Un beau rêve socialiste sur le travail

Publié Par Patrick Aulnas, le dans Travail & emploi

Par Patrick Aulnas.

a dreamer that finally wake up credits for inspiration only (CC BY-NC-SA 2.0)Nous autres Français, travaillons moins que les peuples qui nous entourent. Du moins les salariés (22,7 millions de personnes), car les indépendants (2,7 millions) travaillent beaucoup. Semaine de 35 heures, cinq semaines de congés payés, retraite à 60 ans à partir de 1981, un peu plus aujourd’hui. Toutes ces magnifiques réalisations de nos politiciens représentent désormais ce que les syndicats appellent des acquis sociaux. Bien sûr, il suffisait de voter pour les mettre en œuvre. Facile ! Quant à l’idée elle-même, travailler moins, elle représente un vieux rêve de l’humanité. On comprend donc la tentation électoraliste presque irrésistible : « Avec moi, vous travaillerez moins, mais vous gagnerez autant et peut-être même plus ». Mitterrand, Mauroy, Jospin, Aubry et bien d’autres y ont cédé.

Travailler moins pour gagner plus ?

Mais peut-on continuer à s’enrichir autant que les autres en travaillant moins ? Les bandits de grands chemins y parvenaient autrefois en détroussant les voyageurs au coin du bois. Les mafieux d’aujourd’hui également. Mais nul n’a jamais pensé que François Mitterrand, Lionel Jospin, Martine Aubry ou François Hollande voulaient transformer leurs concitoyens en brigands. Ils ont donc sans doute cru les Français beaucoup plus doués, ingénieux, inventifs que les autres peuples. Ils auraient une semaine de travail plus courte, des vacances plus longues, une retraite plus précoce, mais ils parviendraient, par leur inégalable talent, à produire tout autant que ces étrangers besogneux. Les Allemands, par exemple.

Le génie français face à la médiocrité environnante

Le défi est de taille. Les peuples de bucheurs qui nous entourent ne sont certainement pas aussi géniaux que la fille ainée de l’Église. C’est entendu. Mais quand même ! À travers la brume de leur pensée médiocre, ils se doutent un peu que l’innovation, le dynamisme créatif jouent un petit rôle dans l’amélioration progressive de notre triste condition humaine. Et même s’ils ne nous arrivent pas à la cheville, en cherchant laborieusement et longtemps, ils parviendront peut-être à trouver. Ce n’est pas sûr, car il leur manque le génie propre aux Français, ce petit quelque chose qui transforme un quidam en être d’exception et un peuple ordinaire en élu du destin. Mais quand même !

Pari pascalien

Bref, il nous vient un petit doute sur la pertinence du pari pascalien de nos édiles, pourtant tous extrêmement brillants. Pour mémoire, Pascal considérait que l’on avait intérêt à parier sur l’existence de Dieu. Il n’y voyait que des avantages, ici-bas et dans l’au-delà. Sur quoi donc ont parié nos dirigeants d’exception ? Sur l’existence de la croissance. Ils n’y voyaient que des avantages. À part les écologistes, adeptes du retour à la nature, tout le monde souscrit aux avantages de la croissance pour améliorer le sort de l’humanité souffrante. Elle permet de s’enrichir et d’avoir du travail. Ainsi de 1945 à 1975, la France entière avait l’impression de progresser car chaque année, en moyenne, la production totale du pays était supérieure de plus de 5% à celle de l’année précédente. Et comme quand on produit, il faut bien consommer… Même en faisant professionnellement du sur-place, on était embarqué sur un navire voguant à vive allure. Donc, on avançait vaille que vaille.

Dieu, son fils et la croissance

Lorsque Dieu arrive au pouvoir en 1981, il parie donc sur la croissance, donnée intangible de la vie économique. Lorsque le fils spirituel de Dieu arrive au pouvoir en 2012, même pari. Pas besoin du langage abscons des économistes pour comprendre que si la croissance est toujours là et même si les Français ne sont pas si géniaux qu’ils le pensent, ils continueront par définition à s’enrichir. Sans doute, nos gouvernants si cultivés savent que cette fameuse croissance est un personnage plutôt cyclothymique. Elle a des hauts et des bas. Mais enfin, elle est toujours là et, par conséquent, il serait du dernier ridicule de sacraliser le travail comme ces benêts de luthériens !

Keynes, il n’y a que ça de vrai !

