire découplée des politiques budgétaires.

        Et encore, avec les farfelus qui raisonnent encore comme au XIX°, on n’est pas sauvé d’un retour à la monnaie or ou aux devises nationales. Vu les gains énormes de productivités que l’économie a opéré depuis les années 80, le retour à une monnaie limitée serait l’apocalypse total pour les économies occidentales.

        Sinon, oui il y a une énorme croissance depuis les années 1980. Sauf qu’elle ne se voit pas en France pour plein de raisons.

        La première est que les taxes n’ont fait qu’augmenter, la part de l’Etat dans le PIB, ce qui détruit de la richesse (l’Etat ne fait que créer des gains de productivité, il ne développe aucun nouveau marché, ni aucune valeur ajoutée).

        La seconde est que l’on éponge à peine maintenant les gabegies des années 80 à 2000 financées avec des taux hallucinants qui commencent à peine à sortir du circuit.

        La troisième est que les politiques non monétaristes des apprentis sorciers qui ont essayé avant 2008 de faire des politiques de relance Keynésiennes ont créé des trous noir énormes qui commencent à peine à se résorber.

        La quatrième est que la création de richesse est avant tout mondiale et que nous n’en voyons qu’une toute petite partie.

        La cinquième est que notre déficit du commerce extérieur nous en mange une énorme partie.

        Et la sixième est surtout que l’on se coltine toujours des professionnels de la politique et des économistes gauchistes qui n’y comprennent absolument rien à l’économie libérale. Hallucinant par exemple que les gens n’ont toujours pas compris que quand une banque centrale émet à taux positif, ca détruit de la monnaie à terme (je vous prête 100, un an plus tard, vous me rendez 110, tient il y en a 10 de plus … qui viennent d’où au fait ?) et donc si ca crée de l’inflation au moment du prêt (et encore, ca dépend si la BC émet plus de prêts que ceux qui viennent à terme), ca fait de la déflation à terme.

        1. Non, l’argent correspondant aux intérêts ne disparaît pas et ne crée pas de déflation. Il ne faut pas confondre les stocks (comptes bancaires, dettes) avec les flux (salaires, intérêts) qui ne font que circuler

          1. Les choses sont toujours « plus compliqué que ça », mais en première approximation, pour un prêt fait par la banque centrale, si , « l’argent correspondant aux intérêts » disparait puisqu’il retourne à la banque centrale, qui peut le détruire.
            Et si elle fait ça, comme le reste de son bilan reste identique, et bien la valeur des billets qui restent en circulation, et qui sont moins nombreux, augmente : l’effet anti-inflationiste, ou déflationniste (c’est pareil) existe.
            Et dans le monde réel, ça marche, c’est comme ça que l’inflation a été jugulé dans les années 80.

            Bien entendu ça suppose que la banque centrale ne s’amuse pas à recréer les billets qu’elle bien de récupérer.
            Et bien entendu aussi, il peut y avoir d’autres effet inflationnistes ou déflationnistes, qui amplifieront ou contrecarreront l’action de la banque centrale. Il y aura en particulier des effets rigolos si le bilan de la banque centrale est chargé en emprunt d’état, dont la valeur de marché est très sensible et en sens inverse de l’évolution des taux de la banque centrale (si les taux baisse, les vieux bond à taux plus élevé prennent de la valeur, et inversement)

            1. Oui, ainsi que le montre le graphique : dès lors que les taux ont été au dessus de l’inflation (1982), celle ci a diminué.

              Vous pouvez aussi voir que les remontées de taux précèdent les crises : tentatives de relance à partir de 1986 -> bulle immobilière de 1990; idem en 1995 -> bulle internet, idem en 2005 -> bulle en 2008

  2. À propos de la planche à billet :
    « C’est pourtant un moyen particulièrement simple de créer l’inflation recherchée en temps de crise déflationniste. »

    C’est le discours classique des virtuoses de la rhétorique économique pour justifier le fonctionnement bancaire imbécile qui fait crever le monde depuis des décennies, et c’est un mensonge. L’inflation ou la déflation provient de l’écart entre la quantité de monnaie en circulation et les richesses qu’elles représentent. S’il y a plus de monnaie de de richesses, alors les prix montent pour compenser l’écart, et baissent dans l’autre sens, c’est de la logique élémentaire.

    Mais bien entendu, cette thèse est réfutée par ceux qui considèrent que l’argent est une fin en soi qui a une valeur au même titre qu’un steak chez le boucher ou une automobile chez un concessionnaire, ce qui n’a absolument aucun sens.

    Voir http://citoyensdebout.org/2015/07/monnaie-comment-ca-marche/

    1. ce que vous dites est assez juste, il est donc dommage d’en saper la crédibilité avec des nom d’oiseaux qui n’apportent rien.

      Et puis ce qui est cause, c’est justement l’équilibrage entre la quantité de monnaie et les richesses qu’elle représente : l’équilibre des pouvoirs entre ceux qui détiennent et produisent les richesses d’une part, l’argent d’autre part, et surtout, surtout, ceux qui tiennent la balance.

  3. elle crédite instantanément votre compte de 3 000 euros. L’actif de la banque augmente de 3 000 euros (votre reconnaissance de dette) et son passif de 3 000 euros (votre dépôt fraîchement crédité ex nihilo).

    ben oui, et alors?
    la banque a une reconnaissance de dette, qui est un actif, et elle inscrit le montant dans ses comptes d’actif
    et elle crée une ligne de compte à votre nom au passif, car, jusque là elle vous doit cette somme.
    Si demain vous déposez 3000 euros à la banque, elle va créditer son compte d’actifs circulants, 3000 euros, à une rubrique à votre nom, et elle va créer une ligne de compte de passif qui acte qu’elle vous doit cette somme

    pouvez-vous retirer de l’argent du compte de passif?
    évidemment non, le seul endroit où de l’argent circule est le compte financier qui est à l’actif.
    Donc, la formule, la banque inscrit votre créance à l’actif, et vous crédite de la somme au passif est fausse du point de vue comptable.

    1. En face de chaque écriture du compte de bilan, il y a normalement une écriture équivalente au compte de résultat, ce qui n’est pas le cas pour une banque qui fabrique donc cet argent.

      C’est un peu (à l’envers) comme si une entreprise émettait des factures sans mettre en face une production. La monnaie est sensé permettre un échange de production entre une entité et une autre (ce qui est le cas avec une banque fonctionnant en monnaie pleine, la monnaie étant alors un bien) pas être créée ex-nihilo dans une comptabilité qui n’est pas équilibrée (à part le montant ridicule de réserve fractionnaire qui a même étéit réduit à zéro dans certains pays)

      Il y a une énorme embrouille sur ce sujet : le modèle actuel est à mi chemin entre deux visions libérales opposées (celle autrichienne de la monnaie « bien » et celle de Chicago de la monnaie « unité ») et en fait complétement manipulée par le capitalisme de connivence, ce qui permet aux socialistes de hurler que le problème est dû au méchant ultra-turbo-néo-libéralisme.

      1. En face de chaque écriture du compte de bilan, il y a normalement une écriture équivalente au compte de résultat, ce qui n’est pas le cas pour une banque qui fabrique donc cet argent.
        laissez donc le compte de résultat en paix à ce stade

        et que je sache, mais on ne nous fdit pas tout, une banque est soumise aux mêmes contraintes comptables que toute société

        1. Non les banques ne sont pas soumises aux mêmes contraintes que toute société.

          Aucune entreprise ne peut mettre un titre qui provient de sa comptabilité dans son actif.

