Crise grecque : la fin d’une certaine idée de l’Europe

Publié Par Anthony Escurat, le dans Europe

Par Anthony Escurat.

Alexis Tsipras, Syriza - Joanna (CC BY 2.0)

Alexis Tsipras, Syriza – Joanna (CC BY 2.0)

Depuis l’accession surprise d’Aléxis Tsípras au Palais Maximou, se succèdent un peu partout en Europe aux analyses laudatrices et flagorneuses des uns, les commentaires acariâtres et condescendants des autres.

Des débats la plupart du temps manichéens, ad nauseam, faisant de la Grèce tantôt le berceau du réveil des peuples européens contre la technocratie bruxelloise, tantôt le paria d’une Europe du Sud qui ne serait pas digne de ses voisins du Nord, traçant ainsi à gros traits et dans l’encre de l’ultralibéralisme le plus fécond une ligne Maginot sur les frontières européennes séparant l’orthodoxie d’un côté, la gabegie de l’autre.

La crise traversée actuellement par la Grèce et par l’Europe s’avère pourtant bien plus complexe que les tableaux clair-obscur que d’aucuns – experts en tout genre empreints de certitudes sans lendemain – se complaisent à brosser depuis plusieurs mois. Dans ce tribunal politico-médiatique, se dressent au premier rang les figures tuméfiées du citoyen grec « dispendieux » et du fonctionnaire européen « intransigeant », duo idéal de coupables se regardant en chien de faïence dans le box des accusés.

Derrière ces deux boucs émissaires « livrés aux chiens » se cachent pourtant les dirigeants du vieux continent, présidents d’institutions et commissaires européens, chefs d’État ou de gouvernement, dont le procès semble s’éloigner à mesure que le gouvernement grec paraphe les accords de l’Eurogroupe signés canon sur la tempe, chéquier dans la paume.

La question de la responsabilité des dirigeants européens se pose pourtant aujourd’hui avec acuité. Sortir de cette crise suppose de regarder en face les raisons objectives qui nous y ont conduits et, le cas échéant, demander des comptes.

Certes, les Grecs ont triché, fraudé, maquillé, falsifié. Certes, ils ont profité des largesses offertes par l’euro et ses taux bas. Mais les gouvernants de l’UE, dans leur ensemble, ne sont pas non plus exempts de toutes responsabilités.

La première malhonnêteté des dirigeants européens a consisté à laisser croire à l’opinion européenne que la Grèce était l’unique responsable de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

C’est pourtant mettre un voile sur la myopie complice de la Commission européenne et des États membres qui ont sciemment fermé les yeux sur les comptes de la Grèce, maquillés par la banque Goldman Sachs afin d’obtenir son ticket d’entrée au sein du club de l’Eurogroupe.

Les Européens, rappelons-le, étaient en effet très favorables au début des années 2000 à l’instauration d’une union monétaire la plus large possible parachevant ainsi le marché unique, quitte à se montrer (trop) conciliants avec les fameux « critères de convergence » imposés aux pays candidats à la zone euro.

Sur l’autel des équations politiques, Athènes bénéficia ainsi de la mansuétude économique de Bruxelles. Une erreur dont les dirigeants européens sont comptables aujourd’hui. Si la Grèce n’avait pas intégré l’union monétaire – ou à tout le moins si elle l’avait intégrée quelques années plus tard avec des finances publiques beaucoup plus saines –, elle ne traverserait pas la même crise aujourd’hui. Et l’Europe non plus.

grèce hollande merkel rené le honzecAutre sophisme entretenu ces dernières semaines par certains dirigeants européens et savamment relayé par une partie des médias internationaux : les Grecs n’auraient consenti aucun effort depuis 2010. La Grèce a pourtant subi huit plans consécutifs d’austérité en contrepartie des prêts consentis par l’Europe et le FMI. Ce corset imposé par les créanciers (en l’occurrence les dirigeants européens) s’est traduit par une indiscutable cure d’amaigrissement mêlant réduction des pensions de retraite et des salaires des fonctionnaires, privatisations en chaîne, hausses de la TVA et des impôts, etc.

Résultat : en cinq ans, le taux de pauvreté a bondi de 30 % tandis que le taux d’emploi s’est, quant à lui, érodé de près de 15 %. Ne permettant ni d’enrayer l’atonie de la croissance ni d’accroître substantiellement les recettes fiscales pour rembourser la dette.

