Éducation : la fin de l’autorité ?

Publié Par Stanislas Kowalski, le dans École & éducation

Par Stanislas Kowalski.

Bonnet d'âne - Photo Sylvain Masson (CC BY-NC-ND 2.0)

Bonnet d’âne – Photo : Sylvain Masson – Modèle : Clem – via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

 

L’autorité est devenue un jeu de mistigri, l’enfant une patate chaude. L’éducation est de plus en plus surveillée, à tous les niveaux. Les parents surveillent les professeurs. Les professeurs surveillent les parents. L’institution scolaire surveille les professeurs. Les électeurs se méfient, à juste titre, des ministres qui se succèdent rue de Grenelle. La justice est susceptible de s’en mêler.

On a donc deux effets contradictoires. Une exigence accrue et une crainte d’être désavoué. Ça vaut pour tous les acteurs. On en demande toujours plus aux éducateurs, mais on leur dénie de plus en plus souvent les moyens concrets d’agir sur les enfants. Toutes les sanctions et même la plupart des incitations qu’on utilisait traditionnellement pour contraindre les enfants sont ou risquent d’être jugées voire condamnées par la société. Il faudrait éduquer à tout et n’importe quoi, façonner les esprits, mais sans utiliser ni fessée, ni sanction humiliante (ce qui laisse dubitatif), ni notes, ni redoublement, ni privation, ni rien de rien, juste un mystérieux talent pédagogique et beaucoup d’amour et de dévouement.

Alors chacun a tendance à refiler le problème à l’autre. Le professeur, qui ne peut guère infliger de sanction sérieuse de sa propre initiative, multiplie les mots dans le carnet de correspondance, avec l’espoir un peu dérisoire que les parents vont prendre les choses en main. Comment ces derniers le pourraient-ils ? Comment pourraient-ils évaluer la gravité des actes du marmot, avec les deux pauvres lignes laissées par le professeur ? Comment pourraient-ils décider d’une sanction, qui n’est même pas vraiment demandée ? Si les faits sont plus graves, on fait un rapport au service de la vie scolaire, en lui laissant le soin de prendre une décision qui souvent ne viendra pas. Les chefs d’établissement, de leur côté, renvoient les professeurs à leurs responsabilités, tout en s’autorisant à commuer arbitrairement les peines, pour peu qu’un parent manifeste son mécontentement. Les parents débordés espèrent vainement que l’école prendra en main l’éducation qu’ils ne parviennent pas à donner à la maison.

Autrefois, chacun des intervenants était vraiment le maître dans son espace propre, le professeur dans sa salle, le surveillant général dans la cour, les parents chez eux. Et personne n’avait rien à y redire. Maintenant on se préoccupe de ce qui se passe partout, et chacun espère que le problème sera résolu ailleurs.

Mais il faut bien comprendre que ce n’est pas faute de dévouement. Ce n’est pas vraiment par démission. Je trouve qu’il y a plus de scrupules mal placés que de lâchetés, et plus de lâchetés que de négligence. Le professeur bordélisé qui retourne dans sa classe n’est pas lâche. Le père qui se rend aux convocations des professeurs n’est pas lâche. La plupart des parents de cancres sont absolument désolés de ce que font leurs enfants à l’école et ils donnent beaucoup à leurs enfants, parfois plus que de raison… jusqu’au moment où le sentiment d’impuissance les conduit à renoncer totalement.

Parmi ces scrupules, il y a l’obéissance des professeurs envers leur hiérarchie. Difficile d’être à la fois loyal envers l’institution et efficace dans le maintien de l’ordre. Mais comment être obéi, si on donne soi-même l’exemple de l’insubordination ? La posture révolutionnaire ne peut pas être celle du professeur. Par essence, sa mission est conservatrice. S’il veut être cru de ses élèves, il doit s’appuyer peu ou prou sur un consensus social. Il lui est matériellement impossible de démontrer tout ce qu’il doit enseigner, dans une classe de trente élèves peu enclins à l’écoute, quand bien même il en serait intellectuellement capable.

Il y a les scrupules des parents, qui n’osent pas imiter leurs propres parents, parce que les temps ont changé et qu’on n’impose plus les choses comme autrefois, parce que tant de psychologues ont fait des études savantes et des articles de vulgarisation pour démontrer que la fessée provoque des traumatismes irréversibles. Il y a les scrupules du divorcé, qui a peur de s’entendre dire que c’est mieux chez maman (ou chez papa). Elle est sans doute exagérée, cette peur de perdre l’amour de ses enfants, mais quand on a déjà perdu sa femme… En tout cas, elle est affreuse. Quand la confiance est perdue, aucun manuel de psychologie ne suffira à la rétablir. Mais pour augmenter le doute, c’est rudement efficace.

