Pétrole : le peak oil, mythe ou réalité ?

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Énergie et matières premières

Par Guillaume Nicoulaud

On attend toujours le peak oil, ce pic de production de pétrole avant la baisse

pétrole-antoine moens de hase-(CC BY-NC-ND 2.0)

Souvenez-vous, c’était il y a quelques années, lorsque le prix du baril de brut flirtait avec les cent dollars : on ne comptait plus les gros titres des journaux qui nous annonçaient le fameux peak oil, le pic de production de pétrole ; événement apocalyptique qui devait marquer la fin d’une époque – que dis-je, d’une époque : d’un monde ! – et qui justifiait, sous la plume des nombreux auteurs de rapport officiels et des journalistes, une intervention urgente de nos gouvernements.

Souvenez-vous, ce n’est pas si vieux : des mathématiciens aux barbes fleuries et aux visages débonnaires se relayaient à l’antenne pour nous expliquer ce qu’est une croissance exponentielle (Oh ! Merci Professeur !) tandis qu’une armada d’experts aux costumes impeccables prédisaient que le pic de production serait atteint quelque part entre 2010 et 2013 ou, pour les plus optimistes, en 2015 au plus tard.

2015 a totalement démenti les peurs du peak oil

Il se trouve, justement, que l’année 2015 prendra fin dans quelques jours et que, où que je porte mon regard, je ne peux que constater que toutes ces prédictions, une fois de plus, se sont avérées fausses.

Non seulement la production mondiale de pétrole n’a pas reculé mais elle ne montre pas non plus le moindre signe de fléchissement. Mieux encore, en cette période de marasme économique elle progresse plus vite que la demande ; ce qui se traduit assez logiquement par un gonflement des inventaires et une chute des cours : au moment où j’écris ces lignes, le baril de West Texas Intermediate (WTI) se négocie à moins de $36 ; ajusté de l’inflation, c’est un prix similaire à celui de la fin des années 1980.

N’en doutons pas un instant : le prix de l’or noir finira bien par remonter un jour et ce sera à nouveau l’occasion, pour nos suspects habituels, d’envahir les colonnes de nos journaux et les plateaux de télévision pour y exposer les mêmes arguments et prédictions apocalyptiques qu’à la fin des années 2000. Et une fois de plus, ils se tromperont. Parier sur une hausse continue du prix des matières premières c’est parier contre l’intelligence humaine. Si nous devions retenir une leçon de notre histoire en tant qu’espèce, c’est que c’est un pari très risqué.


Sur le web.

  1. Les peak men ont toujours affirmé que l’on connaîtrait une phase « plateau ondulé » : c’est exactement ce qui se passe (quand on regarde la production de certains pays, et des gisements traditionnels).

    En outre, vous oubliez un élément essentiel : la carte géopolitique. Les prix baissent aussi, et SURTOUT car le pétrole est utilisé par certains producteurs… comme une arme.

    L’équation est ainsi la suivante, qui n’invalide absolument le « peak oil » :

    géopolitique + récession mondiale + potemkine des huiles de schiste aux US (réel mais court dans le temps et financé par la FED via le crédit) = effondrement du prix.

    Vous avez beau vous moquer… les matières premières sont en quantités finies.

    On ne voit vraiment pas en quoi l' »intelligence humaine » pourrait y être associée, avec la prétention de supprimer cette réalité aussi géologique qu’un caillou est éternel au regard de la vie humaine.

    Bref, pas besoin de philosopher… Les prix du pétrole repartiront dans l’autre sens.

    La question est de savoir quand.

    1. « Vous avez beau vous moquer… les matières premières sont en quantités finies. »

      Oui et l’âge de pierre s’est terminé par manque de pierre 😉

      1. Exactement. Et l’age du pétrole se finira par : on bien bien mieux à faire que de shadoker du pétrole

        1. « on a bien »

          désolé

    2. « Bref, pas besoin de philosopher… Les prix du pétrole repartiront dans l’autre sens.  »
      On parie ?
      Le prix du pétrole tendra vers zéro, parce qu’on le remplacera avant qu’il n’y en ait plus. Comme le silex, un cheval ou un arbre.
      Le gaz lui taille des croupières, et il y en a pour des siècles.

