#JeSuisCirconflexe et la bataille de la langue

Publié Par Stephane Montabert, le dans Sujets de société

Par Stéphane Montabert, depuis la Suisse

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale - Photo : Julien Paisley via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale – Photo : Julien Paisley via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

L’affaire remonte à deux semaines : disparition partielle de l’accent circonflexe sur le « i » et le « u », simplification de la graphie de quelque 2400 mots, une réforme de l’orthographe décidée en 1990 ferait son apparition dans les manuels scolaires en France à l’occasion de la rentrée 2016. La nouvelle suscita immédiatement une levée de bouclier des internautes, notamment via le hashtag #JeSuisCirconflexe

Péripéties humoristiques mises à part, le débat de fond subsistait et dure encore : est-ce à l’école de décréter le « bon » orthographe, et à travers elle l’État ? La société civile n’allait-elle pas continuer à utiliser l’orthographe traditionnelle, générant ainsi un français à deux vitesses encore plus discriminant que la maîtrise traditionnelle de l’orthographe que les socialistes visaient à résorber ?

De nombreuses voix se firent entendre, avec des arguments tout à fait sensés. L’exécutif français se mura quant à lui derrière ses institutions, affirmant qu’il ne faisait qu’amener à l’école une réforme « validée par l’Académie Française il y a un quart de siècle. » L’âge de la décision de l’Académie devait, en gros, faire de la polémique un combat d’arrière-garde qui finirait bien par s’éteindre.

Las ! Les Immortels de l’Académie française ne sont pas tous morts et remplacés. Certains étaient là et bien là lors de ces journées fatidiques il y a vingt-cinq ans… Notamment Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, qui prit fermement ses distances avec la réforme de l’orthographe dans un entretien accordé au Figaro samedi dernier. L’article n’est pas disponible pour les internautes de passage mais les propos ont été repris dans d’autres quotidiens comme La Croix et jettent un éclairage résolument différent – voir les passages en gras – sur l’argument de la « validation par l’Académie Française » de cette fameuse réforme :

L’Académie française n’est pas à l’origine et n’a pas validé la réforme de l’orthographe qui doit être prochainement généralisée à l’école. La prestigieuse institution aura pris son temps mais la mise au point est claire. (…)

« Je n’ai pas compris les raisons qui expliquent l’exhumation d’une réforme de l’orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l’Académie française n’a eu aucune part, à l’inverse de ce que l’on a voulu faire croire », indique Hélène Carrère d’Encausse.

L’historienne précise qu’en ce qui concerne la réforme de 1990, l’Académie, consultée, s’était prononcée sur des « principes généraux – un nombre limité de rectifications d’incohérences ou d’anomalies graphiques – mais non sur le projet lui-même dont le texte était en cours d’élaboration ».

Ce n’est qu’ensuite, lorsque le rapport du Conseil supérieur a été publié au journal officiel, que les académiciens ont pu en prendre connaissance et en débattre. « Et le débat fut d’une grande vivacité. L’Académie dans son ensemble a marqué son désaccord avec ce texte » (…)

« La position de l’Académie n’a jamais varié sur ce point : une opposition à toute réforme de l’orthographe mais un accord conditionnel sur un nombre réduit de simplifications qui ne soient pas imposées par voie autoritaire et qui soient soumises à l’épreuve du temps », souligne Mme Carrère d’Encausse. Elle remarque sur ce point que la réforme est tombée en désuétude. Les Français dans leur pratique ne l’ont pas cautionnée. « Il est donc absurde de ressortir aujourd’hui cette réforme » conclut-elle.

Et les traces existent : « cette position est clairement exprimée dans la déclaration de l’Académie votée à l’unanimité dans la séance du 16 novembre 1989 et dont elle ne s’est jamais écartée », rajoute Mme Carrère d’Encausse pour bien enfoncer le clou.

