L’écotaxe : tirer sur l’ambulance

Publié Par Michel de Poncins, le dans Agriculture, Fiscalité

Par Michel de Poncins.

poids lourds

La sagesse des peuples raconte qu’il ne faut pas tirer sur une ambulance. Il est probable qu’en politique les dictons ne s’appliquent guère. Suspendue depuis hier, mais pas encore supprimée, l’écotaxe est moribonde. Depuis quelques jours chacun a pu manifester à qui mieux mieux, soi-disant pour l’améliorer et en fait pour la déchiqueter à belles dents.

Les syndicalistes de la FNSEA ont monté des opérations coup de poing dans 50 départements. Ailleurs et spécialement en Bretagne, il y a eu des blocages escargot où étaient exprimées des revendications purement bretonnes.

Ne pas oublier que l’écotaxe est le fruit du Grenelle de l’environnement, parlotte mémorable, luxueuse et aux multiples acteurs. Ayant acquis fortuitement un statut quasi officiel, ce machin n’en finit pas de suinter un parfum de ruine. Chemin faisant il renforce le pouvoir étatique, but évident et inavoué des politiques en tous genres.

La loi du 28 mai 2013 qui a créé l’écotaxe, devait entrer en vigueur le premier janvier 2014. Elle se dénomme Écotaxe poids lourds (ETPL). En résumé et au sein d’une immense usine à gaz, tout camion de 3,5 tonnes ou plus circulant sur le réseau national et départemental devrait la payer. Les autoroutes seraient épargnées. Un entrelacs fabuleux avec GPS à l’appui serait mis en place pour suivre tous les camions devant payer. Motus sur le coût de conception et de mise en place. On a même pensé à des portiques que des émeutiers ont détruit. L’émeute a été si forte que les policiers ont dû se défendre avec des gaz lacrymogènes.

Les protestataires sont nombreux. Les bretons ont protesté parce qu’ils sont excentrés et disent payer davantage ; d’autres zones excentrées ont emboîté le pas. En se démenant pour se faire entendre de Matignon, les protestataires ont arraché cette suspension et il en résulte un grand désordre.

Les arguments de mécontentement ne manquaient pas. Nous ne citerons pas les chiffres que chacun a pu lire et que le pouvoir a évidemment minimisé. La vérité est que le transporteur est transparent : il répercuterait forcément sur le donneur d’ordre qui enverrait au consommateur. Dans tous les cas, il y aurait appauvrissement avec mise en péril de certaines entreprises. Adieu le pouvoir d’achat.

Les fausses justifications des défenseurs de l’écotaxe

Celles-ci sont nombreuses et s’alimentent à maintes chimères à la mode.

Il nous est dit que l’argent récolté serait versé dans un fond servant à améliorer l’environnement. Qui peut croire à une telle fantaisie ? Dans le désordre de l’action étatique, de telles sommes d’argent ne peuvent rester là sans que des mains avides ne s’en saisissent directement ou non. En outre, prétendre améliorer l’environnement c’est ne vouloir rien dire dans la langue française telle qu’elle est connue.

Le protocole de Kyoto n’est pas loin avec la thèse chimérique du réchauffement climatique dû à des causes humaines. Il en a résulté la chasse au CO2 considéré comme l’ennemi public numéro un. C’est pour cela que la loi se tortille pour prétendre que tel camion est plus dangereux que d’autres.

Les références au GIEC sont nombreuses. Ce n’est qu’un ruineux machin tout acquis à la chimère. L’orchestre médiatique renforce la chimère : visions d’apocalypse avec mers inondant les terres. L’écologie est une religion avec ses grands-prêtres : par derrière, l’intervention croissante des États se profile et les politiques s’en réjouissent.

L’exonération des autoroutes est justifiée par la doctrine officielle qui les juge moins dangereuses pour l’environnement ! C’est une vraie gaminerie.

Quelle est la vérité ?

N’écoutons pas l’orchestre médiatique solidaire et acteur du pouvoir.

L’écotaxe est un impôt. Le gouvernement énarcho-socialiste en place refusant violemment toute réforme a besoin dramatiquement de ramasser des sous. Ce faisant il veut renforcer sans cesse son propre pouvoir.

L’écotaxe est un facteur de ruine avec détérioration du pouvoir d’achat. La paupérisation s’en nourrit : peu importe pour le gouvernement.