          Essayez d’imprimer 1 000 000 d’euros de factures la veille de votre clôture de bilan et de les mettre dans votre actif, vous allez voir la tête de votre comptable. Et juste pour rigoler complétement, allez ensuite voir votre banquier avec votre bilan, pour qu’il vous autorise un découvert de 1 M d’euros sur ces factures.

          Ben une banque : elle peut faire cela, à partir du moment où elle a 5% de la somme en réserve, ce que clairement aucune entreprise ne peut faire.

          1. n’importe quoi

            comme si vous inscrivez une facture à l’actif d’un bilan
            et que vient faire une facture dans l’octroi d’un prêt?

            avez-vous déjà lu et compris un bilan?

            1. Donc vous vous inscrivez des créances à l’actif et moi je n’ai pas le droit ?

              Expliquez moi la différence entre une reconnaissance de dette et une facture d’un point de vue comptable (à part les comptes d’imputation) : les deux établissent des créances qui matérialisent une dette du débiteur (l’emprunteur ou le client) envers le créancier (la banque ou l’entreprise)

              La différence est comme je l’ai dit plus haut, que dans la comptabilité d’entreprise, la facture se porte sur une production, alors que pour la banque elle se porte … sur de la création monétaire.

              1. « Expliquez moi la différence entre une reconnaissance de dette et une facture d’un point de vue comptable »
                Facile :
                Quand vous faites une facture, VOUS dites que le client vous doit. Ça n’engage que vous, et comme vous dites, vous pouvez mettre 1 million d’euros si ça vous chante…
                Quand vous avez une reconnaissance de dette, c’est le débiteur qui dit lui-même qu’il vous doit. Ça l’engage, et il est fortement déconseillé pour lui d’écrire n’importe quoi …
                Il est bien clair qu’une facture n’a rien à faire au bilan, par contre une reconnaissance de dettes, il y a des lignes pour ça, aussi bien pour les entreprises non bancaire que pour les banques : la nature de la production n’a aucune espèce d’importance.

                1. Absolument et totalement faux : vous ne pouvez pas émettre de factures de votre propre chef, ça s’appelle des fausses factures.

                  Les deux sont des créances. Un client a donné son accord à la facturation (bon de commande, contrat…) autant qu’il a donné son accord pour une reconnaissance de dette, c’est exactement la même chose d’un point de vue comptable et légal (sauf qu’avec la justice Française, histoire de faire simple, cela n’est pas géré par les mêmes juridictions)

                  La seule différence est que pour une facture, vous devez être en mesure de prouver que vous avez produit ce qui correspond à la créance, alors que pour la reconnaissance de dette d’une banque, vous n’avez absolument rien à prouver, à part l’inscription comptable et le respect des lois correspondant aux modalités de prêt, dont l’usure, les garanties de risques et les réserves fractionnaires.

    2. Je ne vois pas la moindre contradiction entre ce que vous dites, la formule citée, et mes (modestes) notions comptables
      Il n’y a, en toute rigueur, que les mot « ex nihilo » qui sont de trop : la somme portée au crédit du client ne sort pas du néant, elle est l’exacte contrepartie de la créance égale et opposée qu’il a déposé à la banque.

      pouvez-vous retirer de l’argent du compte de passif?
      évidemment non pas directement puisque le seul endroit où de l’argent circule est le compte financier qui est à l’actif, mais indirectement évidemment oui : il suffit de passer par un DAB ou au guichet, la banque réduira son actif de la somme d’argent retirée, et en contrepartie réduira votre compte créditeur, à son passif, des sommes qu’elle ne vous doit plus.

      1. mais indirectement évidemment oui : il suffit de passer par un DAB ou au guichet, la banque réduira son actif de la somme d’argent retirée, et en contrepartie réduira votre compte créditeur, à son passif, des sommes qu’elle ne vous doit plus.

        je en sais pas ce que vous appelez un DAB, mais au guichet, que je sache, ce n’est pas de l’argent créé, mais bien de l’argent inscrit au compte financier de la banque
        il n’y a pas ici de création monétaire,
        et comme vous le dites très bien, la banque va réduire son actif, en vous versant l’argent prêté, cela au travers d’un compte financier,
        si ce compte est vide, elle ne pourra vous payer, ni créer une somme à ce moment

        1. Distributeur Automatique de Billets. DAB.
          Effectivement si la banque n’a plus de billets, et plus de moyens d’en obtenir parce que son compte financier reste désespérément vide, il va y avoir un problème…
          Du coup je crois comprendre mieux le sens de votre remarque : la banque ne peut pas imprimer elle-même des billets de la BCE, même avec un bon collatéral, et en ce sens elle ne crée pas d’argent (entendu comme ce type précis de billets).
          C’est sûr.
          Mais personne n’a dit le contraire, que je sache.
          Tant que la BCE accepte de fournir autant de billets que les banques en demandent (et la BCE le fait, et a dit qu’elle le ferait)…

          1. Tant que la BCE accepte de fournir autant de billets que les banques en demandent (et la BCE le fait, et a dit qu’elle le ferait)…

            c’est donc le BCE qui crée la monnaie

            j’ai déjà à de nombreuses reprises expliqué que la banque ne crée pas de monnaie, et un moyen tout simple de le prouver, est que jusqu’ici, personne n’a été capable de montrer le jeu d’écritures qui créeraient la monnaie.(je reste cependant très intéressé….)
            Le diable est dans les détails, et une fois que l’on examine les détails, la phrase habituelle

            elle crédite instantanément votre compte de 3 000 euros. L’actif de la banque augmente de 3 000 euros (votre reconnaissance de dette) et son passif de 3 000 euros (votre dépôt fraîchement crédité ex nihilo).

            révèle la supercherie

            Si une banque créait la monnaie, elle ne ferait jamais faillite

            1. La banque crée de la monnaie pour ses clients, pas pour elle-même. Donc ça ne l’empêche en rien de faire faillite.

              1. quelle serzait selon vous la loi qui permet à labanque de créer de la monnaie pour ses clients, et qui lui interdirait de créer de la monnaie à son propre usage?

                1. Comme pour toute entreprise, la banque se doit de présenter des comptes et bilans « sincères », qui sont contrôlés par les experts-comptables, commissaires aux comptes, etc. Les faux et usages de faux mènent à la prison…

                  Concrètement, l’argent créé est crédité sur le compte du client en contrepartie du prêt accordé qu’il devra rembourser. Le client ne s’enrichit donc pas vraiment.
                  La banque n’a pas le droit de se prêter à elle-même, mais elle peut facilement acheter des actifs en empruntant, ce qui revient au-même. Elle n’est pas vraiment limité par son pouvoir d’achat, mais par les risques qu’elle prend.

                  1. décidément

                    on vient de vous expliquer que le fait d’inscrire une somme au passif d’un bilan ne crée aucunement de la monnaie

                    1. vous êtes bloqué sur une définition restrictive de la monnaie : l’argent-base de la BCE, l’agrégat M0, et encore, même pas en entier.
                      Tant que vous refuserez d’admettre que le reste de M0 (les lignes « crédits » de la BCE), M1, M2, M3 et même M4 sont AUSSI de la monnaie, on en restera à des désaccords sans intérêt parce que purement sémantique.

                2. Il n’y a peut-être pas de loi « qui lui interdirait de créer de la monnaie à son propre usage », mais comme il n’y a aucune loi qui obligent les autres à accepter cette monnaie, ça ne peut pas aller bien loin dans l’abus, et ça ne peut pas empêcher la faillite si celle-ci devait arriver

            2. Une banque ne crée pas « la » monnaie (euros de la BCE), mais elle crée « sa » monnaie : les comptes créditeurs des clients sont bien de la monnaie. Vous pouvez payer avec, et c’est bien ce que vous faites à chaque fois que vous payez en carte bleue ou en chèque. Et le volume de monnaie correspondant est sans limite.
              Pour être tout à fait précis, et selon le même principe, la banque est moins une créatrice de monnaie qu’une agence de change qui accepte la monnaie apportée voire créée par le client (le titre de créance qui justifie qu’une somme soit portée en crédit du client, qui peut être un peu n’importe quoi : euros, obligations, actions, effet de commerce, engagement hypothécaire …) et la change en sa monnaie propre.

