Couper les dépenses militaires ? Chiche

Publié Par Reason, le dans Amérique du Nord

Les sondages montrent que les Américains veulent un plus petit État partout, y compris dans les dépenses militaires, avec moins d’engagements à l’étranger.

Par Scott Rasmussen, depuis les États-Unis.
Un article de Reason, paru en octobre 2012.

Exercice de la marine et de l’aviation américaine

En juillet 2012, le candidat républicain, alors putatif, à la présidence, Mitt Romney a écrit une lettre ouverte à Barack Obama attaquant son intention de réduire le budget du Pentagone. « Votre insistance à réduire notre armée pour payer la note de vos dépenses irresponsables pourrait voir plus de 200 000 hommes quitter le service », avertissait Romney. « Cela fermera les portes des usines et des chantiers navals qui accueillent notre flotte, prélèvera sa dîme sur les gardes nationaux et la réserve, et pourrait éventuellement en finir avec les bases militaires de Virginie. Cela réduira notre Marine, alors que l’actuelle est déjà insuffisante pour la sécurité nationale. » Romney, par contraste, promettait de dépenser au moins 4% du produit intérieur brut pour la défense chaque année de son mandat.

Les républicains qui demandent des réductions budgétaires de tous les programmes en dehors de la défense s’exposent à des accusations d’hypocrisie justifiées de la part des démocrates. Épargner des postes majeurs de la discipline en matière de dépenses est l’une des principales raisons pour lesquelles l’État n’est jamais réduit. Les Américains sont prêts pour une approche plus mature. Un sondage de 2011 de Rasmussen Reports, mon entreprise, a révélé que 67% des gens préfèrent voir des coupes budgétaires dans tous les programmes gouvernementaux. Chaque poste du budget, pensent résolument les Américains, doit être mis sur la table.

Une discussion difficile

La sécurité nationale est un sujet difficile à aborder dans des termes uniquement budgétaires, car les Américains sont, de façon compréhensible, mal à l’aise lorsqu’il s’agit de mettre un prix sur la sécurité. Comme Ronald Reagan l’a dit : « La défense n’est pas un problème de budget. Vous dépensez ce dont vous avez besoin ».

La position de Ronald Reagan était correcte dans un sens premier : si nous ne pouvons pas défendre la nation, rien d’autre ne compte. Mais il est aussi important de se souvenir qu’il parlait à un moment particulier, et dans un lieu particulier. Conscient que l’économie soviétique ne pourrait pas tenir la distance face à l’économie américaine, plus dynamique, il cherchait à exercer une pression financière sur l’empire communiste pour hâter son effondrement. Le succès de Reagan est l’une des raisons qui nous permettent de prendre en compte d’autres approches au XXIème siècle.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas face à une superpuissance rivale, avec des capacités militaires immenses et une agressivité à la hauteur de ses ambitions. Les menaces du terrorisme et de la cyberguerre sont réelles, mais émergent surtout de petites cellules, plutôt que de grands blocs. Les questions de dépenses militaires restent cependant difficiles à aborder car la plupart des Américains sont les sujets d’un ballet d’émotions et de perceptions conflictuelles qui obscurcissent le débat et le font aborder presque tout sauf l’argent.

Pour commencer, les Américains sont fiers de leur pays et tiennent leurs troupes en haute estime. 79% vivraient plutôt aux États-Unis qu’autre part, et, à une époque où le cynisme envers les grandes institutions est répandu, 81% ont une opinion favorable de l’armée américaine.

Ce respect et cette admiration pour les troupes coexiste toutefois avec des doutes quant aux missions qui leur ont été données. La plupart des électeurs croient désormais que l’intervention des États-Unis en Irak était une erreur, et ils souhaitent désormais voir les troupes rapatriées rapidement d’Afghanistan. Le soutien pour une intervention militaire en Libye a plafonné à 20%.

Les Américains souhaitent aussi réduire spectaculairement nos garanties de sécurité envers les autres pays. Moins de la moitié (49%) croient que les États-Unis devraient rester dans son alliance militaire principale, l’OTAN. Des 54 pays avec lesquels Washington a signé un traité de défense mutuelle, auxquels il faut ajouter l’Israël et le Mexique qui ont un soutien implicite, une majorité des Américains ne soutiennent seulement la défense que de 12. Les pays qui n’atteignent pas la barre des 50% incluent notre plus vieil allié, la France, à côté du Japon, de la Pologne et du Danemark. Les quatre seuls pays que plus de 60% des Américains souhaitent défendre sont le Canada, les États-Unis, l’Australie et Israël.

