Crédit : ce qui vous attend

Publié Par Bill Bonner, le dans Économie

Par Bill Bonner

 

Il n’y a pas eu de politique « normale », de la part des banques centrales, depuis les années Nixon.
La normale, c’est une devise adossée à l’or, non à des théories économiques. Ces 2000 dernières années, ce n’est que brièvement, par épisodes, que le monde a flirté avec une devise fiduciaire, purement « papier ». À chaque fois, l’histoire s’est terminée rapidement… sur des regrets durables.

Sous l’étalon-or, le crédit vient de l’épargne.

Ainsi limités, les taux d’intérêt se tiennent généralement dans le canal des 3%-6%. Ils ne se roulent pas sur le sol du bar, au milieu des flaques de bière, des ivrognes et de la sciure.

Le vrai crédit provient d’argent qui a été épargné, extrait de l’économie de consommation pour pouvoir être utilisé pour les urgences et les investissements. Lorsqu’il est remboursé, généralement grâce à une augmentation de la production, le monde en est plus riche. En revanche, tenter de tromper l’économie avec du crédit factice, de l’argent qui n’a jamais été gagné ni épargné, c’est aller au devant des problèmes.

Selon Jörg Guido Hülsmann, du Mises Institute :

« Dans aucune période de l’histoire humaine la devise papier n’a spontanément émergé sur le marché libre. Dans tous les cas historiques connus, la devise papier est née de ruptures de contrat favorisées par le gouvernement et autres violation du droit à la propriété privée ».

Distribuer plus d’argent donne toujours un coup de pouce temporaire à l’économie. Les gens pensent être plus riches. Ils dépensent ; ils en veulent toujours plus.

Et ensuite ? Ludwig von Mises, de l’école autrichienne, l’a dit :

« Le boom ne peut se poursuivre indéfiniment. Il y a une alternative : soit les banques continuent l’expansion du crédit sans restriction et causent ainsi des augmentations de prix constantes et une orgie de spéculation sans frein — ce qui, comme dans tous les autres cas d’inflation illimitée, se termine par un ‘boom d’effondrement’ et le délitement du système monétaire et du crédit.
Soit les banques s’arrêtent avant que ce point soit atteint, renoncent volontairement à l’expansion du crédit et provoquent ainsi la crise. La dépression suit dans les deux cas ».

Êtes-vous prêt, cher lecteur ?

Pas de limite

Inutile de se presser. Parce que les banques centrales tentent de continuer l’expansion de crédit sans restriction. En d’autres termes, le robinet à sottises n’est pas près d’être fermé. Par deux fois, depuis le début du siècle, les marchés ont mis à l’épreuve la détermination des autorités. « Jusqu’où iront-ils ? » voulait savoir M. le Marché. « Quelle idiotie vont-ils commettre maintenant ? » se demandait-il.

Le président de la BCE, Mario Draghi, s’exprimait pour toutes les banques centrales de la planète lorsqu’il a assuré aux élites financières qu’il n’y aurait « pas de limite » à ce qu’il pourrait faire. Nous avons eu sept années de taux zéro aux États-Unis. Le Japon est à zéro depuis plus de 15 ans. À présent, un tiers de la dette souveraine mondiale offre des rendements nominaux inférieurs à zéro… et c’est avant inflation.

Pour la première fois depuis 2008, les entreprises américaines ont du mal à emprunter de l’argent dans le but d’augmenter les dividendes. Dans les secteurs énergétique, technologique et bancaire, les entreprises se rapprochent des défauts et des faillites.

La semaine dernière, le titre de la major pétrolière BP a perdu 10% suite à l’annonce d’une perte annuelle de 5,2 milliards de dollars. Après avoir lourdement parié sur le secteur de l’énergie, Icahn Enterprises, le support d’investissement du milliardaire Carl Icahn, a atteint son point le plus bas en trois ans… soit une baisse de 68% par rapport à son sommet de 2013.

Les cours des actions de Deutsche Bank, Credit Suisse et UniCredit, toutes de grandes banques européennes, ont été plus ou moins divisés par deux.

Folie monétaire

La Banque du Japon en est désormais à son dixième programme d’assouplissement quantitatif. Ces deux dernières années, elle a ajouté 338% à la masse monétaire du Japon (constituée des réserves bancaires et de la devise physique). Sur la même période, le revenu du ménage moyen a chuté de 7%. À présent, devant l’échec total des taux zéro, le Japon double la mise… avec une politique de taux négatifs. Le gouvernement japonais est désormais payé pour emprunter. Dorénavant, il n’y aura plus besoin d’augmenter les impôts… ni même de les prélever. Dans les faits, les emprunteurs sont désormais taxés pour stocker leur épargne chez le gouvernement.

Parallèlement, nos sources nous informent qu’une propriété des Hamptons s’est vendue pour la somme record de 110 millions de dollars. Ce serait le cinquième achat résidentiel le plus cher de l’histoire américaine. Nous ne pouvons en être certains, mais nous sommes d’avis que sa place dans le livre des records est assurée… du moins pour un moment.

Boom… krach… boom… Rien de tout ça n’est normal, sauf lorsqu’on subit un bon vieil accès de folie monétaire à l’ancienne.

