Bitcoin : l’alternative monétaire ?

Publié Par Libre Afrique, le dans Monnaie et finance

Le Bitcoin pourrait passer à une étape supérieure, car il sert l’exigence d’une monnaie saine échappant aux manipulations des politiciens et des banques centrales.

Par Martin Vlachynsky, depuis Bratislava, Slovaquie.

Les États occidentaux ont eu recours à des interventions monétaires sans précédent durant la crise financière. L’assouplissement quantitatif, une diminution de la protection de la vie privée, des contrôles de capitaux ainsi que la criminalisation des transactions en espèces ont forcé les gens à rechercher une alternative monétaire. Et fort heureusement ils ont des solutions de rechange potentielles.

Beaucoup se tournent vers Bitcoin ou d’autres crypto-devises. Bitcoin permet des transactions anonymes via les PC et les téléphones mobiles sans intermédiaire financier. Ce n’est pas une monnaie réelle, ou pas encore. Jusqu’à présent, c’est surtout un jeu pour les geeks, des parties de la communauté libertarienne, et un petit nombre de dealers de marchandises illégales. Mais le Bitcoin pourrait passer à une étape supérieure, car il sert l’exigence d’une monnaie saine échappant aux manipulations des politiciens et des banques centrales.

Bitcoin a en effet deux caractéristiques qu’aucune monnaie unique n’a eu auparavant. Il n’est ni fondée sur une marchandise, ni soutenu par une autorité centrale. Cela présente des avantages. Une marchandise peut en effet être confisquée, et une autorité centrale peut exercer un contrôle désastreux.

Voilà ce qu’offre Bitcoin : on peut convertir tous ses biens en Bitcoins, créer un mot de passe (appelé « clé privée » dans le monde du Bitcoin ) et stocker ses biens dans votre tête. Aucun dossier logiciel n’a besoin d’être transporté. On peut imaginer le réseau Bitcoin comme une chaîne d’information gigantesque composée de codes publics et privés liés par paires. Tout ce qu’on doit faire est de trouver un ordinateur avec accès à Internet, de télécharger l’un des nombreux logiciels clients de Bitcoin, faire correspondre sa clé publique avec sa clé privée, et on peut alors faire des transactions avec ses Bitcoins.

Bitcoin offre potentiellement des solutions aux problèmes posés par la monnaie fiduciaire, mais il est encore loin d’être une vraie monnaie. La monnaie est un moyen d’échange, une unité de compte et une réserve de valeur. Une marchandise peut avoir le potentiel d’être monnaie, mais si elle n’est pas universellement acceptée dans le commerce dans une zone géographique particulière, on ne peut pas la considérer comme monnaie.

Une règle simple : si l’on peut utiliser quelque chose pour acheter à la fois le dernier gadget de technologie au centre commercial et un kebab au coin de la rue, c’est de la monnaie. Aujourd’hui, seules les monnaies fiduciaires émises par les banques centrales fonctionnent comme de la vraie monnaie.

Cependant, l’histoire nous montre que les marchandises peuvent gagner de la valeur monétaire du jour au lendemain dans les bonnes circonstances .

Les gens désirent la monnaie – elle contourne les inconvénients du troc – et ils transforment rapidement des marchandises en intermédiaire d’échanges lorsque le besoin s’en fait sentir. Dans presque tous les camps de prisonniers de guerre allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, les prisonniers ont créé spontanément de la monnaie basée sur les cigarettes, et ont même fait l’expérience de l’inflation, de la déflation et de la loi de Gresham (selon laquelle une « mauvaise monnaie » artificiellement surévaluée chasse la bonne).

L’Internet a donné naissance à une nouvelle forme de marchandises qui a acquis une certaine dimension monétaire, comme les monnaies virtuelles telles que les Linden Dollars et l’or de World of Warcraft or, qui peuvent être très facilement transformées en dollars ou en euros.

Ces « devises », cependant, sont de la monnaie seulement dans les mondes des camps de prisonniers de guerre, Second Life ou World of Warcraft. On ne peut pas les utiliser pour acheter un kebab au coin de la rue ou des gadgets au centre commercial local.

Qu’est-ce qui empêche Bitcoin d’être une monnaie à part entière ? Il exige des compétences plus techniques que les espèces et les opérations bancaires traditionnelles. Il exige encore plus de connaissances lorsqu’il s’agit de maintenir les transactions réellement anonymes. Cela représente un coût pour les utilisateurs potentiels et réduit considérablement leur nombre.