Patatras ! La belle ligne de défense de Mme Najat Vallaud-Belkacem tombe à l’eau. Mais une ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à fortiori socialiste, ne va pas faire preuve d’humilité face à une institution de plus de trois siècles dont la fonction est de superviser la langue française… La politicienne riposte donc dans la mesure de ses moyens dans les journaux :

« Eu égard à la mission de défense et d’illustration de la langue française assignée à l’Académie, je vous serais reconnaissante de bien vouloir me faire part de toute évolution de la position de votre institution quant aux rectifications orthographiques, afin que les acteurs concernés puissent en tenir compte à l’avenir. »

En attendant, elle n’indique évidemment aucun changement de cap des autorités.

La réforme orthographique accouchée au forceps par le gouvernement français semble bien artificielle, et son avenir bien mal en point. Les amoureux de la langue de Molière peuvent-ils souffler ? Tout dépendra de l’acharnement des autorités socialistes à persister dans l’erreur. Mais au vu de la façon dont les choses tournent, les parents seraient bien avisés d’insister sur un enseignement traditionnel de l’orthographe s’ils souhaitent que leurs enfants ne se couvrent pas de ridicule plus tard…

Et en Suisse ?

réforme du français rené le honzecLe marché romand du manuel scolaire étant petit, les écoles s’approvisionnent sur le marché français ; et la question se pose de façon très concrète depuis que des parents romands ont eu le déplaisir de découvrir des ouvrages arborant (fièrement ?) la « nouvelle orthographe » – alors que le niveau général de français est en baisse constante.

Si certains s’indignèrent, les autorités eurent des réactions nettement plus mesurées – non seulement parce qu’il n’est pas dans le tempérament suisse de faire des vagues, mais aussi à cause du suivisme général face à tout ce qui vient de France.

Toutefois, les révélations d’Hélène Carrère d’Encausse relancent le dossier. Les enseignants ne sont toutefois pas tenus d’imposer la nouvelle orthographe ; mais ils étaient tout de même amenés à ne pas sanctionner ce qui n’était plus considéré comme une faute. Or, il semble bien que la fameuse réforme de l’orthographe dont il est question soit plus un coup de force du ministère de l’Éducation Nationale qu’une volonté de l’Académie Française.

Nous sommes donc en présence d’une réforme politique, non linguistique, ce qui devrait lui ôter toute valeur hors du territoire de la République française. Dont en Suisse romande.

Quand un élu romand osera-t-il demander l’abandon de cette réforme dont personne ne veut et le retour à des manuels scolaires écrits dans un français correct ?

Lire sur Contrepoints notre dossier spécial Langue française

Sur le web

  1. Bonjour

    Comme tjs quand l’état s’occupe de qqchose, cela complique les choses. Il n’y aurait pas de graphie imposée par la loi et seulement l’usage (Grevisse, un belge), la langue évoluerait gentiment, sans agitation, sans doute vers une simplification.. ou pas. 🙂

    Mais les français adorent les lois et la contrainte.

    1. Vous avez trop de bon sens; vous ne réussirez pas en politique. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!
      A moins que qu’une commission d’enquête, un groupe de réflexion, des bilans d’étape, , peut être, des ordonnances. A moins qu’un référendum, oui mais étendu à quel périmètre : Paris intramuros, le grand Paris, la France entière? Oui mais alors les bretons, les corses ?
      Et notre belle académie, elle nous coûte fort cher. Faut il la garder si on ne suit pas ses conseils.
      Bref : bien français, cad indemerdable.

    2. comme vous l’écrivez justement, « gentillement » n’est-il pas devenu « gentiment » ? Un gentillet suicide étymologique regroupant « gentil » et « gentieux », mais c’est comme ça … qu’a fait l’académie française !!!

