Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Sujets de société

Par Guillaume Nicoulaud

Renaud Camus-Le Sacrifice de Polyxène(CC BY 2.0)

Renaud Camus-Le Sacrifice de Polyxène(CC BY 2.0)

 

Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent les gens, ce sont les gens avec des armes à feu. Si cette introduction vous semble relever de la pure rhétorique, je vais vous montrer qu’en réalité, cette subtile distinction sémantique est bien plus importante qu’il n’y paraît.

Parce que, si ce sont les armes à feu qui tuent les gens, on serait naturellement tenté de compter combien. C’est ce que fait, par exemple, le Law Center to Prevent Gun Violence qui en conclut que, chaque année, les armes à feu tuent 33 000 Américains. J’ai vérifié, le chiffre est exact : sur la période 2010-14, les 5 dernières années pour lesquelles les données sont disponibles1, on dénombre effectivement 164 821 Américains tués par des armes à feu soit, effectivement, environ 33 000 par an.

Cela étant posé, appliquons maintenant la petite distinction sémantique que je vous proposais en introduction et demandons-nous qui sont ces homos-sapiens qui ont utilisé des armes à feu pour tuer leurs semblables. Eh bien dans 62,2% des cas, le meurtrier n’est autre que la victime : ce sont des suicides. Les homicides pèsent un gros tiers du total (33,9%) et le solde (3,8%) se partage entre les accidents, les interventions légales et les causes indéterminées.

Parenthèse macabre sur les suicides : on peut, bien sûr, supposer que si les Américains avaient moins d’armes ils se suicideraient moins. L’argument est recevable mais il n’y a là absolument rien d’évident. En France, où l’on se suicide autant (et même légèrement plus) qu’aux États-Unis, les pauvres gens qui veulent mettre fin à leurs jours y parviennent, pour la plupart, sans utiliser d’armes à feu — je vous passe les détails — et les Américains font de même dans pratiquement un cas sur deux.

Mettons donc les suicides de côté avec les accidents, interventions légales et autres causes indéterminées (qui, je le rappelle, ne pèsent pas grand-chose) et concentrons-nous sur le cœur du sujet : les actes de violence commis avec des armes à feu. Je n’ai, disons les choses tout de suite, pas de chiffres exhaustifs. Sur la base des données du CDC, on peut raisonnablement estimer le nombre d’agressions à l’aide d’armes à feu ayant causé des blessures à environ 70 000 par an2 dont environ 11 200 blessures fatales3. Naturellement, ces chiffres ne nous disent rien sur tous les épisodes durant lesquels des armes à feu ont été utilisées sans occasionner aucune blessure.

Je vais donc faire comme le Law Center to Prevent Gun Violence et me concentrer sur les statistiques de décès liés aux armes à feu avec deux différences toutefois : je ne retiens que les actes de violence volontaire envers un tiers autres que ceux commis par les forces de l’ordre — les homicides — et je vais vous proposer des moyennes sur 5 ans plutôt que les chiffres de 20144. Pour le reste, je garde l’idée qui consiste à comparer les différents États des États-Unis et l’échelle de notation proposée par le centre — de A, pour les États qui ont une réglementation très restrictive en matière d’armes à feu, B, C, D et F, pour les États jugés les plus laxistes.

Le tableau ci-dessous donne les taux de décès liés aux armes à feu (pour 100 000 habitants) en moyenne, pour chacune des 5 catégories définies par le LCPGV. La première colonne (Tous), correspond à l’ensemble des décès provoqués par des armes à feu (ce sont les données utilisées par le centre dans son nuage de point et l’histogramme en-dessous, sauf que j’utilise 5 ans de données) et les deux colonnes suivantes isolent les suicides et les homicides.

