Nucléaire : ses 7 points forts

Publié Par Michel Gay, le dans Énergie et matières premières

Par Michel Gay1.

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

 

L’affirmation péremptoire émanant d’antinucléaires : « le nucléaire a clairement plus d’inconvénients que d’avantages » jeté en pâture aux Français, et principalement aux journalistes, est-elle fondée ?

Regardons d’un peu plus près ce jugement sans appel qui nécessite d’être nuancé.

Les aspects économiques

Le nucléaire permet de produire en France de l’électricité tarifée qu’EDF doit vendre à 42 €/ mégawattheures (MWh) à ses concurrents, suivant la loi NOME2, soit un tarif très bas en Europe. À titre de comparaison, les prix de rachat subventionnés pour l’éolien sont à plus de 90 €/MWh en 2015, soit environ le double, sans inclure la gestion de l’intermittence et le stockage. Pour l’éolien en mer, les prix s’envolent à plus de 200 €/MWh, soit environ cinq fois plus cher, et le prix moyen d’achat du photovoltaïque prévu en 2015 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) est de plus de 390 €…

De plus, il est difficile, voire impossible, d’obtenir le suivi annuel de production réel d’un parc éolien ou photovoltaïque et ses coûts (secret commercial paraît-il).

Les risques

Toute industrie présente des risques mais le nucléaire est cependant un des modes de production d’électricité les moins létaux (moins que le solaire et que l’éolien). Il ne manque pas de données mondiales sur le sujet dans des sites internationaux objectifs

Il ne faut pas se fier uniquement aux chiffres artificiellement fabriqués des antinucléaires qui voient des milliers, voire des millions de décès virtuels après l’accident de Tchernobyl. Des médecins allemands et français commencent à déceler également des foules de traumatisés par les infrasons émis par les « moulins » géants !

La corruption

En Allemagne, des citoyens se groupent en sociétés pour exploiter une éolienne. Ils récupèrent ainsi la subvention qu’ils payent, comme tous les autres contribuables, sous forme de taxes. Ce n’est pas le cas en France, sauf chez Enercoop. En Italie, la mafia est prête à saisir toutes les opportunités pour engranger des subventions publiques. En France, le nucléaire est contrôlé par l’État (84% d’EDF, 86% d’Areva, 100% du CEA).

En revanche, il était inscrit sur le site de la société Poweo qu’elle était détenue par des fonds autrichiens et luxembourgeois, et qu’elle investissait en France pour bénéficier des subventions européennes. Depuis, les investisseurs ont changé, et le site internet aussi.

Supprimer les subventions supprimerait aussi, illico, la corruption.

La pollution

Une centrale nucléaire électrogène rejette moins de radioactivité qu’une centrale à charbon pour la même production d’électricité. La politique française de traitement du combustible nucléaire remplit les conditions du développement durable, bien avant qu’on n’en fasse un dogme, en recyclant une partie du combustible, en conditionnant les déchets de façon sûre et en les stockant définitivement par stockage géologique, dans de l’argile à 500 mètres sous terre.

La dépendance de l’étranger

Le coût du combustible de base, l’uranium, représente seulement 1% du prix de l’électricité vendue aux particuliers. Contrairement au pétrole, il y a des gisements d’uranium un peu partout dans le monde, et suffisamment pour plusieurs milliers d’années avec les réacteurs surgénérateurs ; ils utilisent tout l’uranium, et pas seulement les 0,7% d’uranium 235 qu’on trouve dans l’uranium naturel, comme actuellement.

De plus, la France a déjà sur son territoire assez d’uranium pour alimenter des réacteurs de quatrième génération pendant des millénaires.

Une industrie non adaptée à un monde qui change

Le site de Greenpeace France protestait contre les lignes à haute tension qui étaient attribuées à la production centralisée du nucléaire. Pas de chance, en Allemagne, c’est pour les éoliennes qu’il faut en construire de nouvelles…

La délocalisation des emplois

Le nucléaire français est une industrie quasiment nationale. Il reste à espérer que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques (PV) soient fabriqués en France, et aussi les mâts, les pales, les pièces de turbine, les électroaimants…

Au nom de la transparence, les entreprises travaillant dans le secteur des énergies renouvelables devraient faire apparaître sur leur site internet :

  • leurs comptes annuels et leurs bilans financiers (facturations des clients, factures et localisation des fournisseurs, salaires et charges sociales des employés, subventions reçues)
  • le bilan CO2 annuel de leur activité (exploitation de matériel de travaux publics, production de ciment pour les travaux d’ancrage, fabrication de panneaux photovoltaïques, élaboration d’aciers et matériaux divers)
  • les liaisons supplémentaires occasionnées en haute et basse tensions (en indiquant celles qui sont enterrées)

Lorsque des comparaisons objectives et des présentations transparentes seront disponibles, alors, comme pour le nucléaire régi par les principes de la loi Transparence et sûreté nucléaire, ce sera clair, aussi, pour les énergies renouvelables.

