Coûts record pour l’énergie « verte » au Royaume-Uni

Publié Par Contrepoints, le dans Énergie et matières premières

Par Emily Gosden et James Kirkup.

Éolienne (Crédits Lollie-Pop, licence Creative Commons)Le coût de production de l’électricité verte a atteint un niveau record, alors que de coûteuses subventions sont accordées aux fermes éoliennes en mer et aux panneaux solaires domestiques hors de prix. C’est ce que de nouvelles évaluations viennent souligner.

La facture annuelle acquittée par les consommateurs pour subventionner les technologies renouvelables a grimpé à plus de 3 milliards d’euros (2,5 milliards £) avec davantage d’éoliennes construites et plus de ménages qui installent des panneaux solaires sur leur toit. Mais les nouveaux chiffres montrent que le coût moyen de chaque unité d’électricité « verte » produite a également augmenté pour atteindre un niveau record de 80€ par MWh en 2012-13, la période la plus récente pour laquelle des chiffres sont disponibles.

Le chiffre était de 66,7€ l’année précédente, malgré les engagements pris par les ministres de peser sur les coûts de l’énergie verte.

Cette augmentation reflète la volonté de construire des éoliennes en mer, qui reçoivent environ deux fois plus de subventions que celles construites sur terre, où les parcs éoliens sont de plus en plus controversés.

Les subventions versées aux compagnies d’énergie pour ce type de projet de grande envergure ont atteint 2,5 milliards € contre 1,8 milliard € un an auparavant.

Les nouveaux chiffres reflètent également la ruée de dizaines de milliers de ménages pour installer des panneaux solaires sur leur toit grâce aux généreux niveaux de subventions accordés avant que les ministres n’aient arrêté leur soutien en mars 2012. La facture totale pour cette petite subvention a bondi à 615 millions € en 2012-13  contre 185 millions € l’année précédente.

Le Dr John Constable, directeur de la Fondation d’Énergie Renouvelable, une organisation caritative britannique qui a longtemps critiqué les coûts des objectifs d’énergies renouvelables, a déclaré: « Le DECC (Department of Energy and Climate Change) subventionne les énergies renouvelables pour une réponse arbitraire et trop ambitieuse par rapport aux objectifs de l’UE. Il était inévitable que rapidement la courbe des coûts s’infléchisse vers le haut après que les possibilités « meilleur marché » soient entièrement développées comme pour le gaz enfoui dans le sol ou que les limites de l’acceptabilité publique soient dépassées comme pour l’éolien terrestre. »

Il a ajouté : « Les coûts des subventions sont désormais incontrôlés – la facture annuelle est d’environ 3,7 milliards d’€ par an et est en hausse rapide. C’est toujours une bonne chose d’expérimenter les énergies renouvelables, mais la construction d’une telle puissance quand l’ensemble du secteur est encore fondamentalement non rentable va finir dans les larmes. »

Un porte-parole du ministère de l’Énergie et du Changement Climatique a déclaré : « Comme nous nous rapprochons de la réalisation des objectifs en énergies renouvelables du gouvernement, il est inévitable que nous allons commencer à utiliser des formes plus coûteuses en énergie renouvelable comme l’énergie éolienne en mer, qui peut être déployée à beaucoup plus grande échelle que d’autres technologies renouvelables. En soutenant ces technologies maintenant, nous abaissons leurs coûts.

Néanmoins, les niveaux de soutien pour chaque technologie sont en baisse au fil du temps et notre analyse suggère que les factures d’électricité des ménages seraient en moyenne inférieures de 50€ par an entre 2014 et 2030 par rapport aux prix payés pour atteindre nos objectifs en utilisant les méthodes actuelles. »


Article paru initialement dans The Telegraph. Traduction : Jean-Pierre Cousty pour Contrepoints.

Commentaires du traducteur

Dans son nouveau livre Écologie, la fin, Christian Gérondeau, un polytechnicien fin connaisseur des problèmes d’énergie dit : « Le prix de revient du courant provenant des cen­trales nucléaires d’EDF qui sont amorties depuis long­temps est très faible. Selon une étude récente de l’AIE et de l’OCDE, il est estimé à 17 euros par mégawattheure. Pourquoi EDF se précipite­rait-il pour acheter l’électricité produite par les promo­teurs d’éoliennes à 80 centimes le mégawattheure si elles sont sur terre et à 130 si elles sont implantées en mer, et aux promoteurs de panneaux photovoltaïques à 31 cen­times le kilowattheure, voire plus encore si ce sont des particuliers qui en équipent la toiture de leur maison ? »

Ces chiffres recoupent ceux de l’article. On a donc du mal à comprendre la conclusion du ministère écolo anglais qui nous explique entre les lignes que le prix de l’éolienne en mer est de 7,8 fois (130/17) plus cher mais que l’on va se rattraper sur la quantité…