Néanmoins, Bitcoin trouve des utilisateurs même parmi les pauvres et ceux qui ont un faible niveau d’éducation, et il est devenu populaire dans nombre de pays africains. Avec des restrictions croissantes sur les envois de fonds vers les pays blacklistés, comme la Somalie, Bitcoin offre une solution pour ceux qui ont besoin d’envoyer des revenus au pays à des parents désespérés.

Les récentes mesures sévères contre les échanges de Bitcoin de la part d’organismes américains (par exemple, la saisie de plusieurs millions de dollars sur la plus grande plateforme d’échange Bitcoin, MT.Gox, qui a temporairement cessé ses opérations en dollars américains) et les efforts allemands plus subtils pour introduire Bitcoin dans le domaine financier officiel sont les étapes initiales de la prochaine lutte acharnée entre les États et les utilisateurs de Bitcoin. Les autorités vont probablement essayer de le contrôler ou de le supprimer en imposant des coûts plus indirects sur les utilisateurs. Certains vont accepter les coûts et jouer selon les règles. Mais nous pouvons nous attendre à une réaction sous la forme d’innovations qui améliorent l’anonymat et la convivialité .

Il est difficile de prédire si Bitcoin va croître ou disparaître, parce qu’il serait devenu une monnaie virtuelle réglementée et donc ennuyeuse. Mais le projet est déjà un succès. Il s’agit d’une expérience pionnière qui démontre qu’une foule est capable de créer et de maintenir jusqu’ici des canaux d’information privés décentralisés de haute technologie. Bitcoin n’est qu’un exemple de ce nouveau phénomène. On en trouve d’autres : le réseau décentralisé peer-to -peer (P2P), TOR (pour l’anonymat en ligne ) et l’impression 3D. Tous offrent des outils modernes pour lutter contre Big Brother, qui est équipé de quelques outils modernes lui-même.

Il est trop tôt pour prédire si ces outils vont garantir la propagation de la liberté à travers le monde. Mais ils vont certainement contribuer à donner un coup de pouce à l’effort dans ce sens.


Sur le web.

Martin Vlachynsky est analyste à l’Institute of Economic and Social Studies à Bratislava en Slovaquie.

Laisser un commentaire

  1. Le concept est sympa, novateur, mais je préférerai tout de même un Goldcoin et Silvercoin. Des coffres qui ne servent qu’a stocker l’équivalent des Coins en circulation, ni plus ni moins. Les clients pourraient comme aujourd’hui payer sur le net avec leurs goldcoins et silvercoins, et on donnerait une carte bancaire pour qu’ils puissent les utiliser dans les magasins. Voilà qui à mon sens pourrait être accepté comme monnaie par le kebab du coin comme celui qui vous vends sa maison.

    C’est quand même un danger de n’être adossé a rien non ? Vous dîtes qu’il a l’avantage de ne pas être basé sur du physique et que donc on ne peut pas les confisquer. Mais non, vous le dîtes vous même à la fin, l’Etat peut bloquer/spolier les comptes sur le net, ça revient exactement au même qu’une confiscation de l’or physique, c’est même plus simple que de venir chercher chez vous vos pièces et lingots.

    Nous verrons son évolution, personnellement je ne crois guère qu’il sortira du « ghetto » ou de la « prison » comme vous dîtes de là où il est né. C’est à dire le net et un univers d’utilisateurs particuliers, même s’il s’agrandit il y aura un plafond de verre je pense. Ca sera déjà une belle base d’échange, mais pas une monnaie au sens où vous l’expliquer bien, je ne crois pas que j’acheterai demain un kebab avec mes Bitcoins…

    1. « C’est quand même un danger de n’être adossé a rien non ? » Non.

      La valeur d’une monnaie, subjective comme celle de n’importe quel bien, dépend de la qualité des émetteurs et porteurs de cette monnaie, de leur potentiel productif notamment, non du fait qu’elle soit adossée à un autre bien (or, argent, pétrole…) dont on croit à tort qu’il aurait une valeur intrinsèque. Ce qui fait l’atout du bitcoin est aussi son défaut : certes indépendant des Etats, quelle est la qualité de ses émetteurs et de ses porteurs ? On ne voit pas comment une bonne monnaie pourrait être anonyme, l’anonymat interdisant la confiance. La valeur du bitcoin est seulement une valeur par défaut, miroir de la défiance grandissante envers les monnaies monopoles étatiques.