      « Vous avez beau vous moquer… les matières premières sont en quantités finies.
      Non, c’est faux. L’univers est infini. CHAQUE matière première est en quantité finie … aux conversions près !

      « On ne voit vraiment pas en quoi l’ »intelligence humaine » pourrait y être associée »
      Et bien si vous ne voyez pas ça, c’est que vous avez besoin de lunettes…
      L’intelligence humaine permet de découvrir les substituts et des moyens de convertir une ressource qui abonde en un bien qui manque. Et c’est ainsi que se sont succéder le silex, le cuivre, le bronze, le fer, etc. jusqu’à la fibre de carbone (renouvelable). Ou, en matière d’énergie , le bois (NON renouvelable, au rythme où il était brulé au XVIII s), le charbon, le pétrole, le gaz etc.

      1. Oui.
        Mais l’univers n’est infini que potentiellement… Et encore. L’univers visible qui est le seul qui puisse nous concerner (même niveau information simplement) tant que l’on ne peut voyager plus vite que la lumière est bel et bien fini (même si en expansion).

        Cela dit, avant qu’on ait converti en énergie l’intégralité de la matière présente dans cet univers visible… le « peak human » sera très certainement passé depuis quelques milliards d’années

    3. On ne voit vraiment pas en quoi l’ »intelligence humaine » pourrait y être associée

      Ah oui, si vous partez du principe que l’intelligence humaine est finie, et que le « peak intelligence » est dépassé, là vous avez raison. L’être humain est incapable d’inventer de nouvelles méthodes d’extraction. Il est incapable d’inventer des méthodes de production d’hydrocarbures à base d’autres matières premières. Il est incapable de faire preuve de créativité. Merci pour votre contribution 😀

      1. « l’intelligence humaine est finie »

        Pour tant est que ce soit une quantité mesurable, on peut considérer que l’intelligence est finie et qu’elle n’a pas évolué depuis l’apparition de l’homo sapiens.

        Mais il est faux de penser que c’est une question d’intelligence : c’est une question d’expérience, de nombre de personnes cherchant des solutions, de formation de ces personnes, d’organisation et de liberté économique. Et cette quantité de matière grise mise au service de l’élaboration, du test et de la validation de solutions est pour sa part parfaitement cumulable et en augmentation.

        L’idée que l’intelligence gouverne le monde est un concept élitiste, planiste, étatiste, collectiviste : un petit groupe d’individu qui détiendrait la vérité et les capacités, et donc qui serait légitime pour les imposer au reste du monde. C’est une grossière erreur : l’intelligence rend performant, mais seule la confrontation aux réalités et les choix pragmatiques – donc économiques au sens libéral – permettent de concrétiser et au final d’élaborer de vraies solutions, parce que la complexité réelle est infinie et hors de nos capacités cérébrales limitées.

        1. @ pragmat : l’intelligence est finie, l’intelligence n’a pas évolué depuis l’apparition de l’homo sapiens.

          C’est quoi l’intelligence ?

          Rien n’a évolué, pourtant on vit mieux que les homo sapiens non ?

          Affirmations fantaisistes qui ne reposent que sur des arguments d’autorité sans démonstration pertinente…

          1. Ce sont les biologistes qui affirment que notre intelligence n’a pas évolué. Et cela me semble logique si on considère l’intelligence (ou la faculté de la développer) comme une capacité innée.

            « C’est quoi l’intelligence ? »

            La est toute la question. Certains définissent de multiples formes d’intelligence. Mais toujours est-il que l’intelligence ne mène pas très loin sans un support de connaissances et de concepts auxquels l’appliquer et sans un but à réaliser. Certains disent que les grands singes sont aussi intelligents que nous mais qu’il leur manque la capacité de thésauriser sur les connaissances acquises. Comme toute thèse de chercheur, cela n’engage qu’eux-même, mais cela me semble cohérent.