Guillaume Nicoulaud

Guillaume Nicoulaud

 

Comme vous pouvez le constater vous-même, il semble que les lois restrictives aient effectivement un effet sur les suicides par armes à feu mais qu’en matière de violence à proprement parler, le résultat soit nettement moins saisissant. Et ce, d’autant plus si vous considérez mon second tableau ; même données mais cette fois-ci ce sont les suicides et homicides commis sans armes à feu, c’est à dire par d’autres moyens :

Guillaume Nicoulaud

Guillaume Nicoulaud

 

Alors là, vous conviendrez avec moi que ça commence à devenir vraiment gênant. Doit-on en conclure que des lois plus restrictives en matière d’armes à feu permettent aussi de réduire le nombre de meurtres commis sans armes à feu ? J’ai tendance à penser que ça ne passe pas le sniff-test le plus élémentaire.

Voici, enfin, des données issues de la même source qui, je crois, nous racontent une autre histoire. Il s’agit, pour chaque État, du taux d’homicide avec arme à feu et du taux d’homicide sans arme à feu. Je vous laisse faire vos propres graphes, vos propres tests statistiques et vous convaincre par vous-même que la relation est très clairement significative. Concrètement, ça signifie que les États où les gens tuent d’autres gens avec des armes à feu sont aussi les États où les gens tuent d’autres gens par d’autres moyens. Que ce soit en Alabama (F) ou au Maryland (A), les gens se tuent avec ou sans armes à feu tandis que dans le Vermont (F) ou à Hawaï (B), les mœurs semblent infiniment plus pacifiques.

En d’autres termes, tout se passe comme si chacun de ces États se caractérisait par un niveau de violence endémique — qui reste à expliquer — laquelle violence, s’exprime avec ou sans armes à feu. Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent les gens, ce sont les gens avec des armes à feu.

Etat Arme à feu Sans
Alabama 6.187 2.031
Alaska 2.914 2.529
Arizona 3.803 2.068
Arkansas 5.133 2.084
California 3.45 1.587
Colorado 2.006 1.571
Connecticut 2.4 1.108
Delaware 4.32 1.811
Florida 4.216 1.742
Georgia 4.728 1.763
Hawaii 0.402 1.422
Idaho 1.013 0.901
Illinois 4.697 1.537
Indiana 3.77 1.544
Iowa 1.027 0.988
Kansas 2.554 1.277
Kentucky 3.164 1.529
Louisiana 9.385 2.488
Maine 0.993 1.084
Maryland 4.84 2.202
Massachusetts 1.437 0.941
Michigan 4.922 1.593
Minnesota 1.189 0.862
Mississippi 7.481 2.654
Missouri 5.207 1.809
Montana 1.312 1.55
Nebraska 2.351 1.197
Nevada 3.223 2.166
New Hampshire 0.681 0.772
New Jersey 3.127 1.375
New Mexico 3.723 3.04
New York 2.227 1.659
North Carolina 4.065 1.582
North Dakota 1.022 1.107
Ohio 3.728 1.54
Oklahoma 4.296 2.269
Oregon 1.446 1.236
Pennsylvania 3.938 1.27
Rhode Island 1.424 1.12
South Carolina 5.354 1.972
South Dakota 0.647 1.942
Tennessee 4.698 1.842
Texas 3.449 1.688
Utah 1.057 0.826
Vermont 0.766 0.862
Virginia 2.919 1.276
Washington 1.639 1.267
West Virginia 2.967 2.072
Wisconsin 1.936 0.985
Wyoming 1.426 1.808

Lire sur Contrepoints

Sur le web

  1. J’utilise les données la base WISQARS du CDC qui, manifestement, est la source la plus complète est la plus fiable en la matière.
  2. Le chiffre, avancé par Law Center to Prevent Gun Violence, de 117 000 Américains qui se font tirer dessus chaque année inclut l’ensemble des blessures causées par des armes à feu, y compris les suicides, les accidents et les interventions des forces de l’ordre etc. Par ailleurs, c’est le chiffre de 2013.
  3. Le nombre d’agressions à l’aide d’arme à feu a fortement augmenté ces dernières années mais, heureusement, le nombre de cas fatals a légèrement baissé.
  4. Nous allons travailler sur des événements à très faible fréquence : 5 ans de données permettent d’avoir des chiffres plus significatifs.
  1. le Venezuela interdit complètement les armes a feu. Et pourtant c’est le plus fort taux d’homicides au monde.
    Donc , l’accès aux armes a feu, aucune importance.
    Mais .. c’est le contrôle des populations qui est visé ici par les gouvernants , pour leur sécurité personnelle et non pas la vie de leurs « sujets ».