Face à cette situation, fait inhabituel, le FMI a effectué il y a deux ans un mea culpa inattendu ; reconnaissant ainsi que le plan de sauvetage de la Grèce élaboré en 2010 par la Troïka avait permis aux créanciers privés (banques et fonds d’investissement) de quitter à bon compte et sur la pointe des pieds le bateau grec sur le point de couler, transmettant le  « fardeau aux États » – selon les propres termes d’Olivier Blanchard, chef économiste du FMI – et laissant ainsi les contribuables européens seuls à bord.

D’une dette privée, la dette hellénique s’est donc muée en une dette publique, détenue aujourd’hui en premier lieu par les citoyens allemands, français et italiens. Un tour de passe-passe réalisé mezzo voce avec la bénédiction des dirigeants européens, de droite comme de gauche, et qui, faisant le miel des partis populistes, a contribué à alimenter l’euroscepticisme de bon nombre d’Européens.

L’Europe doit donc changer. Et ses institutions avec. Le projet fédéraliste européen, tel qu’il se dessine depuis l’Acte unique et à travers les traités de Maastricht ou de Lisbonne a fait long feu.

Ce fédéralisme, incarné par son lot d’institutions aussi pléthoriques qu’opaques, s’est depuis trop longtemps construit à côté des peuples ; ces citoyens ingrats et béotiens restés à quai, peu consultés, car risquant de répondre « mal » aux referendums qui leur sont posés.

Désormais réveillés de leur stupeur par le cri populaire de la plus vieille démocratie du monde, les peuples d’Europe attendent et exigent un tout autre souffle des institutions et des dirigeants de leur continent.

Il n’y a qu’à jeter un rapide coup d’œil sur ceux qui ont la lourde tâche de représenter l’Europe aujourd’hui pour comprendre le degré d’adhésion des Européens à leurs institutions et à leurs leaders.

En premier lieu, Donald Tusk, illustre inconnu dans la quasi-totalité des États membres et émérite président d’un Conseil européen dont aucun quidam du continent ne connaît véritablement les compétences propres. Jean-Claude Juncker ensuite, véritable apparatchik européen, grand architecte de l’optimisation fiscale du Luxembourg lorsqu’il était Premier ministre du Grand-Duché et président d’une Commission européenne symbole de la technocratie omnipotente.

Mario Draghi, patron de la BCE, fille aînée de la Bundesbank et unique banque centrale indépendante du monde, ancien hiérarque de Goldman Sachs (la banque qui a falsifié les comptes grecs), Européen le plus populaire à l’applaudimètre des marchés financiers, mais tout aussi inconnu par l’Européen-moyen que son prédécesseur, le Français et mal nommé Jean-Claude Trichet. Enfin, Martin Schulz, fantomatique président du Parlement européen, ainsi que Jeroen Dijsselbloem, jeune dirigeant de l’Eurogroupe – cette instance informelle bien plus puissante que la majorité des institutions officielles de l’UE – et éphémère ministre des Finances des Pays-Bas (trois mois à peine).

Une photo de famille peuplée d’inconnus qui en dit long sur l’appropriation par les Européens de leurs institutions et de ceux censés les incarner.

La crise grecque constitue dès lors une formidable opportunité : elle nous enjoint à rebattre les cartes de la construction européenne, faire table rase, repartir de zéro ou presque.

Comme l’avait prédit le général de Gaulle, seule l’Europe des États-nations pourra remporter l’adhésion des Européens. Le sursaut démocratique hellénique l’a révélé avec éclat : les nations du vieux continent – volontairement emmaillotées du linceul européen après la Seconde Guerre mondiale – ne sont pas mortes, loin de là. À l’instar de la Grèce, elles ne sont pas non plus hostiles à l’Europe. Elles aspirent simplement à un autre projet européen.

Qu’on le veuille ou non, ces derniers mois, Aléxis Tsípras est entré dans l’histoire pour avoir défié une certaine conception de l’Europe. Qu’on le veuille ou non, avec cet épisode grec, une certaine idée de la construction européenne telle qu’imaginée par Schuman, Monnet ou Delors s’est étiolée, balayée avec panache par les héritiers de Platon et Aristote. Balayée sans doute à jamais.

Sur le web

  1. Combien d’Européens pensent comme vous? Et combien d’Européens vont continuer leur train train quotidien en attendant que l’Histoire avance?

  2. Ah que c’est beau on dirait du Mélenchon 😀

    1. Je ne pense pas que Mélenchon puisse avoir une analyse aussi juste… Pardon.

  3. Le réveil du peuple face aux technocrates bruxellois ? Ou le réveil des profiteurs qui veulent pas se réformer tout en profitant de l’argent des autres ? Heureusement que Merkel est là, que serait l’Europe sans elle ? La Françeurope ?