En tant que professeur, j’ai souvent le sentiment de devoir faire avancer un âne avec une carotte sans saveur et un bâton sans poids. Ne nous voilons pas la face, la plupart des mesures que nous prenons pour tenter de faire cours relèvent d’un bluff grossier. Toutes les incitations sont mauvaises. Certes, nous continuons d’affirmer aux élèves qu’ils préparent leur avenir, et qu’il faut travailler pour réussir. Mais toutes les décisions concrètes que nous prenons leur disent exactement le contraire.

Non, il n’est pas nécessaire de faire des efforts pour passer dans la classe supérieure. Ce n’est pas moi qui le dis, mais la loi. Les notes ne fonctionnent plus, non pas, comme le pensent certains, parce qu’elles constitueraient une brimade, mais tout au contraire parce qu’elles ne servent plus à décider de quoi que ce soit. Elles ne sont plus un encouragement à l’effort, mais juste des petits signes dérisoires faisant vaguement plaisir aux parents et aux professeurs, mais ne les chagrinant pas plus que cela, finalement, quand elles sont mauvaises, parce que c’est vrai, on finit par se résigner à la médiocrité, parce qu’on ne va pas passer son temps à rappeler qu’un 3/20 est une indignité. Le plus gros défaut des Livret Personnels de Compétences, ce n’est pas d’être des usines à gaz, ce ne sont pas les items abscons, ce ne sont pas les éternelles querelles exégétiques en salle des professeurs pour savoir comment les interpréter. Peu importe qu’on mette des « acquis », « non acquis », des gommettes rouges, vertes ou arc-en-ciel. Non, leur plus gros défaut, c’est qu’ils ne servent strictement à rien.

Non, le diplôme n’assure pas un bon emploi. De toute façon, on prétend le donner à tout le monde et on voit comme une catastrophe le fait que des élèves quittent l’école « sans qualification », en fait sans avoir obtenu ce petit bout de papier. D’ailleurs est-il seulement nécessaire de travailler pour gagner sa croûte, puisqu’on peut toujours essayer de faire payer les autres ? La mise en place du RMI, dans les années 80, n’a pas produit immédiatement tous ses effets pervers. À l’époque, nous étions encore dans une culture du travail. Nous savions que la richesse n’est produite que par le travail. Les partis de gauche se voulaient encore les partis des travailleurs. Depuis, les débats se sont recentrés sur les chômeurs. On a traité le symptôme et pas la cause. De conjoncturel, le chômage est devenu structurel. Et l’on s’est habitué à une situation intolérable. Nous avons maintenant une génération qui a toujours vécu avec cet horizon, au point de ne même plus considérer le chômage comme un malheur, mais comme une perspective d’avenir. On voit des gamins de treize ans envisager sans sourciller de se mettre au RSA, quitte à faire des petits trafics pour compléter. Ils n’ont même pas la pudeur de garder cela pour eux. Dans certaines classes, c’est le travail qui est mal vu, l’intello fait l’objet de brimades et doit donner des gages en faisant l’imbécile. Le besogneux, je l’aime bien, le pauvre besogneux passe pour un naïf, parce que ses efforts sont disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. Car le paresseux, dans son genre, est rationnel. Il ajuste son effort.

Bien sûr, il y a du vrai dans l’avertissement professoral. Bien sûr, le travail reste nécessaire et le système ne tiendra pas indéfiniment. Bien sûr, les pauvres petits gamins gâtés seront un jour rattrapés par la réalité. Mais « un jour », c’est toujours trop tard. Un enfant ordinaire a un horizon de quelques semaines, quelques mois au plus. C’est déjà bien si, en septembre, il se projette aux prochaines grandes vacances. Comment peut-on demander sérieusement à un adolescent de 13 ans d’imaginer ce qu’il sera dans 15 ans ? Il a besoin que les adultes, s’appuyant sur leur expérience, lui offrent des étapes intermédiaires. Il nous faut des sanctions, des notes et des punitions, pour donner à l’enfant un aperçu de la réalité qu’il aura à affronter plus tard. Il faut que les conseils de classe redeviennent des lieux de décision. Mais ce ne sont plus que des rituels, où le professeur, de moins en moins croyant, tente de se ressourcer. Quand encore ils ne sont pas devenus des arènes de cynisme, où l’on calcule comment on peut se débarrasser du perturbateur tout en respectant la loi, sans trop se préoccuper de son niveau de toute façon calamiteux.