En cas de petite crise de dépression, les hommes de l’État possèdent d’ailleurs une recette infaillible : prélever de l’argent à ceux qui en ont pour le dépenser à leur place. Ceux qui ont un revenu satisfaisant ont en effet la fâcheuse tendance de le dépenser selon leur bon plaisir ou, pire, d’en épargner une partie. Les gouvernants des États-providence voient cela d’un très mauvais œil. Ils représentent quand même l’intérêt général et savent beaucoup mieux qu’un citoyen ordinaire comment il convient de dépenser. Prenez par exemple un médecin ou un commerçant qui décide d’acheter une résidence secondaire. Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux avec cet argent subventionner les créations d’emplois ou même créer des emplois publics ? Si vous pensez que la résidence secondaire créera des emplois sans subvention, vous en êtes encore au niveau de votre grand-père : quand le bâtiment va, tout va. Vous n’avez visiblement pas suivi les évolutions majeures des dernières décennies.

Le conte de Voltaire

Résumons-nous. Même en travaillant moins que les autres, nous, Français, pouvons continuer à nous enrichir autant qu’eux. En effet, la croissance est toujours là. Si elle boude un peu le pays de Molière, il suffit d’augmenter les impôts et ensuite les dépenses publiques. La croissance redevient alors toute guillerette. Par ailleurs, avec leur génie créatif à nul autre pareil, les Français ont de bonnes chances d’améliorer davantage leur efficience productive que leurs concurrents étrangers, travailleurs mais ternes.

Les vendeurs de rêve

Quel beau rêve, n’est-ce pas ? Si vous voulez faire de la politique, il faut savoir que vous aurez toujours face à vous des vendeurs de rêves. Ils ne sont pas responsables du réveil. Ils sont là pour faire rêver. Lorsque le conte de Voltaire se termine en tragédie grecque, ils ont déjà quitté la scène.

Lire sur Contrepoints notre dossier travail et emploi

  1. Le drame n’ est pas qu’il y ait des vendeurs de rêve mais qu’ils trouvent une clientèle nombreuse pour y croire et acheter bien cher leur camelote électoraliste… et que cette clientèle continue à y croire à chaque occasion électorale, même si les vendeurs n’ ont pas changé (cf l’ inamovibilité du personnel politique grançais jusqu’à ce que mort arrive vs les renouvellements anglo-saxons des battus)

    1. Non seulement il y a une clientèle pour y croire mais en plus cette clientèle a de plus en plus tendance à s’en prendre à ceux qui n’y croient pas

  2. Le réponse est pourtant archi simple : Les américains et les britanniques nous l’ont fournie. C’est le magique contrat zéro heures.

    Aucun minimum d’heure de travail n’est donné au salarié, qui a parfois même l’interdiction de travailler pour quelqu’un d’autre. Lorsqu’il y a du travail, on le siffle et il accourt. Quand il n’y a plus de travail, on le renvoie chez lui. Pour l’équilibre personnel de l’intéressé et celui de sa famille, c’est excellent, parce que cela le motive à rester en alerte en permanence. Il est donc efficace au travail.

    Tel est le symbole de la dérégulation et de la beauté du contrat librement négocié par deux parties à égalité. (Car nul n’est obligé d’accepter ce type de contrat). En outre, cela permet d’afficher de bons résultat.

    Par exemple, le Royaume Uni, avec une population active qui avoisine les 33 millions de personnes, le contrat « zéro heure », sans heure travaillée, en représente plus de 1,3 millions, soit 4% de cette population. Ce qui signifie que le taux réel effectif de chômeurs « enregistrés » est de 9,6% au Royaume – Uni ! Source : économie matin du 25 janvier 2016.

    A cela peut s’ajouter une façon avantageuse de calculer le taux de chômage . Aux Etats Unis, dont le taux de chômage est très faible, le nombre de chômeurs tourne autour de 5%, mais le nombre de personnes en âge de travailler et en bonne santé est de 10,5 %. Source : économie matin 10 septembre 2015.

    Vous me direz qu’en France, la situation est peut-être la même, car nos adorons sortir les chômeurs des statistiques. Peut-être sommes-nous plus près de 15 ou 18 % que de 10 ou 11%.

    Eh bien, disons le, au lieu de le cacher.

    Dernier point : Lorsque Klaus Schwab (Président de Davos) qualifiait de « poudrière » la situation des 75 millions de jeunes au chômage sur la planète, c’est parce qu’il sait très bien que la misère est la fille du terrorisme, et que la main invisible du marché ne peut rien y changer….

    Il reste à espérer que la main invisible du marché saura nous protéger… sinon le problème sera réglé tôt ou tard par une main visible, mais pas nécessairement sympathique.

