Les libéraux sont-ils matérialistes ?

Publié Par Contrepoints, le dans Philosophie

On reproche souvent aux libéraux d’être matérialistes ou d’être des partisans de la croissance à tout prix. Quel est donc le rapport entre libéralisme et croissance économique ?

Par l’auteur du site libertarianisme.fr

Les libéraux sont-ils matérialistes ?

Précisons que l’on parle ici de « matérialiste » au sens commun (quelqu’un qui aime les biens matériels) et non au sens philosophique (tout n’est que matière, y compris l’âme).

Le libéralisme n’est pas une apologie d’un mode de vie matérialiste mais l’idée que chacun doit pouvoir vivre sa vie comme il le souhaite. Ainsi, qu’un individu décide de vivre avec un minimum de biens matériels ou au contraire qu’il soit un matérialiste rêvant de remplir sa baignoire de pièces d’or, cela est indifférent au libéralisme.

Pourtant, il existe tout de même un rapport entre richesse et libéralisme. En effet, une économie libérale est la manière la plus efficace d’augmenter la richesse. De fait, beaucoup de gens sont matérialistes et souhaitent donc augmenter la quantité ou la qualité des biens auxquels ils ont accès. C’est pourquoi certains prônent le libéralisme comme un moyen d’augmenter le niveau de vie général, ce qui est loin d’être un avantage négligeable.

La décroissance dans une économie libérale

Imaginons maintenant que tout le monde renonce aux plaisirs matériels et ne consomme que le strict minimum. Le besoin de main-d’œuvre serait alors réduit, mais cela ne serait pas un problème car chacun accepterait de travailler pour un salaire inférieur puisqu’il n’aurait plus besoin d’argent supplémentaire (il n’y aurait donc pas de chômage de masse, mais une baisse généralisée des salaires). Chacun travaillerait donc moins et aurait accès à moins de biens matériels. Cela serait une situation de décroissance, mais qui ne serait en rien incompatible avec le libéralisme car elle peut être atteinte par le libre choix des individus.

Remarquez que dans la phrase précédente nous avons dit « chacun accepterait de travailler pour un salaire inférieur », mais que dans la réalité, cela est interdit par la loi à cause du salaire minimum. Choisir de travailler moins pour gagner moins est donc interdit, non pas par le libéralisme, mais au contraire par la réglementation (les libéraux sont contre le salaire minimum).

Peut-on être décroissant et libéral ?

Un individu qui décide de vivre avec moins de biens, et en travaillant moins, ne viole absolument pas les droits des autres. Les partisans de la décroissance peuvent encourager les autres individus à adopter leur mode de vie. Cela est parfaitement compatible avec le libéralisme.

Mais dans la réalité, les partisans de la décroissance sous-entendent l’intervention de l’État pour provoquer la décroissance, et ainsi veulent forcer tout le monde à adopter leur mode de vie. Ainsi ils prônent taxes, réglementations, expropriations et autres atteintes à la liberté. Leur attitude est donc fondamentalement incompatible avec le respect des droits des individus.

Conclusion

Le libéralisme est le meilleur moyen pour permettre à chacun d’atteindre ses objectifs en respectant les droits d’autrui. L’augmentation de la consommation traduit alors la volonté d’un grand nombre d’individus d’augmenter leur bien-être matériel. Pourtant, le libéralisme n’oblige personne à adopter ce mode de vie, et respecte la liberté de choix de chacun, à condition que cela ne viole ni la liberté ni la propriété d’autrui.


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  1. Humhum..

    Personnellement, d’un point de vue philosophique je pense qu’un libéral ne doit pas être matérialiste (enfin dans la réalité chacun fait ce qu’il veut, c’est le projet).
    Je pense que la liberté, ou du moins la recherche de la liberté (car la liberté total est impossible) est indissociable de la notion de non attachement, car tout attachement entraine, à degré divers, une certaine coercition qui entrave notre recherche de liberté.

