2014, la rupture économique et idéologique est engagée

Publié Par Jean-Luc Ginder, le dans Économie générale

Par Jean-Luc Ginder.

mondialisationL’expérience du passé doit nous dicter l’humilité car l’erreur d’analyse, d’intuition, peut nous guetter. Chaque jour, nous avançons inéluctablement vers l’avenir. Avenir que nous scrutons, que nous analysons, dont nous débattons, qui nous inquiète.

Retournons-nous vers le passé. Un siècle en arrière, nous sommes en 1913. L’avenir est prometteur. Le progrès des technologies nouvelles laisse entrevoir le meilleur pour la qualité de vie des hommes. La croissance démographique est au beau fixe. Une ombre, l’épuisement calculé des matières premières.

Qui aurait prédit, en 1913, les événements dramatiques de l’année suivante ?

Si on peut tirer une moralité de l’Histoire : les observateurs se trompaient sur l’essentiel. Cet essentiel a été une rupture et un mouvement idéologique nouveau. L’Histoire ressemble à une sinusoïde dont l’amplitude serait de plus en plus grande. Question : si nous descendons trop bas, pourrons-nous remonter ?

En ce point crucial se trouve l’enjeu des choix que nous devons faire aujourd’hui en 2014.

Revenons au présent et penchons-nous sur une tendance de fond prévisible : la démographie. Elle représente un facteur important. L’expansion démographique de l’Afrique sera une clef pour l’avenir. En effet, le 21ème siècle sera le siècle de l’Afrique (sa population passera de 1 à 2 milliards d’habitants). Le deuxième facteur à considérer est l’augmentation de la durée de vie sur un plan mondial. La troisième donnée est le phénomène de migration. À l’heure actuelle, entre 200 et 300 millions de personnes vivent dans un pays qui n’est pas leur pays d’origine. En 2040, on prévoit que nous serons au minimum 1 milliard. Pour un observateur économique, l’évolution démographique serait une tendance favorable car ce futur monde en mouvement créera des consommateurs et donc des producteurs nouveaux.

La seconde tendance lourde prévisible à observer concerne la technologie. C’est d’abord la technologie de l’information, l’internet par exemple n’en est qu’à ses balbutiements, notre rapport aux choses va évoluer. La nouvelle vague technologique des biotechnologies (dans les domaines de la santé, de l’élevage…) arrive et est suivie par les nanotechnologies et les neurosciences qui considèrent d’un point de vue scientifique le vieillissement. L’économie glisse ainsi d’une économie de la rareté vers une économie de l’abondance. L’image suivante pourrait illustrer ce phénomène : si je donne un morceau de pain, je ne l’ai plus, mais si je donne mon idée, je l’ai encore. La seule chose devenue rare sera le temps en général mais surtout le temps d’avance, le temps de l’innovation. Les objets en abondance auront une valeur de plus en plus faible pendant que la vie réelle, rythmée par le temps qui passe, deviendra précieuse.

Le grand enjeu de cette année 2014 en particulier et du 21ème siècle en général est l’enjeu géostratégique entre l’Europe, les États-Unis et le reste du monde. Notre époque pourrait être comparée à la fin de l’Empire romain dans le sens où nous ne nous trouvons pas dans une tendance où une grande puissance serait remplacée par une autre mais plutôt dans une tendance de déclin d’une puissance que rien ne peut remplacer. L’Occident perd son pouvoir alors que toute la planète s’occidentalise, perd de son pouvoir et décline peu à peu. Nous y sommes. Nous sommes, ils sont tous devenus occidentaux.

imgscan  contrepoints 2014588 rupture idéologiqueLe choix de la liberté individuelle depuis la création de l’humanité explique la crise économique actuelle. Elle se traduira par une transformation lourde. L’être individuel domine, l’humanité s’extirpe de l’idée de groupe, l’Homme n’est plus immortel et la solidarité n’est plus la règle. Les inégalités se multiplient. Dans un même temps, notre liberté individuelle doit passer par deux mécanismes de gestion : le marché et la démocratie. Le marché a pour fonction d’orchestrer la liberté dans le domaine de biens privés et la démocratie a pour fonction de gérer notre liberté individuelle dans le domaine des biens publics. C’est ainsi que la fin d’une partie de notre histoire économique et démocratique actuelle n’est rien d’autre qu’une généralisation du marché et de la démocratie ou d’une forme de démocratie. Le marché domine le monde et la démocratie ou une forme de démocratie s’installe partout. L’écueil vient aujourd’hui de la désynchronisation entre un marché global et mondial et les dites démocraties locales. En effet, le marché global ne peut pas être contrôlé par une multitude de règles locales sans grandes relations entre elles. Cela crée un marché global sans État de droit global qui pourrait bien conduire au non-contrôle mondial. Nous sommes d’ailleurs déjà plongés dans une phase initiale de monde sans État de droit, c’est un début de chaos juridique et économique, l’économie devient illégale, la fraude s’installe.

