Changement de nom de l’UMP : je suis Abel ?

Publié Par Alain Toullec, le dans Politique

Par Alain Toullec.

Meeting de Nicolas Sarkozy à Lyon (Crédits UMP Photos, licence Creative Commons)

Meeting de Nicolas Sarkozy à Lyon (Crédits UMP Photos, licence Creative Commons)

 

Ainsi, les conservateurs, représentant la droite étatiste, vont s’appeler en France « Les Républicains ». Exit, le « Rassemblement » qui aurait pourtant été un choix judicieux et lucide, les membres pouvant être clairement désignés : les rassemblementeurs.

Le changement de nom de l’UMP serait de bon augure si cela annonçait un virage idéologique en référence au parti homonyme américain dont une partie des militants ont étudié non seulement leur Constitution et les « pères fondateurs » mais aussi Hayek, les français Bastiat et Tocqueville, ainsi que Rothbard et Mises et qui ont des élus qui admirent Ayn Rand et qui poussent l’audace comme Ron Paul à penser la suppression de l’impôt sur le revenu et à remettre en cause la sacro-sainte banque centrale.

Sarkozy UMP - René Le Honzec Contrepoints367Inutile d’en espérer autant des futurs cadres des « Républicains » : les projets de logo précèdent la définition d’un axe de réflexion qui s’opposerait au socialisme. Pour séduire en politique, la forme prime le fond, démagogie démocratique oblige.

Alors, droite et gauche remettent à l’honneur la République, alpha et oméga d’une politique morale proclamée. Mais quelle République ? République populaire ? République démocratique ? République islamique ? République sociale, pour ne pas dire socialiste selon la Constitution française en vigueur ?

La République ne protège pas du totalitarisme, elle n’a jamais garanti la liberté.

« Il faut restaurer les valeurs de la République », clament-ils en chœur. En quoi la république serait-elle morale ? C’est en son nom et en celui de la nation que des têtes tombèrent, faisant gicler le sang dans la sciure, que de braves gens furent noyés, assassinés, déportés, que des guerres tout aussi inutiles qu’immorales furent entamées pour imposer des révolutions ou figer des frontières au détriment de chaque individu peuplant le territoire. C’est au nom de la République que surgit la censure dans l’espace internet pour protéger une presse écrite dépassée, subventionnée et donc subordonnée.

Le bruit des bottes résonne en cadence avec la République.

Non décidément, si j’étais croyant je ne donnerais pas à la République française le bon dieu sans confession.

Pourtant Nicolas Sarkozy, promoteur du racket routier par radar automatisé, a porté la traîtrise à son apogée en reniant l’unique démarche un peu moderne de son magistère, le statut d’auto-entrepreneur. Au lieu d’amender les structures juridiques contraignantes en les rapprochant de celle des auto-entrepreneurs, il se renie d’abord en inventant le mythe d’une concurrence déloyale. Las ! Après une attaque aussi désordonnée qu’intempestive, il semble se renier une nouvelle fois en prétendant maintenant défendre le statut. De retour aux manettes, il changera encore d’avis sous prétexte de renflouer les caisses vidées par l’État. C’est le vent qui tourne, pas la girouette disait ce fin connaisseur de la politique française, Edgar Faure.

« J’aime les entreprises… » professent des Valls ou des Sarkozy de temps à autre. Oui, ils apprécient les entreprises soumises et corvéables à merci, contrôlées d’une part par un réseau de fonctionnaires ou assimilés et surtout d’autre part mises au pas par des syndicats professionnels conformes, financés par l’impôt pour l’essentiel. Ne demandez pas au Medef ou à la CGPME de remettre en cause le monopole de la sécurité sociale, ils en vivent.

Ils aiment les entreprises mais pas les entrepreneurs

Défenseurs de la liberté lorsqu’ils sont éloignés des pôles de décision, les politiciens multiplient les contraintes à leur profit dès qu’ils s’y retrouvent. Ils s’impatientent d’être élus et de gouverner car ils veulent jouir du pouvoir. Ils veulent obtenir notre confiance pour guider nos vies et nous la refusent pour maîtriser la nôtre. Veulent-ils être vizir à la place du grand vizir ? Certes. Mais s’ils chassent les corrompus appartenant à l’autre clan c’est pour prendre leurs places. À nous le château parce qu’à nous les parts du gâteau ! Chacun son tour ! Cela s’appelle l’alternance démocratique.