    Mais là je parle sur un plan philosophique, pour le libéral philosophe qui veut s’affranchir au plus possible des contraintes sociales et économiques.

    Pour ma part je consomme très peu (car de toute manière, je pense que le désir matériel est insatiable), et donc, travaille très peu (smic, 20h/semaine). Mais je ne suis pas partisan de la décroissance, du moins pas forcément.
    En France, actuellement, lorsque l’on voit comment l’argent de l’état est utilisé, gaspillé, dilapidé, on peut arriver à ne plus vouloir alimenter ce gouffre monstre, et donc réduire sa consommation au minimum, encourager les autres à faire des mêmes, et encourager les autres à faire de même.

    1. @ Dauphin : Bonjour, attention à la phrase « la liberté totale est impossible ».

      Je présume que vous faites référence à la liberté « réelle » de Marx, qui n’est pas la liberté mais un pouvoir de faire (de nuire ?) et qui est combattu par les libéraux.

      La liberté revendiquée par les libéraux est bien évidemment possible en totalité, car cette liberté peut être définie ainsi (définition d’Adam Smith) :

      « C’est la possibilité pour chaque homme, aussi longtemps qu’il ne transgresse pas les règles de la Justice, de poursuivre ses propres intérêts à sa propre manière. »

      Bien cordialement,

          1. @ Chris : pouvez vous alors m’expliquer ce que quid a voulu dire ?

            Si sa question sous- entend que l’homme est esclave de ses passions ou de ses instincts, c’est le débat classique sur le libre arbitre. ‘home a-t-il le libre arbitre ou est-il dominé par ses instincts ?

            dans ce cas là, la réponse est bien évidemment non, c’est le libre arbitre et la raison qui nous différencie des animaux.

            Ne pas confondre les besoins de l’homme pour sa survie et son développement avec es passions déréglées.

      1. C’est évident, c’est comme dire que l’amour est nécessaire mais pas suffisant.
        Il faut être libre de choisir sa propre vie, mais poursuivre ses intérêts personnels est un travail personnel que la possibilité de faire librmement n’implique pas qu’il soit fait automatiquement.

  2. Premier commentaire sur contrepoints pour moi car je devais réagir à cet article qui me paraît un peu léger et sonne un peu trop prosélytiste à mes yeux.

    La définition du matérialisme donnée en introduction est trompeuse. Un matérialiste (dans l’acception commune du terme) n’est pas quelqu’un qui « aime les biens matériels » mais quelqu’un qui « s’attache essentiellement aux biens matériels » (cnrtl, http://bit.ly/139HesY). La distinction peut sembler mince mais elle est pourtant d’importance ; pour illustrer avec un exemple un peu usé, voir Fight Club.

    « [Travailler pour un salaire inférieur] est interdit par la loi à cause du salaire minimum »

    Rien, je crois, n’interdit de travailler au smic en temps partiel. Dixit wikipedia, en 2008 33% des travailleurs au smic étaient en temps partiel (http://bit.ly/12VLVHa).

    « L’augmentation de la consommation traduit alors la volonté d’un grand nombre d’individus d’augmenter leur bien-être matériel »

    Consommation ne signifie pas nécessairement consommation de biens matériels. Si je consomme des produits dits « culturels », augmenté-je alors mon « bien-être matériel » ?

    La conclusion ne répond pas du tout à la question initiale : « Le libéralisme n’oblige personne à adopter ce mode de vie, et respecte la liberté de choix de chacun ». Que dois-je en conclure ? Les libéraux sont-ils matérialistes ou non ? Mais peut-être la réponse était-elle donnée dans le second paragraphe ?

    La conclusion, implicitement, semble nous dire que l’accumulation matérielle (« ce mode de vie ») donne lieu à l’amélioration du « bien-être matériel ». Peut-être est-ce vrai. Pour ma part, je ne le pense pas, mais en tout état de cause, il serait bon d’au moins essayer de le montrer.