    1. tout à fait bobomede…lesquels sujets se rendent compte qu’ils ne peuvent compter sur leur gouvernants pour les protéger….raison pour laquelle les gouvernants feront passer une loie perméttant de récupérer toutes les armes détenus légalement par des citoyens , y compris celles des chasseurs …..la trouille au ventre qu’ils ont nos valeureux dirigeans….

      1. La fRance compte actuellement sur les discussions au niveau européen sur le durcissement de la législation des armes pour obtenir au final un gun ban total, comme chez les anglais.

    2. Vous oubliez que les gangs en Amériques du Sud sont ultra violent et que le nombre de morts est liés une guerre entre gang.

  2. Controle des armes +contrôle du « cash »=  » soft totalitarisme …

  3. C’est vrai, c’est juste, mais on ne vous écoutera pas. Les prohibitionnistes ne sont PAS DES GENS RATIONNELS.

    Que ce soit pour les drogues, la prostitution, les armes à feu, les jeux videos, le libre échange, ou la liberté religieuse, les prohibitionnistes NE SONT PAS dans la rationalité. Ils s’en foutent de vos arguments. Ils ont mieux que des arguments: Ils ont le mépris et le sentiment de supériorité qui leur donne à leur yeux la légitimité d’asservir leur prochain pour le bien « collectif » (le leur essentiellement).

    Ces gens le ne se trompent pas. On ne se trompent que quand on essaye de voir juste d’être dans le vrai. Quand on ne cherche pas à être dans le vrai mais juste à imposer son avis à autrui, on s’en moque d’être convainquant ou d’avoir des opinions en phase avec la réalité. L’objet du débat pour les prohibitionnistes est une affirmation se sois. Pas la sagesse, ni la cohérence.

    1. Vous confondez rationnel et pragmatique parce que Hitler était rationnel à sa manière.
      Ensuite en tant que libéral je trouve votre propos lui-même méprisant et d’une certaine façon prohibitionniste sur la liberté de penser.

  4. Tout d’abord il est de bon ton de préciser, que parmis ces 12.000 meurtres, et c’est l’essentiel de la question intiale « faut-il interdire ou autoriser la vente et le port d’armes » (en gros)… la majorité absolue des meurtres l’ont été avec des armes détenus illégalement (marché noir, vol,…) donc, il serait surtout interessant de définir ce chiffre du nombre de meurtres par armes détenues légalement, pour savoir en quoi autoriser le port d’armes serait dangereux ou non.

    Pour le suicide va t’on interdire les trains, les médicaments, et les rasoirs ? Si une personne veut se suicider il le fera, ou sinon il restera a faire des signaux pour prévenir son entourage (médicaments).

    1. Plus facile de se suicider un soir de dépression profonde, sur un coup de tête, avec une arme à feu à portée de main qu’avec une corde, un couteau, un train ou un chandelier. Une TS, comme disent les professionnels de santé, est avant tout et le plus souvent une Tentative. Avec une arme a du, c’est réussite assurée à chaque fois. Et je suis heureux de ne jamais avoir eu d’arme à feu chez moi pour cette seule raison. Je n’écrivais pas ce commentaire dans l cas contraire…

      1. Les suicides sont généralement planifiés a l’avance. Ca veut dire que ce n’est past un coup de tete qui fera passer le suicidaire a l’acte. Celui qui contemple le suicide planifiera la disposition de ses biens. Quand un ami demande banalement si vous voulez avoir so chat, il faut commencer a se méfier. Comme le démontre cette analyse, le taux de suicides ne correspond pas au taux de possession d’armes a feu. Par exemple, le Japon, ou les armes a feu sont interdites presqu’a tous, a un taux de suicide des plus élevés au monde.

