La Silicon Valley va-t-elle rendre votre médecin inutile ?

Publié Par Laurent Alexandre, le dans Sciences et technologies

Par Laurent Alexandre

 

Après un tweet musclé publié le 30 septembre, Luc Ferry a déclenché une violente polémique avec le corps médical :

« Un médecin se vante d’ignorer ce que signifient les “NBIC”. Honnêtement, il ferait mieux de retourner à la fac ou de changer de métier… »

Ils ont été nombreux à répliquer virilement, agacés par le ton de l’ancien ministre de l’Éducation nationale.

« On peut être un bon médecin et ignorer la signification de NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) »,

lui ont répondu certains docteurs. Pas du tout intimidé, il a relancé la polémique :

« Tant que nos médecins ignoreront les nouvelles technologies NBIC, nous serons en danger. La formation continue est un devoir, pas un luxe ! »

Certes, les propos de Luc Ferry étaient un peu vifs. Mais sur le fond, il est inquiétant que les médecins présents sur Twitter – a priori les mieux informés – ignorent la grande révolution technologique à l’œuvre ; et étonnant que les philosophes soient plus en avance qu’eux dans la compréhension du tsunami qui se prépare. Dans un premier temps, le plus grand danger n’est pas tant pour les malades que pour les médecins eux-mêmes. En effet, les NBIC et notamment la génomique vont redistribuer le pouvoir médical.

Le pouvoir médical passera aux mains des concepteurs des logiciels

D’ici à 2030, plus aucun diagnostic médical ne pourra être fait sans système expert. Il y aura un million de fois plus de données dans un dossier médical qu’aujourd’hui. Cette révolution est le fruit du développement parallèle de la génomique, des neurosciences et des objets connectés.

Aujourd’hui, une appli iPhone réalise aussi bien que les médecins le diagnostic des cancers de la peau à partir de photos réalisées avec l’appareil. Avant 2020, aucun dermatologue n’égalera ce type d’applications, dont le coût sera inférieur à 1 dollar. Des pans entiers de la médecine vont ainsi basculer hors du champ de la décision humaine. L’éthique médicale ne sera plus le produit explicite du cerveau du médecin : elle sera produite plus ou moins implicitement par le système expert. Le pouvoir médical et éthique passera aux mains des concepteurs des logiciels.

Pourtant, les médecins ignorent la redistribution des cartes à l’œuvre au profit des géants du net : les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), IBM et Microsoft seront les maîtres de cette nouvelle médecine. Au lieu de se moquer des technoprophètes comme Luc Ferry, les médecins feraient bien de structurer leur riposte.

La manipulation du génome humain sera opérationnelle avant 2025

Le séquençage ADN est le premier moteur de cette évolution : l’analyse génomique d’une seule tumeur exige, par exemple, le traitement de 20 000 milliards d’informations. Et, derrière la lecture de l’ADN, arrive sa manipulation. Ces derniers mois, les technologies d’édition du génome ont fait de grands progrès, et les premières manipulations génétiques d’embryons humains ont débuté.

Une équipe chinoise a publié, le 18 avril, des modifications génétiques sur 86 embryons humains, destinées à corriger une mutation responsable d’une maladie du sang, la bêta-thalassémie. Le 5 octobre, l’équipe de George Church, à Harvard, a publié la manipulation réussie de 62 gènes sur des cellules de cochons, pour permettre la transplantation de leurs organes chez l’homme.

Cette expérimentation a impressionné la communauté scientifique par le nombre de gènes modifiés simultanément. La manipulation du génome humain sera parfaitement opérationnelle avant 2025 et n’aura aucune limite technologique. Les médecins ont tort de s’insurger contre Luc Ferry qui les invite à suivre ces sujets qui vont transformer leur exercice.

Comme toujours, les groupes sociaux n’anticipent pas les ruptures technologiques. Kodak n’a pas cru à la photo numérique. Microsoft n’a pas cru aux smartphones. Les taxis n’ont pas vu arriver Uber. Les médecins ne voient pas que le déferlement des NBIC et des GAFA va fracasser leurs certitudes.

Aucun médecin n’a jamais voulu tuer la mort, Google oui  !

Le corps médical n’est pourtant pas à blâmer. Si Kodak, avec ses milliers d’ingénieurs et de prospectivistes, n’a pas vu arriver la photo sur smartphone et en est mort, pourquoi exigerait-on de médecins isolés chacun dans leur cabinet qu’ils lisent dans le futur ? Il est vrai que l’entrée de Google et des transhumanistes dans la santé est un choc inattendu pour le corps médical, un changement radical de perspective.