              Là où vous avez raison, c’est qu’il y a bien une supercherie : faire passer la monnaie d’une banque pour de la monnaie officielle, des euros BCE. La BCE est complice de cette supercherie puisqu’elle accepte de traiter sur la base d’une stricte équivalence, d’un taux de change 1:1, et par suite toutes les autres banques font pareille aussi. En temps normal. Quand l’affaire vire à la chypriote, le système change sa règle et le client trinque : il croyait posséder des euros-BCE, il découvre qu’il n’a que des euros-banque-chypriote qui valent bien moins.

              Créer sa propre monnaie n’empêche pas de faire faillite (Cf. l’exemple des états émetteurs de leur propre billets, et qui font banqueroute quand même)

              1. je crois qu’il y a une confusion dans les esprits ,et que le fait de mal maitriser les règles comptables permet de fantasmer sans limites

                vous écrivez

                mais elle crée « sa » monnaie : les comptes créditeurs des clients sont bien de la monnaie. Vous pouvez payer avec, et c’est bien ce que vous faites à chaque fois que vous payez en carte bleue ou en chèque. Et le volume de monnaie correspondant est sans limite.

                ben non, les comptes créditeurs des clients(qui ont déposé de la monnaie bien réelle, ne sont pas de la monnaie, mais juste une reconnaissance dans ses livres qu’elle vous doit cet argent, et elle vous remet un « extrait de compte » qui vous donne un état de la somme ,qui est dans les comptes financiers de la banque,que vous pouvez utiliser ou réclamer.
                imaginons une banque en formation
                elle dispose de 1000 euros de capital apporté.
                vous déposez 500 euros, et vous faites immédiatement un chèque de 5000 euros
                croyez-vous que la banque va payer,

                la seule possibilité d’encaisser ou de « sortir » des fonds pour une société ser réalise par l’utilisation des comptes d’actifs circulants du compte financier .

                et vous ne pouvez en aucune façon alimenter artificiellement ce compte, cela se fait soit par apports, ou par encaissements.

                si vous apportez autre chose que de la monnaie à une société, cela figurera certes à l’actif, et au passif à votre débit, mais en aucun cas, la somme inscrite, qui représente la valeur de l’actif, ne sera comptabilisé au financier, sauf si la société vend cet actif, et encaisse la contre valeur.

                et il n’y a pas de monnaie parallèle,
                la banque qui est incapable de faire face aux débit des sommes dues à ses clients, et qui est incapable d’emprunter à ses consoeurs car ses garanties en actifs ont fondu, fait faillite, ou bien, elle ne rembourse qu’en partie,comme c’est la règle en cas de faillite.

                Ce système est un formidable moteur de croissance, car cela permet de mobiliser en permanence l’argent qui figure sur vos comptes( à votre insu,mais avec votre consentement tacite, car vous acceptez une rémunération pour cela )du moins, dans certaines limites prudentielles, dont on peut discuter.

                Les bonds d’état, qui peuvent être souscrits par tout un chacun, particulier,fonds de placements, caisses de retraites, assurances vie, banques bien entendu, ne participent pas à la création monétaire, puisque l’acheteur paie avec du « vrai argent »
                En principe , l’état ne fait pas faillite, il n’y aura donc pas non plus destruction de valeur.Quand la BCE rachète les bonds d’état, cette fois, elle émet de la monnaie, qui va gonfler la masse monétaire, ce qu’elle fait également quand elle prête aux banques, mais ici, il n’y a pas d’anticipation de valeur, il y a augmentation de la masse monétaire,

                1. Vous opposez des choses qui sont en réalité parfaitement compatibles.
                  Les comptes créditeurs des clients sont effectivement « juste une reconnaissance dans ses livres qu’elle vous doit cet argent ». [Notez quand même accessoirement que cet « argent » n’est pas forcément de l’argent, vous n’avez pas besoin de déposer 100 000 € de billets pour avoir cette somme sur votre compte, il vous suffit de faire un dépôt de n’importe quel bien de valeur idoine : actions, obligation, hypothèque …]
                  Et c’est justement PARCE QUE ce sont des reconnaissance de dette, et rien d’autre, que ces comptes constitue de la monnaie : une monnaie n’est rien d’autre qu’un titre de dettes « au porteur », et tout titre de dette échangeable facilement, et c’est le cas des comptes dont on parle ! peut jouer le rôle de monnaie, si les gens l’acceptent (ils ne sont pas obligés : le paiement par CB reste facultatif)
                  Il vous faut des preuves ?
                  1) tout utilisateur de carte bleue paye bel et bien avec ça et rien d’autre. Les commerçants sont-ils donc fous, en faillite, depuis le temps que ça dure et même se développe ?
                  2) les paiements par CB ne sont jamais que des transfert de compte de crédits de la banque du payeur : au lieu de devoir la somme au payeur, elle la doit maintenant au payé si il est client chez elle ou à la banque du payé dans le cas contraire, mais la somme due reste parfaitement identique. Ces paiement ne la mettront jamais la banque en faillite , tout ce qu’ils peuvent faire, c’est révéler une faillite préexistante en transférant la dette à un créditeur qui exigerait d’être payé sur l’heure sonnant et trébuchant.
                  2) Le dernier fantasme à la mode, la « société sans cash », n’est pas du tout une « société sans monnaie », comme ça serait le cas si vous aviez raison.
                  Par contre, évidemment, cette monnaie n’est pas exactement la même que les euros de la BCE, ce que vous appelez « vrai argent » plus bas — ce qui revient à admettre qu’il existe un autre argent qui serait moins « vrai » mais qui serait quand même de l’argent –, bien que la différence n’apparaisse que quant les choses commencent à foirer. C’est probablement ce qui rend la chose difficile à voir et à comprendre, même pour vous qui connaissez la comptabilité, il me semble.

                  « vous déposez 500 euros, et vous faites immédiatement un chèque de 5000 euros
                  croyez-vous que la banque va payer »
                  Mauvais exemple : manifestement votre opération viole l’égalité nécessaire de l’actif et du passif.
                  Si vous voulez prouver quoi que ce soit, commencez par respecter les principes de base, et si vous faites ça, l’opération ne sera plus impossible (quand à savoir si la banque l’acceptera pour autant, c’est une autre question …)

                  « Les bonds d’état, […]ne participent pas à la création monétaire » Oh que si : ils sont dans l’agrégat monétaire M4, c’est officiel.
                  « puisque l’acheteur paie avec du « vrai argent »  » Oh que non : l’acheteur peut payer pour des bonds d’état avec à peu près n’importe quoi, y compris son compte bancaire créditeur.
                  Le cas des nationalisation de 1981 est emblématique : L’état a payé les actions avec des bonds. Ce qui veut bien dire, d’une part que les bonds sont de la monnaie, qui peut servir à payer des choses, d’autre part que l’État accepte, voire exige, qu’on lui achète ses bonds avec autre chose que de l’argent –en l’occurrence des actions d’entreprises.

