L’occupant intérieur fait de plus en plus de dégâts

Publié Par h16, le dans Édito

Je le soulignais dans un précédent billet : il devient de plus en plus difficile de distinguer l’actuelle administration française d’une force d’occupation intérieure au pays. Et à mesure que le temps passe, les habitudes (surtout les mauvaises) s’installent et le nombre d’affaires iniques dont cette administration se rend coupable, directement ou indirectement, augmente inexorablement.

Et ces mauvaises habitudes, on commence à les connaître.

On a évoqué le gold plating dans un précédent article, cette pratique assez typiquement française qui consiste à ajouter une surcouche épaisse de contraintes spécifiquement nationales à des normes déjà contraignantes produites dans le cadre de l’Union européenne.

J’avais pris l’exemple des normes concernant les équipements de protection et notamment leur volet pour les motards, je pourrais aussi m’attarder sur les histoires de cerises : la France, seule, a décidé d’interdire un insecticide par ailleurs autorisé partout en Europe, insecticide qui permet de contrer une drosophile particulièrement agressive sur les cerisiers. En définitive, les cerises françaises deviendront rares et très chères, en concurrence avec les autres cerises européennes. Les exploitants français ne pourront faire face et périront finalement d’une norme bien trop stricte, au prétexte qu’on aura voulu protéger un consommateur mais qui survivra très bien partout en Europe.

À ce gold-plating assez destructeur en lui-même, il faut ajouter la tendance naturelle et parfaitement indépendante des institutions européennes de créer aussi de la norme bien française, qui sent bon le terroir et le cerfa artisanal aux odeurs de tampon frais.

Et moyennant le déclenchement régulier d’une avalanche de normes plus ou moins contraignantes sur les entreprises, les commerces et les artisans, on arrive assez facilement à enfouir de plus en plus de vaillants entrepreneurs. Après tout, ce n’est qu’une question de volonté et de quantité produite de formulaires aux dizaines de petites cases à cocher absconses, et alors, même des entreprises centenaires finissent par calancher pour de bon.

bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !

C’est ainsi qu’on découvre, pas du tout surpris, qu’une fabrique artisanale de cierges et de bougies, installée à Poitiers depuis 280 ans – ce qui nous ramène avant la révolution française, toute de même – va bientôt fermer ses portes définitivement.

Oh, bien sûr, les éternels optimistes et autres chantres de l’État fort s’empresseront de noter que cette fermeture doit beaucoup à la mondialisation, celle qui provoque des boutons paradoxaux chez les collectivistes internationalistes, et qui autorise la vente de cierges et de bougies à un prix inférieur aux coûts de fabrications des mêmes produits artisanaux français.

Mais on ne pourra pas complètement cacher les remarques amères de l’actuel gérant qui jette l’éponge devant les normes invraisemblables qu’on lui impose : terminal de paiement électronique, rampe d’accès pour les handicapés, bref, la mise aux normes de la boutique (« Et la sécurité de la cire stockée sur place, hein, z’y pensez, à la sécurité de la cire ? Inconscient ! ») coûte si cher que la fermer devient économiquement logique.

À ces normes d’une administration ubuesque et en roue libre, on ajoutera les coûts toujours plus grands du personnel, ainsi que l’explosion des cotisations tant salariales que patronales, et les incessantes gaffes, bévues et boulettes d’un RSI (régime social des indépendants) dont le seul but réellement atteint semble être celui de soutirer de l’argent à tous, par tous les moyens, pour en faire un usage duquel cotillons, confettis et champibulle ne sont pas suffisamment écartés.

Et là encore, très concrètement, cela se traduit de façon presque mécanique par… des faillites de sociétés, des fermetures de commerces et des abandons d’entrepreneurs qui n’en peuvent tout simplement plus de servir de vache à lait à l’occupant intérieur :

Le chiffre d’affaires est correct mais les charges plombent. Je préfère stopper mon activité avant d’aller dans les embrouilles.