            « on vit mieux que les homo sapiens non ? »

            On est et on restera toujours des homo sapiens (sauf évolution ou manipulation génétique). Vivre mieux est subjectif : objectivement, on vit sans aucun doute plus longtemps et en se fatiguant moins (enfin chez nous), on a de plus en plus de temps à consacrer à autre chose que la simple subsistance. Mais je considère que je vis mieux qu’un homme du passé ou du futur, parce que je ne suis adapté qu’à mon époque.

            Pour le reste, si vous n’êtes pas convaincu que l’union fait la force aussi bien dans les rapports de conflit que dans le domaine de la production et de la conception, vous pouvez toujours essayer de vivre en totale autonomie – mais sans utiliser quoi que ce soit (outil, matériaux ou connaissance) que vous n’ayez acquis par votre propre travail.

        2. A la mode socialiste : il faut distribuer l’intelligence équitablement, c’est une ressource finie.

    4. « les matières premières sont en quantités finies »

      N’importe quoi. Rappelez moi ce qu’il faut produire des hydrocarbures ?

  2. il me souvient de mes études (Ecole des Mines) que en 1965 on prédisait la fin du pétrole en l’an 2000 … et que l’on disait qu’on le remplacerait par le charbon, avenir des Houillères ….

    comme quoi

  3. analyse plutôt limitée… en fait c’est pas de pétrole que nous allons manquer mais de l’argent pour l’acheter… les piquistes avait tord sur la forme mais raison sur le fond… depuis 2008, l’économie est incapable de repartir malgré des taux 0, une impression massive de faux-billets et des prix des matières premières faibles : CQFD… on est totalement en plein peak-oil

    1. marcel : « l’économie est incapable de repartir malgré des taux 0, une impression massive de faux-billets »

      Elle se porte parfaitement bien dans un certain nombre de pays qui ne sont pas sur-étatisé.

      1. l’allemagne ?
        parce que sinon, non je ne vois pas trop;

        (meme si je suis d’accord avec le suretatisme français)

        1. J’sais pas, Hong Kong, Singapour, l’Islande, les USA… etc. ne vont pas si mal. La richesse mondiale croit à grosso modo 3.5% par an, pas de quoi se plaindre.
          La France est un trou noir en Europe, qui est elle même une zone sombre du monde en termes de croissance, d’économie dynamique… et d’Etatisme galopant ainsi que de socialisme mental.

        2. Il y a plus de trois pays dans le monde quand même…

          Un bon indice…
          Indice liberté économique – Classement des pays

      2. « l’économie est incapable de repartir malgré des taux 0 »

        Le taux d’intérêt est le prix du temps et donc de l’incertitude, il rémunère la prise de risques. Comme il est actuellement de zéro, il signifie que le présent est plus incertain que le futur (ce qui est débile vous en conviendrez). On valorise donc des actifs qui existent déjà alors qu’en temps normal un taux positif devrait encourager à la création de nouveaux actifs. Tout ça pour dire que la non pratique de l’usure n’a jamais amené la prospérité.

    2. En fait, plutôt que de parler de crise de 2008, on devrait plutôt dire que notre type de société (tout du moins dans les pays Occidentaux) est en train de décliner, et ce pour diverses raisons (populations vieillissantes, moins besoins de l’être humain pour produire…).
      En Finlande, ils vont commencer à mettre en place un revenu de base de 800 € mensuel.
      A voir comment ça va évoluer là-bas, mais ça peut être une solution pour envisager un autre modèle que ce qu’on a actuellement.

      1. @Nico 13 : « moins besoin de l’être humain pour produire », « populations vieillissantes » n’importe quoi.

        Les machines n’ont jamais remplacé les humains et c’est vrai et énoncé depuis Bastiat il y a 150 ans.

        Si nos pays occidentaux déclinent, c’est simplement parce qu’ils s’étatisent (se socialisent).

        Libérez les et vous verrez s’ils déclinent.

