La folie douce de l’Europe à propos de la reprise

Publié Par Daniel J. Mitchell, le dans Économie générale, Europe

Reprise économique ? Quelle reprise ? Décidément les Européens semblent adeptes de la méthode Coué.

Par Daniel J. Mitchell, depuis Washington D.C, États-Unis.

Les États-Unis souffrent de traverser la plus faible croissance économique depuis la Grande Dépression, un cuisant échec pour l’« Obamanomics ». Pour autant, les États-Unis n’ont pas l’économie la moins performante du monde. L’économie étatiste du Japon s’est enlisée dans la stagnation depuis plus de 20 ans, ce qui n’est pas surprenant pour un pays où l’État est tellement omniprésent qu’il réglemente même les lavements au café.

Mais si vous voulez vraiment vous sentir bien dans l’économie américaine (au moins en termes relatifs), alors une comparaison avec l’Europe va probablement vous enivrer. Les États-providence situés outre-Atlantique sont en si mauvais état qu’ils célèbrent la moindre lueur de bonnes nouvelles. Voici quelques morceaux choisis d’une histoire à dormir debout racontée par EU Observer.

L’économie de l’eurozone est sortie de la récession, selon les bons chiffres inattendus publiés mercredi (14 Août) par Eurostat, l’agence statistique de l’Union européenne.

Quelles sont donc ces « bons chiffres » mentionnés dans l’histoire ? L’économie de la zone euro a-t-elle recouvré un rythme de croissance annuel de 4% ? 5% ? En fait… pas vraiment.

Au cours du deuxième trimestre 2013, la production économique a cru de 0,3% par rapport au trimestre précédent, aussi bien dans l’eurozone que dans l’UE28. Étonnamment, c’est le Portugal qui a connu la plus forte hausse, avec une croissance de son économie de 1,1%, malgré la récente agitation sociale et les troubles politiques liés au plan de sauvetage. La Finlande et l’Allemagne ont obtenu une croissance de 0,7%, tandis que la France a enregistré un taux de croissance de 0,5%, ce qui atténue la crainte de voir l’économie du pays stagner en 2013. Les statistiques indiquent que l’économie européenne se redresse plus vite que prévu et pourrait afficher un taux de croissance positif pour l’ensemble de l’union en 2013.

Eh bien, 0,3%, c’est quelque chose à fêter ?! Certes, ce sont des chiffres trimestriels ; vous devez donc multiplier par quatre pour obtenir la tendance des taux annuels, mais ça ne suffit pas pour parler de « bons chiffres ».

Par ailleurs, si vous consultez le document d’Eurostat, vous verrez que les chiffres d’une année sur l’autre montrent encore une récession. Par conséquent, il est loin d’être clair que le quart d’une croissance anémique puisse être considérée comme le début d’une reprise [1].

Pourtant, les attentes sont tellement basses dans ces États-providences surtaxés et sur-réglementés que les mandarins de la Commission européenne sablent le champagne.

Dans un communiqué, le commissaire européen Olli Rehn a commenté ces nouvelles comme « encourageantes » et a déclaré que « l’économie européenne gagne progressivement du terrain. »

Je suppose que l’économie européenne gagne du terrain si on utilise un glacier comme référence.

Je ne cherche pas à me moquer des Européens uniquement pour la forme. Le point important dans ce billet, c’est que les États-Unis ont pris progressivement le chemin de l’État-providence à la française depuis les années étatistes de Bush & Obama. Et même si je me plais à penser que l’Amérique est différente, les conséquences d’une augmentation des dépenses publiques, des impôts et de la réglementation sont tout aussi mauvaises de ce côté-ci de l’océan qu’elles le sont de l’autre côté.

Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessus, l’Amérique a connu un beau succès sur les Européens, si vous regardez le niveau de vie. Et peut-être que nous parviendrons toujours à préserver cet avantage s’ils persistent à aller encore plus loin dans la mauvaise direction tandis que les États-Unis adoptent des politiques contre-productives. Mais pourquoi faudrait-il copier les politiques erronées des nations qui s’effondrent ? Surtout quand nous avons des exemples de pays qui sont désormais plus prospères que les États-Unis, et qui mènent le monde en mobilisant les recettes éprouvées de l’État minimal et du marché libres.


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux.

Lire aussi : Comparaison internationale des niveaux de vie : les États-Unis loin devant !

Note :

  1. Si vous observez bien les chiffres de l’UE, vous verrez que les pays baltes font mieux que la moyenne, ce qui s’explique certainement un peu par le fait qu’ils ont poursuivi une meilleure politique que leurs voisins européens.

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  1. Merci pour cette mise au point.
    Voir concrètement, localement, l’économie s’enfoncer tous les jours
    … et entendre en même temps nos tartuffes politocards nous raconter des sornettes de reprise etc, quelle plaie !

  2. Le léger rebond de croissance observé n’est qu’un hoquet aléatoire dans une tendance inexorablement récessive. Avec plus de 50% de dépenses publiques dans le PIB et un contrôle indirect par l’Etat et ses excroissances de 70 à 80% de l’économie, la croissance est tout bonnement devenue impossible.

    Ne rêvez pas : ce qui vous attend si rien de fondamental ne change, c’est l’appauvrissement économique et l’anarchie sociale. De façon concrète, le changement fondamental correspond à une réduction de 300 milliards (un quart) des dépenses publiques, dans un premier temps.