Privatiser le mariage, c’est renforcer le rôle de l’État

Publié Par Jennifer Roback Morse, le dans Sujets de société

En matière de mariage, les libertariens se laissent prendre au piège d’une rhétorique qui semble libertarienne mais qui, en fait, conduirait tout droit à une formidable extension des pouvoirs de l’État par rapport à la société civile, et bouleverserait l’équilibre des rapports entre l’État et l’Ordre naturel lui-même.

Par Jennifer Roback Morse.
Publié en collaboration avec l’Institut Turgot.

 

Mariage (CC, marysecasol.com)

Dans le billet précédent, j’ai expliqué qu’il était impossible de sortir l’État des affaires de mariage. Le mariage attache les mères et les pères à leurs enfants, et l’un à l’autre. Il s’agit d’une fonction publique irréductible. On peut tenter l’impossible, mais les conséquences ne sont jamais bénignes. Demander à l’État l’impossible revient à lui signer un chèque en blanc.

C’est ce qui se passerait si l’on essayait de privatiser le mariage car cela reviendrait à empêcher le mariage de remplir la fonction publique qui est intrinsèquement la sienne. Les enfants auront toujours besoin d’un lien officiel et légal qui les rattache d’un manière ou d’une autre à leur mère et à leur père. L’État aura beau prétendre se retirer du mariage, il n’en restera pas moins qu’il y sera inévitablement ramené par la nécessité de définir qui sont les parents, et comment se revendique la qualité de parent.

Jusqu’à présent c’était « Mère Nature » qui faisait pour l’essentiel ce travail, l’État se limitant à enregistrer une parentalité déterminée par la présence d’un lien objectif naturel.

Pour voir comment ce processus se développe, il n’y a qu’à observer les conflits qui naissent au sein de couples homosexuels lors des problèmes de gardes d’enfants. Ce type de conflits est déjà en train de redéfinir la notion de parentalité. Ils concernent des formes d’unions civiles très variées. Il s’agit souvent de remettre en cause les termes d’accords préalablement signés entre futures parents. Les difficultés qui surgissent dans de telles circonstances font clairement apparaître combien il est illusoire de prétendre « privatiser le mariage ».

Le cas typique est celui qui implique la femme mère d’un enfant conçu par reproduction artificielle. Normalement le père est un donneur de sperme anonyme dont on a pris grand soin de faire en sorte qu’il soit, dés avant même la naissance de l’enfant, totalement sorti de sa vie. Les problèmes apparaissent lorsque la mère change d’avis et qu’elle décide que, finalement, il n’y a plus lieu de continuer à tenir son ex-partenaire sexuel totalement à l’écart de l’enfant. Quels que soient les accords conclus préalablement, ceux-ci tombent à l’eau. C’est alors que l’on retrouve l’État.

C’est la biologie qui, traditionnellement, permet de déterminer les liens de parenté. La femme qui donne naissance à un enfant est automatiquement reconnue comme sa mère légitime. Et son mari, si elle en a un, est lui aussi automatiquement présumé être le père de tous les enfants auxquels elle donne naissance pendant la durée de leur mariage. C’est cette règle de « présomption de paternité » qui, couplée avec le principe social de l’exclusivité des relations sexuelles au sein du mariage, attache les enfants à leur parents biologiques.

Exceptionnellement, lorsqu’il apparaît que les parents naturels d’un enfant ne sont pas en mesure de prendre soin de lui, il est admis qu’il soit placé en adoption. Mais l’adoption ne contredit en rien le fondement biologique de la parentalité. Au contraire, les procédures d’adoption montrent à quel point l’aspect biologique est fondamental. Les parents naturels abandonnent rarement leurs enfants de gaieté de cœur, et les mères conservent toujours la possibilité de revenir sur leur décision, même après la naissance. L’État ne sépare pas les enfants de leurs parents naturels sans bonnes raisons et sans prévoir des garanties procédurales. Dans la plupart des systèmes juridiques, les enfants adoptés conservent au moins certaines possibilités de connaître leurs origines biologiques.

Mais lorsque le juge des familles est saisi pour résoudre un problème entre des « parents contractuels », c’est pour reconnaître des droits parentaux à quelqu’un qui n’a aucun lien avec l’enfant, ni par le sang, ni par adoption. Désignons cette personne sous l’appellation de « non parent ». En réponse aux questions posées par ces conflits, les juges ont été amenés à définir une nouvelle catégorie de parentalité. Pour être reconnu comme un « parent de facto » il faut accepter de se plier à toute une série de tests dont l’objet est de déterminer si le demandeur « non parent » mérite d’être reconnu comme « parent ». Le juge enquête pour savoir dans quelle mesure le « non parent» s’occupe effectivement, et comment, de l’enfant concerné, et si celui-ci l’appelle bien « Maman ». C’est l’État qui décide si une personne non liée à l’enfant, que ce soit par le sang ou par adoption, a le droit d’être reconnu comme parent. C’est ainsi que, par exemple, une mère, par ailleurs tout à fait exemplaire, peut être contrainte par la justice à accepter contre son gré que son ancien amant ait finalement le droit de voir l’enfant et que lui soient reconnus certains droits de garde ou de visite.