L’école française n’est pas le temple du savoir que d’aucuns ont pu rêver. C’est devenu une officine du mensonge.

On se demande souvent comment on a pu en arriver à un tel marasme, malgré tant de réformes et de contre-réformes. Au fond, il y a bien une réponse qui se dégage de tout ce que je viens de dire. Elle ne plaira pas forcément à tout le monde. Le mépris du principe de subsidiarité est la faute politique majeure. L’égalitarisme est la faute intellectuelle.

  1. sans doute nos zélus ne veulent pas que les enfants deviennent intélligents et cultivés ; du coup ils transforment l’école en une grande cour de récréation ou les jeux sont plus importants que l’éducation ; un pays peuplé d’abrutis sera toujours plus maniables que s’il est peuplé de futurs citoyens qui en ont dans la tête ; de toute façon , tout se dégrade dans ce pays , y compris l’intélligence des zélus , comme nous pouvons le constater ;

    1. Les élus sont souvent des crétins faiblement éduqués qui en ont marre de voir un peuple ne pas avaler leurs couleuvres, parce qu’un peu trop éduqué, et souvent plus qu’eux mêmes…
      La solution est donc simple : plutôt de de bosser à la tache pour laquelle ils vivent sur la bête , il est plus simple de bousiller le niveau d’éducation , lobotomisation crédule religieuse a grande dose sous couvert de laïcité orientée, et faire miroiter un avenir radieux de RSArien, pour que les gueux retournent d’où ils n’auraient jamais dû sortir, dans le caniveau.
      Une fois traité de la sorte, le bon peuple obéissant, docile, mal payé, parce que non qualifié (et surtout non élu…) acceptera n’importe quel boulot de merde, courbera l’échine et boira avec délectation les bobards de cette classe bienveillante.
      Une fois cette opération de renivellement du peuple bien établie, ils pourront reprendre normalement leurs affaires de pillage de la nation entre gens bien pensants…
      La monarchie 2.0 est en route.

    2. Former en série des inutiles, qui font des fausses études et qui récitent le catéchisme de l’élite comme un disque rayé.
      Rien qu’à voir ce qui sort des sciences humaines en général, du talent gaspillé, ils seront engagés pour faire des travaux inutiles au gouvernement et conseiller sur des sujets qu’ils je connaissent pas et qu’ils feront semblant de comprendre selon le filtre de leurs préjugés.

      Franchement, le socialisme a un bel avenir avec une éducation qui favorise les fausses sciences et la faineantise. Juste à voir ceux qui bloquent les salles de cours, ils viennent presque tous de science humaine, fausse science sans rigueur ni defi intellectuel.

  2. Mathilde de St Amour

    Article interessant, merci!

  3. P.L.jesuisunhommelibre

    Tout est dans la conclusion, sans responsabilité des professeurs et des directeurs d’écoles il ne reste que la tentative vaine de résoudre les problèmes créés par cette administration elle-même.

    1. Mais pour être responsables, encore faudrait-il que les professeurs soient maîtres dans leurs classes, et les directeurs maîtres dans leurs établissement.

      On est pas responsables quand on à pas les moyens d’agir.

      1. P.L.jesuisunhommelibre

        C’est exactement ce que je veut dire et que l’auteur suggère en parlant de subsidiarité. Seule une autonomie de décision, d’embauche, de choix pédagogiques donné aux établissements scolaires pourra venir à bout de cette immense gabegie.

  4. /Sarcasm on

    Il faut encore plus d’Etat et de planification.. Il suffit de regarder les anciennes républiques soviétiques… dès la naissance l’Etat central préparait votre vie…
    S’il fallait des fabriquants de chaussures pour pieds gauche, alors on en fabriquait à la chaine depuis l’école… Et au vu des résultats ça fonctionnait super bien !

    /Sarcasm off

  5. genevieve franklin

    Je suis surement de la brigade des ‘ YA KA ‘.Cependant , j’aurais imaginé que redonner plus de pouvoir de décision aux directeurs pourrais aider peu .

    1. Pas s’ils risquent la prison à la moindre décision.

      1. Il n’y a pas de responsabilité ni de liberté, sans risque.

        Je suis pour l’autonomie et la pleine responsabilité des établisements, tant sur le choix des méthodes pédagogiques, des rythmes, du recrutement et du licenciement des enseignants, etc…

        Un etablissement autonome et responsable, avec un projet d’établissement clairement défini.
        Un établissement financé par les « cheque » éducation,

        Mais condition indispensable, c’est la liberté de recruter les éléves… et de rendre l’obligation de l’instruction aux parents, si l’enfant n’adhere pas ou plus au projet de l’établissement. Et sortir du systeme éducatif la poignée d’eleves qui perturbent gravement la vie des établissements.
        L’école n’est pas obligatoire, qu’on se le dise.