    1. « Par exemple, le Royaume Uni, …  » a une population comparable à celle de la France, mais qui travaille 50 milliard d’heure, contre 40 en France. Et même chose en Allemagne : leurs 60 milliard d’heures travaillées sont l’équivalent de 50 milliard pour une population équivalente à la nôtre.
      10 milliard d’heure, l’équivalent de 5 à 6 millions d’emploi, qui réduisent à néant vos élucubrations
      http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/les-francais-travaillent-moins-que-les-autres-les-chiffres

      Le vieux de Davos est comme tous les vieux : il a peur des jeunes. C’est dommage qu’à son niveau on ait des pensées aussi banales, on peut le déplorer, pas en tirer un enseignement utile

    2. Ce n’est pas la flexibilité qui permet aux anglais et aux américains un taux faible, c’est le nombre faible de fonctionnaires.

      Le taux de chômage chronique est inverse du taux de fonctionnaires, parce que l’Etat rationnalise la production et la standardise, ce qui est source de chômage.

    3. Que cela soit les USA ou le Royaume Unis ils ont un taux d’emplois bien supérieur à celui de la France et une durée moyenne de travail supérieure.

      taux d’emplois
      bit.ly/1LrnjIG

      temps de travail
      bit.ly/247j3te

      Mais le mieux ça reste est de loin la Suisse avec une très fort taux d’emplois et une très forte productivité.

    4. Avoir 1.3 millions de contrats 0 heures ne signifie pas avoir 0 heures de travail effectif et 1.3 millions de chomeurs.
      Etant au RSA je serais tres content d’avoir 2 ou 3 contrats 0 heures pour pouvoir en faire une dizaine par semaine et nourrir ma famille.

    5. Quelques mythes démontés sur le contrat à zéro heures: https://fullfact.org/economy/facts-about-zero-hour-contracts/
      Le taux d’emploi n’a jamais été aussi élevé en Grande-Bretagne depuis les années 70 (au moment, on a mis en place les statistiques sur le sujet).

    6. Le contrat « zéro heure » existe en France. Cela s’appelle de l’intérim.

  3. Le travail est l’Opium du Peuple

  4. « Mais peut-on continuer à s’enrichir autant que les autres en travaillant moins ?  »

    Oui c’est possible, en jouant sur l’autre facteur que le travail qui est aussi causalement responsable de l’output: le capital.

    Avec l’investissement en capital on augmente la productivité, on peut donc produire la même richesse (ou plus) avec moins de facteur travail.

    Le mauvais raisonnement consiste à réfléchir à partir de variation ou de différences sur le facteur travail (nombre d’heures de travail, nombre de semaines de vacances) à capital constant, comme si entre les pays l’investissement en capital et donc la productivité qui en découle étaient identiques. C’est faux. Entre les pays, les deux varient, pas seulement le travail.

    Quand on réfléchit aux effets des différents facteurs pour établir les lois de l’économie on réfléchit en effet les effets d’un facteur ceteris paribus sic standibus pour les autres facteurs. Mais quand on compare les pays, pour comprendre les différences, il faut cesser de raisonner comme si on établit une loi causale en science, il faut raisonner en termes d’application de ces lois, donc avec l’ensemble des facteurs importants.

    Le problème de la France, c’est qu’outre réduire le facteur travail, les politiciens ont aussi pris un maximum de mesure pour raréfier le capital……

    1. Entre un éboueur à Paris et un éboueur à Yaoundé (au pif) , la seule différence viens du capital accumulé à Paris, alors même que l’éboueur de Yaoundé peut-être bien plus méritant ou bosseur, ça n’a aucune influence sur sa rémunération.

      1. @Dexter: Je suis d’accord, le capital est ce qui fait la plus grande différence. C’est d’ailleurs la raison de mon message. Mais on ne peut nier le rôle du facteur travail dans la production: enlève l’éboueur et tu obtiens une productivité de zéro. Conclusion?

    2. Vision passéiste de l’économie statique. C’est le mouvement, l’échange et la diversité qui permet la création de richesse et l’augmentation du niveau de vie.

      Avec la mutualisation des infrastructures et la virtualisation de la production, la notion de capital, purement industrielle est complétement dépassée. Un site web qui marche repose exactement sur le même capital qu’un site web qui ne marche pas. L’un produit de la richesse, l’autre non.