Réfléchissez-y. Les concepts de « mère » et de « père » sont des notions naturelles, bien antérieures à l’avènement de la société politique, qui ont instinctivement un sens pour l’ensemble des êtres humains. Jusque récemment le rôle de l’État se limitait à constater et enregistrer cette réalité naturelle. Mais aujourd’hui la parentalité est en train de devenir une création de l’État. Voilà où conduit le développement de « la parentalité contractuelle » : à une situation où c’est l’État qui reprend en charge et recrée la parentalité pour répondre à ses propres besoins. Croyez-vous sérieusement que cela puisse correspondre à la définition d’une société « libertarienne », ou même d’un État minimal ? Je ne le pense pas.

Demander que l’on « privatise le mariage » revient à transférer une dimension essentielle du marché – le droit des contrats – de son espace légitime (les relations sociales) à un autre domaine où elle n’a légitimement rien à voir (la famille).

Croire que l’on peut résoudre tous ces problèmes « en laissant le marché décider » revient à confondre ce qui est privé et ce qui est public, le mariage vécu en tant qu’événement individuel et familial et le mariage en tant qu’institution publique. Pour mieux comprendre la nature de cette confusion on peut utiliser l’analogie du droit de propriété.

La plupart des libertariens n’éprouvent aucune difficulté à concevoir que parler de la propriété et du droit des contrats en général, ou de la propriété personnelle d’un individu et du contrat particulier qui lui a permis de l’acquérir, sont deux choses très différentes. Dans un système économique fondé sur la propriété privée, les gens peuvent à peu près faire ce qu’il veulent de ce qui est leur propriété. Mais il ne peuvent agir ainsi que parce que ces décisions personnelles s’appuient sur un système de droit public, administré par l’État et soutenu par la conscience populaire et l’adhésion de la population. Si les gens peuvent s’engager dans une gamme aussi immense d’activités diverses et bénéficier d’un éventail aussi large de libertés personnelles, c’est à cause de la présence de ce régime juridique minimal et robuste qui donne une définition légale de la propriété privée.

Ce qui se passe avec le mariage est assez comparable. Nous sommes libres de faire ce que nous voulons à l’intérieur de notre mariage. Personne ne nous surveille ni ne vient vérifier ce que nous faisons, à moins de faire quelque chose de vraiment énorme.

Cette liberté reconnue aux couples mariés en particulier est rendue possible parce qu’elle s’appuie sur le mariage et le droit de la famille en tant que structure institutionnelle . C’est le mariage en tant qu’institution qui détermine les limites à l’intérieur desquelles les gens mariés sont libres d’agir : avoir des relations sexuelles avec sa femme et aucune autre ; prendre soin des enfants nés dans le couple ; respecter l’autorité parentale des autres familles ; sauf à commettre un acte véritablement répréhensible, bénéficier de cet état et de ses droits et devoirs jusqu’au décès de l’autre conjoint (du moins avant que n’intervienne l’avènement du divorce sans faute).

Avec cette analogie en tête, imaginez qu’un gauchiste vous tienne le raisonnement suivant :

« Vous êtes partisan de la propriété privée, je veux le communisme. Pourquoi l’État devrait-il faire une distinction entre vous et moi, et discriminer entre ce que vous voulez et ce que moi, et d’autres minorités, voulons ? Pourquoi le contribuable devrait-il être mis à contribution pour entretenir ce système de propriété privée et de droit contractuel qui vous avantage, alors qu’il me porte préjudice ? Pourquoi, vous les capitalistes ne paieriez vous pas vous-mêmes pour votre propre système de propriété ? Pourquoi ne pas privatiser le droit de la propriété ?».

Ce qu’il vous propose n’a rien à voir avec une offre de compromis, c’est une demande de complète reddition. Si l’État cesse de supporter le système de la propriété privée, c’est l’institution clé, le fondement-pivot du système capitaliste, qui disparaît, et c’est tout le système qui s’effondre.

« Privatiser le mariage » reviendrait au même que « privatiser le droit de la propriété ». La généralisation de l’incertitude sur ce que risque d’être votre comportement, ou celui de votre femme, l’affaiblissement des incitations à se comporter d’une certaine façon, prévisible, la plus grande difficulté à obtenir réparation si l’un des conjoints viole les termes du contrat initial, tous ces éléments s’ajoutent pour faire du mariage une institution extrêmement « affaiblie ». En fait, sous prétexte de le « privatiser » on aboutit à une quasi complète « dé-institutionnalisation » du mariage.