Dans cette « orgie de spéculation », la limite, c’est le ciel… Jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

  1. Les hommes politiques s’en fiche du « boom d’effondrement » ou de la crise.
    En faisant marcher la planche à billet et les emprunts, ils se disent: après moi le déluge !

    Et puis quand celui-ci arrive les coupables sont tout désigné : la finance sauvage, le capitalisme, l’égoïsme des riches, l’ultraliberalisme.

    1. Ce sont les banques privées qui font tourner la planche à billets via les banques centrales qui elles aussi sont privées. Quand cesserez vous donc de dire que c’est l’état ? Croyez-vous que si l’état avait encore le pouvoir de créer la monnaie il serait à ce point endetté ?

      1. Le surendettement ou l’hyperinflation?

        Quelle est le moins pire des deux maux?

      2. Les états fixent les règles et s’arrangent pour s’endetter grace à de l’argent qui n’existe pas.

        C’est vrai qu’ensuite, c’est bien pratique de dire que les prêteurs sont des organismes privés et de critiquer ces derniers quand ils souhaitent (eux) faire du bénef. , ce qui est tout de même la base de toute entreprise.

        Fabriquer de la monnaie, permet le désendettement des etats, mais ce n’est qu’apparent, et cela fini toujours par se payer. Au final , c’est la même chose qu’emprunter.

        1. « cela fini toujours par se payer »
          Mais comme pour l’emprunt, ce n’est pas celui qui en beneficie qui le paie (dans le chef des etats)

        2. Thorgalson va surement nous dire que l’État est privé et qu’il faut nationaliser l’État…

          1. Il a cependant raison : en URSS, l’Etat appartenait au Parti. La Tcheka/NKVD/KGB était une milice privée et l’Armée rouge une armée privée.

            En France, l’Etat appartient aux apparatchiks de l’ENA et du PS.

          2. Je peux au moins ajouter que voter des budgets en déficit année après année et ce depuis 40 ans est un crime. A qui profite ce crime ? Aux banques privées qui ont le monopole de la création monétaire et donc du crédit. Il est évident que ceux qui sont à la tête de l état roulent pour ces intérêts privés et non les intérêts du peuple…

            1. Donc vous êtes contre l’endettement de l’état. Excellent.

      3. « Quand cesserez vous donc de dire que c’est l’état ?  »

        Parce que ce sont les banques qui ont édicté les règles de Bâle ?

      4. Les banques centrales sont peut être privées (il vaudrait mieux dire indépendantes), mais alors on se demande pourquoi elles font tourner la planche a billet ce qui sert surtout a acheter les bons d’état et accessoirement a sauver les banques qui servent d’intermédiaire pour acheter lesdits bons aussi a faire monter la bulle sur les actions, sans qu’il y ait le moindre effet sur l’économie réelle, sur l’emploi ou sur le niveau de vie des particuliers. Pour répondre a votre question, oui je crois que l’état serait encore plus endetté, la seule chose qui peut l’en empêcher c’est la dévaluation de la monnaie nationale, mais comme il n’y a plus de monnaie nationale il n’y a plus de frein comme on peut le voir. C’est quand même l’état qui décide du déficit via le budget, et s’il ne veut pas s’endetter il peut réduire son déficit, ce qui n’a rien d’impossible quand on voit ce qui se passe dans certains autres pays.

  2. Les analyses de Bonner sont généralement intéressantes, mais pourquoi faut-il que le style de la communication de sa succursale française donne l’impression qu’on nous prend pour des débiles , avec des relances du même tonneau ?

  3. Bonjour

    Les états s’en foutent, il y aura krach, les états diront; ‘méchantes, méchantes banques’ et les actifs seront évaporés, ainsi que les dettes des états.

    Elle est pas belle, la vie ?

    1. Mieux encore, ils pourront en profiter pour abolir le cash…
      Les taux au niveau des flaques de bière n’a pas fonctionné, il faut aller encore plus bas.

  4. Cette obsession pour l’or est curieuse. Ce qui est dommageable c’est de créer de la monnaie sans contrepartie. Si la contrepartie est un nouveau moyen de production résultat d’un investissement à partir d’un pret, la création monétaire est saine. S’il n’y a pas de contrepartie autre qu’une promesse d’un état de rembourser l’avance que lui a consenti une banque en achetant ses OAT, alors il y a problème.
    La partie malsaine de la création monétaire est celle correspondant aux obligations émises par les états. Contrairement à ce que pensent certains intervenants, ce sont bien les états et non les banques qui sont responsables de cette création monétaire excessive.

    1. « Ce qui est dommageable c’est de créer de la monnaie sans contrepartie. »

      Tout comme ce qui est dommageable avec l’étatisme, c’est la mauvaise gestion, l’abus de pouvoir…

    2. Oui ce sont bien les états qui sont responsables de cette création de « monnaie » qui a en contrepartie les créances des États et ce sont bien les États en particulier la France et les francais qui sont responsables de l endettement abyssal et incapables de réduire ses dépenses (ou s opposant à réduire leurs avantages) faute de prendre ou d accepter les mesures nécessaires pour arrêter l hémorragie en distribuant et recevant des prestations complètement démesurées et inaptées à notre époque. Il faut revoir et réformer toutes les prestations et conserver les revenus (salaires, retraites…) aux personnes qui travaillent ou l on fait suffisamment longtemps et régulièrement et conserver les aides aux plus démunies qui ne peuvent plus ou pas travailler

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