La liberté individuelle pousse son paroxysme à donner le droit à chacun de changer d’avis à son gré, chacun prenant le droit d’être déloyal. L’idéologie de la liberté se transforme-t-elle en idéologie de la déloyauté ? Les entreprises deviennent parfois des entreprises de mercenaires déloyaux. Sommes-nous encore loyaux envers les autres et envers les générations futures ? Un monde démocratique n’a pas de chance de survie sous la tyrannie de la déloyauté. Quel sera notre avenir si nous ne prenons garde ? Cela pourrait avoir le sinistre visage d’un retour au totalitarisme, aux conflits sociaux, aux violences civiles.

Le grand changement auquel nous assistons est un bouleversement idéologique entre l’individualisme et l’altruisme. L’altruisme sera la grande idéologie de substitution à l’individualisme. L’altruisme trouve sa raison d’être de manière rationnelle. Il est rationnel pour l’Homme de créer son propre bonheur, ce bonheur passe toujours par le bonheur des autres. Notre avenir est un avenir commun. Il ne s’exprimera pas sans empathie avec l’Humanité, ni sans une grande humilité.
Vous me permettrez, en guise de conclusion à ce sentiment d’avenir, un extrait du Journal d’Anne M. Frank qui prend ici tout son sens :

Non, à première vue, rien ne me manque, sauf l’amie avec un grand A. Avec mes camarades, je m’amuse et c’est tout, je n’arrive jamais à parler d’autre chose que des petites histoires de tous les jours, ou à me rapprocher d’elles, voilà le hic. « Parle-moi de toi. Regarde au-delà de mon tragique besoin de bavarder. »

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  1. « En effet, le marché global ne peut pas être contrôlé par une multitude de règles locales sans grandes relations entre elles. Cela crée un marché global sans État de droit global qui pourrait bien conduire au non-contrôle mondial. Nous sommes d’ailleurs déjà plongés dans une phase initiale de monde sans État de droit, c’est un début de chaos juridique et économique, l’économie devient illégale, la fraude s’installe. »
    ___________________________________
    Totalement en désaccord avec ça, c’est l’analyse de Attali, qui en conclut qu’il faudra créer un Etat mondial, un gouvernement mondial, pour que la mondialisation est une règle mondiale unique. Non non non et re-non. D’abord ça n’a aucun sens de dire que parce qu’il y a des règles nationales c’est le foutoir et le chaos… Vous commercez vers un pays, vous vous soumettez ses règles, ce n’est pas le foutoir, c’est la vie des nations, la conccurence d’ailleurs a bien des égards. Pourquoi faudrait-il un Droit mondial, un Etat mondial ? De plus le liberal sait que plus on éloigne la décision du citoyen plus c’est un risque pour les libertés. Au lieu d’un Etat mondial je prône au contraire l’inverse ! La régionalisation, la cantonalisation, la république métropolitaine, plus de concurrence de la gouvernance encore ! Des décisions prises au plus près des citoyens. C’est sûr que le PDG d’une énorme multinationale préfèrerait avoir un seul Droit Mondial, une seule fiscalité mondiale, il ne s’embêterait pas, mais c’est un danger énorme à mon sens pour les libertés et la démocratie. Vous pouvez être sûr que si demain on créait un Etat mondial, vous aurez un centralisme mondial et une dérive totalitaire liberticide mondial et bien trop éloigné des individus. Vous imaginez une démocratie mondiale heureuse, un Etat mondial ? Moi j’appelle ça l’enfer sur Terre.

    1.  » Vous commercez vers un pays, vous vous soumettez ses règles »
      Mais on ne commerce généralement pas avec des états mais bien avec des individus ou des sociétés. L’état est là mais personne l’a convoqué.

  2. « Nous sommes, ils sont tous devenus occidentaux. »

    Vous vous rendez compte de l’énormité de votre verbiage ?

    Ils sont occidentaux en Centrafrique, à se découper à la machette ? Au soudan ? Au Pakistan ? En Syrie ? En Egypte ?

    Vous avez tout faux, sauf sur la démographie, la seule donnée factuelle, objective.

    Mais tout faux sur tout le reste. La démographie en hausse + l’histoire humaine = catastrophe au carré.

    L’Afrique est déjà un gigantesque « mess » avec 1 milliard d’habitants… pas besoin d’avoir fait polytechnique pour comprendre qu’avec le double d’habitants… l’avenir ne s’annonce pas rose.

    Le drame, le voici : l’Occident se réduit comme peau de chagrin… Une petite île de civilisation -qui se réduit- dans un océan -qui grandit- d’ensauvagement, le tout rythmé et fuelé par des luttes pour des ressources qui seront de plus en plus fortes, et violentes.

    La vision de hommes que vous avez, de simple « con-sommateurs occidentalisés », est absolument terrifiante, dans le sens où elle ignore les forces obscures à l’oeuvre, sans oublier l’inanité économique d’une telle idée (non, 2 milliards d’habitants en Afrique ce n’est pas bon pour la « croissance »).