                  1. vous écrivez

                    [Notez quand même accessoirement que cet « argent » n’est pas forcément de l’argent, vous n’avez pas besoin de déposer 100 000 € de billets pour avoir cette somme sur votre compte, il vous suffit de faire un dépôt de n’importe quel bien de valeur idoine : actions, obligation, hypothèque …]

                    où diable avez-vous vu cela?

                    si vous déposez des actions sur le comptoir de la banque, elle va peut-être vous les acheter, c-a-d les convertir en monnaie, et puis vous les déposerez sur votre compte

                    Et c’est justement PARCE QUE ce sont des reconnaissance de dette, et rien d’autre, que ces comptes constitue de la monnaie

                    diable, vous devriez réécrire les règles de compta.

                    une fois encore, mais parfois je me demande, l’argent est sur le compte fiancier, c’est pour cela que l’on appelle cela des actifs circulants, cela dit bien ce que cela veut dire
                    ce n’est pas parce que vous écrivez une somme sur un compte que cela constitue de l’argent

                    le cas de la carte bancaire, du chèque, de l’effet, de la traite ne change rien au fait que c’est de l’argent « circulant, qui transite d’un compte à un autre,l’avantage, c’est que la banque a le prvilège d’effectuer la régulation des comptes, sinon, vous devriez prendre votre vélo pour encaisser l’effet que vous avez accepté

                    Si vous voulez prouver quoi que ce soit, commencez par respecter les principes de base, et si vous faites ça, l’opération ne sera plus impossible (quand à savoir si la banque l’acceptera pour autant, c’est une autre question
                    ah vraiment?
                    expliquez-moi donc comment la banque qui a 1500 euros sur ses comptes financiers va payer 5000 euros, ?

                    l’acheteur peut payer pour des bonds d’état avec à peu près n’importe quoi, y compris son compte bancaire créditeur.

                    d’accord, j’ai une réserve de fixe chaussettes, je vais tenter le coup… cela devient n’importe quoi

                    l’État accepte, voire exige, qu’on lui achète ses bonds avec autre chose que de l’argent –en l’occurrence des actions d’entreprises.

                    c’est curieux, j’ai une mauvaise impression que vous vous fichez de moi?

                    1. Je vais vois que c’est inutile, je vais la faire courte :

                      http://www.contrepoints.org/2016/02/22/239812-3-manieres-de-creer-de-largent#comment-1199801

                      « expliquez-moi donc comment la banque qui a 1500 euros sur ses comptes financiers va payer 5000 euros, ? »
                      expliquez d’abord comment la banque n’a que 1500 euros sur ces comptes et aucune possibilité de les alimenter: votre prétendu exemple n’est basé que sur la violation des règles comptable de base. Si vous aviez respecter ces règle, la banque aurait des actifs qu’elle pourrait vendre ou mettre en pension pour alimenter ces comptes financiers et votre problème n’en serait pas un.
                      Mais on en revient toujours à mon commentaire cité plus haut.

                    2. expliquez d’abord comment la banque n’a que 1500 euros sur ces comptes et aucune possibilité de les alimenter: votre prétendu exemple n’est basé que sur la violation des règles comptable de base.

                      pas étonnant que cette légende urbaine perdure

                      elle dispose de 1000 euros de capital apporté.
                      dans cet exemple ,la banque vient d’être fondée, au capital de 1000 euros, qui ont été déposés à son compte financier
                      vous déposez 500 euros, et vous faites immédiatement un chèque de 5000 euros

                      voulez-vous que je vous élabore le bilan, dans ce cas de figure?
                      et cela ne va nullement violer les règles comptables, que du contraire.

                      le respect des règles comptables n’apporte rien

                      sinon, écrivez donc les écritures comptables que la banque va enregistrer dans ses livres lors de l’octroi d’un prêt, et montrez nous où se crée la monnaie

                    3. « pas étonnant que cette légende urbaine perdure »
                      Mais quelle légende urbaine ? ? ?
                      Que la monnaie se décompose agrégats M0 (en argent base (billet et pièces) + ligne de crédits de la BC), M1, M2, M3 et M4, c’est une légende urbaine ?
                      http://www.contrepoints.org/2016/02/22/239812-3-manieres-de-creer-de-largent#comment-1199801

                      Et quelle sorte de banque, qu’elle ait 1 milliard ou 1 € a son compte financier, va accepter de payer un chèque de 5000 € fait par un client qui n’a que 500 € sur son compte ? C’est absurde.
                      Elle ne fera ça que si elle lui fait un prêt, et elle ne fera un prêt que si le client lui donne des garanties solides, monnayables, qui s’inscrivent au bilan et qui permettront à la banque de trouver les billets de banques nécessaires le cas échéant. Et même si ces conditions sont réunies, et bien elle refusera peut-être quand même le prêt.

                      Si vous voulez un cours sur « les écritures comptables que la banque va enregistrer dans ses livres lors de l’octroi d’un prêt, [pour montrer] où se crée la monnaie », il y en a plein partout, et l’auteur donne deux liens dans sa phrase « La Réserve Fédérale américaine explique en détails pourquoi ici et la Banque d’Angleterre là. » Maintenant si vous pensez en savoir plus sur la comptabilité bancaire et la création monétaire que ces deux banques centrales, je ne peux plus rien.

                    4. Elle ne fera ça que si elle lui fait un prêt, et elle ne fera un prêt que si le client lui donne des garanties solides, monnayables, qui s’inscrivent au bilan… et vous me conseillez de prendre des cours de compta, cela devient rigolo

                      mais je constate que vous me renvoyez vers des sites, mais que, et cela devrait être simple et lumineux, vous êtes incapable de donner ces écritures,et pour cause, car vous ne trouverez nulle part dans un bilan d’une banque, une rubrique:argent créé, et argent détruit

                      mais si cela vous chante de croire, …

                    5. Je ne vous conseille pas de prendre des cours de compta, je vous rappelle juste, pour la 4ème ou 5ème fois, et en vous renvoyant vers de la documentation qui explique tout ça y compris dans ses aspects comptables, ce que disent TOUS les théoriciens et TOUS les praticiens de la monnaie, y compris les banquiers centraux :
                      la monnaie, ça ne se limite pas aux pièces et billets, ça inclus aussi les « dépôts à vue », composante de l’agrégat monétaire M1. Et même M2, et M3, et M4
                      A ce stade des opérations, après que je l’ai répété N fois, et que vous soyez systématiquement passer à coté malgré mes coups de projecteurs (vous relancez toujours sur d’autres question, jamais sur celle-là), je ne vois pas ce que je peux faire de plus pour vous. A partir du moment où vous avez décidé de refuser de comprendre, vous expliquer ne sert à rien.

                      « vous ne trouverez nulle part dans un bilan d’une banque, une rubrique:argent créé, et argent détruit »
                      Mais si, justement, elle est là, sous vos yeux, la rubrique « argent créé » : c’est la ligne « créditeur » de votre compte en banque. Car, pour la N+1ème fois : les dépôts à vus sont une composante de l’agrégat monétaire M1 qui EST de la monnaie. La preuve : vous payez avec, à chaque fois que vous payez en CB ou par virement ; alors à moins que les commerçants soient tous des idiots qui acceptent d’être payé avec … avec quoi d’ailleurs ? si d’après vous ce n’est pas de la monnaie, c’est quoi, ce truc qui sert à payer aussi bien que la monnaie, qui sert de réserve de valeur aussi que la monnaie, mais qui ne serait pas de la monnaie ?
                      Vous êtes Chuck Norris ?
                      Parce que si ça à la texture du poulet et le gout du poulet, je vous dirait que c’est du poulet ; sauf si Chuck Norris a dit que c’était pas du poulet.