        1. C’est assez proche du projet de « nous citoyens » pour l »éducation:

          http://www.nouscitoyens.fr/synthese-du-debat-sur-leducation/

  6. A l’ère d’Internet plus besoin de l’école pour être intelligent et cultivé, le savoir est accessible, et les langues étrangères peuvent être apprises plus facilement que jamais.

    1. Intelligent et cultivé n’ont jamais été les conséquences de l’école, mais de l’entourage et des efforts personnels. Par contre, instruit, il y a une époque où l’école permettait de le devenir.

    2. mouaif. Internet est un outil fabuleux. Mais encore faut-il savoir s’en servir.

      Savoir notamment faire le tri entre les informations, les mettre en perspective, évaluer leur crédibilité.

      Et pour ça rien ne remplace une culture générale solide et un esprit critique. Ce qu’une scolarité digne de ce nom devrait aider à acquérir.

      1. Oui enfin dans ce que les profs enseignent il faut aussi faire le tri. Comme sur internet. Donc finalement, on se mord la queue. J’ai dû acquérir une culture générale solide et un esprit critique pour faire la part des choses sur ce que j’ai appris pendant ma scolarité, et Internet m’a bien aidé pour ca…

  7. Maintenant au collège et au lycée on sanctionne par des blâmes ou des exclusions définitives avec sursis. (Bien évidemment, il n’y a pas de limite fixée au nombre de sanctions qu’un même élève peut recevoir.)

    Moi je verrais bien le rappel à l’ordre avec sursis : « si tu continues à parler tellement fort que plus personne n’entend le prof, je te demanderai de ne pas continuer à le faire ».

  8. Je nuancerait le fait qu’il faille absolument des notes : Les écoles Montessori s’en passent très bien.

    Faut-il pour autant les supprimer totalement ? Bien sur que non. La seule solution est que les établissement soient libre de choisir leurs méthodes d’enseignement et d’évaluation et que les parents soient libres de choisir l’établissement où ils mettent leurs enfants.

    Avec la concurrence, les établissements ayant de mauvais résultats s’adapteront … ou disparaîtront.

  9. Un coup de blues, M le professeur ?
    Vous avez raison, le vice « c’est qu’ils [les instruments d’évaluation] ne servent strictement à rien ». Et si les évaluations des hommes sont évacuées, il ne restera que l’évaluation la plus terrible, la plus froide et la plus inévitable : celle de la Vie. Celle de Darwin.
    au fond, l’angélisme est le retour du darwinisme social le plus sauvage …

  10. Un retour de l’autorité à l’école nécessite plus que la volonté des élus et de l’état, c’est la volonté de toute la société.
    L’école est à l’image de ce que voulait les générations 68 et suivantes et ce n’est qu’aujourd’hui que COMMENCE à émerger ce désir d’autorité. Mais il n’y a pas encore de consensus à mon avis, si aujourd’hui un professeur ose « planter » un élève il y a encore de forte chance qu’un parent se pointe pour rectifier le professeur (cela c’est vu dans l’actualité). Si un parent ose user de son autorité il risque de subir le regard du reste de la société.
    Il y a un mouvement de balancier et ce dernier après avoir atteint un maximum vers le laxisme commence à partir dans l’autre sens, faut pas qu’il parte trop loin néanmoins.

  11. Merci pour votre témoignage avec lequel je m’accorde totalement.
    « À l’époque, nous étions encore dans une culture du travail. » Avec cette phrase tout est dit. Aujourd’hui, c’est une culture d’assisté. De plus le savoir, la connaissance pure, sont accessible par wikipédia et autres facilités internet, directement sur votre tablette. Tout ces facilités mènent à un état redoutable d’attente de pitance. Les gens ne sont plus rompus à l’effort de comprendre et d’aboutir. Les gens n’ont plus de rapport avec un mentor ce qui est également une perte de repères, et de respect. Le rite initiatique de la jeunesse est devenu une utopie reprise par les producteurs de cinéma pour vendre des films.
    Nous vivons dans l’illusion d’un monde meilleur…

  12. Depuis des décennies, l’école sert de laboratoire aux idéologues socialistes. Je ne suis certain qu’il soit aussi facile de contrôler l’éducation et encore moins la formation de la personnalité. En tous cas pas sans couper l’enfant de sa famille et lui attribuer un psychologue à plein temps pour surveiller son évolution et adapter la « pédagogie ».