Parce que les embrouilles, on devine quand ça commence, mais on ne sait jamais quand ça s’arrête. Et cela peut aller très très loin. Cela peut se terminer sous un pont, comme en témoigne l’aventure inique de cette jeune chef d’entreprise relatée dans cet article. Et le pont n’est pas ce qui peut arriver de pire. Combien d’artisan, luttant contre un Léviathan sans oreille, sans visage, et sans pitié, aura choisi d’en terminer définitivement avec leur existence ?

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Mais voilà : l’occupant intérieur, ce tandem fou composé d’une administration inhumaine pilotée par des politiciens occupés par leur seule réélection, il n’en a rien à faire des misères, des destructions et des catastrophes qu’il laisse dans son sillage. Pour lui, il faut tenir, toujours un peu plus fort, toujours un peu plus longtemps. Quand il crée un problème, l’occupant intérieur s’affiche comme seul capable de le résoudre. Il l’aggrave, s’emporte, ajoute une couche aux surcouches épaisses des conneries déjà faites. L’avalanche prend des proportions bibliques. Il panique et… rajoute quelques lois, normes, règlements et cotisations pour compenser la catastrophe.

Le taux de chômage du pays devrait l’alerter. L’occupant intérieur n’en a que faire. Et puis, après tout, plus de chômeurs, ce sont plus d’individus qui dépendent directement de son bon vouloir, à lui.

L’explosion du nombre d’expatriés devrait lui faire comprendre qu’il fait n’importe quoi. L’occupant intérieur s’en fiche complètement. Ceux qui s’en vont sont ceux qui sont précisément les moins manipulables, les plus autonomes. L’occupant intérieur, en définitive, a surtout besoin de brebis dociles, pas d’individus autonomes et libres penseurs.

L’occupant intérieur est fou, mais il n’est pas stupide. Ces chômeurs, ces expatriés , ces faillites, ces renoncements toujours plus nombreux, ce n’est pas un hasard, c’est presque une stratégie pour conserver le pouvoir. Sur le long terme, en fabriquant fonctionnaires et chômeurs, la machine court bien sûr à sa perte. Mais sur le court terme, la corne d’abondance continue de débiter. Pourquoi s’arrêter ?

Alors, comme la grogne, avec le chômage, les faillites et les renoncements, monte, l’occupation devient de plus en plus tyrannique. Elle use de façon croissante de la force. Gendarmes par-ci pour arrêter un dangereux artisan qui ne paye pas ses charges (les trafiquants de drogue des cités ne sont pas trop bousculés, eux), par-là pour choper de la grand-mère qui bidouille du bingo. Etat d’urgence pratique pour faire taire les dissidences agaçantes. Etc…

Et dans cette évolution, le plus triste n’est même pas cette montée en force, mais bien le fait que l’occupant intérieur ne rencontre aucune résistance, ou une résistance minuscule. Pire que tout, dans une sorte de syndrome de Stockholm, le pays presque entier collabore, parfois joyeusement : les occupés, tout compte fait, en veulent plus ! Parce que peut-être qu’à force de grossir, l’occupant intérieur pourra englober tout le monde ? Que chacun pourra en croquer ?

Ce pays est foutu.

« Il suffit que les hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe. »
Edmond Burke

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Sur le web

  1. La France c’était avant, maintenant nous sommes en Phrance gouvernés selon la nouvelle ortografe poar des Kons.

    http://www.monbestseller.com/manuscrit/radars-et-justes-sanctions-texte-integral

    1. Dans la même lignée, en supprimant l’accent circonflexe on réduit la hauteur moyenne des lettres du mot chômage…donc on réduit le chômage 😀

    2. A la limite ça on s’en fiche, les langues évoluent avec le temps et la langue française n’est pas une exception.
      A part les vieux, les académiciens et autres minorités tout le monde s’en moque, ou presque.

      1. C’est sur que si les bac+5 écrivaient comme des enfants de primaire qui n’ont aucune maîtrise de l’orthographe, ça ne devrait déclencher aucune alerte, aucune prise de conscience.

        Après tout, ce n’est pas comme si le bac lui même ne ressemble plus du tout à celui des années 80 en termes d’exigence. Y a comme qui dirait une corrélation entre les niveaux d’études réelles et les niveaux demandés à l’embauche (autrefois bac, puis bac +2 maintenant bac+5 rien que pour avoir un début de considération pour le recrutement en CDI).