        Par ailleurs, tenter de se suicider avec une arme a feu ne garanti pas le succes. Vous imaginez que les armes a feu ne manquent jamais leur cible. Ceci ressort du fait que les gens se fient trop au exagérations du cinéma. Beaucoup de personnes ratent le coup et se retrouvent avec des blessures horrifiantes, y inclus la perte de vision, la perte de la machoire et des dommages au cerveau.

        Ce qui importe le plus, c’est la prévention. Soyez vigilants envers vos amis et connaissances et questionnez les comportements bizarres et illogiques. Entretemps, les gens qui veulent se suicider continueront de se jeter du haut des ponts, trancheront leurs veines et prendront des surdoses de médicaments.

    2. Il y a les armes déclarées par les honnêtes citoyens respectueux des lois et celles qui ne le sont pas, quelle que soit la législation.
      De toutes façons, même si vous possédez légalement une arme et que l’idée vous vienne de trucider un quidam qui vous horripile particulièrement ou pour des motifs parfaitement crapuleux, la simple prudence fera que vous n’utiliserez pas votre arme déclarée mais une autre que vous aurez obtenue par des voies détournées. Ou alors vous utiliserez un autre moyen qu’une arme à feu et le choix est vaste.

      Il y a le suicide. Quand un policier, qui n’est jamais qu’un homme avec ses qualités et ses faiblesses, devient dépressif, il a sa disposition son arme de service qui lui a été affectée quand il a pris ses fonction dans son service d’affectation. Il lui est donc tentant d’utiliser son instrument de travail pour faire son autolyse.
      A la différence de l’enseignant ou du journaliste qui n’ont que leur stylo comme outil et qui devront alors utiliser d’autres protocoles d’ailleurs très classiques.

  5. Il y a de nombreux biais à votre analyse, à mon humble avis.
    Déjà, je ne vois pas pourquoi on enlèverait les accidents puisqu’ils se produisent en raison de l’existence même de ces armes et disparaitraient en leur absence, ils me semblent donc pertinents de les compter également.

    Ensuite, comparer les états des USA entre eux, quand bien même cela aurait du sens d’un point de vue statistiques (une seule source de données donc une seule méthodologie, donc comparativité assuré), a un inconvénient majeur : les différents états sont reliés entre eux par un système politique fort et cohérent.

    Dans le cas qui nous intéresse, un contrôle des armes pris dans un état semble avoir peu d’impact finalement en raison de la possibilité d’en importer des états voisins. Il serait intéressant de positionner ces états sur les cartes (je ne peux le faire ne sachant ce qu’il y a derrière les vocables A B C D E et F) et de comparer avec les chiffres que vous fournissez et peut être que les états les plus « pacifistes » sont en fait ceux qui sont au milieu d’autres états avec des réglementations strictes (et qui donc font office de filtre avec les états plus permissifs en la matière).
    Et puis les USA, c’est aussi une certaine unité culturelle (même si sur la question des armes à feux il y a un débat) et sociale, il serait plus parlant de comparer avec d’autres pays pour évaluer si le niveau de violence est le même et/ou s’il y a corrélation. Quel que soit son état d’appartenance, l’américain vit dans un pays où, globalement, des armes circulent de façon assez libre.