La sagesse politique a conduit à ce que son application soit repoussée à plus tard. La sagesse économique voudrait qu’elle soit définitivement supprimée.

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  1. Absolument d’accord.

    Il ne faut pas les lâcher. Les mordre à la gorge. Et continuer à tirer sur l’ambulance, sans cesse, jusqu’à ce qu’elle disparaisse, elle et tous ses chauffeurs-chauffards.

    Le gouvernement était moribond, assemblage de bric et de broc, surtout de broc, il est désormais en état de mort clinique.

    Hollande va bien entendu nous jouer la carte institutionnelle du « remaniement ». En bon mitterrandiste, il nous fera quelques surprises, il se croira comme d’habitude très habile, très malin… ça fera jaser les médias pendant… quelques semaines. Et puis ça tombera à l’eau, comme tout ce qu’il fait.

    Et puis… la Réalité reprendra rapidement le dessus :
    -fermeture d’entreprises, licenciements, hausse du chômage inexorable
    -montée des mécontentements, et surtout crise d’illégitimité
    -taxes en hausse
    -baisse du pouvoir d’achat, déprime, baisse de la consommation

    Bref, le programme se déroule comme prévu : la mise en faillite de toutes ces crapules et de leur système d’oppression.

    Et franchement, c’est réjouissant.

  2. On peut rappeler que les impôts ne sont pas affectés. L’argent va au budget de l’État, qui le répartit ensuite selon les besoins. C’est la loi, d’ailleurs. Dire qu’on crée un impôt pour ceci ou cela n’est que de l’enfumage électoral.
    Rien à voir avec ce qui se passe dans les collectes de fonds des ONG par exemple.

    1. Même un grand nombre des ONG ont un doux parfum de collecte sur de bons arguments et de reversement à des bénéficiaires auxquels les donateurs n’auraient pas donné un kopeck d’eux-mêmes.

  3. Ces fameux portiques sont-ils ceux que l’on voit sur la photo ?
    Si oui, j’ ai vu les mêmes pas plus tard qu’hier sur le périph !

    Oui, il faut tirer sur l’ambulance et avec du gros !

  4. Une fois les portiques installés, il est facile de s’en servir pour tout autre chose. Nous serons fliqués pour tout. La technologie a du bon quand elle n’est pas au service de l’Etat !

  5. vous dites « Le gouvernement énarcho-socialiste en place refusant violemment toute réforme »

    il n’est pas le seul, les electeurs (enfin ceux qui restent) font de meme.La moitie du pays beneficiant de l’argent de l’etat directement ou pas c’est devenu difficile de reduire la voilure.Il faudrait liberaliser le monde du travail mais la religion actuelle l’interdit.
    Mon pere etait un conservateur catho de droite.40 ans de Journal de 20 heures plus tard, il est de droite, catho, conservateur, socialiste et vote ecolo. Que diable.

  6. à propos des  » escrologistes  » plusieurs ouvrage à lire:

     » l’ écologie est elle encore scientifique  » de christian lévèque.

    l’auteur y décrit le noyautage de la science écologique par les idéologues et l’effet pervers de la course aux parutions pour les chercheurs.

     » le grand méchant loup  » et  » la bète du gévaudan  » de jean-marc mauriceau, historien des société rurales:

    avec son équipe, il a épluché les archives de la france profonde et à mis en évidence 4000 attaque de loups sur l’homme en france depuis le 15ième siècle. ( il estime etre à 10% de la réalité )

  7. Quel beau gachis. Un de plus.

    Les écologistes vont précipiter la faillite du socialisme en l’entraînant dans l’illusion de l’économie plannifiée. J’aurais cru Hollande plus lucide : que restera-t’il du PS dans 2 ans ?

    Triste constat pour un centriste comme moi : je pensais que la mondialisation entraînerait une dérive libérale. Je ne m’attendais pas à ce que la gauche se saborde elle-même : sabotage de l’industrie automobile, de l’industrie nucléaire, des compagnies aériennes et donc de l’industrie aéronautique, refus d’évaluer nos ressources en gaz de schistes, nouveaux avantages fiscaux écologiques … On n’a pas besoin de la concurrence mondiale pour régresser, on s’en charge très bien nous-mêmes.