    Au final, chaque enfant s’oppose plus ou moins à l’autorité, se forge ses propres schémas et se débrouille comme il peut dans la jungle que devient l’école. Et le résultat final n’est pas brillant pour l’instruction.

    Mais ce qui doit forcément arriver, c’est que les enseignants qui autre fois avaient un idéal et étaient dévoués se rendent compte qu’ils sont devenus les laborantins d’une expérience délirante.

  13. a l’auteur  » Autrefois, chacun des intervenants était vraiment le maître dans son espace propre, le professeur dans sa salle, le surveillant général dans la cour, les parents chez eux. Et personne n’avait rien à y redire. Maintenant on se préoccupe de ce qui se passe partout, et chacun espère que le problème sera résolu ailleurs. » Vous glorifiez un peu trop vite le passe Je suis de l’ancienne ecole et je fus interne Entre l’irrespect envers les profs et des mentalites de petits dictateur de chefs d’Internat il y a quand meme un juste milieu Je me souviendrai toute ma vie de cette maitresse nevrosee autoritaire nous rappelant sans cesse le passe avec sa guerre Elle appela une fille un matin de son bureau sureleve, cette gamine se leva et savait qu’elle allait recevoir une fessee en public Elle fut si stressee qu’ elle pissa le long de la jambe de l’institutrice dont les charentaises s’imbiberent comme des madeleines Cette conne de maitresse devint hysterique J’en ai d’autres de ces anecdotes si vous voulez A 18 j aurais aime avoir l’uniforme vert de gris des allemands et exercer une vengeance tant la rancoeur et l’incomprehension etaient tenace Le passe tout le monde le beni parce que rien n’etait dit comme les affaires de moeurs qui etaient etouffees A l’auteur en revanche, moi qui aimait les sciences, je ne trouvais guere d’emulation chez ces personnes dont le metier premier etait l’apprentissage des savoirs En resume votre propos met en exergue les derives d’aujourd hui mais de grace ce passe comme vous le decrivez comme un parangon avait aussi ses zones d’ombres savamment cachees

    1. Quelque soit le système on trouvera toujours des tarés, et il y’aura toujours des abus. Aujourd’hui, le problème, c’est qu’en plus le système lui-même est fou.

      1. Je voulais apporter un commentaire en contrepoint de cet article qui me semble ne pas etre juste sur le passe Il est evidemment que beaucoup de personne dont les comportements excessifs seraient en garde a vue aujourd hui Je voulais souligner un autre aspect j’etais simplement pasionne par les sciences et je ne demandais qu a etudier Lorsque j’etais gamin il ne semblait pas que j’etais une chance pour la France C’est un gachis total Mais le temps fait son oeuvre cette region est desormais peuple par des turcs ( premier cas du foulard islamique et premier Iman expulse par Pasqua ) et cette region a changer de physionomie et nous sommes desormais dans un ailleurs comme beaucoup d’autres regions de ce pays . La France ne sera jamais tout a fait mon pays Je regarde d’un air detache le bordel dans lequel se trouve ce pays Salutations

    2. « Craster’s roof, Craster’s law. »
      Je n’ignore pas le danger qu’il y a à laisser chacun absolument maître dans son domaine. Ce n’est pas sans raisons que toutes les procédures ont été mises en place. J’en souligne simplement le prix.

      Surtout, on a fait de certaines protections un absolu. On entend dire qu’il ne faut jamais toucher un enfant. C’est une injonction quasi sacrée. Or, il est nécessaire de pouvoir le contraindre, pour sa propre sécurité bien souvent.
      Il y a déjà des lois pour protéger des mauvais traitements. Mais une loi interdisant purement et simplement les actions physiques ne protégerait pas plus les enfants. Pourquoi? Pour au moins deux raisons. La première, c’est que son application serait très dure et impliquerait des actions au moins aussi violentes que ce qu’on veut empêcher. La deuxième, c’est qu’elle créerait une insécurité juridique rendant plus probables les réactions extrêmes, faute d’une intervention précoce. C’est une expérience trop facile à faire. Si vous vous interdisez de punir, vous serez rapidement amené à punir plus que de raison. Beaucoup de sévices sont le fait d’éducateurs qui ont perdu pieds.

      Nous sommes arrivés à un stade où même les équipes pédagogiques, je ne parle pas des individus, ne peuvent plus prendre de décision sérieuse. Les renvois prennent des mois, les décisions du conseil de classe ne sont plus que des coups de bluff, car on peut toujours les contester. Et devant qui? Une commission d’appel qui ne connaît pas l’enfant et n’aura de toute façon pas le temps de le connaître.