      En Belgique, en 2009, les grands quotidiens ont appliqué la réforme Rocard de 1990. Je me souviens sur lesoir.be, où les mots nouvellement orthographiés étaient surlignés. Lorsqu’ils étaient pointés par la souris, une boitaouti ( un ‘tooltip’ ) s’ouvrait, montrait l' »ancienne » orthographe et l’explication du changement. Pour le français que je suis, c’était un vrai plaisir de voir ça. Bref, si tous les journaux français prenaient exemple sur leurs collègues belges … … Au final, c’est bien une lutte de l’oralité contre l’écrit à laquelle on assiste. Les médias auraient tout intérêt à éveiller la curiosité en appliquant les « recommandations ». Surtout qu’avec internet, c’est maintenant possible.

      – La langue française est la moins « phonétique » des langues européennes. On aurait ainsi le droit de faire quelques « rectifications ». Car au niveau phonologique, rappelons le, mais le pire est quand même la langue anglaise … où même l’accent tonique dans les mots n’est pas noté à l’écrit (il est pourtant essentiel à la compréhension à l’oral) !! Et c’est pourtant la langue qui s’est imposée. Le latin était un exemple de langue phonologique, et pourtant il a disparu … et personne ne veut de l’esperanto, qui pourtant en est la voie royale, avec l’orthographe la plus proche de la prononciation.

      La logique dans ce bas monde ? C’est qu’il n’y en a finalement pas tant que ça … et que c’est surtout la grammaire qui est importante … …

      – une pensée à tous ces petits asiatiques qui doivent maitriser des milliers de « signes », alors que nos pauvres petits écoliers « souffriraient » avec une centaine seulement, et quelques exceptions …

  2. Bel acte encore de nivellement par le bas. L’État répond à la médiocrité par la médiocrité. Si cette réforme est appliquée, on plongera un peu plus les jeunes dans le « non-effort ». Car c’était quand même un des principes de l’école d’enseigner la notion d’effort pour apprendre. Si tout est facile, pourquoi faire des études? A quoi cela servira t-il plus tard de vouloir être meilleur si rien ne permet de le mettre en valeur autour de soi? L’avenir envisagé par notre ministre de l’Éducation Nationale est-il de rabaisser l’individu à une vase stérile?

    1. Tu as raison pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer, je suis super convaincu qu’il est normal que j’explique à mon fils que oignon s’écrit avec un « i » mais qu’on ne doit pas en tenir compte, çà me parait une telle évidence, d’ailleurs je serais pour rajouter des lettres un peu partout, genre marquer, « j’ai pris ma voigture pour aller dans ma maitson » en expliquant que le g et le t ne servent a rien et sont la juste parceque, tout de meme la tradition c’est important, et que cela serait du nivellement vers le haut de rajouter des lettres, vu qu’en supprimer est du nivellement par le bas.

      1. Votre petit-fils vous demandera une jour pourquoi « ognon » alors que « onion » est plus simple. Surtout quand « gnome » ne se prononce pas [niome] …

        bref, cette réforme de 1990 qui ressurgit en 2016 est un dernier soubresaut du socialisme mourrant …

        1. cela ne me pose strictement aucun problème qu’on écrive onion comme çà, à la limite meme si on ne pouvait écrire qu’en phonétique…. donc lé voature son toute trè bèl… bon allez je provoque là, j’avoue, mais honnetement si c’était réfléchi et que cela ne poserait aucun problème pour écrire ou échanger, cela ne me poserait pas de problème. Connaitre l’origine des mots, c’est intéressant pour ceux qui s’y intéressent… 🙂

      2. Oui pourquoi s’inquiéter de cette réforme? Votre fils sera de toute manière submergé par la simplicité, l’assistanat, la non valorisation, et deviendra un mouton bien docile comme les autres. Je ne défends surtout pas la tradition même s’il faut en préserver la ligne directrice. Je défends l’effort, un muscle en perdition dans ce pays.
        Il ne faut pas se leurrer. Aujourd’hui, il existe tellement d’outils qui « simplifient la vie ». Les correcteurs automatisés ne manquent pas. Alors pourquoi se « compliquer la vie »? J’aurais osé espérer que l’école reste le dernier bastion où on se foule le cerveau. Mais nan, c’est trop dur la vie d’élève ! C’est trop dur la vie de parent ! Simplifions les mots, ça sera plus facile de comprendre les millefeuilles administratif, législatif, etc, qui rendent la vie tellement plus « simple ». Et puis, il ne faudrait surtout pas encourager les gens à être meilleur, à se transcender, à faire des efforts. Docilité! Simplicité! Télé-réalité! Elle est pas belle la devise de la France simplifiée?