    1. C’est bien l’essentiel de cet article: la France, qui a participé à TOUTES les décisions depuis le début et qui, par la voix de l’agité du bocal qui vous a servi de président jusqu’en 2012 et qui prétendait dans des conférences de presse, exclusivement en Français et à but et destination des Français (mais entendues par d’autres!!!) qui racontait qu’il avait (à chaque « sommet consécutif », une dizaine de fois, donc, réglé définitivement le problème de la Grèce ( ajoutant, in petto, « avec Angela »). Pendant ce temps-là, la France ne s’approchait en rien des critères de convergence dits « de Maastricht »: un accord signé à l’unanimité (France comprise), 20 ans avant, en 1992!
      En fait la France croit encore que la seule et vraie Europe devait être celle de Napoléon (défait par une coalition, il y a 200 ans, quelle ironie!) qui en aurait fait son empire français: tant de prétention avec tant d’indiscipllne est d’un ridicule remarqué!
      L’auteur ne connait personne dans les autorités européennes, vu qu’aucun n’est Français (Pourquoi, à votre avis?) mais la solution est évidemment un retour en arrière sur l’idée Française de Ch.De Gaulle qui a quitté le pouvoir, il y a 46 ans! « Bon sang! Mais c’est bien sûr! »
      Franchement, des solutions pareilles, ça mérite d’être publié?
      Parce que le truc de « faites ce que je dis mas pas ce que je fais », ça ne fonctionne pas très bien!
      J’en ris d’autant plus facilement que dans la notice de « l’auteur », Anthony Escurat, il est indiqué qu’il est d’un groupe qui « ambitionne de devenir le « hub » des idées innovantes en France », on croit rêver.
      Si la France veut changer quelque chose en Europe, qu’elle vote d’abord à un peu plus de 40% du corps électoral pour des députés français, à Bruxelles, qui ne soient pas des « seconds couteaux recyclés » de la politique nationale, surtout connus pour briller par leurs absences: ces gens décident de 30 à 50% de la législation qui s’imposera à la France!
      Quel citoyen connait le nom de son député européen, en France?
      Il est bien plus important de connaitre la « petite phrase » que NKM a dit à propos de MST!
      Maintenant je signale

      1° que je préfère clairement l’état financier que J.C.Juncker nous a laissé, après 20 ans de gouvernement que celui de la France actuelle

      2° que si J.C.Juncker est encore Président de la Commission, c’est bien que les rulings tax (traduction française: « rescrits ») existaient bien en France, aussi comme dans 22 pays européens! De plus, cet homme est capable, lui, d’appeler un dictateur, « Dictateur »; ou de dire que France et Royaume-Uni se montrent mesquins par rapport à l’immigration! Le jour où, en France, on osera un pareil franc-parler, loin des mystères comme l’attentat de Karachi et l’attitude du juge J.L.Bruguière que tout le monde préfère ignorer (sauf les parents des victimes) pour ne pas voir la réalité derrière le mythe chauvin!

      3° qu’aucun politicien français actuel n’avait ses compétences ni son savoir européen, ni son mutilinguisme: il est d’ailleurs heureux qu’un P.Moscovici, fils du Psycholgue social, Serge du même nom, sot mis sous tutelle, lui aussi, tant la confiance règne!

  4. Quoi qu’il arrive, la conception monétaire et financière de l’Europe est appelée à imploser et ce pour des motifs évidents : le différentiel économique et monétaire entre l’Allemagne (sur l’économie de la quelle repose la valeur de l’euro, rappelons-le) et les pays du sud de l’Europe (dont la France) atteint de 15 à 45% (voir +). partant de ce constat, il est impossible que cette organisation européenne puisse survivre à la prochaine crise. Or, si l’on analyse les chiffres réels de l’économie mondiale (USA, Japon, Chine, UE, entre autres), l’année 2015 ne sera pas un bon « CRU », c’est le moins que l’on puisse dire. Je vous laisse deviner le reste. Quant à la Grèce, Le dirigeant politique actuel a manqué de courage (comme d’habitude), il eut été plus profitable pour le Peuple Grec sortit de la zone euro ce qui arrivera (peut-être) à la prochaine crise (ce qui ne devrait pas tarder).

  5. Ne sous-estimons pas trop rapidement la difficulté à changer les traités en place. Ce n’est pas si simple.

  6. On dirait un texte gaucho/droito-souverainiste.

    On est bien sur un site libéral ?