Les dirigeants de Google prônent l’adoption enthousiaste des NBIC, qui deviennent le cœur de l’économie mondiale, pour changer l’humanité. Aucun médecin n’a jamais voulu tuer la mort, Google oui ! Max Weber expliquait : « La révolution n’est pas un carrosse dont on peut descendre à volonté. » C’est également vrai pour celle des NBIC. Nous, médecins, sommes des petits-bourgeois qui ne voient pas arriver les révolutionnaires de la Silicon Valley. Cette révolution va nous balayer.

Sur le web

  1. Il y a beaucoup à dire sur certains médecins, mais il est un peu tôt pour leur reprocher de passer plus de temps à s’intéresser aux personnes que sont leurs patients qu’aux préconisations de politiciens et de vendeurs de logiciels et d’espaces publicitaires quant à ce qu’ils devront faire demain.
    Aujourd’hui, les médecins font, inutilement :
    – de la bobologie,
    – de la paperasse,
    – du parcours de soins,
    – globalement de l’alibi pour que le patient obtienne des prestations de la sécu et de la mutuelle qu’il finance à des coûts démesurés plutôt que de payer une véritable assurance santé.
    Commençons donc par rétablir un fonctionnement financièrement sain des assurances santé.

    Ensuite, nous pourrons réorganiser les techniques de soins, et rendre au médecin le rôle qu’il n’aurait pas dû perdre, celui de modifier les protocoles pour les adapter au cas particulier de chaque patient. Nous sommes en train de crever à cause de ces protocoles systématiques, qui se prêtent à l’automatisation et à l’informatisation, et surtout servent de parapluie en cas de problème. Les NBIC (rien que l’abréviation sent le lobbying plus que le désir de soigner) vont permettre d’augmenter les dépenses de santé, d’excuser les erreurs de diagnostic et de traitement, et de continuer à réduire l’espérance de vie en élaguant tous ceux qui ont le malheur de ne pas ressembler au patient médian.

    1. Vous êtes trop bon avec l’auteur!

      Ce « touche à tout » n’avait-il pas déjà suffisamment d’occupations comme urologue professionnel et consciencieux(comme j’ai tenté de l’être)? Mystère!

      Franchement, il ne m’est pas venu à l’idée de faire des études d’HEC, ni d’acquérir un « Master of Business » après ma spécialité, mais à chacun ses objectifs, les miens n’étaient pas le commerce! Lui, il fonde une société-conseil spécialisée dans la « mutation » écologique et socio-économique face au « changement climatique » et à la « raréfaction des ressources »…, « A2D Conseil ». Il poursuit (1995) avec une start up qui n’existe plus: <>

      Et comme je n’adorais pas l’administration qui m’a « bouffé » un temps précieux à des fins ridicules, je ne suis évidemment pas devenu « Énarque »!

      Je suis plutôt favorable à une bonne vulgarisation médicale (en épargnant les personnes à tendance hypocondriaque): les gens sont bien plus compétents dans leurs « droits à la prise en charge par la sécu » de les divers soins, cure thermale, prix de la consultation de nuit … qu’à l’emplacement ou la fonction de leur pancréas ou leur canal cystique! « Doctissimo » répond-il à leurs besoins et leurs attentes (alors qu’on peut y lire de ces « trucs »!… à côté de témoignages utiles!)? Enfin, sur un prix de vente de 139 M€, il a quand même fait 119 M€ de plus value en 7 ans (J’aurais dû faire HEC!)

      Bon, il pense à sa boutique et a investi majoritairement (dans une entreprise belge de séquençage d’ADN qu’il achète par sa société (68%) et lui-même (28%).

      Histoire de ne pas se faire oublier, il possède 28% du capital de « La Tribune ».

      Ce « Collègue » et « Confrère » (?), très soucieux du bien du patient et très proche de lui, a, manifestement, bien compris la richesse du « colloque singulier » entre le patient et son médecin et la confiance qui les unit dans le combat contre la maladie?

      Personnellement, ce que mon métier m’a appris, c’est qu’en médecine, comme souvent dans d’autres domaines, la vérité est statistique et donc jamais sûre à 100%: difficile de croire qu’une succession de probabilités puisse aboutir à autre chose qu’une autre probabilité globale: une aide, certainement, une décision définitive, j’en doute sérieusement! En médecine comme ailleurs, plus on en sait, plus on se pose de questions!