  1. À partir d’une lettre de Patrick Michaille (animateur du GASN ( www.energethique.com) au président d’Enercoop Bretagne Markus Kauber.
  2. La loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant organisation du marché de l’électricité, dite loi NOME : Nouvelle organisation du marché de l’électricité.
  1. Ce qui sert sûre en revanche c’est la démagogie dans les deux camps. L’éolien est évidemment beaucoup plus dangereux que le nucléaire. C’est une évidence. Rendez vous compte explosion d’éolienne et pendant 100 ans au moins vous ne pouvez plus vivre à côtés et ce sur des centaines de km. Et les personnes qui sont atteintes par les infrasons même après l’arrêt de l’éolienne ils en subiront encore les effets d’ailleurs la radioactivité n’existe pas c’est la sono activité qu’il fait craindre.
    Tant que les commentaires seront du niveau du charlatanisme tant pour les pros éolien que pour les pros nucléaire, c’est évident que nous ne progresserons pas. si on parle des avantages il aurait été bon de ne pas mettre la conclusion au début de l’article et de parler des inconvénients également.
    Par contre si l’état arrêtait se subventionne et taxerait à la place ce serait nettement plus efficaces pour trouver des solution économique et plus efficace. Bref Frédéric avait raison: le sophisme est de plus en plus présent et le journalisme de plus en plus lointain.

    1. Tout à fait d’accord: les articles de propagande pro-nucléaire exclusive de Michel GAY sont tous les mêmes et finissent chaque fois par une attaque tous azimut de bas-étage du renouvelable et de la situation allemande.

      Si on compare cela avec les essais actuels de véhicules ne fonctionnant plus exclusivement à l’essence ou au gasoil, on voit que la situation est bien plus calme sans ces ostracismes et anathèmes ni ces défenses d’un enthousiasme aussi naïf qu’exagéré.

      1. Gay, un îlot de propagande médiatique pronucléaire dans un océan médiatique antinucléaire et prorenouvelables.
        Et puis Michel Gay avance souvent des faits et des chiffres établis, loin des mensonges Verts qui, même répétés des milliers de fois par les grands médias et l’internet, ne font pas pour autant des vérités.

  2. Vous passez un peu rapidement sur les déchets du nucléaire … On ne peut pas dire que ce soit un point fort … Loin de là …

    1. La quantité de déchets nucléaires et dérisoire par rapport aux déchets produits par les autres sources de production d’électricité. Les déchets en question sont traités avec des précautions immenses. A contrario, par exemple, les centrales à charbon rejettent des tonnes de fumées et de poussières (y-compris du radon radioactif…) dans l’indifférence quasi générale.

  3. il ne faut pas s’arrêter a un cout pour comprendre la stratégie énergétique menée depuis ce fumeux changement climatique . tout est fait pour augmenter le prix de vente de l’énergie d’un coté et de l’autre en limiter l’usage …..c’est la stratégie des groupes du ‘luxe’ produire peu mais très cher . ils ont déjà réussi cet exploit avec l’eau et avec les mêmes arguments , pollution , pénurie !

  4. L’aspect économique n’est-il pas un peu léger ?
    Le prix de l’électricité nucléaire est bidon en France, des dires même d’EDF qui demande depuis plusieurs années d’augmenter considérablement ce prix (au moins 30%-40% annoncé pour cesser de vendre à perte).
    Sans compter le coût des démantèlement à venir qui n’entrent pas dans le calcul du prix mais qui s’annoncent astronomiques.

    1. Ce qui coute cher la-dedans c’est l’obsolescence programmée du nucléaire par les écologistes. Il vous suffit de déclarer que les maisons de plus de 20 ans doivent être rasées car elles ne sont plus aux normes pour ruiner la majorité des gens et le pays par effet domino. C’est également à l’étude chez les écolos-bobos constructivistes.

      1. Ça tombe bien, la durée de vie des centrales nucléaires n’est pas fixée par les écologistes.
        Elle n’en reste pas moins limitée.