  7. le plan de sauvetage de la Grèce élaboré en 2010 par la Troïka avait permis aux créanciers privés (banques et fonds d’investissement) de quitter à bon compte et sur la pointe des pieds le bateau grec sur le point de couler, transmettant le « fardeau aux États »

    Cela on le savait, car c’est difficile à cacher. Oui, c’est bien à bon compte que les banques ont été dégagées du fardeau. Cela est bel et bien du capitalisme de connivence, comme d’habitude au frais du contribuable européen.

    L’Europe doit donc changer.

    En commençant par interdire le déficit. Tout déficit est suivi de coupes dans les dépenses ou augmentations d’impôts, ce qui laisse de la place à la sot>cial démocratie.

    Ce fédéralisme, incarné par son lot d’institutions aussi pléthoriques qu’opaques,

    Qu’attendre des nouveaux petits nobliaux payés plus de 25000 Euros mensuellement… Et vu ce que ça gagne, vous ne voulez quand même pas leur demander des comptes, non ❓

  8. « Les héritiers de Platon et d’Aristote » ?

    Tsipras est vraisemblablement plus l’héritier du communiste Platon que du partisan de l’état de droit démocratique Aristote.

    Et par pitié, arrêtez avec ce lieu commun idiot de « la plus vieille démocratie du monde ». Athènes n’a jamais résumé la Grèce. Vous pourriez aussi bien dire, sans que ce soit plus pertinent « le plus vieux totalitarisme du monde » en considérant Sparte.

    Bien la peine de fustiger sur trois paragraphes les clichés défendus par les uns et les autres pour en reprendre un si éhonté.

    1. La démocratie héréditaire, c’est à peu près comme la prêtrise du même métal. L’histoire ne semble pas avoir déjà gardé les noms des éventuels enfants de Platon et d’Aristote, quant à Pythagore qui haïssait la démocratie, il a eu un gendre grand fort et bête au point de mettre la main là où il ne fallait pas, Milon de Crotone, signe qu’il n’y a guère non plus d’intelligence à attendre au prétexte d’un ancêtre génial des siècles auparavant.

    2. La Grèce antique a inventé la démagogie en même temps que la démocratie.

      1. Par ailleurs nous avons grâce à Tsipras vécu un bel exemple de démocratie. Non pas l’espèce de plébiscite électoral qu’il a organisé mais le fait indiscutable qu’en démocratie lorsque les médiocres gouvernent, ils se retrouvent vite obligé de quitter le pouvoir. Après 7 mois Tspiras a du virer les durs de sa gauche et on va vers de nouvelles élections. Voilà le vrai mérite de la démocratie : pouvoir virer les médiocres lorsqu’ils se retrouvent confrontés au mur de la réalité et en face de leurs mensonges.

        Et ce sera pareil un jour avec le FN.

    3. Il faut aller plus loin encore dans l’enfoncement des clichés. Dans la réalité, le système totalitaire grec par excellence, c’était Athènes, non pas Sparte. Pour devenir citoyen athénien, il fallait en premier lieu avoir subi depuis avant la puberté (7-10 ans, pour une période de 7 ans environ) une initiation homosexuelle forcée (très bien décrite par beaucoup de peintures sur vase) de la part d’un mentor lui-même initié à un niveau plus élevé par la sinistre société d’Éleusis qui était à la fois l’agence d’espionnage et la franc-maçonnerie de la cité. Cette initiation avait pour but non pas le plaisir (le petit jeune devait endurer stoïquement, non pas jouir, prérogative du seul pédéraste ainsi qu’on appelait les mentors) mais le contrôle mental absolu (on ne le considérait complet que pratiqué par voie anale aussi bien qu’orale). Une fois que l’esprit du jeune était formaté au point d’être 100% malléable, il devait parler et voter dans foule de réunions en principe les plus représentatives du monde mais où la dissidence ne se concevait pas, des réunions ayant plutôt toutes pour but d’entériner des décisions prises d’avance par un pouvoir exécutif secret et de vérifier la conformité idéologique des délibérants : c’est un genre de « démocratie » unanimiste qu’on a retrouvé plus tard dans la République de Venise, puis dans les collèges privés de l’élite britannique qui effectivement cherchèrent à la reproduire, et aussi en Chine pendant la Révolution Culturelle (les mentors coûtaient très cher, hors de la portée d’une famille d’artisans aisés, si bien qu’il a fallu reviser beaucoup à la baisse le nombre de citoyens). Chacun interrogeait l’autre sur la conformité de sa pensée, la simple discordance cognitive sur des sujets purement abstraits, non politiques, comme par exemple l’existence ou la bienfaisance de certains dieux, valait souvent la mort ou la consécration à Pluton. Selon l’échelle la plus communément utilisée aujourd’hui par l’ONU pour mesurer le totalitarisme, Athènes atteignait 10 (quand la possession sexuelle est obligatoire, que les liens familiaux sont décriés comme contraires à l’éthos politique, et que chacun doit se surveiller à tout instant dans ses pensées comme dans toute sa gestuelle pour ne pas être suspect, la limite extrême est par définition atteinte, un niveau que n’atteignent en général que les sectes, les ordres combattants et les couvents, non guère les pays), l’Allemagne hitlérienne s’étant contentée de la note 7 (pas de possession sexuelle, respect des liens familiaux, répression très dure des idées non conformes dans un petit nombre de sujets seulement, respect relatif des travaux culturels non politiques). Que la ville d’Athènes ait été de mentalité hautement anti-démocratique se ressent dans tous les fruits de sa culture, notamment dans ses doctrines philosophiques qui communient toutes dans un mépris immense des travailleurs manuels, des femmes, des races étrangères à un degré inconnu ailleurs, et dans le fait que cette ville par la suite aida les empires conquérants auxquels elle se voua à devenir plus durs pour leur population.