      Et le patient, il en dit quoi?

      Quant au fait de connaitre la signification de multiples acronymes imbéciles, je me suis toujours demandé si ils n’étaient pas créés pour cacher la vérité qu’ils recouvraient ou même les seuls termes de l’appellation d’origine! Il suffit de faire un quizz, à plusieurs, pour s’en rendre compte!

      1. Merci pour ce commentaire de valeur que je ne saurais plusser car je ne suis pas médecin mais qui traduit exactement le fond de ma pensée.

        Faisant partie des « personnes à tendance hypocondriaque », je fuis de plus comme la peste les sites tels que « Doctissimo ». Du coup, je me demande si par « sécurité » le système expert ne va pas être hypocondriaque à la place des patients et l’entrainer dans des suites d’analyses stressantes, invasives et couteuses. (Il me semble que même sans système expert, c’est un problème pour les généralistes).

        Car au final ce sont les indispensables quelques minutes de l’expert qui doit trancher qui coutent très cher (même si c’est l’état qui paye …). Et encore plus cher si on lui rajoute quelques années d’études pour apprendre les NBIC et l’utilisation des systèmes experts. La technologie est formidable, et d’autant plus si elle permet de soigner. Mais en avons-nous les moyens – alors que pour faire des économies on renvoie parfois des personnes seules et ayant perdu toute autonomie mourir chez elles en soins palliatifs sans leur demander leurs avis …

      2. « Et le patient, il en dit quoi? »

        Qu’il faut se méfier des délires googliens !!! 😛

      3. La puissance cérébrale d’un médecin est faible, très faible. Ce n’est pas parce qu’on a fait 9 ou 11 ans d’études qu’on est une tête. D’autre part, ce n’est pas lors d’une consultation de 5 minutes qu’on peut prendre le temps de vraiment réfléchir à des problèmes complexes.

        Laurent Alexandre et Luc Ferry ne disent pas que les médecins vont avoir besoin de se mettre aux NBIC comme ils devraient se mettre à l’informatique. Ils disent que les médecins vont bientôt être inutiles ou relégués au rang d’infirmières.
        Et je m’en réjouis personnellement car dès qu’il s’agit d’autre chose qu’un rhume, les médecins ne savent pas poser de diagnostique.

        Mikylux, je vous remercie de souligner la réussite économique de Laurent Alexandre, il m’impressionne toujours! Les socialistes n’aiment pas ça, la réussite.

  2. Si la méconnaissance des technologie du net est évidente chez de nombreux médecins, celle de leurs missions et rôle l est tout autant chez les spécialistes du net et des nouvelles technologies
    La technologie aura une place grandissante dans les spécialités techniques ou à forte utilisation du raisonnement déductif utilisant les tiroirs pour un diagnostic
    Par contre pour la majorité des médecins leur rôle principal de suivi de maladie chronique d accompagnement , de bilan de situation médico social ne sera pas modifié par les technologies
    Elles seront incluses bien sûr comme aide mais aussi dans la prise en charge
    Par exemple il semble difficile pour un Medecin de ne pouvoir aider un patient à rechercher des infos valides sur le net, mais le cœur de métier de la relation Medecin patient ne sera pas remplacer par la technique et si il l était ce ne serait pas une autre médecine mais pas de médecine

  3. Cher confrère,
    Votre article est intéressant . Oui “la manipulation du génome humain sera opérationnelle un jour prochain“ et représentera une révolution thérapeutique, mais dire que “plus aucun diagnostic médical ne pourra être fait sans système (logiciel) expert“ est une utopie de chirurgien.
    Au mieux, ils serviront d’aide au diagnostic. Dès aujourd’hui, de nombreuses banques de données et logiciels sont imposées, vendues avec du matériel d’investigation fort coûteux avec des résultats que l’on dira….. rigolos.
    Pourquoi, parce aucun être humain est identique à un autre, parce un logiciel ne peut travailler que sur une banque de données et qu’aucune banque de donnée, aussi large soit-elle, n’établira autre chose que la comparaison à un standard qui n’existe pas.
    Rien ne remplacera la clinique.
    L’humain n’est en rien comparable à un jeu d’échec, ni à celui d’un jeu de Go.

    1. Il ne suffira pas à une IA de connaitre l’intégralité des variations humaines, il suffira à l’IA d’être juste un peu meilleur que l’homme.

      Et elle y arrivera.