Ces chiffres soulignent le fossé majeur entre citoyens et classe politique. Trois américains sur quatre pensent que les troupes américaines ne devraient jamais être déployées pour des actions outremer à moins que des intérêts de défense nationale vitaux soient en jeu. Beaucoup des derniers présidents ont cependant adopté des critères autrement moins restrictifs pour envoyer des troupes à l’étranger. L’armée est souvent déployée sur des principes humanitaires, ou dans l’idée que les États-Unis sont la police du monde, mais seulement 11% des électeurs pensent que l’Oncle Sam devrait payer la police pour la planète.

En dépit de l’interprétation que pourraient donner certains à ces chiffres, les électeurs ne sont pas isolationnistes. Ils veulent toujours que Washington ait un rôle moteur dans les affaires du monde ; ils voient leur pays comme une force du bien et rejettent ceux qui tiennent l’Amérique responsable pour les maux de la planète. Mais ces citoyens rejettent de même que la réponse par défaut de Washington aux crises internationales soit d’envoyer des Américains. Plutôt, les électeurs sont à la recherche d’une stratégie qu’on pourrait décrire par : « Protégez l’Amérique d’abord ». Si l’armée réussit dans sa tâche principale qui est de protéger la nation, croient-ils, nos autres avantages nationaux gagneront les cœurs et les esprits tout autour du globe.

Ce mélange de volontés publiques suggère qu’il est possible de développer une stratégie de défense populaire et ancrée dans le XXIème siècle, qui soutiendra les troupes et protégera la nation tout en réduisant les dépenses militaires annuelles de centaines de milliards de dollars.

Ce que nous dépensons aujourd’hui

En 2010, le gouvernement fédéral a dépensé plus de 875 milliards de dollars pour la défense nationale et les anciens combattants, soit à peu près un quart du budget fédéral. Ce chiffre inclut environ 160 milliards pour les opérations outremer, qui contiennent principalement l’Irak et l’Afghanistan, plus 155 milliards pour les coûts directs de personnel militaire, et 31 milliards pour s’occuper des « blessés, malades et accidentés » et de leurs familles. Les prestations aux anciens combattants se montent à environ 125 milliards, qui incluent 45 milliards d’assurance santé. Maintenir une armée avec 1,4 million de personnel d’active se révèle coûteux.

En addition aux personnels militaires et aux anciens combattants, le budget de la sécurité nationale inclut presque 800 000 civils. Ce nombre n’inclut pas ceux qui travaillent pour le Department of Homeland Security et les autres agences liées à la défense.

Pour la plupart des gens, ces chiffres sont simplement trop énormes pour être envisagés. Un moyen de les contextualiser est de regarder à quelle vitesse le budget de sécurité nationale a augmenté pendant la dernière décennie. En 2001, l’année des terribles attentats du 11 septembre, le gouvernement fédéral a dépensé environ 350 milliards pour la défense et les anciens combattants. Si ces dépenses avaient suivi l’augmentation de la population et l’inflation, elle serait de 481 milliards aujourd’hui. Les dépenses actuelles sont plus hautes de 82%. Ce n’est pas une surprise de voir les budgets de la défense augmenter après le 11 septembre, mais il est légitime de se demander si une hausse de 82% était le juste prix.

Les dépenses militaires aujourd’hui, ajustées de la population et de l’inflation, sont plus élevées que ce qu’elles étaient quand Ronald Reagan a quitté son poste, à une époque où l’Empire Soviétique pointait encore ses armes nucléaires sur les villes américaines. C’est plus qu’en 1968, alors que les États-Unis étaient engagés à la fois dans la Guerre Froide et dans une guerre chaude et meurtrière au Vietnam. Bien que les Américains soutiendront toujours les dépenses nécessaires à la défense du pays, les sondages suggèrent qu’ils ne réalisent pas combien nous dépensons à l’heure actuelle.

Seulement 58% des électeurs sont conscients que les États-Unis dépensent plus pour leur défense qu’aucun autre pays au monde. Et seulement 33% savent que Washington dépense à peu près autant pour la défense que le reste du monde réuni. Les dépenses militaires ont augmenté de manière disproportionnée comparé aux priorités des Américains, en dominant les autres pays à un point tel que les contribuables pourraient bientôt s’en étonner.