      Sparte était en comparaison un système simplement autoritaire (de niveau 4 ou 5 selon l’ONU), où l’initiation requise pour la citoyenneté consistait en épreuves gymnastiques et en exercices d’entraînement à la vie dure uniquement, où les exercices mentaux consistaient en l’acquisition de compétences techniques réelles et non pas comme à Athènes en formatage idéologique, où les décisions prises par le conseil exécutif étaient publiques et non pas secrètes, où en fait davantage d’autres décisions étaient prises par les assemblées composées de sujets libres, et surtout, où pourvu d’être fidèle en actes et de bien s’entraîner le simple soldat pouvait sans crainte émettre les opinions qu’il voulait, si bien que beaucoup d’intellectuels athéniens préférèrent la vie à Sparte pour leur propre liberté de se livrer à leurs travaux. Sparte malgré la dureté de vie extrême de son idéal était une ville dotée d’abondants équipements pour l’hygiène publique, où personne ne faisait ses besoins n’importe où, où une certaine médecine publique était disponible, où le minimum alimentaire vital était garanti aux très pauvres, au contraire exact d’Athènes où le fait de secourir les pauvres et les malheureux était tenu pour une intrusion dans les décrets divins, sans parler de la condition féminine qui était une des plus valorisées du monde antique.

      1. C’est cette vision presque idyllique qui explique Sparte était aussi bien apprécié des fascistes que des communistes (Mélenchon reconnait une certaine admiration dans sa jeunesse).

  9. Cet article, c’est du galimatias socialo-keynésien. On a lu des choses tellement vraies sur ce sujet dans ces colonnes ces derniers temps : « un pays qui s’endette excessivement tombe un jour ou l’autre sous la tutelle de ces créanciers ». C’était juste et cela nous apprenait quelque chose : c’est ce qui nous pend au nez.

    Et puis ce style de terroriste : qu’on le veuille ou non ! Qu’on le veuille ou non ! Et puis quoi encore ?

    Tzipras un grand homme ? Un type qui fait voter un jour des choses à ses électeurs, qui signe la semaine suivante le contraire et qui dit une semaine après qu’il ne croit pas à ce qu’il a signé. C’est un grand homme ça ? Alors vive la petitesse. D’ailleurs, rien n’est plus dangereux qu’un grand homme car il fait de gros dégâts. Ceci étant, c’est vrai qu’on est parti pour revivre le même cirque dans un délai plus court que la foi d’avant. Souvenez-vous, Sarkosy parlait déjà de la plus vieille démocratie du monde. Heureusement qu’on n’élit plus en France que de petits hommes à la Présidence. Malheureusement, si petits soient-ils, ils conservent l’énorme pouvoir que leur confère la Constitution. N’est-ce pas cela que l’on nomme généralement la vacance du pouvoir. Encore un point commun entre la Grèce et nous.

  10. Les arguments sont largement rabâchés: ce n’est pas que la faute des grecs. Certes…
    Et ensuite, que fait-on?

  11. Vision stérile : pas l’ombre d’une solution.
    Junker, Merkel, Draghi, Lagarde… ont oeuvré avec finesse, intelligence et cohésion face à un pays dont la démocracie et la gestion ne dépassent pas le niveau de la Côte d’Ivoire, et dirigé par un fanfaron marxiste.
    L’Europe doit se réformer mais elle ne mérite pas ces critiques.

Les commentaires sont fermés.