      1. Un système expert n’est pas entièrement autonome, il fonctionne de manière interactive et sert d’assistant au clinicien dans l’établissement de son diagnostic. Comme l’a dit Dr.niide : « La technologie aura une place grandissante dans les spécialités techniques ou à forte utilisation du raisonnement déductif utilisant les tiroirs pour un diagnostic ».

        Même dans un domaine où le raisonnement déductif est à sa place exclusive, on fonctionne de la sorte : je veux parler de la preuve automatique de théorèmes mathématiques; et ce n’est pas près de changer. 😉

        1. Un système expert n’est pas entièrement autonome, il fonctionne de manière interactive et sert d’assistant au clinicien dans l’établissement de son diagnostic

          Pour moi, ce sera la première étape.
          La seconde sera sans le clinicien, bien évidemment.
          Etant donné qu’ils seront développés pour ça, alors ils finiront par faire la tache mieux que l’homme. Est ce que les médecins d’aujourd’hui sont déjà formé pour travailler en collaboration avec les machines ?
          http://singularityhub.com/2016/01/18/digital-diagnosis-intelligent-machines-do-a-better-job-than-humans/

          Et des la première étape, ça pourra renvoyer tous les pharmaciens d’officine au chômage.

          A l’avenir, quand un smartphone dira à son propriétaire : va faire une radio, et que le médecin répondra que c’est surement psychologique, pas de quoi s’inquiéter … l’humain va vite perdre de la crédibilité par rapport à la machine. 450.000 erreurs médicales par an, en France ?

          Effectivement, les systèmes aujourd’hui sont loin d’être autonome, mais ils sont également dépourvu d’ego et de préjugés. Et ça, à l’avenir, ce sera un sacré avantage.

          Pour moi, ce type à raison. Il y va peut être un peu fort sur les dates, mais c’est un évangéliste dans ce domaine, alors.

          1. Les conseils du smartphone, ça va pour l’automédication pour des bobos, mais pas pour une vraie consultation. Si le patient perd confiance dans le médecin humain et suit le smartphone, ce sera la simple confirmation de la préférence française pour la prescription d’examens et de médicaments inutiles.
            Mais vous soulevez effectivement le problème des traitements à effet placebo et des traitements psychiatriques. Comment une IA va-t-elle construire sa crédibilité ?

            1. Je pense que les « vraies consultations » pour les rhumes pourraient être facilement évitées. il y a tout un ensemble de « vraies consultations » dont on pourrait vraiment se passer. Que d’économies !

              Les premiers tests avec les systèmes experts (Watson pour ne pas le nommer) coûtent moins cher que les humains, car il diagnostique mieux et prescrit mieux : http://arxiv.org/abs/1301.2158

              Pas la peine de tout automatiser pour rendre l’ensemble vraiment compétitif. Mais de ce qui restera à l’humain, tout ne sera pas forcément à la charge d’un médecin.

               »
              ce sera la simple confirmation de la préférence française pour la prescription d’examens et de médicaments inutiles
               »
              2 choses.
              On parle du médecin français face aux NBIC, certes.
              Mais quand tu parles du patient qui consultera son smartphone, tu parles du monde la. Donc la préférence française sur les examens inutiles est … inutile.

              Les NBICs se visent justement de baisser les coûts de prises en charge des patients : diagnostiquer plus tôt pour éviter de coûteuses complications.

          2. @Koriaendre : « La seconde sera sans le clinicien, bien évidemment. »

            Et cette seconde étape arrivera en même temps que le Grand Soir des communistes : c’est beau de rêver ! 😛

            Déjà que lorsque n’intervient que la méthodologie strictement déductive cela relève de l’utopie (voir le lien que j’ai donné précédemment qui représente l’état de l’art en la matière), alors quand il faut combiner l’induction et la déduction…

            Un article en français sur un domaine où la recherche de preuve – et de certitude – n’empreinte rien à la connaissance expérimentale : un ordinateur pour vérifier les preuves mathématiques.

            1.  »
              Et cette seconde étape arrivera en même temps que le Grand Soir des communistes : c’est beau de rêver !
               »

              Non, je constate simplement que ce qui était impensable il n’y a pas si longtemps s’approche de la réalité.
              http://singularityhub.com/2015/12/31/printable-organs-are-closer-than-ever-thanks-to-three-bioprinting-breakthroughs/

               »
              Déjà que lorsque n’intervient que la méthodologie strictement déductive cela relève de l’utopie
              alors quand il faut combiner l’induction et la déduction
               »

              Pourquoi cela relève t il de l’utopie ? Ne serait ce pas à cause d’un ensemble de biais intellectuels, lacunes et besoins biologiques ? (comme la fatigue décisionnelle http://www.atlantico.fr/pepites/decisions-fatigue-coherence-psychologie-efficacite-167912.html).