        Quand au revenu de base universel, un autre absurdité socialiste, très bien dénoncée par Ayn Rand, je la cite :

        « Dans la mesure où les choses dont l’homme a besoin pour survivre doivent être produites, et où la nature ne garantit le succès d’aucune entreprise humaine, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de garantie d’une sécurité économique. L’employeur qui vous donne un emploi n’a aucune garantie que son entreprise va rester en activité, que ses clients vont continuer à acheter ses produits ou services. Les clients n’ont aucune garantie qu’ils auront toujours la capacité et l’envie d’échanger avec lui, aucune garantie de ce que leurs besoins, choix et revenus seront dans le futur. Si vous vous retirez dans une ferme autonome, vous n’avez aucune garantie vous protégeant des conséquences d’une inondation ou d’un ouragan sur vos terres et vos cultures. Si vous laissez tout aux mains du gouvernement et lui donnez tout pouvoir pour planifier l’économie dans son ensemble, cela ne garantira aucunement votre sécurité économique, mais garantira l’abaissement de la nation entière à un niveau de pauvreté misérable – le résultat pratique que toutes les économies totalitaires, communistes ou fascistes, ont démontré.

        Moralement, la promesse d’un impossible « droit » à la stabilité économique est une infâme tentative d’abrogation du concept de droits. Elle ne peut signifier et ne signifie qu’une seule chose : la promesse de réduire en esclavage tous les hommes qui produisent au bénéfice de ceux qui ne travaillent pas. « Si certains hommes ont le droit de bénéficier des fruits du travail des autres, cela signifie que ces autres sont privés de droits et condamnés à travailler en esclaves. » Il ne peut y avoir de droit de réduire en esclavage, i.e. de droit de détruire les droits.
         »
        Ayn Rand, « The Ayn Rand Letter » ; *Ayn Rand, « Capitalism: The Unknown Ideal ».

        1. Alors comment t’explique qu’aux USA, par exemple, le taux d’emploi n’a jamais été aussi bas que depuis 38 ans actuellement ?
          Tu vas me sortir que les USA sont trop étatisés c’est ça ?

          1. @ Nico 13 :

            Si le taux d’emploi est si bas aux USA, c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas de croissance économique et qu’une grande partie des chomeurs a cessé de chercher un emploi.

            Votre affirmation serait vraie si la croissance aux USA était très importante et que le taux d’activité chute.

            Hors, dans aucun pays, à aucune période, quelque soit les machines ou l’innovation, on a vu un taux de croissance économique « réel » (cad taux de croissance de l’économie marchande, pas celle non marchande) positif qui s’accompagne d’une baisse d unombre d’emploi.

            Cela ne s’est jamais vu, et ne se verra jamais, lisez « les machines » dans « ce qui se voti et ne se voit pas » de Bastiat pour comprendre.

            Sinon, plus philosophiquement, il n’y a que les socialistes invétérés qui croient encore que les USA sont un pays libéral.

            Du point de vue du business, certes, mais l’état y est omniprésent.

            Par ex, Ils ont mis en place la CMU 40 ans avant nous, et de façon bien plus étendue. Qui le sait en France ?

            autre exemple : chaque américain, jusqu’à 2400 dollars de revenu mensuel, peut bénéficier de bons alimentaires et autres, qui le sait en France ?

            encore un autre : si un pauvre se met à travailler, alors l’état lui paye son loyer (ce que l’on appelle les sections 8) tant qu’il a un travail.

            Hallucinant non pour un pays soit disant libéral ?

            1. Ah si si, on nous affirme (enfin les médias quoi) qu’aux USA il y a une superbe reprise économique.
              Et même ici certains le martèlent.

              1. @ Nico 13 : zéro reprise aux USA, c’est du flan ce que disent les médias : les entreprises sont extrèmement bénéficiaires car elles ont compressé à mort leur personnel, ont profité des taux zéro pour racheter leurs concurrents, mais ce qui fait la croissance, c’est la hausse de la productivité marginale moyenne.

                Pour cela, il faut accumuler le capital de façon efficace, ce qui ne se passe pas aux USA.

                Olivier DELAMARCHE sur BFM le répète sans cesse depuis 5 ans maintenant,m ais il a raison.

