Pôle emploi aux États-Unis, un simple fournisseur d’allocations chômage

Publié Par John Stossel, le dans Amérique du Nord, Travail & emploi

Avec le Pôle emploi américain, il est plus facile d’obtenir des allocations chômage que du travail. Quand aux opportunités existantes, il est plus efficace de les rechercher par soi-même.

Par John Stossel depuis les États-Unis.
Publié sur Reason Magazine.

“Il n’y a pas de travail!” Voila ce que les gens m’ont dit devant un centre d’aide gouvernemental à la recherche d’emploi a New York.

Pôle emploiPour le vérifier, j’ai envoyé quatre enquêteurs dans le quartier. Ils ont rapidement trouvé quarante offres d’emploi. Trente quatre étaient ouvertes aux débutants. Le propriétaire d’un restaurant m’a dit qu’il embaucherait douze personnes s’il avait simplement des candidatures.

Je me demandais donc ce que le gouvernement pouvait bien faire dans les locaux de ces centres d’aide à la recherche d’emploi. J’ai donc demandé à une stagiaire universitaire, Zoelle Mallenbaum, de chercher à en savoir plus. Voici ce qu’elle a découvert:

“Tout d’abord je me suis rendue au centre de Manhattan et j’ai demandé, “Puis-je avoir de l’aide pour trouver du travail?”. Ils me répondirent qu’ils ne faisaient pas ça. “Nous inscrivons les gens pour les bons alimentaires” m’ont-ils expliqué. J’ai essayé un autre centre. Ils m’ont conseillé de faire un dossier pour recevoir une allocation chômage.

Les centres d’aide à la recherche d’emploi aident donc les gens à recevoir des allocations. Aucun centre n’a proposé aux gens d’essayer de postuler pour les quarante offres d’emploi du quartier.

Ma stagiaire a alors insisté :

“J’ai expliqué que je ne voulais pas d’allocations; Je voulais un travail. On m’a alors dit de me rendre à WorkForce1 qui est un programme de la ville de New York. À WorkForce1, la réceptionniste m’affirma qu’elle ne pourrait pas m’aider car je n’avais pas de diplômes universitaires. Elle m’envoya vers un autre centre à Harlem. A Harlem, on m’expliqua qu’avant que je puisse obtenir de l’aide, je devais revenir pour une séance de formation à 8h30”.

Notre gouvernement vous aide immédiatement quand il s’agit d’appliquer pour des allocations, mais vous fait passer par un labyrinthe si vous voulez réellement travailler.

“Le site internet de WorkForce1 conseille d’arriver une demi-heure en avance, c’est donc ce que j’ai fait” dit Zoelle. “Un agent de sécurité m’a alors dit que le bâtiment était fermé. A 9h15, WorkForce1 installa trente d’entre nous dans une pièce ou l’on nous expliqua que WorkForce1 orientait les candidats vers l’emploi, offrait un libre accès à une pièce avec téléphone, fax et listes d’offres d’emplois et aidait les gens à demander des allocations pour chômeurs et handicapés. Les gens semblaient n’avoir retenu que de cette dernière partie de la présentation”.

“Une femme du groupe me glissa qu’elle venait à WorkForce1 car cela l’aidait à recevoir son allocation chômage”. A côté de moi, une autre personne interrogeait son voisin : “Que veux-tu faire ?”  Et la personne de répondre en riant : “Je veux toucher mon allocation !” Enfin une autre personne m’avoua, “Je viens ici depuis dix sept mois ; cet endroit est une perte de temps.”

“Finalement, j’ai rencontré une conseillère.” Elle m’a dit que je manquais d’expérience. Cela, je le sais. J’ai demandé si elle avait un poste pour lequel je pouvais être qualifiée et elle m’arrangea un entretien avec Pret, une chaine alimentaire qui forme ses employés. Chez Pret, j’ai appris que mon entretien n’était autre qu’un accès libre hebdomadaire offert par l’entreprise et annoncé sur leur site internet. N’importe qui pouvait entrer et postuler. WorkForce1 n’offrait aucun avantage. Malgré mon prétendu entretien, j’ai attendu quatre vingt dix minutes avant de rencontrer un manager. Ce dernier me dit alors que WorkForce1 m’avait fait perdre mon temps, comme ils le faisaient toujours.” Et de rajouter, “Ils n’appellent jamais, ne posent jamais de questions”. Le manager me dit qu’il préférait embaucher des gens qui cherchent un emploi par eux-mêmes, comme par exemple ceux qui voient les annonces de Pret sur Craiglist”.

Ma stagiaire a beaucoup appris de cette expérience. Voici ses conclusions :

  • Il est plus facile d’obtenir des allocations que de travailler.
  • Le gouvernement préfère m’inscrire pour obtenir des allocations plutôt que de m’aider à trouver un emploi.
  • Les États-Unis ont une bureaucratie, financée par les contribuables, qui encourage les gens à devenir des assistés. Cette bureaucratie incite les gens à prendre ce qui est gratuit, pas à faire preuve d’initiative.
  • Il était plus facile de trouver des offres d’emploi par moi-même. Le marché privé de l’emploi fonctionne mieux que les centres d’aide gouvernementaux à la recherche d’emploi.

À présent, le maire de New York Michael Bloomberg veut développer WorkForce1, prétendant que cela aide les gens à “trouver de vraies opportunités.” Je parie qu’il n’y a jamais envoyé quelqu’un pour vérifier si cela était vrai.

Quand les hommes politiques ont découvert que l’assistanat créait de la dépendance et causait du tort aux pauvres, ils ont (logiquement) supposé que les services et les formations à l’emploi pouvaient aider. Les formations à l’emploi aident, quand ce sont les employeurs qui les font. Mais le gouvernement fait toujours tout moins bien.

GeorgiaWork$, un programme local du même État, fournissait de si mauvaises formations que seuls 14% des personnes formées étaient embauchées.

Le Comprehensive Employement Training Act (CETA) fonctionne plus comme un vendeur d’aides gouvernementales. Il organise des campagnes de recrutement pour les bons alimentaires et transporte gratuitement les gens vers les bureaux d’assistance du gouvernement.

Les États-unis ont désormais quarante sept programmes d’aide à l’emploi. Ils échouent. Et les hommes politiques en veulent plus. Ils en veulent toujours plus.

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Sur le web.
Traduction : Alex6 pour Contrepoints
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