      1. Vision futuriste de l’économie qui a conduit aux délires de l’entreprise « fabless ». Ben non.
        Tout cela ne fonctionne que parce que l’infrastructure industrielle méga-capitalistique est en état de marche. La notion de capital n’est dépassée qu’a condition d’exister en quantité suffisante, parce que sinon, le meilleur des sites web ne pourra strictement rien vous vendre.
        Amazon et les autres investissent des milliards dans du capital bien matériel (entrepôts, robots, impression à la demande, terminaux kindle…), ce n’est pas pour rien.

        1. Le coût de production d’un T-shirt en terme de capital/bien/travail est de quelques (1 ou 2) euros.

          Les taxes et la valeur ajoutée sous ses diverses formes représente entre 50% et 95% du prix de pratiquement tous les biens qui s’échangent et je ne parle pas des services.

          La notion de capital (au sens socialiste/marxiste/étatique du terme) c’est à dire d’investissement permettant de générer le profit est complétement faussée depuis l’après guerre : l’économie dépend en énorme partie des infrastructures et des technologies (qui ne sont pas à proprement parler du capital) et du tissus économique qui permet les échanges.

          Sans la capacité d’échanger, de négocier les prix, de transporter, de rationaliser etc… la production du t-shirt, celui-ci vaudrait bien plus que 2 euros à la fabrication et peut être moins des 40 euros auquel il peut être vendu.

          C’est cette distorsion entre prix de fa

          1. C’est cette distorsion entre cout de fabrication et prix de vente qui invalide complétement la notion de capital.

            L’économie des pays développés n’est pas capitaliste, mais libérale, au sens où elle s’affranchit de la servitude matérialiste et crée de la valeur en dessus du matériel. Le capital est une considération matérialiste.

            Le capitalisme est une invention des socialistes pour taxer l’économie et défendre leurs thèses.

            http://www.institutcoppet.org/2015/02/04/qui-invente-le-capitalisme-par-michel-leter

          2. « l’économie dépend en énorme partie des infrastructures et des technologies (qui ne sont pas à proprement parler du capital) »

            Ah bon? c’est pas du capital? C’est quoi alors le saint esprit?

          3. « Sans la capacité d’échanger, de négocier les prix, de transporter, de rationaliser etc… la production du t-shirt, celui-ci vaudrait bien plus que 2 euros à la fabrication et peut être moins des 40 euros auquel il peut être vendu. ».

            Ton problème c’est que tu raisonnes très mal. Personne n’a dit qu’il n’y a pas d’autres causes que le capital. Le fait qu’une cause joue un rôle n’empêche pas d’autres causes de jouer aussi un rôle.

            Dis-voir Stéphane, ta femme tu l’aimes parce qu’elle est belle ou parce qu’elle est adorable? Ta position c’est comme de dire que si tu l’aimes parce qu’elle belle cela rend impossible que tu l’aimes parce qu’elle est adorable. Mais l’un n’empêche pas l’autre coco.

      2. « Vision passéiste de l’économie statique. C’est le mouvement, l’échange et la diversité qui permet la création de richesse et l’augmentation du niveau de vie. »

        Ton échange il n’est possible que parce qu’il y a des biens et des services à échanger, et leur quantité, elle dépend de…….*roulement de tambour*……..la productivité issue du capital.

        « Un site web qui marche repose exactement sur le même capital qu’un site web qui ne marche pas. L’un produit de la richesse, l’autre non. »

        Certes, certes, parce qu’il ne suffit pas de produire un bien ou un service pour le vendre, encore faut-il que le consommateur veuille bien l’acheter, mais cela c’est une autre question, qui est orthogonale à celle qui nous préoccupe.

        Ta comparaison n’est pas pertinente, tu compares deux sites dont l’investissement en capital est implicitement équivalent pour discuter de l’effet du facteur capital. En fait, tu raisonnes très mal: en science quand on veut analyser l’effet d’une cause, on compare un condition avec la cause et une condition sans la cause. S’il y a une différence d’effet sur le phénomène considéré, c’est que le facteur joue bien un rôle causal. La comparaison pertinente est donc quelqu’un qui essaye de vendre un service X avec le site web (avec le capital) et quelqu’un qui essaye de vendre le même service X sans le site web (sans le capital). Si le service apporte de l’utilité et que donc potentiellement des consommateurs pourront être intéressés, d’après toi qui va vendre le plus, celui avec le site web (donc avec le capital) qui peut satisfaire des milliers de clients à la fois avec un seul webmaster ou celui sans site web (donc sans le même capital) qui devra avoir un employé qui reçoit les clients à un guichet pour contracter ? Si ta réponse c’est le second un hurle de rire. CQFD……..

