Dominique Voynet et la CGT font leur cinéma à Montreuil

Publié Par Monsieur Z, le dans Contrefout

À l’approche des élections municipales de 2014 Dominique Voynet, ses opposants locaux et la CGT se disputent la tête d’affiche d’un très mauvais film politique qui devrait cartonner au « boxe-office » du combat électoral de 2014.

Critique d’un film de série B par Monsieur Z.

Dominique Voynet a bien du souci avec la CGT à Montreuil. Une grande manifestation à l’appel du syndicat a eu lieu le 19 janvier dernier pour protester contre la décision qu’elle a prise fin 2012 en suspendant de leurs fonctions le directeur Stéphane Goudet et ses deux collaboratrices, régisseuse et régisseuse adjointe du cinéma Méliès.

C’était donc l’avant-première d’un navet politique dont la scène inoubliable fut le défilé d’une foule en liesse devant le Méliès. Le navet a tout de même été cuisiné au gratin avec la présence parmi les manifestants de Laurent Cantet, palmé à Cannes pour Entre les murs, Sólveig Anspach réalisatrice du Téléfilm Louise Michel et même Xavier Mathieu, un anar au casting du nanar, le syndicaliste complaisant avec les casseurs de sous-préfecture reconverti en acteur briseur de cœur alors qu’il faisait déjà pleurer sur le sort des chômeurs dans les chaumières avec des fumées irritantes de pneus Continental enflammés.

«L’amère de Montreuil» comme la surnomme ses détracteurs locaux avait déposé plainte en décembre pour «détournement de fonds publics» après la découverte par la directrice administrative du cinéma d’une seconde caisse parallèle à la caisse officielle et dont la comptabilité est a priori plus sombre qu’une salle en pleine séance.

Au Méliès, on a aussi trouvé des sacs de billet dans un placard, pour un total de 1800 euros…

Pour cette directrice administrative nommée par Voynet, c’est un peu Le retour de la Vengeance qui se joue car, dans son conflit ouvert avec Stéphane Goudet, elle avait perdu une première bataille à l’issue de laquelle le directeur accusé de maltraitance contre un agent avait été maintenu dans ses fonctions.

Le décor et l’intrigue sont posés, laissons place aux acteurs et au talent déployé dans leur rôle de composition politique. Car finalement c’est bien une guéguerre pré-élections municipales de 2014 qui se joue depuis longtemps à Montreuil. Il est bien loin le temps de l’union sacrée entre écologistes, socialistes et communistes quand Jospin était à la barre du Titanic. Dominique Voynet  vit pleinement les déconvenues de la gouvernance municipale en terrain hostile de gauche, avec une équipe de socialistes radicaux qu’elle gêne visiblement dans leur ambition de passer devant et derrière la caméra et des agents nostalgiques de l’ancienne équipe municipale. Tout est donc prétexte à instrumentalisation et récupération de part et d’autre à la moindre occasion.

Certes il y a de quoi se poser des questions sur les pratiques dénoncées par Dominique Voynet et l’utilisation parallèle de sommes destinées d’après elle à «payer des faux frais à Cannes», à «rémunérer des réalisateurs» ou à «acheter de la drogue». Sur ce dernier point il s’agirait toutefois, d’après les agents, d’une provocation lancée à la directrice administrative qui aurait été transformée directement en fait d’accusation ! Dominique Voynet affirme en tout cas qu’elle s’appuie sur un rapport provisoire de la direction générale des finances publiques de la Seine-Saint-Denis. Le 2ème volet est donc déjà en tournage.

Mais Stéphane Goudet réplique et donne aussi ses arguments :

Quant à l’argent trouvé dans le placard, l’explication est simple. La régisseuse était en train de faire le décompte de séances scolaires lorsqu’elle a été convoquée par la mairie pour une audition. Elle a dû s’interrompre et a tout rangé dans un placard.

Il n’en fallait pas plus pour que les troubalourds de la CGT occupent bruyamment la scène pour dénoncer «les méthodes violentes de la municipalité». De quoi apporter encore un peu plus de confusion, quand on connaît la crédibilité des acteurs CGT, chevaliers de la mauvaise foi n’hésitant pas à se défendre de toutes malversations jusqu’en correctionnelle, à s’offusquer comme de vierges princesses à robe blanche quand on pointe au hasard leur patrimoine de nantis ou encore quand on les questionne sur les luxueux voyages des élus CGT du Comité des Œuvres Sociales (COS)… de Montreuil ! Tiens, la bande est rembobinée.

Exclusif pour les lecteurs de Contrepoints, le spoiler de la fin du film !
Dominique est là, elle regarde. Elle est à la fenêtre, les yeux tristes, seule dans le silence feutré de son bureau municipal, elle regarde.  Elle voit la foule qui s’agite devant son cinéma de quartier et la foule la regarde. Un projecteur s’allume, la séance se termine, les destins d’acteurs politiques locaux se croisent et s’entrechoquent. La calendrier électoral est là, il la regarde aussi.

Nous sommes d’accord, c »est encore un film très ennuyeux, c’est à dire un film français. Sale ambiance dans la salle en tout cas. Il est peu probable que ce navet cartonne au box-office, au mieux au boxe-office des batailles électorales. À suivre ?

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  1. Votre mission, Monsieur Z, si vous l’acceptez, sera de vendre sur http://www.leboncoin.fr les tocards qui nous servent de représentants, à commencer par Madame Voynet. Je fais le pari que les acheteurs se manifesterons pour les utiliser à bon escient (domestication, figurines d’exposition, prélèvement d’organes, etc).

  2. Ouais. Vachement marrant. En attendant on a une partie des acteurs politiques et syndicaux montreuillois qui surfent sur une affaire interne à l’administration montée en épingle…
    On remarque d’ailleurs que ce sont les agents eux-même qui font le plus fuiter l’enquête (au moins les points qu’ils peuvent réfuter)
    Au profit de qui? D’une personnalité malade qui projette ses failles narcissiques autour de lui. Plus les autres vont mal, mieux il va. Oui, Goudet avait encore bonne mine la semaine dernière au pince-fesse de Razzy Hammadi, pendant que certains de ces collègues en lutte morflent bien moralement et physiquement. Goudet projette toute la possible culpabilité, la colère et la souffrance qu’une personne « normale » dans cette situation subirait sur les autres : collègues, syndicalistes, politiques, associatifs, public. Des relais complaisants épousent sans aucun recul la thèse qu’il développe. Vivement que les résultats de l’enquête lui crèvent bien les quatre pneus et la roue de secours. Mais j’en connais deux ou trois au moins, bloqué au stade du déni et de la rage face à une réalité plutôt moche qui vont avoir un certain mal dans le derrière quand la municipalité va abattre la rebelote et le dix de der de son jeu cynique.