                    6. toujours le même blabla

                      et l’argent qui est sur les comptes à vue des déposants ,ben ,c’est de l’argent créé,tout va bien

                      vous ne comprenez rien à la compta, et encore moins à la tenue d’un bilan

                      lisez le post plus bas sur un exemple concret soulevé par Stéphane

                      ce que vous ne voulez pas vous comprendre, c’est que votre extrait de compte n’est en rien représentatif de l’argent qui est dans les comptes financiers de la banque, mais bien un engagement de celle-ci d’effectuer vos opérations jusqu’à concurrence de la somme indiquée, ou bien de vous rembourser.
                      Mais votre argent, il est « ailleurs », et tous les jours, la banque maintient l’équilibre entre ce qui est nécessaire à cette régulation, étant entendu qu’elle ne peut prêter au delà d’un pourcentage de ses fonds propres

                      Bon,,à ce stade, je n’insiste pas.
                      Revenez avec l’écriture magique qui crée la monnaie
                      en tout cas, tout ceci est parti d’une proposition fausse, que les banques créent la monnaie par une inscription au passif en regard d’un prêt.
                      dès que vous avez trouvé une autre proposition, n’hésitez pas

                    7. « ce que vous ne voulez pas vous comprendre,  » c’est que j’ai parfaitement compris « que votre extrait de compte n’est en rien représentatif de l’argent qui est dans les comptes financiers de la banque, mais bien un engagement de celle-ci d’effectuer vos opérations jusqu’à concurrence de la somme indiquée, ou bien de vous rembourser. »
                      Je le répète moi-même assez souvent à d’autres… Et même à vous : vous ne devriez pas écrire que « Mais votre argent, il est « ailleurs »,  » : parce que ce n’est plus « mon » argent, c’est devenu celui de la banque qui en a fait ce qu’elle a voulu, si tant ai d’ailleurs que ça ait été de l’argent au départ, ça peut aussi bien provenir d’un prêt…
                      C’est vous qui vous obstinez à ne pas comprendre que cette remarque, pour juste qu’elle soit, est sans incidence sur la réalité, admise par tous le monde, et surtout utilisée par tous le monde ( je ne vous sors pas un argument d’autorité ou de popularité, je vous prouve par la pratique, comme le mouvement a pu être prouvé en marchant), du plus modeste consommateur à la BCE en passant par tous les commerçants et tous les comptables (à part vous ?) que
                      LES DÉPÔTS A VUE SONT DANS L’AGRÉGAT MONÉTAIRE M1, ILS SONT DE LA MONNAIE.

                      « tout ceci est parti d’une proposition fausse, que les banques créent la monnaie par une inscription au passif en regard d’un prêt. »
                      ABSURDE.
                      Personne, nulle part et notamment pas sur ce fil, n’a écrit que « les banques créent LA monnaie », si « la monnaie » est comprise au sens des pièces et billets de la BCE.
                      Ce qui a été écrit, et c’est une proposition EXACTE, c’est que « créent DE LA monnaie par une inscription au passif en regard d’un prêt. ». « de la monnaie », c’est à dire des instruments financiers qui sert de réserve de valeur et de moyen de paiement, et que la BCE elle-même accepte en échange de ses propres billets avec une parité 1:1 et avec moins de formalité qu’elle accepte des dollars ou livres sterling. « De la monnaie », pas des pièces, pas des billets, juste : « de la monnaie ».

                    8. blablablabla

                      prenez un cas concret, écrivez les enregistrements comptables, et dites moi où s’est créée la monnaie

                      bonne chance

                    9. non mais vous vous fichez de moi ? vous lisez ce que j’ai écrit ? vous avez lu les liens donnez dans l’article ?
                      Il faut vous l’écrire combien de fois ? C’est quoi, votre problème ? où est-ce que votre cerveau fait « tilt » ?
                      OK, allons y pour le débogage pas à pas… :
                      étape 1 :
                      Pour la N+Pème fois,
                      LES DÉPÔTS A VUE SONT DANS LA MASSE MONÉTAIRE, DANS L’AGRÉGAT MONÉTAIRE M1, ILS SONT DE LA MONNAIE.
                      est-ce que déjà, ça, c’est clair pour vous ?

            3. Non, vous n’avez pas compris le mécanisme.

              Quand la banque a besoin d’argent, elle l’achète sur le marché interbancaire, c’est à dire en s’endettant auprès des autres banques. Les banques se prêtent l’une l’autre.

              Mr Dupont fait un prêt auprès de la banque A pour acheter une voiture à Mr Durand. Il fait un chèque qu’il remet à Mr Durand qui le dépose sur sa banque B. La banque B présente le chèque à la banque A.

              Trois cas :

              – les banques A et B sont les mêmes : le bilan de la banque vient de se créditer du montant du prêt.
              – les banques A et B ont chacune un client qui fait un prêt et vend une voiture : les deux bilans se créditent.
              – dernier cas, la banque A doit de l’argent auprès de la banque B. La banque A se renfloue sur le marché interbancaire en empruntant. Le taux du prêts est « capé » par le taux de la BCE : si personne ne prête, la banque se retourne vers la BC.

              Un banque fait « faillite » quand la BC ne peut plus lui prêter, parce qu’elle ne remplit pas les conditions attendues en terme de réserve, de fonds propres, ou quand aucune autre banque ne veux plus prêter, elle est alors incapable de répondre au chèque que Mr Dupont a fait et qui se trouve en possession de la banque B.

              1. bien sur, la banque va emprunter de préférence, de l’argent chez ses concurrents alors qu’elle a sur ses comptes l’argent de ses clients et qu’en plus, elle rémunère ces dépots, plus ou moins suivant la longévité d’immobilisation.

                bien sur, si elle manque de liquidités, elle va aller sur le marché interbancaire, mais elle utilise d’abord les fonds qui sont sur ses comptes.

                seules quelques banques de référence peuvent emprunter à la BCE

                et bien entendu, il n’ya a à aucun niveau de la banque de création monétaire

                1. Vous n’avez toujours pas compris le mécanisme.

                  Dans le cas 1, il y a clairement création monétaire : le client Dupont fait un prêt, puis un chèque qui est apporté par Durand dans la même banque.

                  Pour la banque, il n’y a aucun mouvement d’argent en dehors des livres, par contre Dupont a une dette de X et Durand un crédit de X … donc il y a maintenant 2X de monnaie en circulation, alors qu’auparavant il y avait zéro.

                  Les opérations de bilan s’annulent, mais la trésorerie elle se cumule.

                  1. vous avez une notion très particulière de la compta, et ,comme dit plus haut, cela permet à cette légende urbaine de prospérer

                    dans votre exemple, en réalité, il se passe ceci

                    dupont emprunte 1000
                    la banque a à son actif une créance de 1000, et doit cet argent à dupont, par une écriture au compte de passif de son bilan

                    le bilan de la banque présente 1000 à l’actif et 1000 au passif

                    dupont reçoit un chèque de 1000, avec lequel il paie durand.
                    la banque paie le chèque, peu importe où ce chèque est présenté.
                    elle voit donc son compte d’actif financier, diminué de 1000, ce qu’elle acte par une écriture, et son pendant au passif, l’effacement de sa dette envers dupont
                    elle a donc à son bilan à l’actif 1000 de créance et -1000 à son compte financier
                    et elle encaisse le chèque ,présenté par durand, et crédite son compte
                    elle a cette fois +1000 à son compte financier( le compte financier de la banque totalise tous les actifs circulants qu’elle détient, ses propres fonds mais aussi ceux de ses clients) et au passif, une ligne pour acter qu’elle doit cette somme à durand
                    au final( mais en compta, on ne globalise jamais les écritures, car cela pourrait dissimuler des opérations) le bilan de la banque présente
                    à l’actif une créance de 1000 tirée sur dupont
                    un solde financier neutre
                    au passif, ce qu’elle doit à durand
                    dites moi donc où se trouve la monnaie en double?

                    vous pouvez tourner cela dans tous les sens, la logique comptable ne permet pas de créer de la monnaie
                    mais si vous avez une autre interprétation comptable, n’hésitez pas, j’aime apprendre

                    1. Non, vous mélangez le bilan comptable et le bilan de la banque.

                      Un reconnaissance de dette est une créance, dans la compta elle s’impute comme une facture : sur le compte client d’un coté (le client doit à la banque) et de l’autre coté elle se ventile en taxes, intérêts et capital. Le capital est l’équivalent à la production d’une entreprise, sauf que pour une banque qui est un organisme financier, elle va dans le bilan bancaire, qui est ce dont vous parlez depuis le début et qui comptabilise toutes les opérations financières de la banque.