        En rabotant à chaque année les programmes scolaires (un chapitre par-ci, un autre par là) pour coller aux 80% de « success », on fabrique des cohortes de futurs chômeurs en puissance.

  2. Le fait même de parvenir à gagner sa vie est un acte de résistance, désormais…

    1. De gagner sa vie sans verser un sou à l’ogre, sinon ce n’en est pas un.

  3. Alors je suis un homme de Bien qui prend grand plaisir à ne rien faire, par pur plaisir de contempler la France sombrer. Quel régal de voir l’orgueil rattrapé par la réalité.

  4. Je serais curieux d’avoir les chiffres complets de l’expatriation depuis 2013, ça doit être énorme. Car toi ce qu’on a ce sont le nombre d’inscrits en ambassade, opération non obligatoire.

    Que le pays ait eu une croissance de 1,1% et 1,3% cette année est limite un miracle avec toutes ces entraves.

    1. Akashi : pas un miracle, juste un cauchemar avec encore peu plus de dettes pour faire grossir le PIB non marchand, plus de fonx et plus de dépenses … Le secteur marchand est en récession …

    2. On n’a pas encore les chiffres révisés…et l’essentiel de cette « croissance » provient d’une aumentation massive de la part des dépenses de l’Etat. Ce qu’il faut regarder, c’est la croissance du PIB marchand…

      1. Je le sais bien. Ce que je veux dire c’est que je suis surpris que la dépense publique puisse encore compenser à ce point la récession du secteur privé.

        Enfin peu importe, je plains les jeunes (comme moi) qui resteront en France (pas comme moi) et vont devoir subir le chômage et les petits boulots, vont recevoir de moins en moins d’aide sociale, devront payer des impôts élevés par la suite, n’auront qu’une retraite ne permettant pas une vie digne..etc..

        Je suis un optimiste mais pour que la France se relève il faudra un effort herculéen.

      2. Face de Rat Tisseur

        Et la, c’est la piste … noire ! A nous les émotions fortes… Yipiiiiiiiiiiiiiiiiii !

    3. J’ai lu que sur cette croissance, 1% était dû au prix du pétrole + les taux d’intérêt + l’euro faible…

      1. Ce qui est assez extraordinaire, c’est d’avoir 1% avec un pétrole aussi faible.

        1. Le prix du pétrole est faible, pas celui du carburant à la pompe.

          1. + de 60% de taxes je crois…

            1. Mais l’Etat déteste quand les prix baissent car cela signifie pour lui moins de TVA ( 142 milliards en 2014 2 fois plus que l’impôt sur le revenu : 72 milliards ) .
              Mince , comment va t-il faire pour continuer sa politique d’assistanat séculaire et coûts inhérents aux  » nouveaux touristes de longue durée  » ! Sacrebleu !

              1. Je viens de vérifié : entre 65 et 67% de taxe pour l’essence .

                1. vérifieR !

  5. La ripouxblique ressemble de plus en plus à une vieille prostituée édentée qu’un ignoble maquereau s’évertue à proposer aux michetons que sont les français. Et y z’y viennent et reviennent ! Ils n’auront que ce qu’ils méritent : une bonne chtouille …

  6. Certes, mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.

  7. L’Adminstration pourrait être bénéfique si ses patrons étaient choisis pour leurs compétences et non pas sur des critères de docilité voire de « copinage ». C’est donc le concours qui doit redevenir la règle et l’aptitude au métier qui doit être le critère. Autant dire que le concours doit être ouvert à tous et que même les énarques devraient passer un concours réel axés sur des cas eux aussi réels. Quand aux missions elles doivent redevenir « simples » (et éviter de se mêler de tout). Pour ce qui est des contraintes supplémentaires à celles publiées par Bruxelles (c’est les pays membres qui définissent les contraintes au niveau bruxellois) elles procèdent donc de la bêtise (pour faire mousser quelques abrutis ce qui leur permet d’exister).

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