                On verra une vrai reprise aux USA quand le taux d’activité des gens en age de travailler remontera à son étiage habituel pour ce pays, aux alentour de 72 % (actuellement 62 %, comme en France depuis 40 ans).

                Pour rappel, le taux d’activité le plus élevé du monde développé (autour de 80 %) se situe dans le pays le plus riche du monde développé, et l’un des plus libre : la Suisse…

                Et en Suisse, on ne peut pas dire que ce ne soit pas mécanisé…

          2. Nico 13: « Tu vas me sortir que les USA sont trop étatisés c’est ça ? »

            Un état « ultra-libéral » qui pourchasse quand même ses citoyens expatriés pour leur racketter les impôts alors qu’ils ne vivent plus dans le pays depuis des lustres et qui consacre 15% de son PIB à la santé alors que la France « collectiviste » n’en consacre que 12%.

            En fait le Texas seul est plus grand que la France et il faut plutôt comparer les USA avec l’Europe, certains états sont plutôt libéraux et d’autres. très très moyennement on va dire.

      2. « ils vont commencer à mettre en place un revenu de base de 800 € mensuel »

        Ca fait 53 milliards/an soit un cinquième de leur PIB. Comment financez-vous cette super allocation braguette ? L’argent doit correspondre à une création de richesses : où est-elle dans le RU ?

    3. On pourra peut-être le payer avec les faux billets 🙂

      Plus sérieusement, l’exploitation des hydrocarbures de schiste a gonflé l’offre faisant baisser les prix sans doute autant si pas plus que la baisse de demande liée à la faible croissance actuelle.

      Les technologies de forage progressent aussi faisant baisser le coût marginal d’extraction du pétrole et permettant d’exploiter bon nombre de puits.

      N’oublions pas qu’on nous prédisait la même chose avec le charbon au XIXème siècle, peut-être qu’on mettra au point des sources d’énergies plus compétitives que le pétrole.

  4. le Peak-oil conventionnel comme l’avait calculé (en volume) hubbert en 1976 est bien là. sauf qu’effectivement les non-conventionnels cachent le phénomène car ils viennent donné l’illusion que la production croit alors que c’est la consommation de pétrole des groupes pétroliers qui augmente au détriment des sociétés dont les populations augmentent et qui sont déjà privé de pétrole pour certaine (car le pic est une moyenne).

    l’augmentation déraisonnable des prix privent la société d’energie et donc d’emploi si bien que les compagnies pétrolière peuvent davantage investir et créer pour un temps un contre-choc (suivit d’un nouveau choc par la baisse des prix). La france a par exemple perdu 300.000 barils/ jour depuis 2007 soit la consommation de son parc automobile.
    les investissements ont bondit de 150 à 750 milliards (600%) au plus haut mais même cette soit disante production (truquée) n’a augmenté que de 10% dans le même temps (2000) selon le chiffres de BP.

    de plus en plus les signaux sont dans le rouge, l’Europe a vu sa production de pétrole chuté de 60% depuis 2000, la dette et le chomage ont explosé, les printemps arabes ont plongé les populations nord africaine dans la misère (-40% de production), le proche Orient retourne au moyen-age, les BRIC commencent à s’essouffler (brésil en tête).

    alors oui c’est pas la fin du monde mais on assiste à sa nécessaire apoptose/métamorphose avec des inégalités. mais il ne sert à rien de se voiler la face comme vous le faite. c’est un challenge sur un siècle, un challenge qui n’est pas impossible à relever si on s’en donne le courage.

    1. Sauf que « conventionnel » et « non conventionnel » ça ne veut rien dire en pratique. La réalité c’est qu’aujourd’hui il y a plus de réserves prouvées que quand on a commencé à annoncer « le peak oil arrive, tremblez »!!!

      Sinon il est bien évident qu’il y a un moment où on aura atteint le vrai peak oil. Ce qui nécessairement poussera les prix à la hausse, et permettra deux choses 1° le développement d’autres sources d’énergies devenues plus profitables et 2° la baisse de la demande pour le pétrole… Ce qui aura pour effet de repousser le peak oil encore dans le futur.