                      Imaginez que la banque est découpée en deux parties : une partie qui est une entreprise, qui fait du négoce d’argent que « produit » ou plutôt stocke un coffre fort.

                      La partie commerciale est soumise à un bilan comptable « normal » sauf que ces comptes de banques et de production sont réunis dans un seul élément qui lui est soumis à la comptabilité bancaire.

                      Vous faites depuis le début la confusion entre les deux visions : pour la banque « entreprise » une reconnaissance de dette est une créance, pour la banque « coffre fort » une reconnaissance de dette est un actif.

                      Ca éclaircit ?

                    2. « mais si vous avez une autre interprétation comptable, n’hésitez pas, j’aime apprendre »
                      Ben on dirait pas : quand on vous cite un document d’une banque centrale qui explique, vous vous gaussez « et vous me conseillez de prendre des cours de compta, cela devient rigolo ».
                      Bref …
                      vous avez raison sur l’exemple de Stéphane Boulots (et lui tort), un paiement par chèque dans la même banque ne change rien à la quantité de monnaie.

                      Cela étant, Vous pouvez tourner cela dans tous les sens, la logique comptable PERMET de créer de la monnaie. Et on a bien dit « créer de la monnaie », pas « frapper des pièces », je précise au cas où il passera dans le coin une tête de mule qui refuserait de comprendre que la monnaie ne se résume pas aux pièces. Un « billet » c’est déjà un pur produit de la logique comptable (quand il est imprimé dans les règles, bien sûr, c’est à dire en contrepartie d’une inscription d’une créance sérieuse, qui permet de conserver l’égalité du passif et de l’actif…). un compte bancaire créditeur aussi est un pur produit de la logique comptable.

                2. si vous affirmez que la logique comptable permet de créer de la monnaie,prouvez le,croyez-moi, je suis même acheteur de la formule magique

                  et une inscription dans un bilan, représente toujours quelque chose de tangible, même des pertes, ou des provisions de pertes,
                  à la rubrique, comptes financiers d’une société, il y a bien sur la banque, mais aussi la caisse
                  prétendez-vous que le montant inscrit au compte caisse n’a pas de réalité, ni que l’on peut aller physiquement compter les espèces?

                  juste pour le fun, et après je vous laisse à vos certitudes,

                  prenez un exemple, et indiquez les écritures qui seront enregistrées dans les livres comptables de la banque lors d’un prêt.

                  1. « si vous affirmez que la logique comptable permet de créer de la monnaie,prouvez le,croyez-moi, je suis même acheteur de la formule magique »
                    Ce n’est pas moi qui affirme, ce sont les banquiers centraux, les banquiers ordinaires, les industriels, les commerçants, leur clients. Tout le monde, vous y compris. Et ils ne se contentent pas d’affirmer, comme dans les documents mis en lien dans l’article, ils font bien plus probant : ils pratiquent, tous les jours.
                    La « formule magique » (qui n’a rien de magique…) , vous l’avez par exemple dans votre poche sous le nom de « carte bleue » : ce machin qui est l’incarnation de la logique comptable et de rien d’autre (pas la plus petite pièce, pas le moindre billet) vous permet de payer, à la satisfaction des commerçants : ils ne se font pas arnaquer, il n’y a aucune magie, ils sont bel et bien payés à chaque fois que vous l’utilisez. payés avec quoi ? avec la monnaie que représente votre compte bancaire.
                    Si cette preuve ne vous suffit pas, c’est que pour vous faire un pas ne suffit pas non plus à prouver le mouvement … êtes vous sûr d’exister ? Je suis pris d’un doute …

                    « prenez un exemple, et indiquez les écritures qui seront enregistrées dans les livres comptables de la banque lors d’un prêt.  »
                    déjà fait : vous n’avez qu’à suivre le lien dans le mot « là » dans l’article, au niveau de la phrase « La Réserve Fédérale américaine explique en détails pourquoi ici et la Banque d’Angleterre là ».

  4. je ne comprends pas comment l’achat de bons permet de creer de la monnaie… il s’agit d’un simple pret à l’état

    1. Je comprends la chose comme ça :
      A l’instant 0, il y a l’état qui a 0€ et un individu qui a 1000€. Donc il y a 1000€ au total.
      L’Etat fabrique un bon de 1000€ et le vend à l’individu.
      L’état à 1000€(le produit de la vente) et l’individu à 1000€ en bon de l’Etat. Il y a donc 2000€ donc 1000€ ont été crées.

      1. oui, et pour compléter : la BCE accepte ce type de bon sans limite, donc l’individu va voir la BCE, lui vend son bon, et reçoit 1000 €.
        Il y a maintenant 2000 € de billets qui circulent, et l’État doit 1000 € à la BCE.
        D’où les hurlement des allemands, qui savent d’expérience que ça peut très, très mal finir : une banque centrale ne devrait pas accepter des créances d’État, ni directement, ni indirectement.

    2. Ce n’est pas l’achat des bons qui crée la monnaie, c’est leur émission. toute titre de dette peut servir de monnaie si il est librement et facilement échangeable (« au porteur »). Le mot « billet » provient lui-même d’une pratique commerciale d’émission de titre de dette, la seule innovation des banques étant de leur donner une valeur normalisée et prédéterminée et … de ne payer aucun intérêt !

      1. la seule innovation des banques étant de leur donner une valeur normalisée et prédéterminée et … de ne payer aucun intérêt !

        moi je croyais que c’était l’état qui déterminait les termes des émissions de bonds?

        1. je ne parlais pas des « bonds » (d’état), mais des « billets » (de banque — ou plutôt de banque »s », du temps et des lieux où chaque banque émettait ses propres billets).

  5. Il y a une différence essentielle entre l’argent dette et les bons du trésor.
    Normalement quand la banque vous ouvre un crédit c’est qu’elle pense que vous pourrez le rembourser et la reconnaissance de dette qu’elle met à son actif est en fait le droit de vendre vos biens pour être remboursé. Il y a donc un actif bien réel en face de la monnaie créée.
    Le bon du trésor est effectivement échangeable comme une monnaie mais n’est qu’une promesse de remboursement non accompagnée de garantie. Bon courage en effet à ceux qui voudraient obliger un état à vendre des actifs réels pour payer ses dettes !
    L’argent dette est une méthode saine pour créer de la monnaie puisque la masse monétaire a une contrepartie physique qui sont des biens réels (usines, machines, immobilier, œuvres d’art…), cette création monétaire est donc sans grande influence sur le pouvoir d’achat de la monnaie. En revanche les dettes d’état peuvent s’empiler sans que les biens en garantie n’augmentent en même temps, cela fait donc augmenter la masse monétaire sans croissance de l’économie. Résultat les prix augmentent plus qu’ils ne devraient. L’augmentation 0 des prix est en fait une forte inflation car normalement les prix devraient spontanément baisser de la valeur des gains de productivité (qui est loin d’être négligeable avec le progrès technique). Notre inflation quasi nulle signifie simplement que l’état accapare les gains de productivité plutôt que de les laisser se réinvestir pour que la production puisse augmenter !