        1. ben il y a une autorité qui doit décider de cela ( et est payée pour) est les politiques entendent pourtant ne pas en tenir compte…

      2. Ce qu va coûter aux Français (sans s’en rendre compte?) c’est la chute catastrophique d’Areva: propriétaire à 87%: l’état! Autre perte connexe: le retard et les surcoûts des EPR, tant en France qu’en Finlande où le contrat met les surprises au compte d’Areva! On en est à 9 ans au lieu des 3 prévus!

        La France n’a probablement pas fini de payer pour son nucléaire!!!

    2. Exact l’energie nucleaire est subventionné à mort l’electricité en Allemagne et Angleterre est plus cher parce que elle integre tous les couts en France c’est l’etat qui en a la charge d’ une partie

      1. l’energie nucleaire est subventionné à mort

        Quelles sont vos sources???

        1. Areva, propriété à 87% de l’état!

          1. Euh… Vous confondez subvention et actionnariat.

            1. Si l’ Etat decidait de se desengager totalement qui prendrait la releve?l’Etat renfloue de toute manière au moindre pépin.

              1. @ Bananiak et @ Fm06

                C’est clair! Il n’y a pas de différence! Areva, c’est l’état! Une privatisation à 13% (qui ne doivent pas rigoler!)!

              2. « L’etat renfloue »

                Je répéte que vous confondez actionnariat et subvention. Si vous avez des éléments qui montrent que l’etat subventionne Areva, merci de les partager.

                1. Areva ne reçoit pas de subvention. Le système électrique français est conçu comme un monopole vendant au prix de revient. Si Areva perd de l’argent il augmente ses tarifs à EDF, au besoin avec l’aarbitrage de l’État. Et la « concurrence » n’y a rien changé, car ce système à été jusqu’ici très compétitif par rapport au modèles étrangers.

    3. Attention, le tarif mentionné dans l’article (42 €/Mwh) est le tarif auquel EDF vend à ses concurrent. Ce n’est pas le coût de production, ni le prix de vente au consommateur. Ce dernier étant encadré par l’État, EDF réclame périodiquement des augmentations qui sont régulièrement refusées pour des raisons politiques. Ce refus a pour effet secondaire d’empêcher les concurrents d’EDF de relever leurs prix. Donc en bloquant la hausse, l’Etat entrave la libre concurrence… mais passons.

      Les coûts de démantèlement sont connus et provisionnés par EDF. Le sujet a été étudié en long en large et en travers et il y a une masse de docs publiés sur ce thème. Il y a actuellement 9 réacteurs en cours de démantèlement en France.

    4. Arrêtez de répéter la propagande verte et renseignez-vous. Les couts avancés par la cour des comptes comme dans le rapport Energie 2050 (commandé par un ministre de l’environnement vert) est un cout complet de production intégrant les couts de démantèlement.
      Par ailleurs un minimum de jugeotte vous ferait comprendre que pour retarder les dépenses de démantèlement, il faut au contraire prolonger au maximum la durée de vie des réacteurs et non les fermer.

      Enfin un autre aspect économique primordial et pourtant non évoqué dans cet article est le besoin en financement. Conserver et remettre à niveau de sécurité les centrales existantes est beaucoup plus léger pour nos finances que partir de zéro ou presque pour construire de l’éolien, du PV et les réseaux de transport. L’heure n’est pas à l’endettement pour financer des énergies prétendument vertes et sûrement non rentables !

      1. « L’heure n’est pas à l’endettement pour financer des énergies prétendument vertes et sûrement non rentables ! »

        Et qui ne résolvent rien ni pour la pollution atmosphérique (usage du charbon), ni pour les « ressources fossiles » (la seule inquiétude est le pétrole), ni pour le CO2. En revanche les nuisances visuelles (éoliennes + lignes HT) ou sonores sont bien réelles. Qu’on discute simplement sécurité car c’est la vraie cause de la haine du nucléaire, mais qu’on arrête de se payer la tête du monde avec un endettement massif pour raisons pseudo-écologique.

        1. pas tout à fait les éoliennes peuvent lutter contre la pollution atmosphérique, il suffit de les alimenter en jus pour les faire tourner lorsqu’il n’y pas de vent et pfouif voila la pollution chassée..

          pensez à demain pensez éolien, pensez à vos enfant, pensez autrement, pensez à votre argent pensez bizarrement , pensez à votre retraite pensez on risque d’en prendre pour perpète.. Merci hollande.