Ainsi affaibli en tant qu’institution, le mariage perdra sa capacité à aider les gens à structurer leur propre vie. Se marier et avoir des enfants sont des événements qui changent la vie et dont ne peut multiplier l’expérience à l’infini. Avec un mariage « affaibli » en tant qu’institution, les gens perdront une bonne part des points de repère que le droit et les pratiques sociales apportent en pratique aux familles. Si l’apprentissage du mariage et de la vie de couple, ainsi que de la fonction de parent, devait se faire par un processus d’essai et d’erreurs, cela reviendrait à prendre le risque d’accumuler un très grand nombre d’erreurs et de dégâts humains dont c’est précisément le rôle des institutions et pratiques sociales que de nous aider à faire l’économie.

C’est pourtant largement ce qui se passe depuis plus de cinquante ans. Chaque fois que l’on a cru « élargir la liberté », en réalité ce que l’on a obtenu n’a été qu’un pas de plus vers l’anarchie. Le divorce sans faute, les naissances hors mariage, la sexualisation de plus en plus précoce des adolescents, il fut un temps où tout cela paraissait excellent, où nous avions le sentiment que cela nous libérait de contraintes sociales et juridiques jugées oppressives.

Mais cette anarchisation, à son tour, a suscité ses propres contraintes. Les enfants ont souffert d’une perte de contact croissante avec leurs parents. Les parents ont souffert de ne plus avoir les mêmes contacts avec leurs enfants. Et les adultes eux-mêmes souffrent de se retrouver de plus en plus seuls et solitaires, incapables d’entretenir sur la longue période des relations affectives sincères et véritables.

Et qui se propose généreusement aujourd’hui pour y ramener l’ordre et réparer les dégâts ? L’État, bien évidemment. L’État intervient maintenant infiniment plus dans la vie personnelle des gens que cela n’a jamais été le cas à l’époque de ces horribles années cinquante tant décriées. Quand les gens se mariaient et restaient mariés, ils faisaient montre d’une bien plus grande capacité à s’occuper d’eux-mêmes, de leurs enfants, mais aussi des membres plus âgés de leur famille. Et d’où est venue la charge pour « déconstruire » la famille ? De tous ceux qui se sont donnés pour mission de « gauchiser » les modes de vie.

Sous leur pression, on a cessé de présumer que le mariage était « pour la vie ». On a institué et reconnu la pratique du divorce par consentement mutuel, mais, dans les faits, celui-ci est devenu de plus en plus une simple technique utilisée pour imposer unilatéralement le divorce voulu par l’un des conjoints contre la volonté de l’autre, une violation flagrante de l’idée même de contrat. L’influence des idées de gauche, en généralisant l’intervention de l’État pour aider les mères célibataires à élever leurs enfants, au lieu de réserver l’aide publique aux veuves ou aux orphelins, comme c’était jusque là le cas, a également conduit à se défaire de l’idée que la famille, avec des parents mariés, était le lieu normal et souhaitable pour accueillir la naissance d’un enfant.

Et tous ces gens qui sont précisément les responsables de cette évolution, sont également ceux qui, aujourd’hui, veulent en finir avec la dernière caractéristique structurelle du mariage en l’étendant à l’union de personnes de même sexe, ou à tout le moins en demandant que l’État « sorte des affaires de mariage ». Ils ne se posent pas la moindre question sur ce qu’il conviendrait de mettre à la place, ni sur la nature des changements en chaîne que cela risque de déclencher. Il s’agit de gens qui n’ont jamais revendiqué la moindre responsabilité pour l’ensemble des dégâts dont leurs politiques ont été la cause. Ce n’est pas maintenant qu’ils vont commencer.

C’est pourquoi je trouve dommage que des libertariens parlent de privatiser le mariage de la même manière qu’ils demanderaient à ce que l’on privatise la Poste. Ils se laissent séduire par une rhétorique qui, superficiellement, sonne libertarienne, mais qui, en réalité, ne peut que conduire à bouleverser l’équilibre entre les pouvoirs de l’État et le domaine de la société civile. Le résultat ne peut être que d’amener l’État à entrer en guerre contre l’Ordre naturel lui-même.

Le rôle de l’État est de fournir l’échafaud juridique sur lequel s’appuie la famille naturelle. Au minimum, l’État doit arrêter d’attaquer la famille. L’État n’a pas le droit d’accaparer la famille pour la redéfinir en fonction de ses propres conceptions et finalités.

Autrement dit, il est du devoir de l’État de conserver ses responsabilités en matière de mariage, sans aller au-delà.