Serait-il un cousin (pas germain mais anglo-saxon) de celle que l’on peut désormais appeler l’« emmerdeuse » à l’instar de L’Express qui vient de confirmer que tous nos champs d’éolien marin français (près de 8 fois plus cher donc sur nos factures d’électricité) se feront bien et que pour en avoir l’usage on fermera du nucléaire ? Elle nous dit ainsi, avec le chauffage et l’énergie au bois entre-autres qui rappellera (à certains) nos gazogènes d’après-guerre et le smog de Londres, réussir à créer 100 000 emplois. Il sera difficile de convaincre les Strasbourgeois qui vont déjà en perdre 1 000 avec la fermeture de Fessenheim alors que cette centrale venait d’être révisée à un coût astronomique selon les directives des mêmes « verts », pour durer encore de nombreuses années.

  1. Cher traducteur, dites vous que si l’électricité est 7/8 fois + chère, c’est qu’elle doit être de meilleure qualité ! Aussi simple que ça.

    1. Dans le qualificatif qualité, si on y inclue la notion d’empreinte écologique, alors oui.

      1. Ça fait un peu cher le Kw/h non ?

  2. C’est effrayant de constater que les dirigeants en qui nous plaçons notre confiance (plus ou moins volontairement) pour diriger nos pays pratiquent la fuite en avant à grande échelle, l’appliquent comme principe de fonctionnement et en sont fiers.

  3. Ce surcoût de l’électricté éolienne vient du seul fait que les grands-bretons ont préféré payer plus cher des éoliennes offshore alors qu’ils ont, notamment en Ecosse, le gisement éolien terrestre le plus élevé d’Europe et même du monde si on s’en tient à des zones civilisées et accessibles.
    On pourrait alimenter toute la zone industrielle des midlands avec l’électricité éolienne écossaise la plupart du temps (le vent souffle plus ou moins en permanence dans les highlands) à un coût tout à fait compétitif. Mais voilà, les écossais ne veulent pas dénaturer leurs chères terres vierges (et vides).
    S’ils optent pour l’indépêndance et l’argent se faisant rare, peut-être changeront-ils de position.

    1. « Alimenter » une zone industrielle avec une énergie intermittente ?

      1. Comme avec les « intermittents » du spectacle, ce sera de l’industrie intermittente… Qu’il faudra aussi subventionner 🙁

        1. Effectivement, un bloc opératoire, un TGV ou une chaîne de production qui fonctionne avec de l’électricité intermittente, ça promet d’être du spectacle. Sauf que ça n’amusera personne.

          1. Les chirurgiens devront regardert la météo tout comme les agriculteurs :

            – de telle heure à telle heure (de 10 à 16) : ciel dégagé, léger vent : on peut opérer.
            – de telle heure à telle heure : vent régulier : on peut opérer.
            – de telle heure à telle heure : nuit, vent fort avec coups de vents : on ne peut plus opérer.

            Et bonjour les tests sur les groupes électrogènes …
            Le type sur son brancard avec sa jambe fracassée « aimera beaucoup » cette attente…

      2. C’est nouveau et très tendance : les énergies renouvelables intermittentes.

    2. « le vent souffle plus ou moins en permanence dans les highlands »

      Tout est dans le « plus ou moins »…

      1. Le vent dans les Highlands, c’est comme le whisky : matin, midi et soir, sans oublier un petit pour la nuit.

        1. Le facteur de charge (capacity factor) des moulins à vent écossais, c’est 21%. « Matin, midi et soir », my arse.
          Pour le whisky, évite de boire à l’heure de poster, tu confonds Highlands et toi-même.

          1. Sans compter :

            a) l’énergie grise des moulins à vent
            b) l’énergie tout aussi grise des centrales en attente qu’il faut construire
            c) l’énergie tout aussi grise de fonctionnement des centrale en attente

            Au bas mot 20 à 30% ….

            Des coups de pieds se perdent 🙁

            1. Après l’or noir et la houille blanche, vive l’énergie grise !

              1. Ciel, une nouvelle source d’énergie ! De quoi faire grise mine si on ne trouve pas la bonne mine.

                1. En fait ce qui manque le plus c’est la matière grise.

  4. J’avais mentionné cette étude de l’AIE dans mon blog le 23 juin, billet qu’il me semble avoir été repris par Contrepoints :
    http://jacqueshenry.wordpress.com/2014/06/23/segolene-royal-reincarnation-de-dominique-voynet-en-pire-pour-le-plus-grand-malheur-de-la-france-et-des-francais/
    C’est inquiétant voir cette obstination à vouloir développer les énergies dites « vertes » , une politique qui va inexorablement fragiliser l’économie dans son ensemble et comme cela a té clairement montré : un emploi vert créé, deux de perdus mais avec une accélération de la récession ce sera probablement un emploi créé (à grands renforts de taxes), trois de perdus …