      2. Les coûts avancés par la cour des comptes sont exagérés par la prise en compte de dépenses qui n’ont pas eu lieu, comme l’amortissement de capitaux qui auraient pu être empruntés à des taux d’intérêt fictifs pour la construction des centrales, mais qui ne l’on pas été. Ces milliards comprenant aussi la rémunération fictive des banquiers.

  5. Très bien votre papier sur le nucléaire !
    Sauf un point qui m’étonne : vous citez dans ses Plus le fait d’être contrôlé par l’Etat, notamment au titre du contrôle de la corruption.

    Il m’étonne qu’un libéral approuve le principe de l’Etat acteur industriel…

    1. Pas sur que l’auteur soit un rédacteur de contrepoints ni un libéral. Je penses qu’il arrive a contrepoints de prendre des contributions externes comme nombres de journaux en ligne.

      1. L’auteur ne livre que le même genre d’article, mais très régulièrement, et toujours sur le même sujet obsessionnel: pro-nucléaire exagéré et anti-renouvelable sans nuance : c’est un « expert »: il est client EDF!

  6. La centrale de Brenelis (celle qui a pris feu) est en démantèlement depuis 30 ans. La partie qu’il reste à retraiter, est, de l’aveu même des ingénieurs, la plus dure et ils ne savent pas comment s’y prendre. Et c’est une centrale minuscule. Un petit truc expérimental.
    Comment dans ces conditions démanteler le futur EPR de Flamanville. Comment faire surtout pour le faire à moindre coût avec un pétrole qui ne sera plus aussi abondant et économique qu’aujourd’hui? Car les marteau piqueurs ne fonctionnent pas à l’électricité. L’efficience énergétique est trop faible.
    L’EPR est déjà une ruine pour le contribuable avant même d’être en service.
    Et les 53 autres réacteurs seront prolongés jusqu’à l’usure. Même si certaines pièces, qui doivent être changées à intervalles régulier ne sont plus fabriquées car certains fournisseurs (c’est la loi du marché si cher aux libéraux) ont disparu il y a plusieurs décennies et les plans avec… Le moindre joint de ces cocottes minutes nucléaires nécessite plusieurs années d’étude avant d’être réalisé.
    J’en passe et des meilleurs…

    Ce qui est bien avec les libéraux, c’est qu’au nom d’un pseudo réalisme, ils s’aveuglent d’eux-même. Le mépris pour ce qu’ils appellent les bobos écolos leur semble justifier d’être contre. Et par là, ils se bâtissent tout une petite bibliothèques d’arguments plus ou moins bricolés.

  7. Tout à fait d’accord avec le premier commentaire de Pschitt, on a sur ce thème des arguments biaisés de part et d’autre.
    Sur les coûts en particulier il faut savoir de quoi on parle. Le prix de 42€ est fondé sur un prix de revient comptable. Le coût du capital en particulier est assis sur des immobilisations dont la valeur est écrasée par les amortissements et l’inflation. Avec un prix de 42€, EDF sera incapable de financer les quelques 200 milliards nécessaires au renouvellement de son parc nucleaire.
    Le vrai prix du nucléaire neuf existe : c’est le prix de 92£/MWH négocié par EDF avec le gouvernement anglais, très au dessus de 100€. C’est compétitif avec un éolien dont on aurait pris les vrais coûts pour assurer la même disponibilité. Mais il faudrait un prix du carbone particulièrement élevé pour que du nucléaire neuf soit compétitif avec le gaz ou le charbon.

    1. Raison de plus pour conserver les centrales existantes et déjà amorties !
      Je vais ensuite vous faire une révélation, nous ne sommes pas en Angleterre.
      Le prix de production complet du nucléaire en neuf est estimé par la Cour des comptes et le rapport Energies2050 autour de 80/90€ le MWh.

    2. Le vrai prix du nucléaire neuf n’est pas le prix de 92£/MWH négocié par EDF avec le gouvernement anglais. Le prix de 92£/MWH comprend une marge pour EDF en cas de problème avec un état étranger risquant à tout moment et pendant des décennies de nationaliser ou expulser EDF ou de lui imposer des travaux exorbitants, il comprend aussi une marge rondelette comme dans la plupart des concessions, ainsi les milliards de marges et super salaires des concessionnaires autoroutiers en France représente plus que les coûts de fonctionnement, d’entretien et d’extension de leurs autoroutes.

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