Hollande ou le degré zéro du remaniement

Publié Par Serge Federbusch, le dans Politique

Par Serge Federbusch

François Hollande - Prix de l’Audace artistique et culturelle 2015 credits Actualitté (CC BY-SA 2.0)

François Hollande – Prix de l’Audace artistique et culturelle 2015 credits Actualitté (CC BY-SA 2.0)

Remaniement bien ordonné commencerait par Hollande lui-même et c’est plutôt sa démission que notre président aurait dû présenter aux Français. Bah… encore une occasion manquée ! Le capital sondagier miraculeusement hérité de Daech après les attentats de novembre est déjà dilapidé et le pédalo hollandais retrouve ses plus bas étiages.

Jamais remaniement n’a aussi peu intéressé les Français. Même les commentateurs microcosmés ont eu du mal à gloser plus que quelques heures. C’est bien dommage car cet épisode cocasse de la vie en Hollandie nous a réservé de délicieuses surprises du chef.

D’abord, des secrétariats d’État aux intitulés baroques comme l’égalité réelle, la biodiversité, l’aide aux victimes ou la mémoire. Des précisions s’imposent. Est-ce l’égalité entre frondeurs et soumis ? La biodiversité politique rose-verte ? L’aide aux victimes électorales ? La mémoire des promesses de campagne ? La soupe est encore bonne dans les ministères et des écolos dissidents, au nombre de trois, se sont rués vers les gamelles du pouvoir, oubliant aussitôt leurs déclamations indignées sur la politique gouvernementale.

Deux autres cas sont particulièrement intéressants. D’abord, celui de Fleur Pellerin. Fut-elle éjectée car il ne peut y avoir deux individus d’origine coréenne au gouvernement tout comme la France ne reconnaît qu’une seule Corée à l’ONU ? Pas de place pour d’autres que Placé ? On croit plutôt savoir qu’elle s’y prenait mal avec les cultureux, malgré les crédits et subventions en rafale qu’elle leur a promis lors de ses récents vœux rue de Valois. Quoi qu’il en soit, Fleur, dans son discours d’adieux, a offert une gerbe à Manuel Valls, l’assurant de son indéfectible loyauté. Parie-t-elle, comme d’autres, sur le fait que Hollande n’ira pas aux élections et que Valls sera le représentant de la gauche en 2017 ? Cette Fleur sentirait-elle déjà le sapin ? Ce serait le bouquet.

Mais il y a mieux : le retour d’Ayrault, sorte de manivelle du socialisme gouvernemental, qu’on actionne sans trop savoir à quoi il sert, dispositif antédiluvien qui précéda l’invention du presse-bouton. Le combi Volkswagen va pouvoir reprendre du service sur le parking du Quai d’Orsay. Au passage, un referendum local dont la définition du périmètre augure de belles polémiques pour autant qu’il soit jamais organisé, servira à escamoter jusqu’en 2017 le projet d’Ayraultport de Notre-Dame des Landes. Du rétropédalage considéré comme un des beaux-arts… Membre d’un gouvernement qu’on a peu ou prou dirigé peu avant et qu’on a vertement critiqué entre temps : il apparaît sans cesse de nouveaux modèles de girouette dans le grand Ouest.

Merci en tout cas à Messieurs Hollande et Valls de nous avoir offert ce précieux moment dans une semaine froide et venteuse.

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Sur le web

  1. Pourquoi seulement du remaniement?

  2. il se pourai bien que les français aient d’autres soucis autrement plus préssants qu’un remaniement qui de toute façon ne changera rien au bourbier dans lequel on s’enfonce ;

  3. Ce n’est pas notre président qui paie, donc pourquoi s’arrêterait-il ?

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