    Par ailleurs l’étude brute des chiffres ne peut occulter la réalité que la présence d’armes à feux en circulation libre (ou presque) provoque inévitablement des « tensions » : il n’y a qu’à voir le comportement des policiers qui sont souvent très durs et prompts (plus qu’ailleurs en tout cas) à sortir leur armes car ils se sentent menacés.
    De surcroît, ces chiffres ne permettent pas d’évaluer l’impact d’autres influences connexes Je pense par exemple à la proximité de la frontière mexicaine ou encore à la densité de population des différents états, le taux de chômage. Et ils négligent le marché noir et l’impact de la vente libre sur la disponibilité au marché noir.

    Enfin, la plupart des défenseurs du droit au port d’armes mettent en avant le fait de pouvoir se défendre contre une agression (car l’Etat ne peut pas toujours assurer la protection de tout le monde, c’est un fait). Je ne sais pas si de telles données existent, mais il faudrait aller plus loin dans la discrimination que : homicide ou suicide ou intervention policière ou accident, et détailler les homicides. Parmi les homicides, lesquels sont, en fait, le fruit d’une légitime défense ? Et lesquels sont des meurtres (autrement dit des homicides volontaires) voire des assassinats (donc avec préméditation) ?
    Parce qu’au final la question et le choix c’est : ai-je plus de chance de me faire tuer (quel
    qu’en soit le moyen) parce que je n’ai pas le droit de porter une arme pour me défendre ou parce que, bien qu’ayant ce droit, je n’ai pas eu le temps ou l’occasion de me servir de la mienne alors qu’on me prenait pour cible.

    Bref avec des statistiques brutes on peut dire un peu ce qu’on veut, le vrai boulot c’est de les analyser et de recouper avec d’autres éléments pertinents, ce qui se discute alors ne sont pas les chiffres mais l’analyse qui est faite et c’est le plus intéressant à mon avis.

    1. @josep
      « Parce qu’au final la question et le choix c’est : ai-je plus de chance de me faire tuer (quel
      qu’en soit le moyen) parce que je n’ai pas le droit de porter une arme pour me défendre ou parce que, bien qu’ayant ce droit, je n’ai pas eu le temps ou l’occasion de me servir de la mienne alors qu’on me prenait pour cible. »
      Au moins avec une arme vous avez une chance de ne pas être vicitme, blessé ou mort.
      https://www.youtube.com/watch?v=HFOlfeMnKS8. C’est flouté mais ça peut heurter . Quelles lois ont protégé cette femme ? Cela se passe dans le New Jersey.

  6. La Suisse est le deuxième pays au monde avec le plus d’armes par habitants et pourtant on ne parle pas de tuerie ni d’un nombre élevés de tué par arme à feu , en France on essais de désarmer les honnêtes citoyen et on ne fait rien contre le vrai probleme le marché noir !

    1. le vrai problème ce n’est même pas le marché noir, ce sont les criminels, tout simplement. Et en général ils sont connus

    2. Et pourtant si : on parle de tuerie en suisse, voir celle de Daillon en 2013… Et on parle bien aussi de statistiques élevées de mort par armes à feux (surtout des suicides à vrai dire).
      Et puis comparer la suisse, un pays riche, prospère, petit, assez faiblement peuplé, essentiellement sujet à l’immigration de catégorie socio-professionnelle sup (ok je caricature un peu) et d’une manière générale qui s’est bien débrouillé, sur ce sujet, c’est occulté le fait qui société qui se porte bien engendrera presque nécessairement moins de problématiques de délinquances.
      En plus en Suisse, je crois que chaque citoyen est plus ou moins considéré comme un milicien et ils reçoivent une formation régulière sur l’utilisation des armes.
      Effectivement la circulation libre d’armes ne va pas transformer d’honnêtes gens en criminels, mais il peut permettre à quelques énervés, qui n’aurait pas pu s’en procurer dans un pays restrictif, d’en faire l’acquisition et de faire acte de violence. Et je pense qu’il augmente considérablement les risques d’accident.
      En plus, je pense qu’il reste à démontrer leur utilité réelle aux citoyens lambda en tant que solution de défense individuelle (ce dont je ne suis pas persuadé).