Considérez ceci : les États-Unis dépensent plus de 2 500$ par personne pour la défense nationale ; la Russie et nos alliés de l’OTAN dépensent chacun à peu près un cinquième de ce montant, alors que seulement 46% des Américains ont une vision favorable de l’OTAN. Vu de loin, alors que les États-Unis dépensent près de 900 milliards par an pour l’armée et les anciens combattants, la Chine paye moins de 200 milliards. La Corée du Nord, l’Iran et la Syrie combinés dépensent moins de 30 milliards. Le Pentagone dépense plus en recherche et développement que l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Russie et le Japon dépensent chacun pour leur budget de défense en entier, d’après The Power Problem écrit par le vice-président du Cato Institute Christopher A. Preble en 2009.

L’amiral Mike Mullen, alors qu’il dirigeait le Comité des chefs d’état-major interarmées, disait en 2010 que « la menace la plus importante pour la sécurité nationale est notre dette ». Le peuple américain est d’accord : 82% pensent que l’économie est désormais un problème plus important que les défis militaires. Tôt ou tard, les dépenses de défense devront revenir s’accorder avec les souhaits des électeurs.

Quels budgets couper ?

Comme avec chaque aspect de la crise de la dette fédérale, la question principale est de savoir si la classe politique va continuer de suivre son propre programme ou être forcée à accepter la sagesse populaire des Américains. En suivant la logique des préférences stratégiques de l’opinion, on ferait des économies énormes dans la défense.

Les Américains, comme leurs représentants politiques, ne sont pas isolationnistes ; 88% disent que les relations du pays avec l’Europe sont importantes, par exemple, et 53% les disent « très » importantes. Les électeurs n’ont pas exprimé le désir de se rétracter face à notre idéalisme et notre sympathie historique pour ceux qui croient en la liberté. C’est seulement que les citoyens rejettent l’approche post Guerre Froide de la classe politique pour poursuivre ces idéaux.

Une politique  du Protégez l’Amérique d’abord signifierait le retour aux politiques de défense plus restreintes de Dwight Eisenhower et Ronald Reagan. Ces présidents n’ont pas hésité à utiliser la force, mais avaient une définition plus limitée des moments où c’était approprié : seulement quand des intérêts vitaux des États-Unis sont en jeu.

Ronald Reagan ajoutait des restrictions supplémentaires. Les forces ne devaient pas être envoyées sans « l’intention claire de gagner et le soutien nécessaire pour la victoire », ou sans « des objectifs réalistes et clairement définis ». Et il devait y avoir « une assurance raisonnable que les raisons pour lesquelles nous nous battons et les actions que nous effectuons devront avoir le soutien du peuple américain et du Congrès ». Même quand ces critères étaient remplis, Reagan ajoutait que « nos troupes ne devraient être engagées dans un combat à l’étranger seulement en dernier ressort » . Bien que « le Gipper » [NdT : surnom donné à Ronald Reagan] lui-même échoua parfois à suivre ces idéaux (en contournant le Congrès en Amérique Centrale par exemple), les Américains d’aujourd’hui soutiennent fermement les lignes qu’il énonça.

Aligner la stratégie militaire américaine avec l’opinion sauverait des milliers de milliards de dollars pendant la prochaine décennie et réduirait de manière spectaculaire le poids de la dette que nous faisons porter sur les générations futures. Ce réalignement de taille nous mettrait dans une meilleure position pour gérer les sérieux défis économique auxquels la nation fait face, et réaffirmer la notion américaine fondamentale que les dirigeants ne tiennent leur autorité que du consentement des dirigés.

Toujours est-il que ça ne sera pas facile, étant donné les enjeux émotionnels et les intérêts financiers impliqués. Une manière de s’attaquer au problème est de séparer les dépenses de défense en blocs indépendants.

— Les demandes de budgets supplémentaires tout d’abord. Le budget supplémentaire pour les opérations en Afghanistan et en Irak coûte aux États-Unis 163 milliards pour 2010 et 181 milliards pour 2011. L’administration Obama prévoyait de réduire ce chiffre à environ 118 milliards en 2012.

La plupart des Américains ont décidé qu’il est temps de ramener ces troupes à la maison dans l’année, beaucoup plus vite que ce qu’aucun parti politique majeur n’envisage. Bien qu’un tel retrait demanderait de prendre les problématiques du champ de bataille en considération, mettre en place une politique plus en ligne avec la volonté publique pourrait épargner des centaines de milliards.