      Je prends le pari que jamais la dernière goutte de pétrole ne sera extraite, que jamais les réserves ne deviendront faible à en effrayer vraiment les gens, sauf bien sûr si on se lance dans des politiques étatiques de gestion des réserves, de « transition énergétique » pilotée par des politiciens etc. Un peu comme la « war on poverty » qui à eu comme seul effet… d’enrayer le déclin de la pauvreté.

    2. les non-conventionnels cachent le phénomène

      Non. Les non-conventionnels n’avaient pas été prévus. De même que les nouvelles méthodes d’extraction, ainsi que les améliorations des méthodes existantes. Personne non plus n’avait prévu que l’augmentation des prix rendrait rentable l’extraction de certains pétroles.

      Conclusion: pas de peak oil en vue, sauf pour ceux qui n’ont aucune imagination.

      1. @fm06, les non-conventionnels dont vous parlez, pétrole de schistes, huiles lourdes du Venezuela, bitumes canadiens, sont connus depuis des lustres. Et leurs techniques d’exploitation aussi. Le « fracking » utilisé pour le pétrole de schistes est par exemple une technique qui a bientôt près de 50 ans! C’est l’amélioration de leur  » modèle économique » qui a permis leurs progrès spectaculaires, et l’augmentation du prix du pétrole plus que les améliorations techniques.
        Le peak oil correspond au maximum historique de la production réelle, et cela revient au même qu’il soit provoqué par un déclin de l’offre ou par un déclin de la demande ! Un très grand nombre de pays producteurs, en fait la majorité, en ont déjà fait l’expérience, et très peu d’entre eux ont réussi à inverser la tendance, malgré les progrès technologiques, les augmentations de prix et les subventions à la production. La production mondiale est l’enveloppe de celles des pays producteurs
        En 1998, Campbell et Laherrère ont prédit dans un article célèbre de Scientific American le pic du « Cheap Oil » avant 2008. A cet époque, les non-conventionnels, ceux cités ci-dessus, étaient très peu développés, et le Cheap Oil, c’était en gros le conventionnel. Le pic du conventionnel a eu lieu en 2005-2006, et malgré le flot de pétrole conventionnel déversé sur les marchés actuellement par l’OPEP, le conventionnel n’a pas renversé la tendance ! La page du conventionnel semble donc bel et bien en train de se tourner, comme l’avaient prévu avec exactitude en 1998 Campbell et Laherrère, fondateurs de l’ASPO.
        Le non-conventionnel avait pris le relais, mais la baisse des prix a provoqué une forte dégradation de son modèle économique, et donc une baisse de production. Depuis quelque mois, la production totale de pétrole tous « liquides » est en léger déclin !
        Un accroissement de la production pétrolière mondiale ne pourrait donc maintenant provenir que d’un redémarrage des non-conventionnels, ce qui suppose des prix bien supérieurs aux actuels. Le temps que les prix montent à nouveau, la baisse du conventionnel sera devenue telle qu’il est loin d’être sûr que les non-conventionnels pourront compenser cette baisse. L’ASPO prévoit le Peak Oil  » tous liquides » vers 2020, mais peut-être est-il déjà en cours.
        Quant aux réserves publiées, elles sont tellement douteuses qu’il vaut mieux les oublier. Vous trouverez des documents édifiants à cet égard sur le site http://www.aspofrance.org .
        En ce qui concerne les prix, il n’y a jamais eu de relation claire entre production effective et prix du pétrole. Il est très amusant de regarder les prédictions de l’Agence internationale de l’énergie qui surestime depuis plus de 10 ans avec un belle régularité l’une et l’autre. Actuellement, le pétrole subit le même sort que les autres « commodities » libellées en dollars, les prix baissent parce que le dollar monte. L’excédent de l’offre sur la demande joue sans doute un rôle, mais les mécanismes boursiers semblent prédominants.

