Canada : et si Bombardier échouait ?

Et si au lieu de renflouer Bombardier aux frais du contribuable, on le laissait faire faillite comme pour n’importe quelle entreprise ?

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Bombardier C-Series CS100 FTV2 First Flight C-GWYD 50002 credits Patrick Cardinal (CC BY-NC-ND 2.0)

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Canada : et si Bombardier échouait ?

Publié le 3 février 2016
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Par Mathieu Bédard.
Un article de l’Institut économique de Montréal.

Bombardier C-Series CS100 FTV2 First Flight C-GWYD 50002 credits Patrick Cardinal (CC BY-NC-ND 2.0)
Bombardier C-Series CS100 FTV2 First Flight C-GWYD 50002 credits Patrick Cardinal (CC BY-NC-ND 2.0)

On s’attend à ce que le gouvernement fédéral réponde sous peu à la demande de Bombardier pour un énième soutien financier, alors que le gouvernement du Québec a déjà contribué 1,3 milliard de dollars pour le programme CSeries, et la Caisse de dépôt et placement du Québec 2 milliards.

Des analystes tentent de convaincre l’opinion publique et le gouvernement fédéral que prêter plus d’argent des contribuables à Bombardier permettrait de résoudre les problèmes de l’entreprise.

Il y a toutefois une alternative à l’intervention du gouvernement qui semble avoir été complètement exclue du débat : si ça devait un jour être nécessaire, laisser nos lois sur la faillite prendre soin de Bombardier plutôt que de lui donner toujours plus d’argent. L’échec des négociations avec Airbus en septembre dernier permettait en effet de croire que la compagnie se trouvait en situation de détresse financière, du moins avant l’intervention du gouvernement québécois. Sans l’aide financière du Québec et de la Caisse de dépôt, il semble qu’il n’y aurait pas eu suffisamment de revenus anticipés chez Bombardier pour compenser son immense dette.

La direction de Bombardier mise sur l’impression générale que l’entreprise est too big to fail, qu’elle est trop importante pour qu’on la laisse disparaître. Bien qu’elle soit certainement grosse – probablement trop pour son propre bien – une faillite ne serait pas aussi dramatique que certaines personnes semblent le penser, et surtout ça ne signifierait pas que le Québec perdrait son « joyau » industriel.

Le principe de la faillite et son fonctionnement restent mystérieux pour beaucoup de gens, même parmi les fonctionnaires et les économistes. Le fait est qu’une faillite n’est pas synonyme de la disparition d’une entreprise, surtout quand il s’agit d’entreprises de la taille de Bombardier.

Tout d’abord, il doit être clair que la faillite ne fait pas disparaître les emplois du jour au lendemain, ou même, dans de nombreux cas, elle ne les fait pas disparaître du tout. Le but principal du processus de faillite est en fait de permettre à l’entreprise en difficulté financière et à ses créanciers de se mettre d’accord sur un plan pour la revaloriser et la remettre sur les rails de la rentabilité.

Il y a deux grands types de plans. Dans le premier, la restructuration, l’entreprise reprend ses activités en changeant son plan d’affaires. Dans le deuxième, la liquidation, l’entreprise est démantelée et vendue, une procédure qui peut parfois s’étaler sur plusieurs années. Quelque part entre ces deux extrêmes, les entreprises en faillite cèdent parfois des départements entiers à des concurrents, avec peu ou pas de pertes d’emplois.

La faillite de Lehman Brothers en 2008 en est un bon exemple, où un département important a été rapidement vendu à Barclays pour éviter de perdre le précieux personnel et les clients. Dans ce cas, les parties concernées par la faillite et les juges ont convenu que c’était la meilleure façon de maximiser la valeur de Lehman Brothers et de mieux servir les intérêts de toutes les personnes impliquées. Quelque chose de semblable pourrait se produire si nous devions laisser Bombardier faire faillite : un changement de nom et de propriétaire pour certaines de ses activités, avec des emplois bien rémunérés toujours en place.

La liquidation est peu probable pour une entreprise de la taille de Bombardier. Sa taille la rend plutôt candidate à la restructuration, où l’entreprise reste entière, mais change ses façons de faire. La direction est alors dans l’obligation de mettre au point un plan qui permettra de convaincre les créanciers que l’entreprise peut redevenir viable, de sorte qu’ils puissent espérer être un jour remboursés.

Les actifs de Bombardier, dont des machines conçues sur mesure, une main-d’œuvre spécialisée et le savoir-faire pour exploiter les brevets et modèles, pour ne citer que quelques exemples, sont susceptibles d’avoir beaucoup plus de valeur s’ils restent ensemble que s’ils sont vendus séparément. Bombardier ne disparaîtrait donc probablement pas dans une faillite.

Ce qui arriverait certainement, en revanche, est que ses nouveaux propriétaires et sa nouvelle direction seraient plus efficaces et arrêteraient de gaspiller les ressources. Un Bombardier post-faillite créerait probablement de la richesse, plutôt que d’être un fardeau pour les finances publiques.

Une citation qui a beaucoup circulé dans la foulée de la crise financière de 2008 est que « le capitalisme sans la faillite est comme le christianisme sans l’enfer ». Bien qu’il y ait là une certaine vérité, nous devons être prudents dans la façon dont nous décrivons la faillite. Elle n’est pas une question de punition, mais un processus de règlement des différends visant à protéger les droits et les intérêts de toutes les personnes impliquées. Dans le cas de Bombardier, elle mettrait fin à l’interminable cycle des plans de soutien gouvernementaux.

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  • Et si nous regardions la SNCF avec le même angle de vue?

  • On peut de demander pourquoi cette entreprise avec son nouveau CS100, a foncé , tête baissée, dans un créneau, certes porteur , mais dont les têtes de gondole sont le B737 et l’A320 .
    Ces deux « Kolossaux » concurrents sont de plus d’excellents produits qui n’ont plus rien à prouver.
    Cette tactique commerciale était suicidaire.

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