Pourquoi on ne peut pas « privatiser le mariage »

Publié Par Jennifer Roback Morse, le dans Sujets de société

Pourquoi la privatisation du contrat de mariage ne saurait constituer la réponse appropriée aux revendications communautaristes des partisans du « mariage pour tous ».

Par Jennifer Roback Morse.
Publié en collaboration avec l’Institut Turgot.

En tant que libertarienne moi-même, je suis personnellement très déçue que la position par défaut des libertariens dans le débat sur le mariage se résume en définitive à ressasser la même phrase toute faite, à savoir : « il n’y a qu’à privatiser le mariage. » Très sincèrement, cette position est plus que contestable.

Mes trois principaux points sont les suivants : 1) j’explique qu’il est impossible de « privatiser » l’institution du mariage ; 2) que persévérer dans cette voie ne conduit pas à élargir nos libertés, mais au contraire à accroître le rôle de l’État ; enfin 3) que cela reviendrait à multiplier les injustices à l’égard de nos enfants [1]. N’importe lequel de ces trois points suffirait à lui seul pour mettre un terme à la répétition sans fin de ce mantra selon lequel il conviendrait de « sortir l’État des affaires de mariage ». Ensemble, ils forment une raison dirimante pour s’opposer absolument à toute redéfinition du mariage, et justifient qu’on ne ménage pas ses efforts pour l’instauration d’une norme culturelle solide associant le mariage au seul concept d’une union entre un homme et une femme, pour la vie.

Il est facile de clamer « Sortons l’État des affaires de mariage ! », ou encore « Laissons cela aux Églises ! ». Mais ce ne sont que des slogans. Des slogans faciles. Lorsque je les entends, j’ai souvent l’impression qu’il s’agit en fait d’une esquive pour éviter d’avoir à prendre position dans le difficile débat qui fait rage autour de la notion de mariage. J’ai le sentiment que ceux qui pensent comme cela désirent tout simplement éviter qu’on en débatte publiquement. Chacun pourrait avoir sa propre vision du mariage. Mais on n’aurait pas besoin que l’État intervienne pour démêler l’impossible écheveau des convictions individuelles.

Je comprends cette tentation, mais je crois que ceux qui y cèdent se trompent profondément. On ne peut pas ne pas prendre position sur la finalité et le sens de cette institution qu’est le mariage. Voici pourquoi.

Le mariage est l’arrangement institutionnel de base utilisé par la société pour définir la parentalité. La mariage est ce qui attache le père et la mère à leurs enfants, et l’un à l’autre. Être mariés signifie que l’époux d’une femme est par définition présumé être le père de tout enfant auquel elle donnera naissance pendant la durée de leur union. Seuls les deux époux peuvent être légalement reconnus comme étant les parents de cet enfant. Personne d’autre ne peut y prétendre, pas même les grands parents, ni l’ancien petit ami de la mère, ni la nounou qui passe toute la journée à s’occuper des enfants. Ce sont eux qui détiennent les droits parentaux à l’exclusion de toute autre personne. Il s’agit intrinsèquement d’une fonction sociale de droit public qui, par définition, ne peut pas être privatisée.

Je sais ce qu’on va me répondre : « pour vous, le mariage est une notion juridique uniquement liée à la parentalité. Vous ne dîtes rien du mariage en soi, défini simplement comme l’union de deux personnes. Après tout, tout couple marié n’a pas nécessairement d’enfants ». Et c’est vrai. Mais tout enfant a nécessairement des parents. Cette objection inverse complètement la problématique du mariage en en donnant une définition qui reflète uniquement une perspective d’adultes, et oublie complètement de tenir compte de celle de l’enfant. Que je m’y heurte si souvent traduit à quel point nous avons perdu le sens de la finalité publique du mariage, par opposition aux nombreuses raisons privées que des gens ont de vouloir se marier.