  14. J’étais tombé sur un article intéressant sur le sujet de l’autonomie des établissements : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/08/30_AutonomieEtabs.aspx

    En gros ce que j’avais retenu c’était que les établissements ont le droit d’être assez autonome mais que les établissements eux-même réticents à être plus autonomes. Sortir de la centralisation c’est dur, surtout quand personne ne veut le faire.

    1. C’est comme pour la sécu… il suffit d’auroriser la création d’établissements autonomes financés par cheque éducation.
      Il faut autoriser qu’un groupe d’enseignants motivés puissent faire basculer les établissements, même partiellement, dans cette logique responsabilisante.

  15. Excellent article, merci.
    S

  16. « Comment peut-on demander sérieusement à un adolescent de 13 ans d’imaginer ce qu’il sera dans 15 ans ? »

    C’était pourtant mon cas. Et même avant 13 ans.

    Mes parents mon toujours répété : « Si tu ne travailles pas tu finiras sous un pont. ». Et croyez-moi ou non, mais j’ai toujours plus pris cela au sérieux, même à 7 ans et quelques, qu’une fessée ou une claque.

    Cette phrase, prononcée avec gravité, est bien plus efficace que toutes les « sanctions humiliantes » que vous pouvez imaginer. Tout simplement parce qu’elle met l’enfant en face de ses propres responsabilités.

    1. Allons, au temps du RSA, du droit opposable au logment, de la CMU, ce propos n’a plus de sens. L’enfant en ricane, et avec raison, aujourd’hui.

    2. « Mes parents mon toujours répété : »

      CQFD.

      « Cette phrase, prononcée avec gravité, est bien plus efficace que toutes les « sanctions humiliantes » que vous pouvez imaginer. Tout simplement parce qu’elle met l’enfant en face de ses propres responsabilités. »

      Pas avec tous les enfants. Surement pas avec la majorité. La plupart des enfants ne se projettent pas vraiment.

      1. 1/ J’ai, effectivement, tendance à reformuler longuement mes interventions et à répondre avant de me relire. Le « mon » est le vestige d’une phrase disparue.

        2/ Quand bien même, depuis quand l’orthographe est-il devenu l’alpha et l’oméga du travail ?
        Peut-être devriez-vous revoir votre définition de « CQFD » ? Je ne vois pas bien ce que vous avez démontré, si ce n’est ma faiblesse en orthographe, et en quoi cela porte un rapport avec mes propos.

        3/ La majorité des enfants n’ont pas envi de décevoir leurs parents et se projettent, au contraire, très facilement. Néanmoins, de la part de parents au RSA, les : « Si tu ne travailles pas … »peuvent mal passer et faire doucement rire. Les enfants comprennent aussi très bien l’ironie.

  17. « Il nous faut des sanctions, des notes et des punitions, pour donner à l’enfant un aperçu de la réalité qu’il aura à affronter plus tard. »

    Précisément : il y a tout un tas de gens qui travaillent d’arrache-pied hors du milieu scolaire à transformer la réalité en question en un cocon duveteux lui aussi dépourvu de toutes ces vilaines conséquences, au moins pour une majorité de citoyens modernes dociles qui pensent et votent comme il faut.

    Votre constat est juste mais comme tous ceux qui en font de nos jours, des constats justes, vous pissez dans une contrebasse de collection. La lâcheté et le politiquement correct font loi, et en vous y opposant, vous faites entrave au Progrès, kamarade.

  18. Les principaux ressorts de l’éducation sont l’imitation, la carotte et le bâton.
    Concernant le premier, des adultes libres et responsables sont les plus à même de former de futurs citoyens.
    Pour les deux autres, on doit se rappeler que l’homme a toujours progressé pour surmonter des difficultés ou pour un futur désirable.
    L’idéologie socialiste nie la réalité, jusque même la nature humaine.
    Idéologie mortifère.

    1. L’ennui est que les autres alternatives idéologiques nient aussi cette nature humaine… et la nature en général. Le seul point qui réunit toutes ces idéologies est assez simple : le monarchisme, au sens littéral du terme, c’est a dire le « pilotage » du troupeau par un « chef » qui s’arroge tous les droits, de manière héréditaire ou pseudo démocratique, peu importe… Le fonctionnement naturel est pourtant plus proche proche de l’anarchisme, ou de l’acentrisme… Mais dès qu’on prononce ces termes, les pilotes en question nous rappellent immédiatement le chaos. Chaos surtout pour ces parasites consanguins qui se pensent meilleurs que les autres pour guider le troupeau, et qui de fait ne pourraient plus bouffer sur la bête, ne produisant strictement rien par eux même que des tonnes de paperasse pour « cadrer » le troupeau de moutons…

    2. L’imitation! Malheureux! N’allez pas dire ça à un inspecteur! Ça peut vous coûter cher.
      J’en ai fait l’expérience.