La version originale de ce texte a été publiée sur le site Public Discourse (The Witherspoon Institute, Princeton) sous le titre : « Privatizing Marriage Will Expand the Role of the State », en date du 2 avril 2012. Traduit de l’anglais par Henri Lepage pour l’Institut Turgot.

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  1. Hum…
    « L’État aura beau prétendre se retirer du mariage, il n’en restera pas moins qu’il y sera inévitablement ramené par la nécessité de définir qui sont les parents, »
    Et les enfants nés hors mariage, il n’ont pas de parents ?
    Vive L’union LIBRE

  2. Rien de contrôlé par l’Etat ne peut être libertarien, tout simplement parce que les libertariens sont pour la suppression de l’Etat donc par définition sans législation publique du mariage.

    Et comme si l’institutionnalisation ce fessait par l’Etat, c’est une institution qui dépasse la simple dépendance législative (sinon cela ne serai PAS une institution).

        1. Les anarcho capitalsites sont classés parmis les libertariens parce que sinon ils n’ont pas d’existence propre. Ils ne constituent pas vraiment un mouvement contrairement aux libertariens. Tout ce qu’ils on fait c’est d’écrire un livre Avec Murray Rothbard et puis c’est tout! Ca se limite à ca! Ils n’ont rien fait d’autre. Pas d’association, pas de partis, pas de réunions, pas de débats, ni de critiques. La pensée Anarcho-capitaliste est figée, elle n’évolue pas; contrairement à la pensée libertarienne. Les anarcho-capitalistes n’existent pas! On ne parle d’eux qu’en tant qu’assimilés libertariens.. On sait très bien que l’anarcho-capitalisme n’aura jamais lieu. C’est juste une utopie totalement théorique alors que le Libertarianisme est une réalité possible.

          1. Arrête de troller nidhalg,

            Il est évident qu’elle est à la pointe de l’innovation dans le domaine des idées contrairement à l’école classique qui a montrer ces limites et dont les anarcho-capitaliste sont les hérités directe (d’où le nom « libertarien » pour signifié l’approfondissement des thèses libéraux de base issue des lumières), ils n’ont jamais eut autant d’intellectuel qu’aujourd’hui, de think tank, de groupe organisé et de fond, et une banque de donnée inépuisable, pour ne cité que les principaux :
            _Ludwig von Mises Institute
            _Bastiat Institute
            _Molinari Institute
            _Les libertariens (mouvement politiques Français tenu uniquement des anarchistes)
            _Students for liberty (Tout les personnes à responsabilité sont anarchiste, se sont les plus concerné à instruire les foules et la jeune génération a lue les auteurs d’aujourd’hui, c-a-d anarchiste).
            _ …
            Un pensé qui était réservé aux élites intellectuelle s’installe dans la société.

  3. j’en ai déjà lu des conneries mais celle ci dépasse l’entendement.
    « Les relations sociales n’ont rien à voir avec la famille » mais oui mais c’est bien sûr !
    C’est à se demander comment ont fait toutes ces familles pendant les siècles qui ont précédé la main mise de l’état sur le mariage, les pauvres, …

    C’est précisément votre état chéri qui a déconstruit le mariage, c’est également votre état chéri qui à fait que des athées ont commencé a ressentir le besoin de singer les cathos, qu’ils se sont approprié cette tradition et qu’ils l’ont transformée à leur sauce jusqu’à la vider de son sens.
    Moralement, madame, vos propos sont condamnables car ils témoignent d’un libéralisme à la carte. Vous y piochez ce qui vous intéresse quand ça vous arrange. Mais même d’un point de vue utilitariste votre théorie, si c’en est une, revient à cracher dans votre propre soupe.
    Cet article n’a rien à faire sur contrepoints, rien du tout. Envoyez le au figaro ou à la croix, ça les intéressera peut être.

      1. Ahah c’est clair. L’auteur est sympas mais ce n’est pas en répétant son article précédent en changeant la forme que ça changera le message que nous percevons.
        Tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Hors quand on lit des phrases auto-suffisantes du genre

        « c’est ce qui se passerait si l’on essayait de privatiser le mariage car cela reviendrait à empêcher le mariage de remplir la fonction publique qui est intrinsèquement la sienne »,

        on sent vraiment le désespoir de l’auteur dans un manque d’arguments flagrants. J’en conclu à un résistance intellectuelle de l’auteur injustifiée, certainement du à un travers psychologique.

  4. Tout ce charabia n’est que du constructivisme.

    L’auteur raisonne sur la base du droit positif et non du droit naturel.

    Or, les liens de la famille et des enfants pré-existent avant leur consécration par le mariage officiel. si le mariage officiel disparait, ces liens et obligations ne disparaissent pas.