  5. Des faits et des chiffres, pas des suppositions . mais je parie que ça va pas plaire…

    http://www.manicore.com/documentation/petrole/pic_passe_petrole.html

    1. Manicore est un site militant de tendance écolo. Son objectivité est donc parfaitement douteuse.

  6. A la faveur de la hausse des prix qui a duré plusieurs années, des découvertes multiples d’importants gisement ont fait que les réserves prouvées de pétrole n’ont jamais été aussi énormes. En outre, les technologies se sont développées (notamment pour l’exploitation des huiles et gaz de roches-mères), ce qui fait que des gisements parfaitement connus sont aujourd’hui délaissés à cause de la chute des prix. Mais ces gisements existent et seront exploités à nouveau dès que les prix remonteront un tantinet. On est probablement parti pour plusieurs années de prix pétroliers bas. Et c’est une bénédiction pour l’économie.

    1. Les mouvements de yoyo aussi virulents du pétrole sont une première dans l’histoire. Bien malin qui peut prévoir l’impact sur l’Economie d’ici à quelques années.

      L’OPEP a mis en garde le 4 décembre contre la baisse de la production non-Opep pour 2016 (-5%) ainsi que la chute massif des investissements dans le secteur. Avec les pertes de 52 milliards $ enregistrées par les Hedge Funds, Wall Street et les banques (au 30 nov) dans le schiste US et bitume canadien, il faudra quelques années pour retrouver la confiance des investisseurs pour ces pétroles non-conventionnels.

      En résumé:
      Le pétrole conventionnel « bon marché » a atteint son peak en 2006 (source AIE)
      Il ne reste que les pétroles très chers (bitume, schiste, pôles, offshore deep) et les investissements dans ces puits sont à l’arrêt pour quelques années
      L’Economie ne supporte pas un baril à +100$.

      Dans cette équation, pas facile de voir l’indice d’un « business as usual »

  7. Ces peaks est ce de la manip , de l’ intox pour diverses raisons d’ intérets ? c’ est mon avis , de plus ces experts on ne sait d’ ailleurs s’ ils sont intéressés financièrement pas seulement par les producteurs d oil !
    C’ est comme les conseils des experts diététiq il faut manger ceci cela … ou l’ affirmation des 30 glorieuses que l’ on anone pour se donner une apparence de savoir

  8. Et contrepoints un site objectivement irréprochable , notamment sur tout ce qui touche à l écologie et au climat

    1. Si je comprends bien, vous sous-entendez que Contrepoints n’a pas le droit de contester le Peak-Oil parce que c’est anti-écologique et anti-climatique, et qu’il faut envoyer au Goulag tous ceux qui expriment des opinions déviantes ou pourraient leur accorder crédit ?

      1. Ai-je dit quelque chose de tel ? vous ne me ferez pas dire des choses que je ne dis pas. Vous avez parfaitement le droit de critiquer la gravité ou le fait que la terre soit ronde, ce qui ne change rien à la véracité de ce que vous critiquez. Critiquer ne veut pas dire avoir raison, des fois c’est se tromper… j’avais prévenu que ça n’allait pas plaire. bref les faits ont la vie dure, mais ça ne change rien aux….faits. Même si ceux ci ne collent pas avec ce qu’on voudrait. Le peak oil, que vous le vouliez ou non, à quelques années près, est en cours. maintenant si vous n’êtes pas d’accord, c’est une chose, mais ça ne change rien. La courbe d’exploitation d’un gisement, d’un stock de ce que vous voulez, qui est donné une fois pour toute est toujours la même : elle part de 0 passe par un maximum (qui peut avoir la forme de plateau plat, en dent de scie…) et finit toujours pas retomber à 0. et ça se démontre. alors peak oil en cours ? oui, à quelques années près. Et oui, les mathématiques, ça sert et ça explique même un paquet de trucs bien plus précisément que les impressions ou les ressentis….

    2. Exact. Raison plutôt que slogan.

    3. « Et contrepoints un site objectivement irréprochable »

      Vous vous êtes trompé d’endroit : le GIEC, c’est à l’extrême gauche derrière les poubelles.