  19. « Toutes les sanctions et même la plupart des incitations qu’on utilisait traditionnellement pour contraindre les enfants […] »

    Heu… Pourquoi voulez-vous les contraindre ? Et le principe de non-agression ? Si vous devez les « contraindre » pour les rendre autonomes, je pense qu’il y a un problème de fond. Les méthodes Montessori & Frenet donnent d’excellents résultats, des enfants autonomes, savants & intelligents, sans contrainte.

    L’absence de contrainte n’implique pas l’absence d’autorité, ni l’absence de limites. Elles impliquent que l’enseignant se remette à sa place d’individu accompagnateur, facilitateur, et non « détenteur suprême du savoir unique et vrai qu’il faut écouter comme le messie ». Il y a un biais trop énorme dans la « pédagogie » traditionnelle qui doit mener les enfants à « obéir ».

    Le principe de non-agression me semble très bien incarné dans ces méthodes (Montessori & Frenet), qui respectent les rythmes et intérêts des enfants de manière individuelle, tout en permettant au groupe d’évoluer dans un environnement calme et propice à l’apprentissage.

    Les méthodes « à contraintes » et à sanctions / punitions ont très souvent mené à des générations de [légitimement] frustrés. Je ne les blâme pas : quand on te rabaisse/punis toute ton enfance, pour t’apprendre à obéir, et que c’est le seul schéma relationnel que tu connais, tu reproduis.

    « Il nous faut des sanctions, des notes et des punitions, pour donner à l’enfant un aperçu de la réalité qu’il aura à affronter plus tard. »

    CQFD.

    Je pense qu’il est plus que temps de changer cette réalité pour vivre dans un monde plus agréable pour tous. Il est temps de parler ouvertement de cette dette émotionnelle (en plus de la dette financière, technique…) que les générations du 20e siècle ont forgé, et de « faire chacun sa part » pour la résorber (métaphore du colibri à la fin du livre « c’est pas ma faute », récemment promu sur ce site). Nous, nos enfants et les leurs ne s’en porteront que mieux.

    Et je ne parle pas d’un monde de bisounours, mais d’expérience vécue par de nombreuses familles autour de nous, et même dans de nombreuses entreprises : par exemple Poult (800 salariés), GitHub (250 salariés) semblent appliquer quelque chose qui ressemble à la méthode montessori en entreprise…

    Depuis que la fessée a disparu de la maison et que nous parlons avec nos enfants (on pourrait dire « négocier »), ils « obéissent » (sic) mieux (en fait, ils comprennent nos désirs), et tout se passe mieux avec eux. La différence : au lieu du « c’est comme ça, tu dois faire ça parce que je suis le parent », on les traite comme des individus à part entière. Un enfant de 3 ans ne sait simplement pas verbaliser ses émotions, mais il ressent les mêmes qu’un adulte. Tout le panel. Il ne doit pas être traité comme un adulte, évidemment, mais comme un individu en construction. À ce titre il a besoin d’accompagnants qui l’aident à se découvrir, pas d’instructeurs qui le forment à l’obéissance.

    Traitons les individus pour ce qu’ils sont : les mêmes que nous.

    1. Pourquoi?

      Il y a plusieurs raisons, dont il est aisé de faire l’expérience.

      La première, c’est que si le pouvoir n’est pas exercé, il y aura toujours un salaud pour s’en emparer. C’est bien simple. Vous faites du principe de non-agression un absolu. Très bien. Mais le premier qui décidera de tricher avec cette règle prendra sur vous un avantage facile. Il y aura forcément quelqu’un pour profiter de la faille. Forcément. Dès lors, le rôle de la loi n’est pas tant de dire bien que de définir la réponse concrète de la société quand la faute sera commise. La possibilité de la faute est une donnée qu’il faut prendre en compte. A elle seule, elle suffit à invalider les rêves anarchistes. Dit autrement, c’est la légitime défense, qui se double d’un devoir de protection. En tant que professeur, je dois protéger les autres enfants du perturbateur qui les empêche d’apprendre.