    Son exemple avec le communiste est typique : pour le communiste, la propriété est instituée par la loi, alors que pour les libéraux, elle pré-existe, la loi ne fait que la confirmer et la protéger.

    Le droit positif est une absurdité intellectuelle, comme le constructivisme.

  5. Il est un peu fouillis cet article… Il a été bien traduit? L’etatisme est explique par l’etatisme. On trouve des raisonnements circulaires, des staus quos qui se justifient par le status quo. C’est un plaidoyer plien de sentimantalisme et de conservatisme primaire, pas une reflexion.

  6. La seule union qui, à mon sens, devrait être interdite c’est l’union avec un mineur. Bon ça pose aussi la question de l’âge de la majorité.
    Après pour le reste, laissons faire.

    1. D’un point de vue civil/patrimonial, ceux-là sont déjà unis, et se marier ne les unira pas plus (ne pas oublier que dans une succession par exemple l’époux à moins de droits que le frère).
      D’un point de vue civil toujours, tisser des liens forts (par le mariage) avec d’autres famille c’est très littéralement produire des « alliances » qui sont plus avantageuses que chercher à renforcer son alliance sa propre famille. Ça ouvre bien plus de perspectives d’affaires, etc.
      D’un point de vue sexuel non reproductif, ça les regarde (ils n’ont d’ailleurs pas besoin de se marier).
      Enfin d’un point de reproductif, c’est eux qui auront à gérer la consanguinité et ses conséquences (s’il y en a, ce qui reste aléatoire). La tradition considère (à tort ou a raison) que ça produit des dégénérés, ils sont donc avertis.

      Pour toutes ces raisons, la tradition déconseille la pratique. Mais si il a des gens qui veulent tenter la chose, je peux parfaitement vivre avec et je ne m’y opposerais pas. Je le sais d’expérience, en fait (ayant connu un couple très sympathique, et par ailleurs « bien sous tous rapports », composé de deux enfants du même père, qui partageait plus que le même toit, sans véritablement s’en cacher mais sans pour autant en faire l’étalage).

    2. La majorité ne devrait pas être accordée en fonction de l’âge mais en fonction des capacités de raisonnement, après un examen de passage à la majorité

  7. Philippe_Murray_Rothbard

    « C’est ce qui se passerait si l’on essayait de privatiser le mariage car cela reviendrait à empêcher le mariage de remplir la fonction publique qui est intrinsèquement la sienne. »

    –> J’ai arrêté de lire ici. Jamais le mariage n’a eut besoin d l’Etat pour remplir sa fonction.

  8. C’est un article intéressant, qui au fond développe sur le thème du mariage une rhétorique classique (et pas fausse au demeurant) : une complète privatisation ouvre la voie à l’élimination du droit naturel au profit d’une collection hétéroclite de droits positifs (un droit de propriété du libertarien Dupont, du communiste Durant, etc.), et les inévitables conflits que cela entrainera entre Lapin et Belette ( de bonne ou mauvaise foi) seront porté par l’un ou l’autre devant un Raminagrobis plus fort qui imposera sa loi à son profit. Bref : l’anarchie (y compris l’anarcho-capitalisme) fait le lit de la dictature, par incapacité des individus à reste solidaires et coalisé contre un gang discipliné (l’Etat), apte à recycler ses rapines dans l’adhésion de ses membres.

    Je ne suis pas toujours convaincu des arguments cités mais ça ne justifie pas qu’on les méprise d’un hautain « J’ai arrêté de lire ici ».

    1. Philippe_Murray_Rothbard

      C’est un déni de réalité puisque la captation du mariage par l’Etat via le mariage civil à entraîné l’inflation,la réclamation de droits créance et désolidarisé les individu sur le terrain des unions.

    2. @ P : vous développez des arguments relevant du droit positif.

      Le droit naturel existe même sans l’existence de l’état. Pour le faire respecter, on peut avoir recours à des agences privées (ce que sont les états quelque part).

      L’anarcho capitalisme, c’est le respect des droits de propriété et des droits naturels, rien à voir avec la loi du plus fort.

      Dire que l’anarcho-capitalisme fait le lit de la dictature, et que c’est l’intervention de l’état qui permet de lutter contre la dictature est une ineptie.

      Veuillez développer d’autres arguments plus sensés svp.

      1. qu’est-ce qui vous fait croire que j’adhère à ces arguments ? Je les rappelle, c’est tout. Vous les connaissez parfaitement (ce qui ne vous amène pas à les approuver, mais c’est hors-sujet), il est donc inutile que je les répète, puisqu’il n’en résultera qu’un trollesque débat de sourds.
        Que vous n’approuvez pas ces arguments ne vous permet pas de les ignorer d’un « J’ai arrêté de lire ici » ou de les balayer d’un « est une ineptie ».