      Ceci dit, un peu de concurrence monétaire, même limitée et très imparfaite, ne peut pas faire de mal et les réactions énervées des Etats est un bon signe à cet égard. Le bitcoin est un phénomène intéressant à observer.

      1. « La valeur du bitcoin est seulement une valeur par défaut ».

        Je ne crois pas, le point essentiel de l’idée bitcoin est que chacun peut vérifier l’authenticité d’un bitcoin, et même qu’elle est validée à chaque transaction. Bien entendu, il reste une question de lien entre authenticité et valeur, la première ne garantissant pas la seconde. Le bitcoin possède tous les avantages du liquide, avec la commodité de la monnaie électronique. Par contre, il est porteur d’une grande incertitude temporelle, mettre son porte-monnaie électronique sur sa clé USB dans un trou au fond du jardin est un acte de foi démesuré par rapport à faire la même chose avec des louis d’or.

        1. « Il reste une question de lien entre authenticité et valeur » : la procédure employée semble limiter efficacement le risque de faux, mais ce n’est pas le sujet principal faisant douter de la valeur du bitcoin.

          Le risque lié au bitcoin tient à l’identité inconnue de son émetteur central. Sa position reste décisive dans le processus d’émission et de validation des transactions. Le processus est apparemment décentralisé mais, en réalité, il est simplement délégué aux « mineurs ». Qui donc est cet émetteur central ? Qui décidera in fine du nombre de bitcoins émis et de l’évolution des procédures de validation des transactions ? Qui, à part lui, est en mesure de décider effectivement du nombre de bitcoins en circulation ?

          Sans transparence, il n’y a aucune garantie de respect des promesses initiales, ce qui ne peut que saper tôt ou tard la valeur de cette monnaie. Nul ne peut prétendre accorder sa confiance à un inconnu. Par nature, la valeur d’une monnaie est nulle dès lors que son émetteur est anonyme.

          1. Le principe d’émission est transparent, il est écrit dans le code, le changer reviendrait à invalider tous les bitcoins existants, et il aboutira à un maximum de 21 millions de bitcoins vers 2140. Comme pour l’or, il n’y a pas d’émetteur, pas de promesse, juste une quantité finie. L’hypothèse d’un alchimiste réussissant le grand oeuvre peut tout aussi raisonnablement être écartée.

            La validation des transactions se fait par consensus. Il faudrait qu’un individu détienne 50% de la puissance calcul pour la fausser, la non-apparition d’un tel individu est la seule hypothèse en laquelle il faut avoir confiance. Actuellement, elle est très sensée vu les moyens que cela demanderait, en fabrication de processeurs, en puissance électrique, etc. Ces aspects sont inscrits en dur dans le bitcoin, ils en sont indissociables et ils sont ouverts et transparents.

            La seule question qui se pose est de savoir si lorsqu’on conserve des bitcoins, on trouvera un partenaire disposé à les accepter pour une valeur en biens, services, etc. comparable à la valeur pour laquelle on les a soi-même acquis. C’est comme pour une monnaie, mais on sait que là il n’y a justement pas d’émetteur pour mettre son grain de sel dans la valeur future, seule jouera la « bonne volonté » de ceux avec lesquels on voudra commercer.

          2. « Comme pour l’or, il n’y a pas d’émetteur, pas de promesse, juste une quantité finie. »
            « La validation des transactions se fait par consensus. »

            Ca, ce sont des actes de foi. ;)

          3. Le code source du programme est public, il est clair que le nombre de bitcoins est limité à 21 millions et que changer cette valeur invaliderait le log des transactions, donc tous les bitcoins existants. Y croire, c’est le genre d’acte de foi qui caractérise Saint-Thomas : vu de mes yeux vu, compris de mon cerveau, imparable.

            Idem pour la validation des transactions. Le truc est public, toutes les machines du réseau « votent » sur la chaîne de transactions, et seule une transaction reconnue légale par la majorité est acceptée. Ce système ne peut changer sans supprimer de fait les bitcoins. Le système _est_ le bitcoin, ça n’est pas un système de gestion mis en place autour de bitcoins qui pourraient encore exister dans un autre système.