Si aucun enfant n’était jamais impliqué, l’État n’aurait aucune raison de s’intéresser, et de s’immiscer dans les relations sexuelles que des adultes nouent entre eux. Ce que nous appelons le mariage ne serait rien de plus qu’une forme d’enregistrement public de relations privées. Si c’était tout ce qu’implique le mariage, le privatiser ne poserait pas de problème. Mais si le mariage n’impliquait vraiment rien de plus que la tenue d’un tel registre, il n’y aurait aucune raison pour que, dans toutes les sociétés observées, cette institution présente un caractère aussi universel que celui qu’on lui connaît.

Un libertarien admettra sans doute volontiers que le mariage est ce qui attache les enfants à leurs parents biologiques. Peut-être ira-t-il jusqu’à accepter que c’est là une chose naturelle et nécessaire, mais il n’en soutiendra pas moins aussitôt que l’institution aujourd’hui connue sous le nom de mariage pourrait être remplacée par des contrats privés entre futurs parents. Je répondrai qu’il est illusoire de croire que de tels contrats privés permettraient de se dispenser de toute implication de l’État dans les affaires de mariage.

Tout contrat donne inévitablement naissance à des conflits entre parties signataires dont la solution est remise à une autorité légale supérieure. Soyons honnêtes : cette autorité supérieure ne peut jamais être qu’un organisme public relevant d’une manière ou d’une autre de l’État. Dire « sortons l’État des affaires de mariage » revient tout simplement à refuser de définir ce qu’est le mariage, point à la ligne. Mais, au final, l’État ne peut pas ne pas s’impliquer et définir ce que sont, légalement parlant, un mariage ou un contrat de parenté valides, dès lors qu’on fait appel à lui pour régler un conflit d’ordre familial. On ne peut pas échapper à cette implication de l’État.

Le divorce sans faute (par consentement mutuel) nous fournit une analogie. Il permet à l’une des parties de mettre fin aux liens du mariage pour toute raison, même sans aucune raison. La reconnaissance du divorce sans faute fait que l’État a redéfini le mariage en lui enlevant la présomption de permanence du lien. Le mariage n’est plus qu’un arrangement temporaire, au lieu de l’union permanente d’un homme et d’une femme qu’il était jusque là supposé être. En principe cela devait contribuer à accroître les libertés personnelles.

Mais le résultat de ce changement juridique est qu’en réalité l’État s’immisce aujourd’hui de manière de plus en plus fréquente et minutieuse dans les détails de la vie des familles, parce qu’on fait de plus en plus souvent appel à lui pour résoudre des conflits qui portent sur les droits de garde ou de visite des enfants, ou encore les pensions qui sont allouées à leur titre. Aux États-Unis, par exemple, c’est de plus en plus le juge des familles qui décide de l’école où ira l’enfant, ou même de l’église qu’il fréquentera. J’ai même entendu parler d’un cas où c’est un juge qui a fait le choix de la robe de balle qu’une adolescente allait porter parce que ses parents divorcés n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

Deux époux mariés ne sont jamais d’accord sur tout. Les désaccords peuvent porter sur des tas de choses. Mais il est littéralement impensable que l’État s’en mêle tant que le mariage tient. On pensait que le divorce par consentement mutuel allait réduire, voire même éliminer le rôle de l’État dans la gestion des procédures de divorce. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Ce n’est plus l’État qui décide de ce qui peut être ou non un motif justifié de divorce, mais il réapparaît ensuite, d’une manière infiniment plus intrusive, lorsqu’on lui demande d’intervenir pour trouver une solution aux problèmes de partage des biens familiaux ou régler tous les conflits qui se manifestent après qu’un divorce ait été prononcé.