        Disons juste que, comme vous l’observez justement les états sont quelque part des agences privées, qui partis de l’administration de la justice en dernier ressort et en profitant des conflits privés, pas tous de mauvaise foi, en offrant ou en imposant leur médiation « gracieuse », en sont arrivées à l’état actuel d’hypertrophie, à peu près partout sur la planète. Le discours de la servitude volontaire n’a pas pris une ride, et l’homme de l’époque comme l’homme d’aujourd’hui ne ressemble pas à l’homme vertueux (respectueux du droit naturel, non agressif, mais prêt à se défendre ou son ami, etc.) que par ailleurs le libertarianisme ne se propose pas d’essayer de construire (contrairement au socialisme, qui lui admet avoir besoin d’un « homme nouveau » et se propose de construire par tous moyens).

        1. @ P :

          relisez vous : « article qui développe une réthorique pas fausse au demeurant », et vous n’adhérez pas à ces arguments ?

          Je ne les ignore pas, je dis juste que les arguments des constructivistes et des adeptes du droit positif ont été répété ab nauseam depuis des centaines d’années, et que l’histoire a largement montré que cette vision de l’humanité est fausse.

          Aucun rapport entre l’installation d’une agence privée d’administration de la Justice et le discours de la servitude volontaire qui fait référence aux fondations de l’absolutisme : dans un cas, les êtres humains choissisient une agence pour renforcer leur liberté, dans l’autre ils abandonnement sciemment leur liberté.

          Sur votre prose comme quoi l’homme est méchant par nature, cette vision hobbesque de l’humanité se révèle encore une fois parfaitement fausse (c’est dans les pays où les êtres humains sont les plus libres qu’il y a le plus de respect des droits de l’homme et de solidarité) et pose les bases intellectuelles de tous les totalitarismes moderne, à savoir que l’état est bon, omniscient et généreux et doit guider ou construire un homme nouveau, et par la force si besoin.

          Que l’être humain soit bon ou mauvais par nature, cela ne nous regarde pas. Nos sociétés se sont baties sur le contrat social de Locke, qui n’émet pas de jugement sur la nature humaine, et dont le seul but est de renforcer les droits naturels de chacun afin qu’il puisse chercher le chemin du bonheur comme bon lui semble dans le respect des droits de chacun.

          Vous soulignez parfaitement la différence entre toutes les idéologies, qui veulent toujours changer la nature de l’homme (parfaitement impossible) et le libéralisme, philosophie issue de la Raison, qui souligne que l’épanouissement de l’homme est différent pour chaque être humain, et que seule la liberté permet cet épanouissement tant les êtres humains sont différents.

          Bien cordialement,

  9. Cet article fait la confusion entre mariage, qui est un lien décidé entre deux êtres consentants, et la parentalité qui est une conséquence.

    Le premier est un contrat, pas la seconde.

  10. Plutôt que de déconstruire l’Etat, l’auteur propose de le faire évoluer de l’intérieur, pour qu’il produise des institutions compatibles avec le droit naturel. L’expérience maintenant séculaire nous montre que l’Etat collectiviste dépassant ses fonctions régaliennes ne fait jamais marche arrière sauf s’il y est contraint par un événement aussi soudain que brutal, par exemple à la faveur d’une crise politique, économique, parfois d’une guerre. L’auteur s’illusionne quand elle espère transformer un Etat dont la motivation consiste à s’opposer au droit naturel afin de construire « l’esclave nouveau ».

    L’intérêt de la « privatisation » du mariage est de créer de la concurrence institutionnelle contre l’Etat collectiviste, ce qui aura pour effet satisfaisant de diluer son pouvoir, ne serait-ce que symboliquement dans un premier temps.

    Bien évidemment, les églises sont en pôle position pour remplir la fonction d’arbitrage des conflits liés au mariage et à la parentalité. Parce que ce sont des institutions morales, elles sont en mesure de s’opposer à l’Etat collectiviste immoral, y compris au service des couples non pratiquants, qu’ils soient mariés ou non, dans la mesure où ils choisiront librement et d’un commun accord leur arbitre.

    La suppression du mariage civil est tout le contraire d’un piège rhétorique pour les libéraux : c’est une étape essentielle pour faire refluer l’Etat collectiviste obèse partout dans le monde.

  11. J’ai lu certains commentaires. Etre libertarien doit-il conduire à tout traiter comme une marchandise y compris l’humain et la famille? J’ai été heurté par certain commentaires qui hissait le libéralisme à l’état de religion s’appliquant dans tous les domaines. Un tel aveuglement me fait peur.

    A titre personnel je fais très nettement la distinction entre un produit, un service, une entreprise humaine à l’humain lui même. A la famille, à la volonté de fonder une famille avec un « droit » à avoir des enfants.