        1. Donc pour vous, pour simplifier « le millefeuille administratif, legislatif,… » il faut que les mots soient écrits avec des lettres et signes inutiles, qui ni ne se prononcent, ni ne servent à l’écrit ?
          Et ne carricaturez pas tout, on parle de 3 accents circonflexes et de 2 lettres en moins… Mon enfant je lui apprend justement a penser par lui-meme, donc clairement, j’ai pas envie qu’on le force a écrire oignon comme çà, je préfère qu’il ne vive pas comme un mouton en se laissant la possibilité d’écrire cela comme cela lui parait logique, donc onion…. Tu vois les moutons, on les voit ou l’on veut.
          Et désolé, mais « etre le meilleur », « nivellement par le bas »,… je vois pas en quoi 3 accents circonflexes inutiles vont faire d’un élève, le meilleur, ou que cet enfant aura un niveau moindre ou supérieur… la carricature n’est jamais bonne conseillère, car après on y croit.

      3. C’est vrai que c’est du rôle des hommes de l’état que de décider de comment doit s’écrire la langue.

        Vous avez du réussir à expliquer à votre fils pourquoi on écrit fils et pas fis donc vous devriez être capable de lui expliquer pourquoi on écrit oignon car ça vient du vieux français oingnun.

        Mais là ou j’ai du mal comprendre la logique c’est que si on veut simplifier la graphie d’oignon c’est onion qu’il faut préférer à ognon.

    2. « L’État répond à la médiocrité par la médiocrité. Si cette réforme est appliquée, on plongera un peu plus les jeunes dans le « non-effort ». »

      Quelle est donc cette vilainie ? Devrais-je en conclure que notre jeunesse, non seulement croit en la paresse, mais de plus croît en paresse ? Cela ne se peut ! Les modifications de l’orthographe ne peuvent transformer la croyance en croissance. Il est bien vrai qu’à l’Élysée, il suffit de croire en cette dernière et de la décréter pour se convaincre qu’elle surviendra inéluctablement.

  3. La racine de la décomposition du français est d’abord en nous, chez nous, avec, pour cause primordiale, la détérioration de l’enseignement. Jean-François REVEL – 1994

  4. Petite précision, qui a son importance, la secrétaire de l’Académie Francaise est soit une menteuse soit elle ne connait pas son institution, Les décodeurs (Le Monde) ont retrouvés toutes les traces du fait que l’Académie Francaise avait bien voulu cette réforme de l’orthographe.
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/02/16/reforme-de-l-orthographe-l-academie-comptait-bien-faire-appliquer-ses-rectifications-en-1990_4866505_4355770.html

    Mais voila, entre temps l’académie Francaise a changé… vraiment changé, au point désormais, d’y voir Finkelkrault y siégé… on verra peut-etre bientot Loana intégré cette institution….

    1. « on verra peut-etre bientot Loana intégré … »

      Je crois que vous avez une réforme d’avance …

      1. Et une star de télé-réalité de retard.

    2. Les faits relevés par cet article sont bien faibles, si c’est tout ce que les « décodeurs » du Monde, ils pouvaient s’épargner la peine. Mais peu importe, ce qui compte est la position actuelle de l’Académie, clairement affirmée.

      On peut être en désaccord avec la pensée de Finkielkraut, mais de là à le mettre au même niveau que Loana, vous n’avez certes aucun sens de la mesure. Du reste, quand on voit le nombre de fautes d’accord et de conjugaison dont est truffé votre commentaire, on peut peut-être en déduire que vous n’aimez pas l’Académie, l’orthographe, et tout ce que cela représente pour leurs défenseurs?