      1. @josep
        Les suisses n’ont pas le droit au port d’armes.
        « Effectivement la circulation libre d’armes ne va pas transformer d’honnêtes gens en criminels, mais il peut permettre à quelques énervés, qui n’aurait pas pu s’en procurer dans un pays restrictif, d’en faire l’acquisition et de faire acte de violence. Et je pense qu’il augmente considérablement les risques d’accident. »
        Pays restrictfs : La France, le Brésil, le Mexique, L’Afrique du sud, le Vénézuela, le Honduras, la Colombie, etc… Dans ces pays, dont la France, des énervés n’ont aucun problème pour trouver (illégalement) des armes (illégales). De plus, en France, et dans d’autres pays, (cf http://www.gunpolicy.org/fr/firearms/region/), le motif de « protection personnelle » n’est pas un motif légitime.
        Le fait est les armes sont détenues par la Police et les criminels, et que ces deux entités nous tapent dessus allègrement, et que nous n’avons pas de moyens (proportionnels ou égalisateurs, dissuasifs) pour nous en prémunir.
        Et puis, vu que vous pensez que les lois actuelles sont efficaces, que les criminels n’ont pas accès aux armes, puisqu’interdites en France, ça les empêche d’en avoir , alors pourquoi les flics en auraient ?

  7. en fait les stats tombent à l’eau car le débat est ailleurs,
    le fait qu’un honnête citoyen puisse individuellement se défendre pose problème pour certaines personnes..ce qui est bizarre c’est que bien souvent les m^mes qui crient « crs ss  » et sont contre l’autodéfense..mais ils approuveront dans l’instant un certain type d’autodéfense pour peu qu’elle soit chargée idéologiquement.

    Il y a aussi la curieuse idée que le fait de détenir une arme rendrait les gens honnêtes plus susceptibles de commettre un crime…
    Le débat est impossible et comme chaque pays est différent que les cultures la criminalité est différente, rien n’est comparable.
    Au final , si les gens acceptent bien l’idée que la police doit assurer la sécurité des honnêtes gens, ils font aussi le constat qu’elle ne fait pas le job et que la justice est trop peu dissuasive et simplement sévère avec les criminels..

  8. Je suis prêt à parier que ceux qui ont demandé la grâce de Jacqueline Sauvage sont contre le port d’arme.

  9. Ce qui est magnifique, c’est que vous masquez à peine votre satisfaction de voir que les politiques anti-armement ne fonctionnent pas. Les mortEs ? eh bien ! Tant pis pour eLLEux, ils n’avaient qu’à pas mourir, après tout.

    Toutes les statistiques du monde ne sauraient masquer la distinction fortement artificielle que vous pratiquez (je suppose sciemment) entre la nature et la fonction d’une arme à feu : d’un côté, un outil servant à tuer, de l’autre, une prétendue auto-défense angélique, qui consisterait (je suppose), en une paix armée généralisée très hypothétique, et franchement pas très enviable. Tout le pivot du problème est dans ce mot : outil.

    Le problème que vous refusez de regarder en face, c’est qu’il est dans la nature d’une arme à feu de tuer, tandis que seul un usage contre-nature permettrait de maintenir la paix : ne pas s’en servir. Votre propos ressemble à celui d’unE lobbyste du tabac qui dirait : « ce n’est pas la cigarette qui tue, c’est le cancer. » Effectivement, le rapport causal entre fumer et attraper le cancer peut ne paraître qu’accidentel (même s’il semble que plus personne ne nie le contraire), mais ce ne peut pas être le cas pour une arme : si vous vous en servez sur quelqu’unE, c’est la survie de ceTTE quelqu’unE qui est accidentelle, pas sa mort. Votre assertion (répétée deux fois, comme pour vous en convaincre) est aussi absurde que de dire « ce n’est pas la voiture qui roule, c’est l’automobiliste », et aussi logique que de se servir de la crosse de votre gros flingue pour tartiner du beurre. Un outil manufacturé est toujours conçu en vue d’une fonction : celle d’une arme est de tuer.