    Contrepoints nous a habitué mieux.

    1. @ Gilles : sur la réponse à la question initiale : « Les libéraux sont-ils matérialistes ou non ? »

      l’auteur a répondu très justement que le matérialisme est un choix personnel et qu’à ce titre le libéralisme est totalement indifférent à ce penchant.

      Un peu comme si on disait : les libéraux sont-ils alcooliques parce que libéraux ?
      Bien cordialement,

    2. l’accumulation matérielle n’améliore pas le bien-être matériel ??? allez dire cela au milliards d’être humain qui crêve encore de faim dans le monde …

      Réflexion de personne aisé qui se demande juste s’il doit changer de voiture tous les 6 mois ou tous les ans et qu’à ce titre, l’accumulation de bien matériel ne veut plus dire grand chose …

      « Qu’on me donne la misère pour respecter l’argent »

      1. « Allez dire cela au milliard d’êtres humains qui crêvent encore de faim dans le monde »

        Les arguments basés sur l’affectif et l’émotionnel me laissent usuellement de marbre — et c’est le cas ici. En vérité, je crois entendre les défenseurs de l’étatisation et de l’égalitarisme qui estiment « égoïste » (sic) toute revendication de liberté de choix. il ne s’agit pas ici du même discours, mais les ressorts dialectiques sont les mêmes.

        Peut-être mon opinion est-elle en effet biaisée parce que je suis une « personne aisée qui se demande juste si elle doit changer de voiture tous les 6 mois ». Pourtant, quelque soit la définition du bien-être (cntrl, http://bit.ly/W7Fr5K) vers laquelle je me tourne, je ne peux trouver de corrélation entre accumulation et bien-être matériel.

        Comme Dauphin le remarque, « le désir matériel est insatiable » ; c’est ce qui provoque le besoin d’accumulation. Je ne soutiens pas non plus qu’une existence démunie est enviable ou souhaitable ; mais le terme « matérialiste » cache le besoin, presque compulsif, d’accumulation, ce que l’auteur de l’article traduit par « l’augmentation de la consommation » et que j’interprète par « l’augmentation de la consommation [des individus] » (par opposition à l’augmentation globale de la consommation — ce qui serait un tout autre sujet).

        « Un peu comme si on disait : les libéraux sont-ils alcooliques parce que libéraux ? »

        Tout à fait. Voilà pourquoi je posais l’hypothèse que la réponse avait été donnée dans le second paragraphe (« Le libéralisme n’est pas l’apologie d’un mode de vie matérialiste mais l’idée que chacun doit pouvoir vivre sa vie comme il le souhaite. »). Je ne suis pas sûr qu’un article de 3000 caractères était nécessaire pour dire cela — peut-être un tweet aurait-il suffi. Maintent s’il s’agit de définir le libéralisme, alors je ne suis pas sûr qu’un article de 3000 caractères soit suffisant pour seulement introduire ses différentes facettes.

        J’aurais également pu évoquer le court passage sur la décroissance. « Les partisans de la décroissance sous-entendent l’intervention de l’État pour provoquer la décroissance ». Une assertion soutenue par un article qui ne traite pas de la décroissance.

        Enfin, peut-être fais-je donc bien partie de ces personnes qui se demandent juste si elle doivent changer de voiture tous les 6 mois, mais je trouve que les attaques ad hominem n’ont que peu leur place ici.

        1. Allez donc dire à des gens qui n’ont pas assez à manger que le bien-être n’est pas matériel. Et dites leur bien que c’est purement affectif et émotionnel.

          Dans la définition de votre lien il y a marqué le bien-être du corps, mais le corps, ce n’est pas matériel peut-être ?

          « Le désir matériel est insatiable » et pourquoi donc ?

          Vous vous évertuez à affirmer le contraire..