      1. « Du reste, quand on voit le nombre de fautes d’accord et de conjugaison dont est truffé votre commentaire, on peut peut-être en déduire que vous n’aimez pas l’Académie, l’orthographe, et tout ce que cela représente pour leurs défenseurs? »
        Oh combien oui, tout comme je ne respecte pas mon président, je ne fais pas une minute de silence pour Charlie (non demandée pour les enfants morts dans le bus en passant),… bref je ne suis pas fan du conservatisme et des acquis sociaux… je regarde le présent et l’avenir, le reste ne m’interesse pas du tout, mais alors, je m’en bas les fouilles. Donc le respect de l’histoire d’une langue qui est la plus dur a apprendre… alors sommes-nous sans doute, du coup (vu la complexité de notre langue), une race supérieure, et bien j’avoue que je préfèrerais avoir une langue comme le chinois originel, ou au pire l’anglais pour tous… bref oui je me fou de l’orthographe, d’une association d’alcoolique anonyme se croyant immortels, je préfère m’occuper des immortels, des sans-dents, des cons, c’est ainsi, ils forment 99% de la population.

        Finkelkrault, je ne l’apprécie pas du tout, donc je dois sans doute avoir un manque d’objectivité sur son sujet, mais si il a été choisi cela est juste du a sa médiatisation, il y a un paquet d’auteurs libre et bien plus compétents que lui, qui auraient pu siéger à sa place… donc d’ou mon parallèle à Loana (j’avoue ne pas suivre la téléréalité, et en plus il faut prendre un nom que tout le monde connait).

        1. Ce n’est pas la faiblesse de votre orthographe que je pointais, mais celle de votre grammaire… mais baste.

          Que vous jugiez inutile et indifférent d’avoir une bonne ou une mauvaise orthographe et tout à fait respectable, et je ne suis pas contre un assouplissement des exigences de l’enseignement public à ce sujet.

          Le conservatisme n’a rien à voir avec les « acquis sociaux », ils sont même diamétralement de opposés! Je ne suis pas pour un conservatisme pur et dur, pas plus qu’un progressisme aveugle dont on voit où il mène nos étudiants, et en toute chose il faudrait savoir être juste un poil pragmatique, ce que la position de l’Académie me paraît être.

          Mais encore une fois, ce n’est pas l’orthographe le problème, ce sont les méthodes d’enseignement qui sont appliquées, et dont les effets négatifs sont imputés à ce genre de bêtises, l’état manoeuvre comme d’habitude très bien pour déplacer l’objet du problème vers un débat stérile.

          Votre exemple de langue chinoise tombe fort à propos: le chinois est à certains égards une langue bien plus complexe à apprendre que le français, avec le bon millier d’idéogramme à retenir (et à savoir écrire, essayez, vous verrez!), et les différents tons à intégrer, le même mot prononcé différemment pouvant avoir des sens complètement différents, et un même texte pouvant également être compris très différemment. Et ne parlons pas du russe! Et pourtant, je ne crois pas que ces pays aient des problèmes particuliers pour enseigner leur langue à leurs jeunes élèves…

          1. Pour le chinois, j’ai mis moins de temps à en apprendre les bases que n’importe quelle nouvelle langue que j’ai essayé. Maintenant je ne voulais pas rentrer dans le détail, mais c’est pour cela que je parlais de chinois traditionnel comparé au nouvel idéogramme. L’ancien possédait la particularité de faire ressembler les idéogrammes à ce que l’on veut représenter, la montagne secrivait, se dessinait donc par une petite montagne, idem pour la maison,… Bref il a réellement changer et à perdu beaucoup de son intérêt du coup.
            Pour les 4 tons c’est intéressant car en effet chaque mot à 4 significations, si il est prononcé en aspirant,… Mais on se sert surtout du contexte pour comprendre les choses… Ce qui fait qu’on a besoin de beaucoup moins de mots à enregistrer. Et pourtant les chinois échangent parfaitement. La notion que j’adore dans le chinois c’est le fait que c’est une langue simple à apprendre, par exemple, au lieu de réfléchir à conjuguer cela :
            – je mangerais dans ce restaurant
            Cela va donner :
            – je manger « indicatif du futur » dans ce restaurant