— Budget de base. Les dépenses générales de l’armée, ou le budget de base, se montait à environ 530 milliards en 2011. Le seul moyen de réduire substantiellement ce chiffre est à travers des coupes stratégiques dans le déploiement des troupes, ce qui pourrait prendre des années et ne sera peut-être pas visible dans les budgets avant 5 ou 10 ans.

Les plus grandes économies disponibles ici peuvent être trouvées dans l’énorme différence entre les 56 pays que nous sommes obligés de protéger et les 12 pays pour lesquels une majorité d’Américains soutiennent la défense. Si les missions mondiales sont réduites, le coût suivra. En deux mots, moins de troupes sont nécessaires pour défendre les États-Unis que pour être la police du monde. Simplement rapatrier les troupes américaines actuellement déployées en Europe de l’Ouest et au Japon se traduirait par des économies d’environ 25 milliards par an.

Le Secrétaire à la Défense Robert Gates reconnaissait en 2010 à l’Exposition Mer-Air-Espace de la Marine « la surcapacité énorme que les États-Unis ont déjà », se demandant : « Est-ce-que nous avons vraiment besoin de 11 flottes aéronavales pour encore 30 ans alors qu’aucun autre pays n’en a plus d’une ? Tout plan, à l’avenir, devra prendre en compte ces réalités ». Une politique Protégez l’Amérique d’abord concentrerait les flottes autour de nos côtes et réduirait le nombre de porte-avions, avions, sous-marins, personnels de maintenance et marins.

Toutes ces modifications réduiraient le budget d’équipements, car l’armée n’aurait pas besoin d’autant de nouvelles armes, navires et avions chaque année. En prenant en compte qu’il y a plus de 80 systèmes d’armement qui coûtent plus de 1 milliard par an, réduire les budgets d’équipement mènerait à des économies réelles du jour au lendemain. Les coûts de recrutement et d’entraînement diminueraient également, ainsi que les coûts administratifs et le nombre de personnels civils en support.

— Anciens combattants. Si nous diminuons le nombre de soldats aujourd’hui, nous diminuons le nombre d’anciens combattants que nous aurons besoin de payer à l’avenir. Si nous avons moins de blessure aujourd’hui, nous aurons moins de subventions à l’invalidité, des coûts médicaux réduits, et moins de pensions aux survivants à l’avenir.

Ça semble plutôt trivial, et ça l’est. Mais l’impact est énorme. En réduisant le nombre de soldats aujourd’hui, nous réduirons le joug des dépenses totales que nous faisons peser sur les générations futures par millier de milliards. Voici les faits, depuis Christopher Preble, du Cato Institute : « Des 700 000 hommes et femmes qui ont servi pendant la Guerre du Golfe, 45% ont demandé des subventions aux invalides, et 88% de ces demandes ont été approuvées. En moyenne, un ancien combattant du Golfe invalide reçoit 6 506$ chaque année ; ce qui correspond à 4,3 milliards payés annuellement par l’État américain. » C’est le coût annuel pour les anciens combattants d’un seul engagement.

Les économies n’apparaîtront pas immédiatement dans les budgets, puisque les budgets d’aujourd’hui reflètent le prix que nous payons pour les combattants d’hier. Mais de même qu’avec d’autres passifs non budgétisés, ce problème comptable nous en dit plus sur la méthode déficiente que nous avons de mesurer les budgets fédéraux et les déficits qu’il n’en dit à propos de l’importance des économies.

Même avec toutes ces coupes, les États-Unis posséderaient une capacité et une technologie militaires inégalables.

Une nouvelle donne

En réduisant le nombre d’engagements stratégiques comme en Europe et au Japon, nous pouvons faire retomber les dépenses militaires ajustées à la population et à l’inflation au niveau de 2001. Certains pourraient protester quant à ces objectifs de dépense, et à la volonté que l’armée rentre dans ces critères, mais c’est exactement ce que Dwight Eisenhower a fait dans les années 50. Ike [NdT : surnom de ce président américain] voyait le besoin d’équilibrer la puissance militaire et les ressources intérieures. Ce serait irrationnel de demander à l’armée de continuer à faire la police du monde avec un budget réduit, mais il est plutôt rationnel de s’attendre à ce que l’armée accomplisse la mission plus cadrée de Protégez l’Amérique d’abord avec un budget approprié pour ce rôle.