    Au moment où notre société crève d’une volonté égalitariste tirant la société et ses repères vers le bas, je trouve particulièrement indécent, déplacé et irréfléchi de la part de défenseurs de la liberté de se faire les apôtre de l’égalitarisme le plus sectaire et dangereux in fine pour la liberté.

    Bien qu’il n’entre pas dans les détails, je partage l’avis de Philippe Herlin:

    http://philippeherlin.blogspot.fr/2013/01/les-liberaux-et-le-mariage-gay.html

    Amicalement
    HD

    1. Désolé pour avoir un si faible respect pour la conjugaison et quelques soucis sur les participe passés… Il est tard, j’espère que cela ne nuira pas trop à mon propos.

    2. @ le_duff :

      En quoi voyez vous le traitement comme une marchandise del’être humain et de la famille ? tout ce qui n’est pas contrôlé par l’état, sois disant omniscient, serait donc mal et sans morale ??

      Selon vous, il y a donc des domaines humains où les hommes ne doivent pas être libres ?

      Curieux … tous les dictateurs de la planète disent la même chose …

      Ou voyez vous l’égalitarisme dans le libertarianisme ???

      Le fait d’être libre veut donc dire pour vous que l’être humain en devient un animal sans conscience ???

      vision Hobbesque de l’humanité …

    3. Dès qu’on aimes pas quelque chose, ou qu’on en a peur, on met en avant le côté marchand de la chose. chaques foi qu’une nouvelle Technologie apparaît, il y a des frileux pour dire « attention à la marchandisation ». La marchandisation sert d’épouvantail, ce n’est qu’un prétexte pour refuser tout ce qui est nouveau.

  12. Le terme privatisation me semble inadaptée ici. Il n’y a aucun prestataire de service à vendre aux secteurs privés : il ne s’agit pas de vendre les maires (qui en voudrait?) ni d’en faire des organismes privés. Dans le cadre américain (qui est celui de l’auteur) on peut signaler que le service est déjà souvent « privatisé ». Il faudrait plutôt parler au pire de libéralisation, et encore.

    A vrai dire il faudrait surtout supprimer les lois qui traitent différemment les couples mariés des couples non mariés, principalement dans le domaine de la fiscalité et de la succession, et mettre fin à l’interdiction de célébrer des mariages religieux non précédé de mariage civils. Ces positions sont presque inévitables pour les libéraux : ils sont en général favorable à un impôt proportionnel (et donc où une déclaration commune ou individuelle ne change rien) et à la liberté de tester, et je les vois mal défendre une immixtion dans les affaires des églises. Et c’est vrai même (voir surtout) des libéraux-conservateurs pour la plupart : mais évidemment ils ne voit pas les conséquences de leurs positions parce qu’on les masques avec des mots comme privatisation.

    Pour la filiation le mieux serait de bien faire la différence entre parents naturels et parents adoptifs (en supprimant l’adoption plénière et en ne conservant que l’adoption simple) ce qui permettrais d’éviter d’inscrire des fictions dans l’état civil. Dans le cas où les parents naturels ne sont pas connus on peut écrire simplement « de père et de mère inconnus ». Il tout à fait vrai qu’on ne peut pas avoir deux papas, et qu’inscrire cela dans l’état civil est mensonger : mais c’est tout aussi mensonger d’y inscrire qu’une personne est le père d’un enfant alors que c’est manifestement pas le cas. La biologie est une réalité qu’on ne doit pas nier, mais c’est vrai aussi pour les hétéros.

  13. Papier intéressant, car l’auteur explicite en partie des choses qui restent habituellement implicites. Et c’est précisément ce qui permet de discuter du fond de l’affaire et le cas échéant de mettre à jour les faiblesses des positions défendues.

    La thèse de l’auteur qui apparait en filigrane et qui dépasse cette histoire de mariage, est qu’il n’y a pas d’institutions qui tiennent sans que l’Etat ne s’en occupe, prémisse tenue pour évidente et qu’elle ne défend pas du coup. Et c’est sur ce point que le véritable débat peut se faire. Car une fois la prémisse tenue pour acquise, ce qu’elle dit grosso modo suit. Probablement que le caractère supposément évident de cette prémisse relève de l’influence du positivisme juridique.

    Donc par exemple, si on applique cette idée à la monnaie, il ne pourrait y avoir de monnaie ou l’organisation monétaire serait relativement défaillante, si les gouvernements ne faisaient pas respecter leurs lois sur le cours forcé. Il a déjà été démontré que ceci est faux. La monnaie ne peut être créée que de manière anarchique (cf. Menger) et c’est l’Etat qui ensuite vient altérer l’institution « naturelle ». Il y a d’excellente raisons théoriques de penser et l’histoire illustre abondamment que l’Etat ne vient pas renforcer l’institution mais au contraire la détruit progressivement, les incitations qu’il institutionnalise aboutissant ultimement à la destruction de la monnaie et de la civilisation soit par l’hyperinflation soit par l’instauration d’une hyperréglementation fascisante destinée à contrer les effets adverses de l’interventionnisme monétaire (cf. Hülsmann, L’éthique de la production de monnaie).