            Il n’y a qu’une manière d’en prendre le contrôle et de le modifier : détenir la majorité sur le réseau. En ce sens, sa popularité rend la chose plus difficile chaque jour. La croissance du réseau est passée ces derniers temps de 1% à 2.5% par jour. Pour en prendre le contrôle, il faudrait disposer d’un réacteur nucléaire, d’une usine de production industrielle de dizaine de milliers de processeurs de dernière génération, de l’infrastructure internet correspondante, etc.
            Et que peut-on faire une fois qu’on en a le contrôle, à part le détruire ?

          4. « Le risque lié au bitcoin tient à l’identité inconnue de son émetteur central. »

            Le risque, c’est que les gens n’arrivent pas à comprendre qu’il n’y a PAS d’émetteur central.

        2. Petit complément : enterrer de l’or est aussi un acte de foi démesuré par rapport à la valeur subjective de n’importe quelle monnaie, fiat ou physique, peu importe.

          1. @corrector : à propos de l’émetteur central, il ne faut pas comprendre cette expression au sens d’une BC classique (je l’ai utilisé avec l’idée de comparer les situations et aussi par flemme, faut bien l’avouer :)) La délégation de l’émission des bitcoins peut bénéficier d’une décentralisation très poussée, elle n’en reste pas moins centralisée à un instant donné. C’est une question de logique, sans avoir besoin de maîtriser le système en détail. Un système décentralisé pur n’existe pas puisqu’on obtient alors plusieurs systèmes indépendants. Exemple en politique : un Etat parfaitement décentralisé, ce sont deux ou plusieurs pays indépendants, pas un seul.

            Si l’émission des bitcoins était parfaitement décentralisée (hypothèse de l’absence d’émetteur central), il ne faudrait plus parler DU bitcoin mais DES bitcoins, des monnaies strictement indépendantes. Dans cette hypothèse, certains bitcoins « type A » devraient valoir plus que d’autres bitcoins « type B » et moins que ceux du « type C », ce qui ne semble pas correspondre à ce qu’on observe. Même s’il est réduit à sa plus simple expression, il y a fatalement quelque part un point de centralisation, de convergence ou d’unification du système, comme on voudra. Je vais tenter cette analogie : il n’est pas possible de générer une série pseudo-aléatoire de valeurs apparemment indépendantes sans qu’il existe une valeur initiale. Or, on sait bien l’influence déterminante de cette valeur initiale sur la totalité des valeurs de la série pseudo-aléatoire. La valeur initiale caractérise toute la série.

            Savoir qui contrôle le point de centralisation du bitcoin est indispensable à la confiance. Ceci dit, je ne demande qu’à être convaincu du contraire et, à l’observation des premières réactions des Etats, l’existence du bitcoin me réjouit.

        3. le processus de création de nouveaux bitcoins a été codé une fois pour toutes par l’individu ou l’équipe qui se cache derrière le pseudo Satoshi Nakamoto dans le logiciel implanté sur tous les noeuds du réseau. Il est exécuté en deux temps:
          1. chaque « mineur » inclut dans les blocs qu’il propose une transaction qui lui crédite des bitcoins créés ex nihilo
          2. l’algorithme d’extension de la chaîne de blocs, qui est exécuté par tous les utilisateurs, élimine les blocs redondants en tout ou partie, et fait donc en sorte qu’une seule de ces transactions est incorporée au grand registre des transactions. (note : cet algorithme est actuellement ce que je trouve le plus difficile à comprendre, probablement parce qu’il s’exécute en différentes étapes entrecroisées sur des noeuds différents)
          Donc en effet, l’émetteur des bitcoins est anonyme. C’est en somme l’ensemble du réseau (il ne faut pas confondre l’acte d’exécuter un certain logiciel et l’acte de l’écrire, qui est bien sûr le fait d’un individu)

          L’analogie avec une série aléatoire ne tient pas. La valeur actuelle du bitcoin résulte de l’offre et de la demande depuis sa création, mais est devenue indépendante de sa valeur initiale, qui était de 1$. Elle serait très probablement la même aujourd’hui (130$) si sa valeur en 2009 avait été différente.

