Indice de la liberté économique : quid du monde arabe ?

Publié Par Soufiane Kherrazi, le dans Afrique, Moyen Orient

La liberté économique dans le monde s’est légèrement améliorée en 2012 selon le dernier Index of Economic Freedom paru récemment.

Par Soufiane Kherrazi.

La liberté économique globale s’est améliorée dans le monde selon l’Index of Economic Freedom 2013. En effet, depuis 1995 et en partenariat avec le Wall Street Journal, l’Heritage Foundation mesure ce phénomène grâce à un indice de liberté économique. Cet indicateur permet de classer les nations en fonction du degré de liberté économique dont elles jouissent, en se référant à un ensemble de critères portant principalement sur la liberté d’entreprendre, d’investissement et des échanges, la politique fiscale, financière et monétaire, la taille du secteur public, la flexibilité du marché de l’emploi et finalement le droit de propriété et le niveau de corruption. Selon la définition de l’indice de liberté économique fournie par le Wall Street Journal en 2008 : « La forme la plus élevée de liberté économique assure un droit absolu à la propriété privée, permet une liberté totale de mouvement pour les salariés, capitaux et biens, et une absence totale de coercition ou de contraintes sur la liberté économique sauf en cas de protection ou maintien de la liberté elle-même. » [1]. Le rapport de cette année montre que la liberté économique mondiale est passée de 59,5 à 59,6 en moyenne, ce qui représente une hausse globale de +0,1 points par rapport à celle de l’année précédente, mais ce score comme toujours depuis 1995 (exception faite pour 2007 et 2008 où la liberté économique était à son maximum) figure dans la 4ème tranche [50-59,5], d’où l’économie mondiale est « essentiellement non libre ».

Les quatre économies les plus libres du monde sont bien les économies d’Asie, du pacifique et la Suisse, pour lesquelles le score de liberté économique dépasse 80. Hong Kong, malgré la baisse remarquable estimée à -0,6% que son économie affiche par rapport à 2012, est pour la 19e année consécutive conserve son titre d’économie la plus libre dans le monde, suivi de Singapour qui est en nette progression, soit +0,5% par rapport à l’année dernière, ce qui augmente ainsi son écart avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Suisse qui se situent respectivement en 3e, 4e et 5e rang. Dans l’économie de chacun de ces pays, c’est la liberté qui règne en maître au sein de leurs marchés, caractérise leurs environnements des affaires et surtout assure l’efficacité de leurs orientations économiques.

Quand aux pays du Golfe, le Bahreïn, après avoir été parmi les dix premiers dans le monde, continue d’être le 1er dans le monde arabe devant le Qatar, les Émirats Arabes Unis et la Jordanie qui figurent parmi les économies « essentiellement libres ». Dans l’autre coté du Golfe, Oman et l’Arabie Saoudite restent parmi les économies « modérément libres ». Pour les pays Maghrébins, l’Algérie figure en dernier derrière la Mauritanie, la Tunisie et le Maroc. Ces pays, et d’autres dans le moyen Orient, sont toujours en perte de vitesse pour la liberté économique. Ainsi, les économies des pays du Grand Maghreb reflètent au mieux un caractère essentiellement non libre comme le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie, sinon, au pire, un caractère réprimé comme le cas de l’Algérie.

Au Maroc, la moyenne globale de liberté économique de l’indice 2013 est de 59,6, soit une diminution de -0,6 points par rapport à l’année antérieure. La stagnation économique provoquée par la crise de la dette souveraine qui secoue l’Europe  affectant ainsi les principaux partenaires (la France et l’Espagne) du pays et la contagion causée par les soulèvements dans le monde arabe ont suffisamment porté un dur coup au succès de liberté économique obtenu les années auparavant, notamment en 2012. Si le Maroc ne figure pas encore parmi les trois premiers pays libres en Afrique à savoir ; l’île Maurice (76,9%), Botswana (70,6%) et Rwanda (64,1%), c’est à cause de ses énormes dépenses publiques, représentant une augmentation de +34,5%, et de la charge fiscale élevée, équivalent à presque 22,8% du PIB. Ainsi, le budget de l’État est toujours en déficit et la dette publique a grimpé à plus de 50% du PIB.

À ce niveau, il y a lieu de signaler que les pays du monde arabe partagent majoritairement la même situation concernant leur position quant au niveau de corruption et aux droits de propriété (images ci-dessus) : la moyenne globale s’y estime à 38,3 sur 100 en termes de corruption et 40,3 sur 100 en termes de droits de propriété, un score nettement au dessous de la moyenne mondiale. Ceci s’explique en grande partie par l’absence  d’une véritable transparence, l’interférence politique dont souffrent les systèmes judiciaires de ces pays et surtout l’absence de séparation des trois pouvoirs. Or comme l’affirmait Montesquieu : « il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice ». Il importe également de souligner que les pays arabes font mieux en ce qui concerne la liberté fiscale, celle-ci affiche un score de 88,3 le plus élevé dans le monde entier.

Finalement, si on tente d’établir une relation de liaison entre le degré de liberté économique et celui de prospérité d’un pays donné tout en se basant sur les résultats ci-dessus, cela tend à confirmer la fameuse formule d’Adam Smith dans la Richesse des nations, selon laquelle : « l’existence d’institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble »…


Note :

  1. «Frequently Asked Questions», What is economic freedom? : Economic freedom is the fundamental right of every human to control his or her own labor and property. In an economically free society, individuals are free to work, produce, consume, and invest in any way they please, with that freedom both protected by the state and unconstrained by the state. In economically free societies, governments allow labor, capital and goods to move freely, and refrain from coercion or constraint of liberty beyond the extent necessary to protect and maintain liberty itself.

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  1. Le « monde arabe » ça n’existe pas… Avant la venue de ces gens là il y avait des habitants en Syrie, au Liban, en Egypte, à Carthage, en Kabylie, en Maurétanie…

    Alors stop avec l’arabisation à outrance !!!!!!