          Est-ce être insatiable que de désirer un minimum de confort de vie (que chacun est libre de déterminer différemment) ?

          Comprends pas votre intervention sur le sujet de la décroissance.

          Ne feriez vous pas partie des personnes qui se drapent dans les grands principes en disant que le matériel n’est pas important quand ils disposent déjà de tout ce dont ils ont besoin ?

          On découvre que le matériel n’est pas le plus important dans la vie quand on a le minimum (différent pour chaque personne), pas quand on n’a pas le minimum pour vivre.

      2. Bonjour @Stephane. Nous ne sommes essentiellement ni esclaves ni dominés, parce que nous disposons du libre arbitre. Mais cette faculté ne nous rend pas insensibles aux attraits de l’existence, il ne fait pas disparaître les passions (toutes les passions possibles, que sais-je: gloire, pouvoir, argent,…). Nous avons une idée plus ou moins claire et personnelle de ce qui est bien et de ce qui est mal, et choisissons ce que nous reconnaissons comme bien pour éviter ce que nous reconnaissons comme mal. Mais pas toujours. D’où le drame de l’existence. Et puis, comme toutes les facultés, le libre arbitre doit être utilisé, sous peine de défaillir (nous restons essntiellement libres, mais plus capables d’exercer cette liberté) et d’une certaine manière on redevient animal, je crois. Franchement, donner mon avis au milieu de cette auguste assemblée de commentateurs sur Contrepoints, ça me met mal à l’aise, mais bon, il faut bien une première fois je suppose. Au passage, le site de Contrepoints est vraiment épatant pour se rafraîchir la pensée.

        1. @ Chris : tout à fait.

          Le libre arbitre doit être utilisé, mais nous ne pouvons ignorer notre nature humaine, avec les contraintes qu’elle nous impose.

          Venez et commentez sur ce site, il n’y a rien de mieux que l’échange d’idées pour s’enrichir (pas maétiellement).

          Ce site est à mon avis le meilleur disponible à lheure actuelle en français.

  3. @stéphane ; Bonjour. Je n’ai jamais (réellement) lu Marx (il faudrait d’ailleurs que je le fasse un de ces jours), mais je pense voir où vous voulez en venir. Justement, la liberté totale serait de pouvoir nuire à son prochain, ce que je ne cautionne pas (je suis même contre l’idée d’un seul sacrifice).
    Mais je pense aussi à notre emprisonnement dans notre condition humaine, nous ne sommes pas libre à cause de notre corps, qui réclame des soins, le besoin de manger, et de dormir.
    Pour ma part la liberté totale c’est uniquement la mort (bon, c’est pas le projet non plus).
    Mais là on est dans « l’abstrait », juste pour dire que je ne crois pas réellement au libre arbitre.

    Pour revenir à l’article…
    Il est nécessaire de nuancer les choses, le « matérialisme » évoqué dans l’article renvoi au désir d’accumulation en grande quantité de biens matériels, et indirectement d’argents. En gros, l’article cherche à démontrer qu’être libéral ne signifie pas forcément avoir 3 voitures, 5 villas, et un cout de vie faramineux (d’où ma remarque, ce désir d’accumulation matériel, est, je pense insatiable).

    On est surement tous d’accord pour affirmer qu’il faut un minimum pour vivre (logement, nourriture, etc.), je ne pense pas qu’on puisse ranger ce minimum dans la case matérialisme, je crois plutôt que le matérialisme évoqué dans l’article traite plus d’une tendance au consumérisme acharné.

    Paradoxalement, je me demande si le consumérisme, ou l’accumulation (de biens matériels, ou culturels, indirectement de connaissances) peut avoir des effets bénéfiques.

    Et pour éviter les argumentum ad personam, mon mode de vie est réglé pour que je puisse vivre (oui, vivre, et non survivre), sans problème avec le RSA, au cas où je devrais arrêter de travailler (liberté de pouvoir quitter mon emploi quand je veux, dans mon idée de non attachement).