À peine élus, au nom de l’égalité, ces traîtres planteront fraternellement dans le dos de la liberté individuelle le poignard de l’État.

« Les Républicains » peut-être.

Plus sûrement, voilà « Les RépubliCaïns… »
Je suis Abel.


Sur le web

 

  1. La marque UMP étant salie c’est une bonne chose d’un point de vue comm, mais au-delà ça restera le même parti.

    1. C’est même une excellente chose, parce qu’il ne suffira plus de se dire républicain pour paraître respectable.

      1. Respectable! C’est bien le mot qui ne convient pas à cet ex-président plus chassé par les élections que par la confiance portée à son concurrent et successeur!

  2. Stéphane Boulots

    Ce dénigrement systématique, profusion de leçons, procès d’intention et détachement d’expert outré me fatigue.

    Libéralisme dans le reste du monde (à part en Corée du Nord, et semble t’il en France) signifie pragmatisme. Même les apparatchiks chinois sont plus accommodants avec LA doctrine que cet article, même Castro a fini par être plus libéral que doctrinal…

    Si vous préférez ‘l’ennemi c’est la finance’ à ‘j’aime les entreprises’ … libres à vous, mais je pensais que justement les libéraux combattaient les doctrines catégorielles haineuses.

    Ce n’est pas vous, ni moi, ni les libéraux qui vous ressemblent qu’il faut convaincre, mais les milliers, les millions de gens qui cherchent dans quelle direction aller.

    Ce pays est vraiment foutu …

    1. Fonctionnaire un jour, fonctionnaire toujours, on dirait ! Où voyez-vous du dénigrement dans ce qui est un simple constat ? Valls et Sarkozy aiment l’entreprise comme le boucher aime le cochon…
      Si les politiques et leurs valets (les fonctionnaires) aiment vraiment les entreprises, qu’ils leur lachent la grappe: pas d’interventions, pas de subventions, mais surtout moins de prélèvements.
      L’Etat prend aux petites entreprises, redonne aux grosses, mais surtout se met la part du lion dans la poche. L’Etat français est avant tout un monstrueux parasite.
      Ça vous va, comme « dénigrement » ?

      1. L’article ne parle pas de l’Etat mais de l’UMP…

        C’est clair qu’il suffise que NS annonce qu’il veut réduire le nombre de fonctionnaire pour que la campagne anti-UMP batte son plein.

        Ça fait 35 ans qu’on entend le même refrain : le libéralisme économique c’est le diable (Tatcher, Reagan, les américains…. ) et la droite Française est liberticide sur les questions de société (elle chasse sur les terres du FN) donc les donneurs de leçons en profitent pour taper sur la droite des deux côtés : pour les gens de droite : trop libertaire (et la morale laïque c’est à gauche) et pour les gens de gauche : trop libérale (et la protection c’est à gauche)

        Et les pseudos libéraux d’encensser la loi Macron : le truc le plus socialiste depuis les nationalisations de 81 … Voir pire !

        Et qui tire les marrons du feu ? Les fonctionnaires, les syndicats, les associations, alors si ça vous amuse ce petit jeu qui fait gonfler l’Obèse : sans moi.

        C’est à vomir de bêtise…

  3. Nicolas Sarkozy, promoteur du racket routier par radar automatisé.
    N’oublions pas pour commencer Chirac et pour l’instant Hollande qui ne change rien et fait pire en injuste sanctions sans nuances pour la majorité des automobilistes verbalisés, alors que les vrais délinquants routiers sont toujours là.

    Lisez gratuitement et commentez « Radars et justes sanctions »
    http://www.monbestseller.com/manuscrit/radars-et-justes-sanctions-texte-integral?page=1#comment-13049

  4. « Qu’est-ce que ça va changer sur le fond ? »
    Réponse: RIEN
    Rien si ce n’est de faire plaisir à quelques gogols qui penseront que d’avoir changé le nom changera ceux qui dirigent …

    1. Mais si Sarko aime l’entreprise … au moins l’entreprise « amie » qui sera chargée de dessiner le nouveau logo et d’assurer la promotion de la nouvelle marque ! Bygmalion ?

      1. bygmalion , ça fait trop anglosaxon … il faut changer la marque : gros malion ? malion fort ?