      2. C’est l’idée derrière Ripple, mais il est actuellement très centralisé, et la compagnie derrière fait un peu n’importe quoi. Quoi qu’il en soit, c’est effectivement techniquement possible, mais ceux qui garantissent l’or/argent/etc. restent une vulnérabilité et donc Bitcoin garde l’avantage : il est toujours fiable et toujours impossible à arrêter.

    1. C’est exact et le plus gros handicap actuel du bitcoin est qu’il offre peu d’opportunité de l’utiliser pour des achats en ligne, donc c’est le type même de monnaie destinée aux spéculateurs qui ont du temps-machine pour « creuser ».
      Personnellement, après avoir un temps évalué l’intérêt, j’ai laissé tomber…

      1. Je pense que si la plus grosse utilisation du bitcoin semble bien être à l’heure actuelle la spéculation, l’idée que l’on peut en acquérir avec du temps machine disponible est complètement caduque. Si on veut « miner », il faut maintenant manifestement investir dans un ordinateur dédié. La puissance du réseau bitcoin était vers 30 terahashes/sec au premier janvier, elle approche du péta. L’espérance de gain avec une carte graphique standard dernière génération doit maintenant être passée sous le prix du matériel et de l’électricité consommée.

        1. C’est bien l’évaluation des coûts induits par l’achat du matériel dédié supplementaire, en plus du temps à y consacrer, qui m’a fait renoncer à « miner » quelques menus bitcoins.

        1. L’inflation est un vol exercé par l’émetteur de la monnaie. La monnaie déflationniste est une garantie contre ce vol. Faut-il être fou pour apprécier une telle garantie ?

          1. N’importe quoi, l’inflation n’est pas du vol. Ou alors, pas plus que la déflation qui volent ceux dont les coûts sont fixes. Et de plus, vous pouvez très bien avoir de l’inflation sans émission supplémentaire de monnaie, votre argument est donc doublement ridicule.

          2. Si c’est le mot vol qui vous choque, appelez-le autrement. L’inflation, perte du pouvoir d’achat de la monnaie, se produit quand on crée de la nouvelle monnaie sans qu’elle soit adossée à de nouvelles richesses. Les autres modes sont marginaux et de toute façon ne relèvent pas de notre discussion sur les monnaies inflationnistes ou déflationnistes, et le bitcoin qui interdit la création de nouvelle monnaie au-delà de la quantité définie à l’avance.
            Quand il crée de la monnaie supplémentaire, l’émetteur diminue la garantie qu’il apporte à la monnaie déjà existante, donc sa valeur pour les porteurs. Si quelqu’un diminue à son profit la valeur de ce que je possède, pour moi c’est un voleur.
            Vous semblez confondre déflation et baisse de l’indice des prix, laquelle n’est pas ce dont on parle. La déflation dont on parle, c’est l’augmentation des richesses existant en contre-partie d’une quantité monétaire.

          3. Non, l’inflation c’est la hausse des prix, et pas autre chose. Votre revenu étant un prix comme un autre, c’est à dire le coût de quelqu’un d’autre, il subit lui aussi la hausse des prix, pas de quoi fouetter un chat. L’épargne, elle est investit en actifs, actifs dont le prix suit logiquement l’inflation, toujours pas de problème. Quant à l’émission de monnaie, c’est le crédit bancaire, cette nouvelle monnaie circule donc dans des investissement productifs, l’inflation ne faisant qu’inciter à la circulation de monnaie et à la croissance.
            La déflation, c’est la baisse des prix, c’est sa définition, et ça ne désigne pas autre chose. Et si vous avez déjà ouvert un livre d’histoire, vous sauriez que la déflation, en plus d’être la victoire des rentier qui n’ont qu’à s’asseoir sur leur épargne sans l’investir, mène le plus souvent à la récession: c’est la déflation par la dette de Fisher.

            Il y a eu un paquet de découvertes en économie depuis les années 30, il me semble que vous les avez oubliées.