        D’autres remarques?

  5. « Si vous voulez faire de la politique, il faut savoir que vous aurez toujours face à vous des vendeurs de rêves. Ils ne sont pas responsables du réveil.  »

    Très jolie formule. J’adore.

  6. M. Aulnas , je vous lis toujours avec beaucoup de plaisir. Ce qui me surprend avec les socialistes c’est que le retour d’expérience ne fonctionne pas dans leur cerveau. j’y vois deux raisons. La première c’est que l’utopie de gauche est toujours supérieur à la réalité, d’où le dénie de réalité. Et la deuxième c’est que sur n’importe quel sujet économique ou problème sociétal, que ce soit dans l’actualité ou dans l’histoire ils reviennent toujours à l’analyse Marxiste qu’ils vont développer ou suggérer.

    1. Moi, je trouve que le socialisme fonctionne parfaitement en France. Je rappelle quand même que le but du socialisme n’a jamais été de créer la prospérité mais de réduire les inégalités, et donc mécaniquement de fabriquer de la pauvreté. Et je constate que cela marche très bien dans notre pays. N’oubliez pas de le rappeler à vos amis socialistes la prochaine fois qu’ils vous parlerons ultra-libéralisme.

  7. Il faut préciser que depuis des années, Bercy comptabilise dans le PIB, le « PIB non marchand » qui représente des dépenses de l’état dans des services non marchand comme la santé ou l’éducation. Et pour les comptabiliser dans le PIB national, on prend … le montant de la dépense.
    Donc depuis des années, notre seule « croissance », n’est en fait que celle des dépendes publiques dans certains secteurs. Depuis des années, nous ne faisons en fait que nous appauvrir.

    1. Vous n’avez pas bien compris.
      Déjà, ce n’est pas Bercy, c’est l’INSEE qui compte le PIB.
      Et quand vous regarder le calcul, le PIB est une différence entre ce qui a été consommé dans la production, et la valeur de la production. Et donc, prendre comme valeur de la production le montant de la dépense comme vous l’écrivez fort justement (c’est bien la convention effectivement), ça revient à dire que la contribution au PIB est de zéro.
      Ce qui est compté dans le PIB, ce sont les impôts payés. Et ça, c’est bien normal : tous les gens qui payent des impôts ont bel et bien produit ce qu’ils payent.
      La contribution du secteur publique au PIB est, selon le calculateur officiel l’INSEE, de ZERO.
      Officiellement, ce secteur produit, mais il consomme exactement la même valeur, pour un solde nul. Si ils disparaissait comme par magie, pouf, le PIB serait rigoureusement inchangé : ce qui part en impôts serait disponible pour autre chose, et tous le monde serait content…

      Le grand drame, c’est que 1/4 des actifs de ce pays sont mobilisés pour ce résultat NUL, alors que mis au travail dans le secteur privé ils produirait des centaines de milliards de PIB en plus (à la grosse louche, comptez 100 milliard de PIB par million d’employés privés, or il y a bien 1 million d’employés publics en trop), et tous nos problèmes de finances publiques seraient réglés, et du coup plein d’autres (chômage, logement, transport …)

      1. ce qui est fort amusant est d’avoir besoin de construire un pib.. ce qui conduit des gens à penser en terme de pib: à part les personnes qui se soucient de fiance publique , qui se soucie du PIB au quotidien? Il me semble qu’orior sans connaitre la definition du pib a compris le problème de la dépense publique car son inanité est évidente à démontrer.
        Ce n’est pas anodin que le langage de la macroéconomie soit si présent , est ce que ça ne traduit pas le fait que les hommes politiques veulent nous convaincre que l’économie DOIT être dirigée et donc « collectivisée »?

  8. C’est très drôle et très bien écrit, n’en déplaise aux saboteurs de la langue française. Quel dommage que ce soit si triste parce que si vrai. J’irai même plus loin. On parle régulièrement de la monnaie virtuelle. Celle avec laquelle des actionnaires peu scrupuleux jouent en bourse et s’enrichissent éhontément pendant que ceux qui travaillent mâchent du vide. Le principal intérêt des cliques au pouvoir en France me paraît être similaire. Peu importe la faillite du pays et le niveau de vie de ceux qui travaillent et auxquels ils prennent toujours plus, pourvu qu’ils se servent au passage. Donc, ils veillent à la pérennité du système. Ça s’appelle du parasitisme institutionnalisé sous couvert de démocratie. Dans un jardin bien entretenu, les parasites, on les éradique.

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