        1. Allez : Million Fort, ou Grosse Valise (de billets) 🙂

          1. Ou BigMallet (ça en contient des millions …) 🙂

  5. A propos du changement de nom de l’UMP, j’avais beaucoup aimé le dessin de René Le Honzec avec Sarko qui dit « Qui a dit connards ? »

    http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2015/03/UMP-ren%C3%A9-le-honzec.jpg

  6.  » les républicains malsains  » ; c’est cout , c’est vrai , et ça veut bien dire ce que ça veut dire ;il va sans dire que cela peut aussi s’adrésser à tout autre parti de france …..

  7. Il l’a dit, il l’a fait : les département tenus par la droite continueront de verser les subventions aux associations de Gauche… Au grand damn des militants de droite, qui espéraient la dissolution de ces associations et les refondre avec des militants de droite, qui pourraient à leur tour profiter des subsides des départements… Nada !
    Militant de droite c’est bénévole, militant de gauche c’est le pactole : A droite : Con un jour, con toujours !
    Ces braves associations de Gauche, si aimées par le Grand Sarkozy, viennent de se rappeler à son bon souvenir : 8 d’entre elles vont porter plainte contre lui pour « ses propos haineux », tenus sur les victimes du sida Vs. Bayrou…
    Il va continuer à donner l’ordre de les subventionner-ces braves associations de gauche- dans les départements conquis par la droite ??????… ????? Il doit y avoir un problème quelque part, déconnecté de la base le pépère, ou maso victimaire de la Gauche : il aime ça !!

    1. tactiquement, à sa place je ferai pareil … jusqu’au régionales, dans 9 mois. Et après … paf !

  8.  » sarko va changer le nom de l’ UMP …  »

    et il va l’appeler comment , le PUM ?

    quand j’étais gamin , je lisais PIM PAM POUM …

  9. Excellent texte.

    Mais s’ils chassent les corrompus appartenant à l’autre clan c’est pour prendre leurs places. À nous le château parce qu’à nous les parts du gâteau ! Chacun son tour !

    Il faut insister sur ce point et en déduire qu’il faut moins d’état.

    1. C’est tellement évident! En fait, à droite, changer le nom du parti c’est en faire SA chose au service de SA candidature à la peésidence, peut-être en « oubliant » les dettes du passé, comme on « met la clé sous la porte » d’une entreprise en difficulté pour en créer une autre, 2 maisons plus loin.

  10. La « Gueuse » est totalitaire. Voilà qui est dit, et qui va faire plaisir à René Le Honzec!

  11. Réduire le militantisme c’est peut-être possible ! mais ce sont eux qui remplissent les cars pour aller manifester…Ces associations accourent, pour justifier leurs subventions.
    N’ayant pas été dissoutes, elles restent à Gauche, financées par les départements de droite (il y a un problème grave : le grand chef doit aller voir un psy !), alors dès que la gauche va les appeler elles fianceront les cars et iront défiler contre la droite qui les finance !
    Elles vont porter plainte contre les chef financer pour des propos qu’il n’aurait même pas prononcé sur le SIDA.. Aucun ordre donné pour arrêter les financements de ces associations de gauche : on tourne autour des fax des Ordis…aucun ordre ne vient.. Alors on continuera à subventionner les associations de Gauche hostiles dans des départements de droite…le dégoût monte, prêts à jeter l’éponge… !

  12. Les ripouxblicains.
    Le terme est déjà en vogue.

  13. Et ça va changer quoi de rebaptiser l’UMP, un déguisement de plus porté par les mêmes, des guignols qui vont jouer la même pièce de théâtre ?
    Quand l’arbre est pourri, il vaut mieux le couper. Ce n’est pas le nom qu’il faut changer, mais les politiciens qui le dirigent.

  14. les publicains sont des collecteurs d’impôts.
    Les re-publicains sont encore des collecteurs d’impôts

  15. Les Républicains, c’étaient les Bush aux Etats-Unis, ceux qui ont
    engendré les catastrophes que l’on sait en Irak… Tout comme Sarkozy en
    Lybie ! alors l’analogie n’est peut-être pas mal trouvée… Néanmoins
    je pense que l’appropriation sous cette forme du mot « républicains » par
    un parti devrait être interdite : ils ne peuvent pas se dire « les » républicains ! Ils devraient (en bon français) se contenter de s’appeler
    « des républicains » ou bien « quelques républicains »… Je suis
    républicain et jamais n’adhérerai à leur parti, alors cherchez l’erreur.

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