Des médecins face au candidat Sarkozy

Publié Par Bernard Kron, le dans Social

Par Bernard Kron.

medecine credits adrian clark (licence creative commons)

« La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent. » (Henri Queuille). C’est ce qu’ont fait tous les gouvernements pour faire taire les médecins depuis Giscard d’Estaing. Devant le déficit chronique de la Sécurité sociale et la méfiance des élus envers la médecine libérale, j’ai essayé de faire bouger les lignes… sans succès.

Avec des collègues de l’Académie de Chirurgie et de Médecine, à la suite de la réunion que nous avions organisée en salle de sous-commission à l’Assemblée nationale le 12 mars 2007, nous avions publié des recommandations pour une stratégie française de la Santé. Elle avait fait suite aux recommandations tenues par notre Comité de soutien « Santé et Modernité » au candidat Sarkozy.

Nous l’avions organisé en ce sens devant des parlementaires et des médecins (dont les Professeurs Christian Cabrol et Denys Pellerin). Elle reposait sur l’idée de rupture : « Seule une simplification administrative permettra à terme d’équilibrer les comptes sociaux tout en maintenant une médecine de qualité dans le cadre d’un libéralisme humain ».

Ces recommandations sont restées lettres mortes et les deux tiers des médecins libéraux se sont détournés de Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour sa réélection. Il s’est en effet laissé convaincre par ses conseillers les plus chiraquiens (Xavier Bertrand, Roselyne Bachelot) et six énarques de la promotion Valmy. Ceux-ci étaient au-devant de la scène au pôle social de l’Élysée en 2007. Ils sont restés imperméables à toutes ces propositions et ont tracé le sillon de l’alternance socialiste.

Nicolas Sarkozy annonce avec force son retour et déclare avoir compris ses erreurs. L’avenir nous dira s’il a réellement changé et si les médecins libéraux peuvent faire confiance à sa vision de l’avenir dans l’intérêt des malades et de notre système de santé, encore l’un des meilleurs du monde.

L’État, sous le règne des socialistes, n’a pas les capacités financières de mener à bien son projet de socialisation et d’étatisation de la médecine.

Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne.
Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.
Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur.
Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes
— William J. H. Boetcke (et non pas Abraham Lincoln)

Notre système de santé, comme celui de tous les pays développés, est étroitement imbriqué dans la culture et l’histoire de notre pays. Il repose sur les fondements philosophiques hérités du siècle des Lumières. Tel Sisyphe et son célèbre rocher, l’action sociale semble toujours répondre insuffisamment à des défis qui ne cessent de se transformer ou de s’amplifier (Julien Damon). La politique hospitalière menée depuis des années est contraire à notre culture sociale : « Le non-respect du droit de certains est acceptable s’il sert l’intérêt de la majorité ». Ce n’est pas le cas pour la politique de santé qui est menée depuis des dizaines d’années et qui n’apporte de progrès ni pour les praticiens, ni pour le confort des malades.

La nationalisation larvée de la médecine, au prétexte de donner accès aux soins à tous, va aboutir au contraire aux listes d’attentes et à la baisse de la qualité des soins.

Notre devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » et les idées du CNR de 1945, rebaptisées « justice sociale » sont des leurres pour la médecine. Une médecine publique, contrôlée par l’État, repose sur des principes incompatibles avec la réalité. Ce sera une catastrophe. Depuis les ordonnances de 1996 (Juppé), l’étatisation de la médecine est en marche. La Loi HSPT de 2011 et les ARS n’ont fait que préparer l’alternance socialiste.

L’hospitalo-centrisme et les mises aux normes ont détruit les cliniques « familiales » au profit des chaînes. Elles font l’objet d’OPA et risquent de passer sous le contrôle des mutuelles et des fonds de pension. La mise en place d’une « médecine publique intégrale » en France devrait passer par la nationalisation des biens médicaux du secteur privé. Qui en a les moyens aujourd’hui ?

Les députés sont majoritairement pour l’encadrement drastique des honoraires des médecins, mais ils ne veulent pas que l’on touche à leurs avantages. Cela explique peut-être pourquoi les nombreux médecins parlementaires oublient leur sacerdoce lorsqu’ils sont élus. 1200 organismes d’État dont la Haute École de Santé Publique, les Hauts conseils, la Haute Autorité contrôlent le pays et dépensent plus de 50 milliards chaque années en pure perte.

Le candidat Sarkozy devrait se pencher sur ces équations avant d’établir son projet devant les Français. Après 30 ans de déficits, notre système de soins, s’il n’était pas libéré, ne pourrait plus faire face aux besoins des plus démunis.

  1. On pourrait dupliquer pour tous les secteurs non régaliens dont l’État s’occupe: la technocratie a tout envahi. Quand les politiques arrêteront d’écouter les oligarques de l’ENA, peut-être qu’on progressera…

  2. 40 ans de médecine rurale m’ont maintes fois prouvé le comportement plus que léger des pouvoirs publics avec le corps médical dans son ensemble: médecins libéraux, hospitaliers, infirmières et aides soignantes.
    Le « déficit » de la sécu a bon dos quand il est programmé et organisé par les oligarques politiques depuis plus de 15 ans ….
    La solution: enseigner la science médicale à ENA, Normale Sup et HEC toutes ces personnes imbues de leur toute puissance et baignant dans la science infuse les résultats ne pourront qu’être exceptionnel …
    Pendant ce temps la médecine se meurt, désertification médicale, désastre hospitalier, sacrifiée sur l’autel de la « rentabilité financière »

  3. Que peuvent faire les médecins CONTRE le vaccinateur fou Sarkozy?

    1. Le vacciner.

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