          4. « Il y a eu un paquet de découvertes en économie depuis les années 30, il me semble que vous les avez oubliées. »

            Vous avez l’art de raconter n’importe quoi.
            Entre la déflation due à un credit crunch — le crédit venant de politiques d’extension de la monnaie — rendant tout le monde insolvable et la déflation due à la thésaurisation ou la hausse de la production, il y a une petite différence…

          1. « Il y a eu un paquet de découvertes en économie depuis les années 30, il me semble que vous les avez oubliées. »

            Non, il y a eu des théories aberrantes inventées par un charlatan de génie appelé Keynes, et des paquets de conneries faites par les gouvernements en se référant à ces théories.
            Et on ne les a pas oubliées, hélas ! On est en plein dedans…

      1. « Au contraire une monnaie déflationnistes est tout ce qu’il y à d’on ne peu plus sain. »

        Non ! Seule la concurrence monétaire au sein d’un territoire est saine.

        Les monnaies, peu importe qu’elles soient déflationnistes ou inflationnistes, provoquent invariablement les mêmes catastrophes économiques dès lors qu’elles sont des monopoles. Le monopole monétaire est la véritable Relique Barbare. Supprimer le monopole monétaire est la condition nécessaire et suffisante pour en terminer avec les crises d’origine monétaire.

    2. Une monnaie inflationniste ne fait que désavantager que ceux qui sont trop pauvres pour avoir des investissements non monétaires.
      D’ailleurs on peut le voir, les actions, l’immobilier, etc. est au dessus de l’inflation, contrairement au livret du pauvre.

      Vu ton pseudonyme, je suppose que tu es banquier ? J’espère que Bitcoin te mettra bientôt au chômage. C’est ton tour.

      1. Les pauvres, les riches : ce n’est pas le problème. Tout au plus s’agit-il de slogans destinés à interdire de penser !

        Quant aux investissements non monétaires qui ne seraient pas accessibles aux plus pauvres, je vous rappelle que l’action Alcatel était en « promotion » il y a quelques semaines encore, à moins de 1 euro.

  2. Que peut-on dire de PRISM et des clés de sécurités du Bitcoin ?
    Est-ce possible quad on sait que la NSA et Google viennent d’investir ensemble dans un ordinateur quantique ?

    1. Je ne vois pas ce qu’un espion peut gagner à décrypter les clés du bitcoin. Le cryptage est utilisé pour encoder le « grand livre » public des transactions. Votre clé vous permet, en lisant ce livre, de retrouver toutes celles qui concernent votre porte-monnaie, et donc en faisant les additions et soustractions, d’en connaître le solde. Un décrypteur (ou un voleur de clé) pourrait jouer les pirates, mais il ne peut rien apprendre sur vous par ce moyen.

      1. Cela met à mal la principale attractivité de Bitcoin, son inviolabilité. C’est un bon moyen de faire paniquer tout le monde.

        Cependant il faut savoir que même si ECDSA venait à tomber, il est déjà envisageable de créer une nouvelle version d’adresses Bitcoin utilisant un autre chiffrement.

    2. PRISM n’est pas vraiment lié à la cryptographie, mais je suppose que tu mentionne les dernières révélations sur la NSA dont j’ai oublié le nom.

      En fait, elles confirment ce qu’on pensait déjà : la cryptographie est sûre, mais les implémentations ne le sont pas forcément (surtout celles fermées de grands éditeurs).

      C’est donc une très bonne nouvelle pour… les utilisateurs de logiciel libre.

      1. « La cryptographie est sûre »
        Pas si sûr que toi…http://www.mac4ever.com/actu/82871_la-nsa-serait-capable-de-decrypter-toutes-les-donnees-chiffrees-sur-internet
        …Et un ordinateur quantique serait très doué pour ça…
        Gouvernement Américain + NSA + Google + Banques centrales + Medias subventionnés + cassage de clés à la chaîne…mouais.
        Après si vous me dites que ça ne peut pas Influencer-Freiner-Tuer l’évolution du BitCoin…OK. Mais la masse aura-t-elle les moyen de le croire ?

        1. Cet article, c’est exactement ce à quoi je faisais référence.
          Il faut voir les détails, au-delà du titre sensationnel.

          Les vulnérabilités sont au niveau des implémentations, pas des mathématiques derrière.

          1. Oui, en crypto les failles sont plus souvent des grosses bourdes de programmation que des faiblesses mathématiques. (Et même la société « RSA » s’est vautrée avec les subtilités de l’algorithme … RSA.)