    L’imputabilité des agentEs est évidemment incontestable en ce qui concerne l’usage fait des armes (on peut bien avoir un fusil chez soi et ne s’en servir que pour chasser, même si en soi, cela n’est pas moins criminel que tuer sonA prochainE – autre sujet), il n’en reste pas moins qu’une arme à feu recèle nécessairement en elle un potentiel de mort que toutes les bonnes intentions du monde ne lui retireront jamais. D’où l’absurdité renforcée de votre démarche quand vous écartez à dessein les accidents, suicide, et autres homicides « autorisés » (c’est bien connu, quand quelqu’unE tombe sous les balles d’unE policierE, il/elle ne meurt pas : il/elle part à dos de licorne rejoindre Ayn Rand pour discuter de Nietzsche). Dire que les armes à feu ne tuent pas, c’est nier la nature intrinsèque des armes à feu. Les armes tuent, et c’est même bien pire (mais vous ne le reconnaîtrez jamais) : elle ne servent qu’à ça.

    1. Une arme est un outil et elle a donc la fonction qu’on lui donne. Avec un marteau je peux clouer votre cercueil ou vous y mettre dedans. Avec une voiture je peux vous amener à l’hôpital pour vous sauver la vie ou si j’ai un coup de folie vous envoyer à la morgue . Une arme ne devient une armes qu’entre les mains de son opérateur, mais jusqu’à ce moment là elle n’est qu’un vulgaire bout de ferraille et s’est lui seul qui détermine si cet objet servira à sauver des vies ou à les ôter.

      1. En aucun cas tous les outils que vous citez, quand bien même vous faites étalage de ces magnifiques fantasmes criminels, n’ont pour corrélat nécessaire la mort. Alors que les armes à feu…

        Vous aurez beau retourner la question dans tous les sens, dire qu’une personne armée peut sauver la vie de cent, ou qu’on peut être tranquille sans jamais dégainer, affirmer qu’une arme ne tue pas relève du pathologique.

        1. La Police a donc bien des armes pour tuer. Ok je ferai encore plus gaffe à mon prochain contrôle, vu que la Police est toujours armée.

          Q : « Parce que parfois un coup de feu a besoin d’être tiré. »
          Bond : « …Ou pas. Difficile de savoir ça en pyjama. » La scène du musée, Skyfall.
          en V.O
          Q: « Every now and then a trigger has to be pulled. »
          James Bond: « Or not pulled. It’s hard to know which in your pajamas. »

          Les samurai disaient que le katana était le prolongement de leur bras, qu’il était leur âme. Toucher les katana d’un samurai consistait à toucher son âme. C’était aussi une raison de duel. Il est dit aussi que le sabre n’a pasde volonté, et qu’il n’exécute que ce que lui fait faire celui qui le tient. Si tu veux que ton sabre coupe, il coupera, si tu ne veux pas qu’il coupe, il ne coupera pas.

          1. Une arme est faite pour tuer, pas la police. Évitez de me prêter vos propres glissements sémantiques, je vous prie. Mais la police n’est effectivement pas innocente. Avez vous déjà entendu le mot « bavure », ou suivi l’actualité aux États-Unis ces derniers mois ?

            Par ailleurs, l’article ne mentionne pas les katanas, étoiles de ninja et autres bokens. Est-ce parce qu’il est consacré aux armes à feu ? J’ai un doute.