      1. Je précise encore plus simplement (je ne cherche à convaincre personne mais l’exercice m’aide à affiner ma pensée !). Je viens de produire une certaine quantité d’un bien A, un autre producteur a produit un bien B. On désire échanger nos productions. La solution passant par la monnaie est que je demande à ma banque un jeton représentant la valeur de mon bien A, la banque devient alors propriétaire de A jusqu’à ce que quelqu’un lui échange le jeton contre le bien. Avec mon jeton, je vais voir le producteur de B et je lui échange mon jeton contre sa production B. Il peut alors rendre le jeton à la banque et devenir ainsi le propriétaire de A. Au final on a bien échangé nos biens, la monnaie a été créée le temps de la transaction et a été détruite à la fin. On voit bien que la monnaie n’est qu’un médiateur dont la quantité en circulation est exactement identique aux biens en cours d’échange et qui restent propriété de la banque (à son actif) jusqu’à ce que la monnaie retourne à la banque.
        Comme je le disais plus haut, le schéma s’effondre si un des acteurs use de ses privilèges (ou de la force) pour que la banque lui fasse un crédit sans qu’en même temps la propriété d’un bien soit transférée à la banque. Une reconnaissance de dette ne vaut que par les garanties qu’apporte celui qui s’endette. S’il n’apporte pas de garantie sérieuses, le schéma traditionnel est celui de l’usurier demandant un taux d’intérêt astronomique et envoyant ses gros bras récupérer les dettes si nécessaire. Difficile à faire quand l’emprunteur est l’état !

    1. « L’argent dette est une méthode saine pour créer de la monnaie puisque la masse monétaire a une contrepartie physique qui sont des biens réels  »

      Il faut en finir avec cette rhétorique du capital : les biens n’ont aucune valeur intrinsèque : la seule valeur est celle qui se matérialise lors de l’échange. Le matérialisme est complétement antinomique de l’économie.

      L’économie est un organisme vivant, pas un rocher immuable et éternel.

      1. Ai je dit le contraire ? La seule valeur qui compte est la valeur d’échange, cela n’empêche pas ces biens d’avoir une réalité et cette valeur d’échange d’être au moins grossièrement estimée à l’avance. Et quand les biens sont utilisés comme contrepartie pour un prêt, le préteur doit anticiper le fait que si le bien doit être vendu, cela peut être à plus bas prix que ce que le vendeur espère. C’est bien pour cela qu’un banquier raisonnable ne prête pas 100% du cout d’achat d’une maison. C’est aussi pour cela qu’un taux d’intérêt est la somme d’une rémunération du préteur et d’une assurance pour le cas où l’emprunteur ferait défaut car sur un grand nombre d’emprunteurs, que ce soient des particuliers pour une maison ou des entreprises pour monter un projet, il y aura forcément quelques mauvaises surprises.

        1. Si le banquier ne prête pas à 100% d’une maison, ce n’est pas du tout pour une question de risque, vu qu’il s’assure (ou plutôt qu’il oblige le client à s’assurer et que lui même se réassure en cas de défaillance totale), c’est uniquement dans le but de récupérer plus d’actif que la contrainte de réserve fractionnaire et de ne pas se trouver en défaut par accumulation de prêts. Enfin ça c’est la théorie qui est sensée leur permettre de fournir plus de prêts, sauf que dans la pratique, ca produit exactement l’effet inverse.

          1. ben non, le drame, c’est la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment

            ujqu’il y a quelques années, la banque acceptait de vous prtêter, si vous mettiez en gage des valeurs sures en fonction.
            Qui n’a pas emprunté une somme dans une banque ici, et qui, cette fois par un jeu d’écritures, a récupéré ,en dehors du commission marginale, les agios versés sur un compte étranger
            ou qui empruntait avec des valeurs dans un coffre à la même banque.
            C’est fini
            maintenant, pour obtenir un prêt, même avec des garanties « béton », il faut justifier que vous êtes en capacité de rembourser, régulièrement.
            Allez donc expliquer au banquier, que votre importation de fixe chaussettes va générer assez de cash, pour payer les annuités
            et donc, toutes les sociétés, et je suis bien placé pour en avoir l’expérience,se trouvent en grande difficultré d’obtenir un prêt, surtout s’il s’agit d’une nouvelle activité, ou d’un nouveau produit.
            Pire, et pour avoir d’innombrables fois mis en place des financements de sociétés, avec des banquiers qui me connaissaient, et me faisaient confiance, je me trouve maintenant devoir monter un dossier, qui va passer devant un organisme interne de la banque, qui ne m’a jamais vu, qui ne connait rien de mon activité, ni de mon historique et qui va « juger » sur base d’indices sortis d’un programme d’ordi. autant dire, que mes chances d’obtenir un crédit sont très très minces.

            Et la nouvelle politique des banques est justement d’empêcher le contact « humain », en faisant sans arrêt des rotations de directeurs ou de gérants, qui fatalement ne vous connaissent pas, et n’en ont rien à « cirer »

            1. Ce n’est hélas pas spécifique aux banques, j’ai l’impression que le monde occidental est pris d’une folie furieuse du contrôle intégrale de tout sous la forme la plus bureaucratique : dossiers, procédures, papiers formels et formulaires à cases pré-remplies, comités de contrôle des auditeurs des vérificateurs des agents de terrain –dont on se méfie au plus haut point, remplacement de la logique « je prend les risques qu’il faut en m’entourant du maximum de précautions » par la logique « je prends le minimum de risque et je me couvre » …

              1. Oui, tout le mécanisme actuel de contrôle entraine exactement l’inverse de ce à quoi il est destiné, parce que ces mécanismes sont basés sur une très mauvaise vision de l’économie.

                Le mécanisme de régulation est basé sur une vision statique et matérialiste (capital, biens, thésaurisation …) alors que l’économie est dynamique et absolument pas matérialiste et se base sur des hypothèses futures (risque, potentiel, échange …)

                Il faut juste voir le nombre de personnes qui sont complétement perdues avec la monnaie fiduciaire, cette discussion en est la preuve.

                Parfois, je me demande si ce n’est pas fait exprès pour laisser les gens dans l’ignorance et leur vendre de la soupe socialiste à base d’arguments populistes clivant et pousser les passions.

                On peut très bien contrôler l’économie en la faisant prospérer, c’est ce que font toutes les multinationales. Ca implique « juste » d’arrêter de penser l’économie en terme de modèle capitalistique. Si les multinationales réfléchissaient en terme de capital, c’est à dire en terme d’investissement et de profit, ca fait longtemps qu’elle auraient toutes fermé boutique : toutes ces entreprises mettent leur clients et leur capacité commerciale au centre de leur modèle.

                1. La monnaie fiduciaire est certes basée sur la confiance mais cette confiance n’existe que parce qu’elle est assise sur des biens pouvant être échangés sur un marché (pas forcément matériel au sens strict puisqu’un brevet qui est un titre de propriété de connaissance est aussi échangeable). Les états qui se sont risqués (et il y en a encore !) à émettre de la monnaie sans contrepartie ont toujours déclenché des catastrophes. En revanche quand la création monétaire est concomitante à la création d’un objet échangeable (ex une usine construite par un entrepreneur qui a emprunté une monnaie créée par une banque) et si cet objet n’est pas un gaspillage pur et simple, alors le total de la monnaie en circulation est égal à la valeur du stock d’objets échangeables qui n’est rien d’autre que le capital. Bien entendu, la valeur de ce capital reflète ce que l’on peut produire avec lui à l’avenir. Des éléments de capital peuvent être dépréciés quand ils sont obsolètes ou sans utilité, la dépréciation ramène ainsi la valeur comptable à la valeur de marché. Si une entreprise ne dégage pas assez de bénéfice pour entretenir la valeur de son capital, alors il est clair qu’elle aura rapidement une pression de ses préteurs pour rembourser ses prêts et si l’actif passe au dessous du passif c’est la faillite. Il me semble que les grandes entreprises ne raisonnent pas autrement. Si l’on met à part les entreprises dominées par l’état (et dont le dirigeants sont aux ordres et plus préoccupés de leur carrière que des profits de l’entreprise), les entreprises normales se préoccupent de leurs profits, pas uniquement leur profit immédiat mais leur profits sur le futur, la valeur d’échange du capital de l’entreprise n’est pas très différente de la somme actualisée des estimations de profits futurs.