            Espérons que les clients Bitcoin bénéficient d’une revue de code supérieure à celle de OpenSSL de Debian >:->

    3. « Que peut-on dire de PRISM et des clés de sécurités du Bitcoin ? »

      Rien du tout : PRISM est une simple collaboration, niveau technique nul : j’ai les données, je t’envoie les données. PRISM suppose :
      1) un tiers hébergeant vos données
      2) qu’il accepte de collaborer
      donc PRISM ne vous concerne pas si vous n’utilisez pas le « cloud » (SaaS).

      Il y a de bonnes raisons de ne pas se reposer trop sur le « cloud » même en l’absence de PRISM (et d’euro-PRISM, de franco-PRISM…).

      Mais le Bitcoin est un système transparent; tout le monde a le droit de consulter l’historique des transactions. Il n’y a pas de tiers de confiance dans le système lui-même (les bureaux de change de Bitcoin sont des tiers de confiance, puisqu’ils hébergent votre compte).

      Après, on peut engager 007 pour voler à l’Elysée une carte de France indiquant où se trouve Paris, mais à par se donner le grand frisson je ne vois pas l’intérêt!

  3. Le système bitcoin est complexe et repose sur des techniques informatiques novatrices qui sont hors de nos repères habituels. Un de ses promoteurs a dit « les dix premières fois qu’on essaie de comprendre Bitcoin, on se trompe ».
    Manifestement les commentateurs, à part MichelO, en sont à leur toute première tentative. A leur décharge, l’article lui-même est très léger.
    Je me permets de renvoyer à mes deux articles sur le blog de l’institut Turgot:
    http://blog.turgot.org/index.php?post/Dr%C3%A9an-Btc-1
    http://blog.turgot.org/index.php?post/Drean-bitcoin-fin

    1. @ Gérard Dréan
      J’ai lu attentivement vos deux articles avec beaucoup d’intérêt, merci pour ces explication !
      J’avais posté mon commentaire avant d’avoir actualisé ma page, du coup, je n’ai pas vu le vôtre.
      Vos articles démontrent une chose : ce n’est pas accessible à tout le monde !!! Il y a du boulot pour convaincre, peut-être que la démocratisation par des « primo accédants » influencera la généralisation du système et peu-importe si les gens le comprennent du moment qu’ils sont rassurés dans son utilisation…
      Ca demande une sacré réflexion en tous cas.

    2. Je pense que mes compétences en informatique, en tant qu’ancien responsable de développement logiciel dans le cadre d’architectures ouvertes m’ont permis de comprendre les problèmes techniques du Bitcoin, d’Opencoin, ou, plus récemment de Ripple et votre limitation à MichelO de la compréhension des intervenants sur la nature de cette monnaie électronique me semble exagérée.
      Ce que je remets en question, pour le moment, c’est l’utilité, en dehors de l’aspect spéculatif, de l’utilisation des bitcoins (ou de toute autre monnaie dont l’émission est basée sur un algorithme dont le temps d’éxécution augmente progressivement).
      J’aurais tendance à dire qu’actuellement, c’est une affaire de « geeks » qui veulent se divertir en jouant à une sorte de poker informatique, sans se rendre compte qu’ils exposent ce système au surgissement d’un cygne noir, comme ce fut le cas à la fin de l’hiver dernier où le bitcoin chuta brutallement de plus de 230$ à près de 50$, avant de remonter progressivement à ce qu’il est à ce jour, soit 125$, alors qu’il se situaient un an auparavant à environ 10$.
      Si vous pouvez faire du commerce avec une telle monnaie, je dis alors chapeau!

      1. Mes excuses à Hermodore (et à Pankkake au passage)
        Sur le fond, je pense que cette extrême volatilité devrait s’atténuer si l’utilisation de BC en tant que moyen d’échange prend le pas sur celle de moyen de spéculation, mais je reconnais que c’est le problème de la poule et de l’œuf. Qui vivra verra…

  4. L’auteur de l’article é&crit:
    « Il exige des compétences plus techniques que les espèces et les opérations bancaires traditionnelles. Il exige encore plus de connaissances lorsqu’il s’agit de maintenir les transactions réellement anonymes. Cela représente un coût pour les utilisateurs potentiels et réduit considérablement leur nombre. »

    C’est vrai pour les quelques personnes qui conçoivent et développent les logiciels constituant le système, mais faux pour les utilisateurs, donc ça ne limite pas le nombre des utilisateurs potentiels.et ce n’est pas ça qui limite le nombre des utilisateurs réels.