Ces réductions autoriseraient encore environ 420 milliards de dépenses militaires annuelles, presque trois fois plus que ce que la Chine ou n’importe qui dans le monde fait actuellement. Et ce niveau de dépenses serait bien plus en phase avec les préférences des électeurs. Au fond, ça serait presque à la moyenne : seulement 25% des électeurs croient que les États-Unis devraient toujours dépenser au moins trois fois autant que toute autre nation en matière de défense ; 40% pensent qu’un tel objectif est trop important.

Une fois que les premières coupes et économies auront été pleinement mises en place sur 5 ou 10 ans, il sera essentiel de mettre en place une discipline budgétaire à long terme avec une surveillance plus rationnelle des dépenses fédérales. Tant que l’environnement stratégique reste le même, l’augmentation annuelle des dépenses militaires devra être indexée à la croissance démographique et  à l’inflation. Si un nouveau rival militaire émergeait, de manière évidente, il serait temps pour une nouvelle allocation stratégique. Mais en 2012, il est difficile de voir un rival militaire sérieux qui pourrait menacer le territoire des États-Unis.

Il n’y a aucune arrière-pensée lorsqu’on choisit le budget de la défense de 2001 comme point de départ, mais ça a l’avantage de clarifier les choix stratégiques. Si nous dépensons autant aujourd’hui que ce que nous faisons en 2001, tout en réduisant nos engagements hérités de la Deuxième Guerre Mondiale, nous pourrions diminuer le niveau général de dépenses tout en allouant des ressources additionnelles pour faire face aux défis de l’ère post 11 Septembre.

Les spécificités du recalcul des dépenses de défense devraient être le terrain d’un débat intense et d’expérimentation. Les électeurs croient clairement que l’on devrait se concentrer plus sur la défense des États-Unis plutôt que du monde entier. Des ressources substantielles seraient toujours déployées face à la menace terroriste et probablement aussi pour aider à la sécurisation de la frontière sud des États-Unis.

Beaucoup, de chaque côté de la ligne de séparation partisane et idéologique, seront insatisfaits de cette approche des dépenses militaires. C’est tout particulièrement vrai d’une élite politique qui défend le statu quo du Envoyez les Américains d’abord. Pour eux, une solution simple : si vous n’aimez pas la stratégie de Protégez l’Amérique d’abord, allez voir votre patron, le peuple américain. S’il existe des arguments pour un engagement plus large des États-Unis et pour des interventions à des endroits comme la Libye, faites-les. S’il y a des raisons de laisser les troupes américaines en Europe à tout jamais, montrez-les. Si nous avons besoin de dépenser plus, soutenez les taxes nécessaires à cette dépense.

Mais ne sacrifiez pas la plus grande richesse de l’Amérique, notre engagement pour un gouvernement représentatif, pour poursuivre une stratégie militaire bien plus agressive et coûteuse que ce que le peuple américain veut soutenir. Les Américains ont rejeté la politique étrangère bipartite de Washington. Il est temps pour les politiques de le comprendre.


Sur le web. Traduction : Bézoukhov/Contrepoints.

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  1. Excellent article mais quelques remarques :

    1) Que les citoyens US aient l’impression de payer pour leurs alliés, pourquoi pas. Mais lesdits alliés ne servent-ils pas de zones tampon? Une politique isolationniste aurait des coûts cachés sans doute aussi élevés.

    2) « Le Pentagone dépense plus en recherche et développement que l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Russie et le Japon dépensent chacun pour leur budget de défense en entier ».
    Oui, mais endosser les habits de leader les a conduits à subir la loi des rendements décroissants pour ces dépenses et à une fuite en avant. De plus, comment en quantifier les retombés économiques?

    3) Les USA sont devenus une thalassocratie. Les 11 flottes aéronavales passant difficilement de l’Atlantique au Pacifique, il faut deux ensembles distincts. De plus, leur nombre est à rapporter à la superficie à couvrir. Durant la seconde guerre mondiale, c’est plus la capacité de production de navires que le « stock » qui a fait la différence. N’oublions pas que les 11 flottes servent avant tout à maintenir une capacité de production. C’est d’ailleurs sur ce constat que Poutine modernise et accroît les flottes russes.

    Je me permets d’inclure une référence à ce sujet du Vice Amiral d’Escadre Guy La bouérie : « http://www.cincinnatidefrance.fr/conferences/comptes-rendus-des-conferences/158-penser-et-agir-au-xxe-siecle ».

    Cordialement,

    Nicolas

  2. Bof. Pour que les Etats unis coupent dans leur principale source de PIB, il faudra encore attendre longtemps et enterrer des présidents courrageux.