                  1. Non, la monnaie fiduciaire est basée sur la stabilité des prix, stabilité qui crée cet artefact qu’est le capital.

                    Pour un Robinson sur son île, un lingot d’or n’a absolument aucune valeur, parce qu’il ne peut aucunement l’échanger.

                    Cette vision de l’économie basée sur le capital est un piège créé par tout un courant de pensée matérialiste qui conduit logiquement au marxisme. Le capitalisme est une invention des socialistes pour discréditer le libéralisme. Comme le neo-liberalisme, terme inventé par les matérialistes pour qualifier la version moderne qui en se détache encore plus du matérialisme.

                    Depuis les années 80, l’économie mondiale se détache de plus en plus du capital et se monte sur le partenariat, la complémentarité et l’échange. Une entreprise comme Twitter n’a absolument aucun Asset : même les PC des employés sont loués : son capital est … nul, ou plutôt il n’existe que dans sa valorisation boursière, qui n’est qu’un échange.

                    C’est ce lien entre valorisations matérielles et valorisation financière qui crée les crises : quand la valeur des assets ne réside plus dans l’échange, mais dans une pseudo valeur intrinsèque, ce qui crée les bulles, quand par exemple l’immobilier est valorisé en dehors de sa valeur d’échange.

                    1. attention quand même : Twitter n’a peut-être aucun « asset », mais il y a bien quelqu’un qui les a, pour les louer à Twitter. Le capital existe toujours.
                      Et puis Twitter n’a peut-être aucun « asset », mais ce n’est pas normal, c’est une anomalie qui provient d’un système fiscalo-comptable aberrant,

                    2. Non, c’est juste une façon nouvelle de concevoir l’économie : autrement que comme une course à la production de biens matériels en quantité, autrement que comme une course au consumérisme et au productivisme : la liberté est laissée au consommateur, au client, à l’utilisateur.

                    3. Si vous pouvez échanger des services avec votre voisin c’est forcément que vous disposez d’un petit capital (outils, voiture…). La société ne peut pas être purement spirituelle, même les services les plus spirituels comme la religion nécessitent des lieux de culte, des moyens matériels pour les rejoindre…A moins de revenir au mode de vie de nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs (dont le capital se limitait à quelques outils de pierre et quelques peaux pour faire des vêtements et des tentes). Donc le capital existe et si on remonte la chaine de sa construction, on trouve forcément une opération de création monétaire. En fait c’est presque physique, tout comme une paire electron-positron peut apparaitre dans une réaction et disparaitre ensuite, la création d’objet se fait en même temps que l’apparition de monnaie-dette et la disparition de l’objet (usure ou autre) doit correspondre à la disparition de la monnaie. Quand un objet change seulement de main cela ne change ni la quantité d’objets ni la quantité de monnaie. Cela c’est bien sur le schéma idéal lorsque les autorités politiques ne trichent pas avec la monnaie !

                    4. Bien sûr que l’économie manipule des biens matériels, mais un capital n’est pas un bien matériel, c’est un investissement effectué dans le but de réaliser un bénéfice. C’est en gros la propriété de l’outil de travail. C’est cette conception qui est fausse : on peut tout à fait produire de la valeur, de la richesse autrement qu’en maitrisant, qu’en possédant les outils de production, autrement qu’en investissant : le profit n’est pas lié à la capacité de production, mais à la capacité d’échange, au commerce.

  6. * S’agissant de l’absence de tendance déflationniste (globale) et de l’argument de CitoyensDebout, c’est une tragique plaisanterie – quoique bien involontaire, je suppose – que j’attribue à un type d’aveuglement dont je dois me retenir de le qualifier de « libéral » (bien des libéraux ne tombent pas dans de tels panneaux). D’abord, il s’agit simplement d’observer des évidences criantes, comme le fait que certains pays de la zone euro sont non plus même en récession mais en dépression, et ce depuis plusieurs années déjà, ou, un brin moins tragiquement, bien plus près de chez nous, la plongée alarmante des crédits bancaires accordés aux PME en France. Ensuite, la « logique élémentaire » dont parle CitoyensDebout, qui se résume à la bonne vieille équation quantitative que l’on sait, ou plutôt à l’employer avec trop peu de précaution, a ceci de fort limité et aveugle qu’elle met dans le même sac des gens qui n’ont plus de boulot et plus de quoi consommer, et des gens qui n’ont pas même besoin de bosser mais qui consomment relativement très peu (Keynes). Une autre manière de le dire, quoique un brin plus froide, c’est que, même si ladite équation s’appliquait en général, elle possède un terme – la vitesse de circulation de la monnaie – dont il appartient à l’utilisateur de ne pas oublier qu’il n’est pas a priori une constante… Pour une cure efficace (pardon, chacun peut juger et théoriser mais à l’évidence, ça sent fort la crise grave), je conseillerais notamment l’analyse qu’Irvin Fisher (auteur par ailleurs du « 100% money ») a proposé des causes de la crise de 1929.

    * Sur la création monétaire via le crédit bancaire : illimitée, oui, pour l’ensemble des banques. Pour chacune des banques (de dépôt), au prorata de sa part de « CA » sur ce « marché ». Pouvoir exorbitant, oui, non pas tant parce que cela pompe (d’après moi) directement quelque 150 milliards par ans aux producteurs à l’échelle de notre pays (de l’ordre des 2/3 de ce montant vont aux épargnants, 1/4 aux actionnaires des banques, le reste aux salariés du secteur, bien mieux payés qu’ailleurs, je veux dire, donc, aux gros salaires dans la branche), sans parler des effets indirects, mais surtout parce que cela représente un pouvoir colossal de décider des investissements… — qui firont aveuglément, ça va sans dire, par ne plus aller qu’à des productions et activités rentables dans une perspective de très court terme. A commencer par les actifs financiers, sur les divers « marchés » qui n’en sont pas (non plus)… avant tout parce que la production de ces papelards ne coûte rien.

    * Pour le reste, il me semble un peu hallucinant de considérer qu’au final l’émission de bons du Trésor revient à une forme de création monétaire tandis que, par voie de conséquence le quantitative easing n’en est pas une. Inutile, je suppose, de rappeler que la banque centrale, contrairement à tout autre agent, n’a absolument pas à honorer le remboursement de son passif, i.e. M1 (qu’elle peut donc accroire à sa guise) ? S’agissant des bons, dont l’achat direct par la banque centrale est légalement interdit, ils sont essentiellement achetés par des banques pour le compte de clients dont l’épargne n’est dès lors plus placée ailleurs. A long terme, évidemment, la dette publique ne sera pas remboursée, ou si peu. Et si elle l’est, ce sera alors par création monétaire… mais parce qu’il sera bien trop tard (pour en parler), l’économie s’étant effondrée à force de n’être plus productive.

    1. PS : sur le dernier point, et s’agissant des bons, que je sache le rachat par la BC ne dispense pas les États d’honorer leurs échéances obligataires.

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