            1. %Je cite le Katana parce qu’il a pour « corrélat necessaire la mort ». Qu’il y a autour du katana, de l’art, de la philosphie et de la technique. Et pour faire un paralèle avec l’arme à feu, qui comme le katana fait ce qu’on lui fait faire. Ce sont les « hommes » qui tuent, en se servant d’outils, armes à feu, katana, batte de baseball, hache, avions de chasse, drônes. Des outils, des trucs qui n’ont aucune volonté, ou alors c’est que Skynet se raprroche vraiment du « jugement dernier », façon Terminator.
              Quant aux bavures, et autres actualités américaines j’ai lu, comme vous. J’ai aussi assisté aux conséquences d’une bavure française. Les tensions, le déploiement de troupes, la démonstration de force, etc… Et pour éviter les bavures, pourquoi ne pas supprimer les armes aux Forces de l’Ordre ? On leur laisse les tasers, leur grosses bouteilles de lacymo, et leurs boucliers. Ce qui couvre largement 95% de leurs interventions. Le RAID, le GIGN, et autres, gardent leurs armes.

              1. Je suis désolé si je vous parais insistant, mais pour moi, l’argument selon lequel « les armes ne tuent que si on s’en sert » ne tient pas. Je ne prête pas une vie autonome aux armes, loin de là, mais je tiens tout de même à pondérer quelque peu leur hétéronomie : elles sont faites pour tuer, et cela ne va pas plus loin. Toutes les utilisations « secondaires » ou « accidentelles » (au sens de non essentielles) de ces « outils » ne sont mis en avant que pour servir les arguments des fous/folles de la gâchette qui prétendent avoir le pouvoir (certainement divin) de sauver des vies à l’aide de leurs gros canons.

                La question n’est pas de dire ce qu’un outil ne fait pas, mais bien de remettre en avant ce qu’il fait lorsque son utilisation coïncide avec ce pour quoi il a été conçu, vous ne croyez pas ? Tenez, j’ai d’ailleurs trouvé pas plus tard qu’hier l’avis d’un spécialiste de la question : « Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent ». Serge Dassault, à propos des armes vendues à Kadhafi.

                Quant à la police, il convient effectivement de remettre en question leurs autorisations de port d’armes. Mais à l’armée aussi ! Saviez vous que depuis les attentats de janvier 2015, l’unE des trois militaires que vous voyez patrouiller dans les lieux publics dans le cadre du plan vigipirate noir fluo dispose sur lui d’une d’arme chargée (avant cela, il n’avait que l’autorisation de disposer de chargeurs à portée de main, sans avoir engagé l’un de ceux-ci dans le fusil) ? Cela rassure probablement certainEs qui voient là-dedans une volonté de nous protéger, mais elles/ils ignorent aussi probablement que ces patrouilles sont en sous-effectif permanent, et se voient donc obligées de patrouiller douze heures par jour avec des dizaines de kilos de matériel sur le dos (un gilet pare-balles pèse son poids, contrairement à ce que le cinéma laisse souvent croire), sans réelles pauses, sans jours de repos au cours de semaines interminables, le plus souvent loin de chez eux/elles, et en attendant une relève qui tarde souvent à respecter ses délais.

                À ce régime, il est presque étonnant de ne pas avoir encore assisté à des accidents extrêmement graves. Mais gageons qu’en autorisant chacunE à porter une arme de poing sur elle/lui, cela ne saurait tarder à venir…

                1. Depuis les attentats, les FAMAS sont chambrés et approvisionnés, ce qui n’était pas le cas avant. Pour ma part, je les trouve inutiles.

                  Je conçois que vous souhaitiez que les armes à feu, ou les armes en général, disparaissent de la surface du globe. Cependant il existe des êtres que même un pitbull n’arrête pas. Et les Etats aiment avoir les moyens de « faire marcher droit » leur peuple.
                  La vicitme dans le ien ci-dessous, ne meurt pas. Pas d’arme. Cependant, préparez-vous, c’est « cru ».
                  https://www.youtube.com/watch?v=16UhryVa0O4
                  La victime n’est pas préparée, elle vit dans un quartier tranquille, sans histoire.
                  Que valent les vies de la victime et des victimes collatérales ?

  10. De dire que ce sont les armes à feu qui tuent, c’est comme de dire que ce sont les stylos qui font les fautes d’orthographe.

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