            Donc vous n’avez à aucun moment besoin de devoir chercher si, au présent par exemple, il faut mettre un .ent si c’est ils, puisque le ils donnent l’information et si c’est le passe ou le futur pas besoin non plus de se prendre la tête à devoir adapté le verbe en fonction du genre, du singulier ou pluriel et du temps, puisque l’on part du principe qu’on nous donne le masculin pluriel dans le « ils ».
            Bref même si je me suis à arrêté aux bases j’ai eu bien plus de faciliter à me faire comprendre et à apprendre que quand j’ai aborder l’allemand ou meme l’anglais.

    3. Vous avez lu l’article?
      Il ne dit rien de moi que ce que dit Madame Carrere d’Encausse : L’idée est plutôt de « proposer des retouches et aménagements, correspondant à l’évolution de l’usage, et permettant un apprentissage plus aisé et plus sûr ».

      Malgré l’introduction de nouvelle graphie pour certains mots et de nouvelles règles d’écriture possible de mots contenants des accents circonflexes, force est de constater que l’usage en est resté totalement marginal et cela pour une raison simple c’est que depuis 1990 le traitement de texte avec correcteur orthographique s’est généralisé et que par conséquent l’écriture des mots dans leur graphie originale ne pose plus aucun problème contrairement à l’époque de l’utilisation des machines à écrire qui obligé à retaper entièrement une page pour un accent oublié.

    4. « d’y voir Finkelkraut y siégÉ » moi je préférais « siégeR ». Et puis à part ça, peut-on m’expliquer le mal qu’il y a d’avoir Finkelkraut à l’Académie française?

      1. Et il y a un « y » de trop. Le « y » ici réfère à l’Académie Française. « de voir à l’Académie Française Alain Finkelkraut siéger à l’Académie Française » = pas très heureux. « D’y voir AF siéger » ou mieux « De voir AF y siéger ».

        Mais bon moi ça me fait marrer de voir des gens discuter de réforme de l’orthographe avec 2 fautes par ligne.

  5. Mais alors, si ce n’est l’académie qui est responsable des détails des cette réforme ? Sont-ce les mêmes théoriciens que ceux qui nous ont pondu le « déplacement dans un milieu aquatique profond standardisé » ?

  6. Les langues qui font évoluer leur orthographe sont au service de leur locuteur.
    Des langues majeures en littérature ont une graphie en correspondance avec leur prononciation, seul l’anglais (fortement influencé par le français en ce qui concerne l’orthographe, c’est peut-être un signe) résiste à ce phénomène général mais c’est une langue qui intègre énormément de vocabulaire étranger dans son lexique (ceci expliquant cela) et bénéficie une grammaire des verbes bien plus facile que la plupart des langues européennes et donc pouvant se permettre une complexité orthographique.

    C’est parce que les Français ont entendu depuis leur jeunesse que le français était une des plus belle langue du monde et qu’ils l’ont cru qu’il sont réticents à la voir évoluer, c’est bien sûr totalement faux, pour avoir appris au moins 2 langues à un bon niveau (anglais et portugais) je suis témoin que le français n’a pas plus de qualités, de beautés, ou quoi que soit d’autre que ces deux langues et probablement les autres.

    Enfin, l’orthographe n’est pas la langue, c’est une convention, en faisant évoluer l’orthographe on ne fait pas évoluer la langue, on peut sacraliser la langue, sacraliser l’orthographe est ridicule.