    Dans le même ordre d’idées et pour en revenir à la famille, l’auteur manque complètement de reconnaitre deux choses expliquant ce qu’elle déplore, l’affaiblissement de la famille. Ainsi, elle suggère qu’un régime de propriété privée ayant les faveurs des libertariens ne tient que parce qu’il existe un « système de droit public » pour l’établir et le faire respecter. Le privatiser reviendrait automatiquement à créer une insécurité juridique afaiblissant l’institution. Le problème est précisément que sous l’égide de l’Etat et du processus législatif, c’est bien le contraire qui se passe.

    Par exemple, si l’Etat servait réellement à protéger l’institution de la propriété privée, il ne serait pas question « d’intervention de l’État pour aider les mères célibataires à élever leurs enfants » puisque ces interventions relèvent de la taxation et de dépenses correspondantes (et de l’endettement public lui-même favorisé par la prise en main étatique de l’institution monétaire) et que la taxation est en porte à faux avec la propriété privée. Exemple plus important encore: s’il était question de protéger la propriété privée, il n’y aurait pas de cotisations obligatoires des actifs pour payer les retraites du moment.

    Ce qu’illustrent ces exemples, c’est non seulement que l’étatisation ne renforce pas l’institution de la propriété privée d’une façon générale mais plus particulièrement, que cet affaiblissement de la propriété privée est largement la cause de l’affaiblissement de la famille.

    Bien entendu, subventionner les mères célibataires diminue la valeur du choix de la famille normale (avec deux parents qui se préoccupent du futur de leurs enfants). Et le système de retraite par répartition, comme tout le volet de l’Etat providence consistant à faire payer par des tiers les conséquences des comportements risqués que l’autorité parentale décourage normalement, diminue l’intérêt pour des parents de faire des enfants, de leur inculquer des valeurs de prodigalité et de responsabilité, de bien les traiter, etc. et diminue l’intérêt des enfants d’avoir des parents, de devenir des adultes et de s’occuper de leurs parents quand ceux-ci ont besoin de soutien.

    On doit donc s’attendre dans ces conditions à ce qu’il y ait moins de vrais adultes, plus « d’adulescents », moins de mariages, moins de loyauté au sein du mariage, plus de divorces, plus de parents célibataires, plus d’isolement affectif, plus de délinquance des enfants, plus de délinquance des parents envers les enfants (à l’extrême plus de pédophilie) et de violence intra familiale.

    En résumé, relativement moins de familles dignes de ce nom et plus de familles dysfonctionelles avec tous les effets décivilisants induits. L’auteur devrait se familiariser avec Hoppe 2001, Democracy: The God That Failed.

    Il est clair que la « privatisation » du mariage en soi n’éliminerait pas toutes ces causes de l’affaiblissement de la famille mais aurait au moins l’avantage d’éliminer un vecteur d’intervention de l’Etat dans l’institution familiale qui ne disparait pas en son absence. Au contraire, et c’est là que l’auteur se fourvoie, l’affaiblissement de l’institution est lui même largement dû à la destruction de la propriété privée, i.e. à l’étatisation en général.

    1. L’être Bil

      Je te dit que les anarcho-capitalistes n’existent pas tous seuls. Qu’ils n’existent qu’en tant qu’assimilés libertarien. Et pour me prouver que j’ai tord, tu ne me cite que des associations Libertariennes où il y a des anarchistes, mais aucune association anarchiste. Merci d’avoir confirmé ce que j’ai dit!

      1. Tout ceux que j’ai cité sauf SFL ne sont QUE des mouvement UNIQUEMENT composé que d’anarchiste :
        _Ludwig von Mises Institute
        _Bastiat Institute
        _Molinari Institute
        _Les libertariens

        SFL est un phénomène global et immense qui regroupe absolument toute les tendances du libéralisme, son nombre adhérents dépasse de très loin tout, de taille, les autres mouvements idéologiques unifié existant, cela est en train de devenir une arme politique de destruction massive et cela contrôlé par ce mouvement anarchiste qui a à peine 30 ans, sympas comme évolution non, dans l’histoire des idées c’est rare un tel success story. =)

  14. Privatiser l’économie c’est renforcer le rôle de l’Etat!
    Privatiser l’école c’est renforcer le rôle de l’Etat !

    Ces socialistes de droite, sans eux, on se ferait quand même bien chier.