    Quant à votre chute sur l’ »altruisme » qui se propagerait à la planète entière comme un gigantesque feu de forêt… là aussi, on se pince, en suant à grosse goutte : on est mal barré avec de telles idées.

    1. Modération : effort d’orthographe svp !

      l’auteur n’ a pas tord quand il dit que la planète s’occidentalise: quand on regarde le continent le plus peuplé, l’asie, on observe que les asiatiques font tout comme les occidentaux:
      république, vètements occidentaux ( tellement que les notres sont presque tous produit labas…) athéisme, tendance vers l’individualisme malgrés le confucianisme, divorce, construction à l’occidentale… l’occident est bien passé partout, comme le disait Gibbons dans le lotus bleu ( cette merveilleuse civilisation occidental… )
      il y a vraiment plus que le monde arabo musulman, qui refuse obstinément de s’occidentalisé.
      quand à l’afrique, on peut se demander si elle est vraiment le continent du 21ième siècle, surtout que celui-ci est deja bien avancé ? pourtant, c’est en s’occidentalisant davantage, quelle ira de l’avant:
      rationnalisation plutot que maraboutisation, laicité plutot qu’islam, état nation plutot que guerre ethnique…
      le grand tord de l’europe vis-à-vis des afriquains, c’est de ne pas avoir appliqué dans leurs colonies, les préceptes qu’elle s’appilqué à elle-mème.
      ce qui donne raison à clemenceau en peu plus d’un siècle aprés son fameux discours sur les colonies…
      l’afrique peut largement nourrir 2 milliards d’habitants, son potentiel agricole est trés important. mais il faut pour cela, que les afriquains arrètent de s’adonner au lubby des bobos occidentaux, en transformant leurs espace vitales en parc naturel pour richards en mal de safari photo !

      1. Nous somme qu’au tout début du 21 s. Pour moi ce siècle sera soit indien soit africain voir les deux. L’Afrique est divisé les gens pensent que c’est une mauvaise chose alors que les petits pays réussi quand même mieux que les gros. Le problème de l’Inde c’est que les castes cela faisait parti de la religion dominante et que même Ghandi n’y a pas mis fin. C’est pour ça que je donne l’avantage à l’Afrique. Mais l’Inde à aussi plein de bonnes choses.

  3. Très bonne article même si je partage pas tout.
    « L’image suivante pourrait illustrer ce phénomène : si je donne un morceau de pain, je ne l’ai plus, mais si je donne mon idée, je l’ai encore.  »
    C’est vrai c’est très important, et cela explique les batailles sur les droits d’auteurs.

    Je pense que le monde ne s’occidentalise pas mais se métisse de plus en plus. Alors c’est vrai qu’un certain nombre de norme européenne voyage, mais pas seulement. Dernièrement j’ai vu des photos d’une palestinienne pratiquant la médiation, très à la mode dans le mode dans le monde arabe à ce que l’on dit. Bref beaucoup de chose bouge. Le fait que les chinois veulent internationaliser leurs monnaie est aussi une sorte de norme.
    Ensuite je ne crois pas trop à la théorie du chaos mais je pense qu’il va y avoir une consolidation de règles, comme dans un marché normal. Mais il n’y aura pas de chaos.

  4. [[ ... l’Homme n’est plus immortel et la solidarité n’est plus la règle. Les inégalités se multiplient.]]

    Si votre texte contient diverses observations pertinentes, faudrait pas les galvauder par ce que j’en extrais ci-dessus ! Depuis quand l’H. (individu) serait-il immortel ? Ah oui, par cette résurrection attendue par certains croyants ? Sinon plus simplement la pérennité gagnée par le combat permanent !
    Puis la solidarité : elle est passée de l’esprit charitable (et religieux) à celui aujourd’hui institutionnalisé (et « récupéré » par le clientélisme politicien) !

    L’époque contemporaine me semble être celle des utopies recyclées et accélérées, via nombre de médias à la fois mercantiles et imbéciles.
    L’altruisme dans ceci fut et reste l’attitude de quelques-uns … assez rares et de haute élévation morale.
    Les autres se repaissent de jouissance ordinaire, accouplée à l’acculturation, non peut-être ?
    = http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/acculturation/577 =

  5. Totalement en désaccord avec l’article dont on se demande bien ce qu’il vient faire ici.
    Il y a tout simplement trop d’énormité pour les relever toutes.

  6. Assez surprenant de retrouver un tel article ici… c’est un exercice de style pour démontrer comment pippotter des absurdités sur des sujets que l’on ne comprend pas ou plutôt une démonstration des erreurs de raisonnement à ne pas faire?

  7. « L’Occident… décline peu à peu » : si l’Occident décline, c’est parce qu’il renonce progressivement à ce qui a fondé sa civilisation, les pays occidentaux étant plus ou moins étreints par les chimères collectivistes socialistes. La rupture a attendre des prochaines années est l’abandon définitif de la barbarie socialiste survivant sous sa forme faible, nommée social-démocratie, avec la faillite autant financière qu’idéologique des Etats obèses surendettés.