    1. Tout à fait. Mais si l’orthographe n’est pas la langue, elle en fait partie. Pour moi le problème n’est évidemment pas ces polémiques stériles sur l’orthographe, et qui d’ailleurs ne datent pas d’hier!

      Non, le problème est le contexte dans lequel cette nouvelle mesure s’inscrit. L’état prétend résoudre la baisse du niveau de maîtrise de la langue en simplifiant l’orthographe, et que cette mesure prise en force s’ajoute à toute une série d’autres mesures du même acabit, qui aggravent le nivellement par le bas tout en prétendant lutter contre. Le problème, c’est qu’au lieu de remettre en question les méthodes d’enseignement délétères qu’il impose, l’état casse le thermomètre.

    2. Ni sacraliser, ni légiférer. Laisser l’usage façonner la langue.

  7. Je me tape un petit jeune ou je me tape un petit jeûne?

    1. Bonjour Pierre Lavallee

      Le contexte, le contexte.

      Je me tape un petit blanc, je me tape un petit blanc.

      1. … et je m’enfile un petit noir, vive la diversité chromatique !

        1. Votre réplique, c’est sans doute ce qu’un antiraciste fan de Belkacem appellerait un « café olé » ! 😀

          1. D’autant que la référence hispanisante dans le qualificatif ne pourra que satisfaire son supérieur hiérarchique : qu’il est bon de faire valser les mots pour conjurer les maux ! 🙂

  8. C’est vrai qu’apprendre à écrire correctement c’est trop dur ! Le français c’est tellement compliqué ! Des « i » « î », des « e » « é » « è » « ê » « ë », des « u » « ù » « ü », des « o » « ô » « ö » des « e » dans « o » (j’ai pas le caractère), et les autres, et un « y » ! Tellement difficle ! Baissons la barre de dificulté, ainsi, les élèves « moyens » deviendront « bons ». Allez soyons généreux : que l’Académie Française aide notre Ministre de l’Education Nationale à nous faire tous écrire en langage SMS qui pique les yeux ! Tous élèves seront excellents !

    1. Edit : ah !? J’ai oublié un mot : « Tous les élèves… »

    2. Edit : Grâce à l’écriture SMS qui pique les yeux, nos élèves brillants seront complètement paumés dès qu’ils mettront leur nez dans un livre pointu, comme heu… le Code Pénal, par exemple, ou un contrat de travail. Abrutissement des masses, comme dans « 1984 », de G. Orwell

    3. Les Thaïs, avec leurs 44 consonnes, 15 voyelles qui se combinent en au moins 28 formes, et 4 signes diacritiques, pourront leur donner des leçons.

  9. Sinon, on pourrait aussi réformer le calcul : apprendre à compter compter en base 2 pour favoriser le « numérique » à l’école. Cela simplifierait beaucoup l’apprentissage des tables de multiplication …

    1. C’est quand même étonnant qu’on en soit encore à utiliser la base 10 dans les écoles nos apprenants aurait du en créant leur propre savoir se rendre compte de la supériorité de la base 2 qui permet de compter jusqu’à 1023 sur ses doigts.

      1. Puis nous enseignerions la comptine des neufs divisions, quand les nombres sont des programmes – ou l’art de la division sur un boulier. 😉

      2. Excellent !!! La raison est que entre les bites et les bits, les réformes de l’orthographe n’ont pas encore tranché… mais encore eût-il fallu qu’elles le sussent (ou là, de l’imparfait du subjonctif …. trop compliqué pour nos élèves … )

        1. Cela serait aussi un bon moyen de trancher le différend entre les adeptes du numérique et ceux du digital. Il faut réconcilier les différentes langues ayant des racines latines, de telle sorte que le digitus prennent le pas sur le numerus. Nous emploierions alors, à l’instar de nos voisins anglo-saxons, l’expression « natif du digital » à la place de « natif du numérique ».