    1. « billet qu’il me semble avoir été repris par Contrepoints » heu non…..en tout cas il est pas encore paru sur contrepoints

      1. Exact, il a été publié sur Mauvaisenouvelle.fr
        Il est vrai que je ne gère pas du tout les articles de mon blog publiés ailleurs …
        Excusez-moi

  5. La production d’énergie renouvelable crée forcement une détente sur le marché des énergie fossile, comment peut-on en évaluer l’impacte et le retour d’investissement que cela représente sur le renouvelable ?

    1. La production renouvelable façon escrolo (càd éolienne & PV), c’est à tout casser 1% de l’énergie mondiale, bien moins que l’hydo-électrique (que les pastèques ne veulent PAS) et les ajouts de charbon. Et il faut lui soustraire les pertes d’opportunité d’avoir consacré moyens et finances à produire une énergie chère au lieu d’augmenter l’offre sur les énergies fossiles (par la fracturation hydraulique, par la construction de pipelines, de terminaux, de moyens de stockage, d’usines de CTL, de raffineries…), une parfaite illustration du sophisme de la vitre cassée.
      Pire encore, pour la rendre « compétitive », la politique de tous les pays qui se sont embarquée dans la transe énergétique a été de tout faire pour… augmenter le prix de l’énergie classique fossile, nucléaire, hydroélectrique.

      Donc insinuer qu’elle puisse détendre « forcément » (sic) le marché des énergies fossiles, c’est comme dire que la queue remue le chien, forcément.

      1. Même l’Espagne « champion européen » des énergies renouvelables n’a pas à se vanter :
        http://jacqueshenry.wordpress.com/2013/12/20/quand-lagence-france-presse-fait-dans-la-desinformation/
        Allez lire ce billet, vous comprendrez qu’on se fait intoxiquer par les médias au sujet des énergies vertes

  6. Bon en gros tout le monde sait ça, du moins ceux qui semblent vouloir regarder un peu les chiffres ou les aspects logiques de la chose alors quoi…
    la poursuite ce cette politique est due à quoi?
    L’impossibilité pour un gouvernement de renier la parole de l’état du moins de le faire trop clairement?
    La crainte pour les politiques de de désavouer?

    ceci dit hollande a déclaré vouloir que la France consomme deux fois moins d’énergie dans un certain temps…

    mais il a aussi déclaré avant d’être élu qu’il stabiliserait le prix du carburant avent d’envisager de le taxer une fois qu’il s’est stabilisé tout seul.

    à ce niveau de ça me dépasse…

  7. L’article ne souligne pas la dependance du pays envers le gaz russe… Peut-etre que ceci explique cela…

    1. Au Royaume-Uni ?

      1. Les gisements de la mer du Nord seraient épuisés ?
        C’est nouveau comme information.

        Rires 😉

      2. Oups, je devrais verifier ce que j’ecris… desole…

        Effectivement d’apres http://www.eia.gov/countries/cab.cfm?fips=uk (descendre jusque la partie NATURAL GAS), « In 2004, the UK became a net importer of natural gas (…) almost 60% of the UK’s pipeline imports in 2013 came from Norway, with additional gas coming from the Netherlands (16%) and Belgium (7%) »

        Toutefois, « the UK has become increasingly reliant on imports to satisfy its demand » et « The UK became a net importer of petroleum products in 2013, making it a net importer of all fossil fuels for the first time since at least the early 1970s ».

  8. 3 milliard d’€ pour des énergie enfin non polluante et on ose encore raller ? Faut t’il rappeler que EDF prévois 55 milliards € pour prolonger son parque nucléaire que de 10 ans ? Et que nous savons dès a présent que cela coûtera 4 fois plus chère soit 220 milliard ? Et que dire du prix de l’uranium et des déchets nucléaire qui coûte un max ? Le soleil le vent et la biomasse n’envoie pas de facture alors ? Il est grand temps de remettre cette article a sa juste place…

    http://journalnucleaire.jimdo.com/nucl%C3%A9aire-vous-avez-crus-bon-march%C3%A9

    Et ici on ne parle même pas du risque ni de Tchernobyl et Fukushima… La science sans conscience n’est que ruine.!

    1. Pour l’instant, la politique écologique se base sur la pseudo-science.
      L’énergie grise des éoliennes
      L’énergie grise des panneaux photovoltaïques
      L’énergie grise de la construction des centrales à charbon
      L’énergie grise de fonctionnement des centrales à charbon

      Au bas mot 30% d’énergie grise. Une mine d’énergie, la bonne …

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