De même, c’est un fantasme que de croire qu’on peut « laisser le mariage aux Églises ». Aujourd’hui, l’Église, quelle qu’elle soit, n’a plus du tout le caractère d’autorité juridique supérieure qu’on lui reconnaissait autrefois. Dans le monde tel qu’il est désormais, il n’y a strictement plus aucune chance de voir l’État jamais accepter qu’une religion puisse se substituer à lui pour confier à certains de ses clercs la capacité d’agir en tant qu’autorité juridique supérieure chargée de régler des questions de droits de garde, de visite ou des affaires de pensions. De fait, la gauchisation de nos modes de vie modernes fait que nous avons consacré considérablement de temps et d’efforts à marginaliser l’influence des Églises, à réduire leur capacité à façonner les comportements de leurs fidèles, et à diminuer leur influence sur la société en général – sans que, soit dit en passant, les libertariens aient jamais protesté.

Même si l’État autorisait les Églises à retrouver une telle autorité sur leurs propres fidèles, il n’en resterait pas moins que l’État continuerait de se retrouver nécessairement impliqué lorsque les conflits concernent des conjoints de confessions différentes, ou des gens sans religion. La solution qui consisterait à « laisser le mariage à l’Église» n’en serait en réalité pas une car rien n’empêchera que l’État continue de façonner les comportements des gens d’une manière encore bien plus décisive que ce n’était précédemment le cas, en déterminant lui-même les solutions à apporter aux conflits qui lui seront inévitablement soumis.

Finalement, même si on obtenait que l’État ne s’occupe plus d’officialiser les mariages, il ne faut pas oublier que l’État n’est jamais totalement neutre vis-à-vis des formes de relations que les gens sont susceptibles de nouer entre eux. Par exemple, on ne peut négliger le rôle qu’a joué la croissance des transferts sociaux en tous genres dans la quasi-disparition du mariage dans le mode de vie des classes les plus déshéritées, et pas seulement en Amérique mais également dans tout le monde industrialisé.

Rappelons-nous le cas de Nadeya Suleman, cette américaine surnommée « Miss Octo-Mom, » par les médias, qui, il y a quelques années, bien que célibataire, sans vivre avec quiconque, sans emploi et dépendant de l’assistance aux pauvres, a choisi de donner naissance à 14 enfants – dont des octuplés –, tous nés de fécondations in vitro. Il est difficile de croire que la nature des soutiens auxquels elle pouvait prétendre de la part des autorités américaines ait été sans influence sur ses choix de maternité. Ce sont des organismes publics qui lui fournissaient le revenu minimum sur lequel elle vivait, qui lui promettaient un suivi médical gratuit, mais qui lui ont également donné accès à une fourniture gratuite de sperme par un donneur totalement anonyme, avec l’assurance légale que celui-ci ne serait jamais autorisé à manifester son existence. Chacune de ces prestations ou interventions de l’État véhicule en soi une certaine vision du mariage. Si les libertariens réussissent un jour à le sortir de tous ces domaines d’interférence avec la vie privée des citoyens, peut-être pourra-t-on alors parler de faire en sorte que l’État devienne « neutre ». Mais, en attendant, mieux vaut l’oublier.

Ainsi, cette idée qu’en ce début de 21ème siècle on pourrait enlever à l’État les affaires de mariage n’est qu’une illusion. Le mariage assure une fonction publique irréductible, celle d’attacher les mères et les pères à leurs enfants, et l’un à l’autre. Compte tenu de tous les domaines auxquels il s’intéresse et dans lesquels il a pris l’habitude d’intervenir, il est désormais impossible d’imaginer un État qui pourrait se montrer totalement neutre par rapport aux différents genres de relations que les citoyens décident de nouer entre eux.

Nous ne pouvons tout simplement pas échapper au fait que le mariage est fondamentalement une institution publique. Nous ne pouvons éviter de définir collectivement ce à quoi cette institution correspond et quelles en sont les finalités. Si nous ne le faisons pas explicitement, cela se fera de manière implicite. « Privatiser le mariage » est impossible. Croire que cela permettrait de désamorcer les tensions et conflits qui se manifestent autour de la question du mariage revient à faire preuve d’une grande naïveté.