      La deuxième raison, c’est qu’on ne peut pas tout faire passer par le dialogue et la raison. On peut presque tout faire passer par le dialogue, sauf le dialogue lui-même! Il faut s’assurer des conditions matérielles de la discussion. Je ne peux pas discuter avec quelqu’un qui préfère cogner plutôt que de parler. Sans aller jusque là, dans les classes, je ne peux pas faire cours et intéresser les élèves, si l’ambiance est au brouhaha et à la rigolade. Il y a d’autres sources de l’autorité que le pouvoir de sanctionner conféré par l’institution, essentiellement le charisme et la compétence. Mais il faut du temps pour faire apprécier sa compétence. Quant au charisme, ma foi, on constate que les plus efficaces sont ceux qui « en imposent ». L’investiture reçue de la société, avec sa dimension de contrainte, est la première et la dernière sources de mon autorité. C’est mon caractère officiel qui dit à l’enfant que l’on doit m’écouter. C’est aussi ce sur quoi je m’appuie quand le reste n’a pas fonctionné.

      Enfin, il y a le fait qu’il s’agit d’enfants, justement. Ils ne sont pas libres, précisément parce qu’ils ne sont pas responsables. Ils ne comprennent pas leurs besoins, du moins pas tous. Et de toutes façon, ils ne peuvent les satisfaire eux-mêmes. Il y aurait bien un moyen de ne pas les contraindre. Ce serait de les exclure purement et simplement. Seulement, je n’en ai pas le droit, ni légalement ni moralement. A un adulte qui ne respecte pas les règles, il m’est facile de lui dire d’aller voir ailleurs. Mais les enfants sont sous ma protection et ma responsabilité. Je ne peux pas être responsable d’autrui, être responsable à sa place, si je n’ai pas la possibilité de le contraindre, au moins dans une certaine mesure. Le gamin qui fait un caprice et sort de mon cours pour commettre une imprudence quelconque suffit largement à m’envoyer en prison. C’est normal. A une condition cependant: que j’ai les moyens d’éviter cela.

      Maintenant, il y a bien des degrés de contrainte. Nous devons en accepter certaines formes, pour pouvoir nous dispenser des mesures extrêmes.

    2. C’est exactement ce genre de raisonnement qui nous a conduit à la situation actuelle (et la future descente aux enfer qui se profile). Les enfants sont des adultes en devenir, à ce titres ils doivent être traité comme des enfants, pas comme des adultes. Les adultes ne sont pas au service des enfants, ils doivent entretenir une relation d’autorité qui n’empêche nullement l’expression de l’amour et de la tendresse. Poser des limites aux enfants est indispensables pour leur construction, leur équilibre et non il n’y à pas besoin de tout expliquer dans les détails à un enfants de 3 ans. Il vaut mieux imposer arbitrairement parfois que de faire montre de laxisme permanent. Toutes ces concepts de « négociations » avec les enfants ne conduisent qu’a une chose : devoir batailler 2 heures avec moultes discours idiots et sirupeux accompagner de cris de cochons qu’on égorge pour enfiler une chaussette. Notre société crève des rêves socialoïdes de monde meilleure ou tout est doux au touché et sent bon. Peut être qu’un jour dans quelques centaines ou milliers d’année l’homme parviendra à vivre et progresser sans stress, sans douleur, sans effort par le fruit de la simple puissance cérébrale mais pour l’instant on en est loin.

  20. Bel article, merci à Stanislas Kowalski. C’est très bien écrit. Il y a encore des profs de lettres qui savent écrire 🙂

    La conclusion mériterait un autre article, voire deux: un sur le mépris du principe de subsidiarité et un autre sur l’égalitarisme: en quoi ces deux « fautes » sont-elles des fautes et en quel rapport avec l’éducation?

    « le diplôme n’assure pas un bon emploi »

    Oui, mais l’absence de diplôme assure de ne pas trouver d’emploi. Malheur aux élèves et aux parents qui n’ont pas compris ça.

    1. Sur l’égalitarisme, vous aurez en creux un début de réponse dans l’article que j’ai mis en lien. J’y analyse le concept d’égalité, en commençant par les mathématiques, pour finir sur les implications en matière d’éducation et de politique.

  21. Je me demande à quoi sert le point d’interrogation dans le titre de cet article. A faire croire à autre chose qu’un simple éditorial sans doute.

  22. Singapour nous montre la voix à suivre notamment grâce aux châtiments corporels…Plus efficace que de dire à un enfant « t’est nul tu est un bon à rien »… et de lui aboyer dessus tendance boot camp US)…Maintenant de mon souvenir personnel il y avait des professeurs qui prenaient un malin plaisir à humilier leur élèves en toute impunité…

  23. Il faut dire aussi que les programmes sont nuls…

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