              On en revient à un problème plus globale : la pensée peut elle être mise en boite ?
              Pour moi, oui. On y est pas encore, mais on progresse.
              Est il nécessaire d’être aussi performant qu’un cerveau humain pour obtenir un résultat déductif meilleur qu’un humain ?
              Pour moi, non. Le cerveau est fantastique, mais il trimbale tout un héritage de l’homme des cavernes.

          3. Une médecine entièrement automatisée, sans aucune intervention d’acteurs humains! Mais c’est le rêve de notre Etat obèse et omniscient! Une organisation de santé entièrement à la botte de l’Etat pour le bonheur de tous bien sûr. Evidemment, seul un esprit paranoïaque pourrait imaginer que l’Etat puisse être tenter d’agir sur certains curseurs de cette belle machine à soigner pour… faire des économies par exemple. Non, c’est impossible puisque l’Etat ne veut que notre Bien.

            1.  »
              Mais c’est le rêve de notre Etat obèse et omniscient
               »

              Je ne vois pas le rapport.
              Le jour ou on en sera la, beaucoup – mais alors beaucoup – de chose auront changé. Quant au rôle et à la place de l’état à ce moment, ce n’est que pure projection de fantasme.

  4. si la médecine selon Google est aussi efficace que son traducteur , nos médecins ne risquent pas de disparaître , ça restera un gadget , certes très utile , mais la clinique sera toujours indispensable . Ce qui n’exonère pas nos docteurs de se former

    1. Et pan dans la g… de Google !

      L’article serait en effet plus crédible s’il ne prétendait pas que des marchands de gadgets vont révolutionner un domaine comme la médecine. Je suis assez admiratif de ce qu’à fait Google dans son créneau : les données pour le grand public. Mais quand il s’agit de domaines où la sécurité entre en jeu, ils se plantent régulièrement.

      Les Google-car se trainent sur les routes à cause de l’augmentation exponentielle du danger avec la vitesse, les Google-glass ont été fracassées par la réticence de chacun à être observé en permanence. Une technologie doit être au point, être utile, être fiable, ne pas rendre dépendant plus qu’acceptable par rapport au service rendu.

      Les médecins sont responsables des actes médicaux. Ils ne vont pas servir de cobayes aux errements technologiques des boites IT. Mon doute ne porte pas sur l’apport technologique, mais sur la viabilité commerciale qui risque de freiner les requins de la high-tech et de doucher les espoirs des optimistes.

      Je suis assez étonné que Luc Ferry se fasse le porte-parole de ces amateurs de high-tech qui ont un peu tendance à prendre leurs désirs pour des réalités.

  5. C’est bien. Ça nous fera des vacances et un peu plus de temps libre.

  6. Il existait déjà une science la pharmacogénétique intéressante pour l’adaptation des thérapeutiques à chaque individu
    Maintenant l’homme va devenir un cobaye permanent avec la perspective de ne plus mourir
    Va-t-on supprimer la sénescence et le long passage vers la mort
    Je me souviens de cette propagande éhontée de so an for ever qui faisait dire à certains gynécologues qu’ils pouvaient faire saigner des femmes de 80 ans
    Malheureusement dans les années 2000 on a brusquement dit que cela induisait des cancers de l’endomètre
    La médecine est avant tout un humanisme qui marche lentement au pas de l’homme

  7. Le rêve médical réalisé : grâce aux NBIC , nous allons tous mourir guéris …

    1. Nous allons casser notre souris et passer le clavier à gauche.

  8. On prévoit des manifestations de médecins sur le périph exigeant de prendre des mesures contre cette concurrence déloyale.

  9. D’accord avec l’essentiel des commentaires précédents.
    Tuer la mort : trop tard je suis mort de rire !

  10. en vrac:

    Luc Ferry confond formation professionnelle et veille technologique

    Les médecins n’ont rien à redouter mais tout à espérer de ces progrès potentiels

    en médecine entre la découverte, la validation, la protocolisation, la mise en œuvre,…il peut s’écouler plusieurs décennies. 2030 sera surement formidable pour ces progrès enthousiasmant,… mais on verra bien…

Les commentaires sont fermés.