À suivre.


La version originale de ce texte a été publiée sur le site Public Discourse (The Witherspoon Institute, Princeton) sous le titre : « Privatizing Marriage Is Impossible », en date du 2 avril 2012. Traduit de l’anglais par Henri Lepage pour l’Institut Turgot.

Note :

  1. Le premier point fait l’objet de ce billet. Le second sera exposé dans un second article publié demain.

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  1. Vous écrivez : « Le mariage est l’arrangement institutionnel de base utilisé par la société pour définir la parentalité »

    Non, la reconnaissance de paternité suffit.

    Le reste du billet étant consacré principalement à la rupture du mariage, il ne fait que démontrer l’intervention nécessaire de l’état sur le sort des enfants, quel que soit le statut et l’état de stabilité de l’union.

    Mais il ne démontre pas l’utilité de l’état dans l’union elle-même, si ce n’est pour octroyer des avantages administratifs et fiscaux aux époux, notamment lors des successions et dans ce cas aux dépens des enfants.

    1. Les naissances hors-mariage sont même majoritaires désormais… associer si fortement mariage et parentalité n’est que le produit d’un point de vue‚ lequel préfère nier l’évolution des moeurs pour mieux promouvoir son propre idéal‚ en justifiant au passage l’intervention de l’Etat dans ce qui ne le regarde pas. Ce n’est là qu’un bon vieux conservatisme qui se donne des allures libertariennes.

  2. L état définit le mariage non pas par nature mais parce qu il impose des règles auxquelles on ne peut pas déroger par convention entre les parties ( ordre public). Supprimons cet ordre public en ne laissant que des dispositions a défaut de volonté contraire et la justice n aura a se prononcer que sur la validité de la convention (absence de vice du consentement notamment) et a se prononcer sur sens et volonté des parties.

    1. facebook_matthieu.loonisfacebook_matthieu.loonis

      La notion d’ordre public permet d’interdire le mariage entre membres d’une même famille. Pour des raisons de FILIATION car c’est cela qui est à la base du mariage. C’est donc sur ce point qu’il faut s’attarder, et le droit naturel nous indique quelle réponse y apporter.

      Faudra quand même expliquer un jour à quel degré d’aliénation mentale la société est parvenue pour admettre ce qui d’évidence est impossible: avoir 2 mamans ou 2 papas.
      Ca dégouline l’aberration égalitariste fanatique. C’est totalement artificiel et faux, c’est même une perversion mentale que de laisser affirmer que les individus sont égaux, même en dépit de l’évidence biologique la plus élémentaire.
      Le mariage pour tous participe à la négation de la reconnaissance de l’individualité dans la société. Mais pour le comprendre, il faut parvenir à acquérir une capacité cognitive suffisante pour ne pas compter parmi les électeurs de Monsieur Hollande.

      1. « Faudra quand même expliquer un jour à quel degré d’aliénation mentale la société est parvenue pour admettre ce qui d’évidence est impossible: avoir 2 mamans ou 2 papas. »

        C’est pourtant déjà le cas de quelques dizaines de milliers d’enfants en France.

  3. J’adhère à l’article. La reconnaissance de la paternité, en incluant les cas hors mariage, a toujours et partout impliqué une instance publique. (ce qu’étaient les églises).
    Ça n’empêche pas de vivre à deux et de construire un patrimoine à deux en dehors de ce cadre.

  4. Philippe_Murray_Rothbard

    « Dire « sortons l’État des affaires de mariage » revient tout simplement à refuser de définir ce qu’est le mariage, point à la ligne. »

    Et bien j’invite cordialement cette femme à se renseigner un peu sur l’histoire du mariage, qui est une institution née hors Etat et hors religion d’ailleurs.

    Sur la définition donnée en début de texte rien à redire, il s’agit bien d’un type d’union exclusif a deux êtres humains de sexe opposés et dont le but est de perpétuer la famille.