          Une telle réforme aurait, en surplus, ce sympathique effet de bord de transformer le numerus clausus en digitus clausus. Ce qui permet de résoudre la question des bites et des bits par l’unification de ce que l’on met dans le fondement. 🙂

      3. De mon temps, compter en binaire s’enseignait à l’école, c’est là que je l’ai appris. Comme compter en octal, en héxadécimal ou dans toutes les bases. Ça, c’était au lycée, en filière S option technologie industrielle.
        Quant aux bases duodécimale et sexagésimale, je les ai apprises bien plus tôt sans le savoir, je crois même que j’étais encore à l’école maternelle. Les calculs dans ces bases ont attendu l’école primaire par contre.

  10. Donc, si je comprend bien certains ici, il faudrait préserver une orthographe figée pour travailler le sens de l effort. Drôle d idée… Avez vous jeté la télécommande de votre télévision pour préserver votre capacité à faire des efforts ? Quelques chose me dit que non. C est trop bête…
    Enfin, soyez sérieux ! Les jeunes ont bien d autres domaines pour travailler leur sens de l effort : les langues étrangères, où la génération des vieux donneurs de leçons ne brille souvent pas, l’informatique, les sciences… toutes matières qui leur seront autrement plus utiles que de savoir placer un accent circonflexe au bon endroit, ou de savoir quand les noms de couleurs prennent un s ou pas…
    Ouvrez vos yeux, et cessez de regarder vos nombrils poussiéreux : il n y a que les morts qui ne bougent plus.

    1. Vous avez raison ! Nous devrions également retirer l’apostrophe de la graphie du français, il est parfaitement inutile.

      1. Et oui, sur le téléphone d où j écris,pas d apostrophe. Mais vous voyez: vous m avez parfaitement comprise sans. Incroyable !! 🙂

        1. Vous avez surtout le chic pour reporter l’effort sur le lecteur…

    2. « il faudrait préserver une orthographe figée  »

      Non, il faudrait préserver une orthographe commune ! Si 60% de la population croit que « oignon » s’écrit sans « i », alors c’est qu’il s’écrit sans « i ». Mais ce n’est pas le cas. Et Si 99% des gens « ne savent pas » où placer l’accent circonflexe, c’est forcément ceux qui savent qui ont raison. Simplifier est un but louable, mais c’est en fait extrêmement difficile, et l’état fait perpétuellement la preuve de son incapacité en la matière. Qu’il commence par simplifier le code du travail avant de vouloir « simplifier » les usages de la langue.

      Le sens de l’effort est essentiel. Plus que la connaissance des langues ou de l’informatique. Et il est inutile de se lancer dans l’étude de disciplines rigoureuses si on n’a pas déjà appris le sens de l’effort. Pensez vous que c’est aussi aux étrangers à s’adapter si votre langage est approximatif, ou que les bugs informatiques ne sont pas graves ?

      Après, personne n’est parfait, et on peut vivre et réussir avec une mauvaise maîtrise de l’orthographe, mais mettre la charrue avant les boeufs et vouloir bâtir une éducation sur un socle bancale est la grosse erreur de l’EN.

      1. Et puis aussi, avant de s’attaquer à l’othographe, ils feraient mieux de parler et écrire correctement. Avec le nombre de fautes d’accords de genre qu’on entend constamment, sans compter les fautes de ceux qui vivent de leurs écrits (les journalistes par exemple).
        Comment voulez-vous apprendre une langue étrangère, quand l’enseignement du français est aussi laxiste ?
        Avant d’apprendre une autre langue, il serait préférable de maîtriser un minimum la sienne.
        Et ceux qui ont des problèmes avec l’orthographe prétendent souvent qu’ils écrivent comme ils le veulent.
        Mais je reprends mon exemple sur le Code Pénal. Le droit est tellement pointilleux, qu’une faute de frappe peut vous coûter cher, financièrerment parlant, ou pire. Du coup, la maîtrise du français resterait l’appanage des élites. « Le savoir c’est le pouvoir. »

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