Sortie du Royaume-Uni de l’UE : Obama s’en mêle

Publié Par Daniel Hannan, le dans Europe

Pour le Royaume-Uni, la pire raison d’être dans l’UE serait de le faire pour ménager Obama.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Barack Obama et David Cameron.

Les diplomates du monde entier ont tendance à être les plus grands fans de l’Union Européenne : le système, après tout, fut conçu par et pour des gens comme eux. Le département d’État américain a constamment été en faveur de l’intégration européenne depuis les années 50, déversant ses ressources dans différents groupes de pression européens qui partageaient ce but. À cette époque, il s’agissait de construire une alliance à l’Ouest. La CEE était vue comme un bon moyen de renforcer l’OTAN et de conserver ces pays en dehors de l’influence soviétique. On peut débattre de la validité de ces arguments dès les années 50, mais ils ne le sont certainement plus depuis 1989.

Après la fin de la Guerre Froide, les élites de Bruxelles ont commencé à se chamailler avec ce qu’ils appelaient alors l’hyperpuissance mondiale. Ils envoyèrent donc des fonds au Hamas, refusèrent de durcir le ton avec les ayatollahs à Teheran, déclarèrent leur accord de principe à vendre des armes à la Chine, refusèrent une entente avec les dissidents anti-Castro de Cuba, commencèrent à construire un système de satellites avec les Chinois pour combattre « l’impérialisme technologique américain » (J. Chirac), firent des remontrances aux USA sur ses échecs à rejoindre différentes technocraties et se plaignirent des politiques domestiques américaine, depuis l’usage de certaines formes d’énergie jusqu’à la peine de mort. La plupart des Américains, et même quelques-uns au département d’État, ont commencé à réaliser, à la façon d’un Dr. Frankenstein, que l’Union Européenne est en train de se retourner contre eux. Ils veulent donc à présent que le plus pro-américain des États membres européens, à savoir le Royaume-Uni, reste à l’intérieur de l’Union pour y modérer un peu ces tendances anti-yankees. Serions-nous gêné d’abandonner notre démocratie afin de les aider ?

Eh bien désolé les amis, mais oui, nous sommes gênés. De tous les mauvais arguments utilisés pour rester dans l’Union Européenne, le plus mauvais de loin est celui qui explique que nous devrions le faire afin de ménager Barack Obama, le président le plus anti-britannique sur ces 200 dernières années. Et en plus, il ne reflète même pas l’opinion américaine envers l’Union Européenne. Considérer Philip Gordon, ou chacun de ses alter-égos américains, comme la voix authentique des USA sur ce problème reviendrait à considérer les paroles d’un parlementaire anglais comme la seule voie authentique du Royaume-Uni.

Mais comme il a tout de même décidé de patauger dans ce sujet, j’ai une question pour M. Gordon, et pour les autres Américains Euro-enthousiastes. Quand allez vous planifier la mise en commun de votre souveraineté nationale avec l’Équateur, le Venezuela, le Nicaragua et Cuba ?


Sur le web.
Traduction : h16 pour Contrepoints.

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  1. Bravo pour cette article, l’UE supranationale et maintenant fédérale est un monstre anti-démocratique, non-viable, illégitime. C’est quoi cette c*nnerie de « souveraineté partagée » ? Allez dire ça aux USA ou à la Chine ou aux pays asiatiques, qu’ils doivent partager leur souveraineté avec d’autres pays, dont beaucoup n’ont pas les même intérêts que le leur !

    L’Europe aurait dû s’en tenir à un Marché Commun, une vaste zone de libre-échange. Tout le reste, les institutions, les lois communes, la création petit à petit d’un Etat européen, c’est a jeter (et les peuples supprimeraient l’UE à coup sûr si on faisait des référendums partout en expliquant bien que ça n’empêcherait pas d’avoir un libre-échange)

    L’UE n’est pas l’Europe ! Sans l’UE les allemands ne vont pas nous envahir ! Sans l’UE on fera toujours du commerce avec l’Europe ! Sans l’UE ont pourra toujours faire des coopérations avec les autres ! Sans l’UE les peuples seraient maîtres de leur destin via les institutions démocratiques de leur pays !

    La France a plus de liens avec le Québec et l’Afrique francophone qu’avec la Roumanie et la Bulgarie ! Ça me rend dingue l’européisme, cette espèce de croyance fanatique qu’il faut tous fusionner, tout mettre en commun à Bruxelles et Strasbourg, pour être prospère et en paix. Rien n’est plus faux.

    Une Nation se construit par la volonté d’un peuple, le peuple européen n’existe pas et jusqu’à preuve du contraire un petit pays peut être tout à fait prospère !

    J’espère que le Royaume-Uni aura son référendum sur la sortie de l’UE et j’espère que les français a ce moment là feront le forcing pour avoir le leur ! Même si l’endoctrinement pro-UE a été efficace… La majorité des français voteraient NON à Maastricht aujourd’hui, 62% regrettent le franc mais dès qu’on leur demande s’ils veulent sortir de l’UE et de l’euro ils deviennent minoritaires… la propagande a fait son oeuvre, a force d’entendre que sans l’UE ce serait la guerre et le chaos, évidemment… mais les gens comment a comprendre que leur république ne fait plus les lois, qu’elles viennent en majorité de gens non-élues à Bruxelles… Un jour les gens voudront reprendre leurs souverainetés nationales.

  2. L’UE n’est pas faite que d’altermondialistes anti-américains primaires, et les croisades visant à débouloner tous les gouvernements arabes qui fonctionnaient bien au profit d’islamistes décérébrés ont trouvé un enthousiasme joyeusement partagé entre européens, Angleterre comprise, et USA. Lesquels sont si réjouis de leurs brillants résultats qu’ils sont prêts à remettre le couvert avec la Syrie.

    Méfions-nous des idées toutes faites.