  5. En fait, ce que cet article semble nous dire, c’est « l’État devra toujours intervenir pour faire respecter le contrat « mariage ».
    Oui, effectivement, et peu de libéraux (excepté les anar-caps) remettent en cause que l’État est le garant de la Justice qui tranche pour les contrats quelqu’il soit. Comme d’habitude, « Privatiser » n’est pas « Anarchiser ».

    En revanche, cet article ne donne aucun argument montrant la nécessité de conserver le caractère public, civil et fixé par la loi de ce contrat.

    De même, de nombreux exemples montrent que si les parents sont en désaccord, c’est alors l’État (en fait la Justice) qui prend en charge des décisions sur l’enfant (juge des familles) : oui, et alors? Le caractère public ou privé du contrat de mariage, là encore, est indifférent à ce problème.
    La différence étant qu’un contrat sous seing privé peut inclure plus de clauses, qui dans le cas du contrat civil de mariage pourraient être renversées par un tribunal quelconque parce qu' »on » décide que ce contrat n’est pas « valable » pour la « Société » : nommer un tiers arbitre pour choisir la robe de bal, etc.

  6. matthieu.loonis

    Non seulement il est possible d’avoir 2 papas ou 2 mamans, mais il est également possible d’avoir 1 papa et pas de maman, 1 maman et pas de papa, 2 papas et 1 maman, 2 mamans et 3 papas, ou même sans papa et sans maman ect..

    Et oui, il y a l’abandon, l’adoption, la procréation médicale assistée, la gestation pour autrui. Et bientôt on aura l’ectogénèse (gestation dans un utérus artificiel), et le clonage…

    Il n’est pas difficile d’imaginer un futur, où il n’y aura plus besoin de parents pour avoir des enfants.

    1. Voilà un futur bien sympathique ! Bientôt, on va voir apparaître des institutions proches des lebensborn, sans doute pour produire à la chaîne des fonctionnaires dociles chargés de nourrir l’obésité de l’Etat.

      1. Et on pourra aussi choisir un enfant sur catalogue, selon les caractéristiques physiques et mentales souhaitées. Hitler en rêvait, la société contemporaine le fait ! Quel déni de l’Humanité !

        1. Poli

          Les espèces évoluent. On ne sera pas toujours des êtres humains. Si la science peut nous permettre d’échapper à notre condition naturelle d’être humain, c’est une chance à saisir et une liberté à défendre. Si dans le cours de l’évolution il nous est permis de choisir d’évoluer plus vite, le fait que certains individus veulent rester des humains, ne doit pas entraver la liberté de ceux qui veulent évoluer vers autre chose.

          1. Donc, si je vous comprends, les pratiques eugeniques sont louables. Sur le coup, non seulement ceci me eemble egoiste, mais pire, criminel. Au surplus, si de telles pratiques avaient existé jusqu’a maintenant, vous ne seriez peut etre pas sur ce forum aujourd’hui. Après tout, qui dit si sur ce catalogue, vos parents vous auraient souhaité ? Non, le progres scientifique n’est pas forcément bon en tous les cas, tout du moins d’un point de vue éthique (car c’est bien ce dont il s’ agit en l’espèce)

      2. Cavaignac

        Tout n’était pas forcément idiot dans le nationalisme. L’une des plus grandes menaces de l’Europe c’est la faiblesse de sa natalité face à la forte natalité des populations immigrées d’origine musulmanes. Si les choses continuent de cette manière, nous observerons dans quelques décénies un remplacement de la population Européenne. Si des Lebensborn pouvaient résoudre ce problème ce serait plutôt une bonne chose.

        Dans ces Lebensborn il y avait une volonté D’eugénisme. Or la technologie actuelle et future associée à la liberté de marché, permet justement d’appliquer l’eugénisme en sélectionnant les gènes de ses enfants pour avoir des enfants aux risques de maladies réduits, des enfants plus beaux, plus forts, et plus intelligents, conformes aux désirs des parents.