  4. Oui, bien sûr; matérialiste au sens d’héraclite, démocrite, lucrèce,; et, bien sûr, d’ Epicure, incluant une conception non spiritualiste des « choses de la nature », un objectivisme, et un « ethos » de la jouissance.

    Tout libéral trop » stoïcien » me paraît personnellement suspect;

    En ce sens, je pense que Marx aurait pu être un bon libéral ( si, si..)

    1. Je crois qu’une bonne méditation pourrait permettre de se placer un peu hors de son corps. Et là, on pourait parler de liberté : corps et âme inclus. Le fait que l’humain cherche toujours à interpréter son environnement, qu’il soit politique ou autre est forcément faux. En effet on parle de la réalité humaine et d’une vague conception de notre cerveau étriqué. Un monde quantique que notre cerveau ne prend même plus le temps d’analyser par fainéantise. Alors le vrai libéralisme sera lorsque les lois ne seront plus nécessaire, lorsque l’humain pourra se voir comme une simple pièce d’un puzzle qu’il ne comprends pas et non plus comme une pièce centrale auto proclamé Dieu dans un système non évolutif car limité à lui même et à ses faibles capacités humaines.

    2. « Tout libéral trop » stoïcien » me paraît personnellement suspect; »

      Ah ? Pourquoi donc ?
      Personnellement je suis énormément « stoïcien », et je me considère de sensibilité libérale.

      Ca m’intrigue, j’ai beaucoup lu les stoïciens romains, mais je n’ai jamais pensé à faire un rapprochement entre le stoïcisme et le libéralisme (questions d’époques différentes).

      1. Sans entrer dans une opposition entre épicure et le stoïcisme, il ya quelque chose de « puritain » dans Marc Aurèle et Epictète, je dirais même de « méthodiste »;
        Je donne au matérialisme le sens originel des atomistes grecs et latins ( lucrèce en particulier pour les latins ), dont Epicure: l’épicurisme ne se conçoit pas sans théorie matérialiste .

        ça nous entraînerait assez loin, mais sachez que je suis content de trouver sur ce blog des lecteurs d’auteurs « anciens » tellement modernes!!!!

  5. Lorsque l’homme poursuit son intérêt, par exemple l’accumulation matérielle. Que pour ce faire, il y consacre tout son temps, tous ses moyens, usant ainsi de son libre arbitre et de sa raison.

    Ses enfants grandissent, il réalise qu’il avait tort, et prétexte que son libre arbitre était tronqué, sans être bien capable d’expliquer pourquoi.

    Cet homme, a-t-il réellement été libre ?

  6. @ quid : Oui, il a été libre mais il a commis l’erreur de négliger certains aspects de la vie, et oui il est libre mais il commet l’erreur de chercher un prétexte pour justifier ses erreurs plutôt que de chercher à réparer les dégâts.

    1. Je ne crois pas que l’on puisse dire cela. Faut’il être pauvre pour connaitre la valeur des choses ? Peut être, peut être pas. Un moine est heureux et libre de l’attachement matériel. Il est pauvre et n’a pas besoin du système pour fournir la substance nécessaire à la réalisation de son bonheur. La jalousie, la convoitise, sont des valeurs bien Françaises. D’où viennent elles ? L’histoire, la culture, la religion et la politique. Se libérer de la politique est une étape afin de comprendre en valeur absolue dans quel monde nous vivons. Dépendre des autres pour notre accomplissement ne peut en aucun cas donner la liberté : matériel ou non. Perso je ne crois pas au socialisme car je refuse de devoir quelque chose à quelqu’un. Je préfère être pauvre et libre…par contre si j’en avais les moyens, bien sur une petite porche, une grosse maison, pleins de voyages, de la bonne nourriture….mais, là dessus, socialistes et libéraux trouvent cela normal(lapsus)