    4. aed: « notamment sur tout ce qui touche à l écologie et au climat »

      Tout à fait, on veux absolument empêcher que la France crache deux fois plus de CO2 pour trois fois le prix comme la très sainte et verte Allemagne, quand à l’affreux réchauffement changement climatique, en 7 ans le GIEC scientifique à divisé par deux ses estimations de sensibilité au CO2 faisant d’eux de quasi climato-sceptique.

      Le GIEC politique composé d’activiste continue de marteler des scénarios ridicules dignes de pages de l’apocalypse de la bible ce qui aboutit a des barres de rire monstrueuse:
      La COP21 c’était pour limiter le réchauffement à DEUX degrés alors que le GIEC scientifique estime qu’en brulant toutes les réserves de fossile mondiale on ne devrait pas dépasser les 1,3C°.

      Plus vert que contrepoint, il n’y a pas !

  9. Le pétrole, c’est l’activité économique, l’emploi, l’argent, le pouvoir, la géopolitique …

    Il y a donc un jeu complexe qu’on ne peut réduire à une disponibilité (qui est très variable – et évolue constamment) et encore moins à des désirs sur un choix de société (cela se passe dans la cour des « grands »).

    Je serais étonné que les courts ne connaissent pas des variations – et des variations brutales – à court et moyen terme. Les pronostics teintés d’espérances (plus ou moins cachées) en matières financières, politiques, géopolitiques, écologiques ou autres sont assez niais dans ce contexte.

  10. Le problème n’est pas tant le peak oil, que la prétention de pouvoir le « gérer » plus intelligemment que…on ne sait qui ou quoi.
    Autrement dit derrière l’idée de peak oil il y a l’idée de controle de laisser des entités bien intentionnées contrôler la production et la consommation de pétrole et forcement pour les plus excellentes des raisons..

  11. Si on compare la croissance de la production de pétrole celle ci était de 3% avant les années 2000 , elle est depuis 2000 à aujourd’hui quelque part entre 0% et 0.5%. Tous les chinois,indiens… veulent vivre à l’occidentale: si la demande réelle ( c’est à dire celle qu’il y aurait sans la contrainte géologique) était satisfaite la croissance de la production serait bien plus forte! On assiste donc à des prix plus volatils:
    si les prix sont trop élevés: il y a destruction de demande->les prix baissent->la demande augmente(mais il n’y a pas assez de production)->augmentation des prix->récession->destruction de la demande
    et la boucle est bouclée!! (la crise de 2008 est d’ailleurs précédée par l’envolée du prix du pétrole!!) Pourquoi les pétroliers iraient ils en Alberta chercher des pétroles épouvantables si y pouvaient prendre des trucs simples?? Après de toute façon si on veut sauver notre climat il faut trouver une alternative au pétrole.

  12. En 1970, tous les experts pétroliers américains tournaient en dérision les prévisions de King Hubbert 14 ans plus tôt qui avait alors annoncé un pic de production pour les Etats-Unis en 1970. Jamais les Etats-Unis n’avaient alors produit autant de pétrole en une année.

    Mais ce que King Hubbert avait prévu arriva et les Etats-Unis n’ont plus jamais produit autant de pétrole qu’en 1970.

    Nous sommes exactement dans la même configuration mais au niveau mondial. 2015 sera vraisemblablement l’année du pic « tous pétroles », ne vous en déplaise.
    http://leseconoclastes.fr/2015/12/le-pic-petrolier-aura-bien-lieu-en-2015/

    1. a/ l’article que vous linkez parle de conso, plutôt.
      b/ cette image parle d’elle-même :
      oil production usa
      Les limites à la production pétrolière US sont économiques et politiques, pas techniques.

    2. Extrait de votre article sur leseconoclastes: « il suffit de: Regarder la production de pétrole mondiale mois par mois depuis juillet 2013 […] »

      Des anticipations de long terme basées sur 2,5 années de statistiques? La courbe de Bloomberg est autrement plus significative.

      Le reste de l’article est tout aussi fumeux… Merci pour la franche rigolade 😀

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