        Quand à l’idée de Race supérieure c’est aussi à cela qu’aboutirait le libéralisme associée à la technologie. Grâce à la technologie génétique et à la bionique, on entre petit à petit dans une ère où l’on est capable de créer une race supérieure à l’homo sapiens sapiens. Rien ne s’oppose en droit Libéral aux parents de choisir d’avoir des enfants supérieurement évolués.

        1. @nidhalg freeland. En l’état actuel de la technologie médicale, l’eugénisme consiste à tuer certains enfants déjà conçus pour conserver quelques individus correspondant aux fantasmes des parents. L’eugénisme est donc à l’exact opposé d’un droit libéral, respectueux du droit naturel (respect de la vie, de la liberté et de la propriété privée) pleinement applicable à ces enfants arbitrairement éliminés.

          Ce que vous appelez le « libéralisme associé à la technologie » n’est qu’une anarchie constructiviste typiquement socialiste (c’est-à-dire un excès de lois, ici la loi des parents, confortés par un droit positif immoral, envers les enfants éliminés) dont l’effet sera de produire une descendance illusoirement supérieure qui s’éteindra d’elle-même faute de diversité. Avec des idées aussi ineptes, on n’a pas fini de croiser des débiles mentaux (en chemise brune ou rouge) dans la rue !

          1. C’est exactement bienvenu à Gattacca. L’aspect inhumain de ce film m’a fait flippé.
            Autre détail, annexe à votre histoire d’eugénisme constructiviste socialoïde : votre argumentaire repose sur des histoires évolutionnistes, ce conte de fée pour adulte. C’est une construction d’hypothèses plus ou moins osées (la mutation bénéfique… à part spider man, donnez moi un exemple. Et pas une énième espèce de moustique ou de poisson. Tout le monde sait qu’on ne les a pas encore toutes découvert) Je suis anti évolutionniste parce que c’est une théorie qui n’est pas suffisamment probable pour être possible. Et puis, c’est quoi cette histoire où on n’arrive pas à découvrir le moindre ancêtre commun. Il est par nature hypothétique. Il a existé ou pas? Dans ce cas, on devrait pouvoir trouver des fossiles ou des squelettes. Avec les connaissances anatomiques et les moyens de maintenant, on devrait pouvoir y arriver. Et ben non. En résumé…l’évolution, c’est un moment WTF offert par l’académie des sciences.

  7. Tout enfant a nécessairement des parents… donc l’état doit s’occuper de mariage.

    J’avoue que je ne saisis pas bien. Du coup je ne suis pas convaincu du tout.

    « Tout contrat donne inévitablement naissance à des conflits entre parties signataires dont la solution est remise à une autorité légale supérieure. »

    Euh, non, les conflits sont départagés par n’importe quelle entité reconnue d’autorité entre les deux. Qu’elle soit « supérieure » ou pas. Voyez par exemple le fait que les compagnies d’arbitrage traitent déjà la majorité des litiges commerciaux dans le monde. Nul état là dedans.

    On peut aussi voit l’Eglise comme autorité valable pour trancher les litiges nés au sein d’un mariage. Il s’agit quand même de l’entité qui tenait d’autorité morale absolue dans toute l’Europe, au point de faire plier l’homme le plus puissant du monde, le Saint-Empereur Germanique, héritier de la moitié orientale de l’empire romain, au XI ème siècle. Si ce n’est pas assez « supérieur » je me demande ce qu’il faut de plus…

    Le mariage est une institution morale, sa question appartient donc aux autorités morales, typiquement religieuses, et non à l’autorité temporelle de l’état – et d’ailleurs l’auteur déplore la judiciarisation des relations de couple du fait de l’immixtion de l’état dans le mariage, conséquence directe de cette confusion moral-légal.

    « l’État n’est jamais totalement neutre vis-à-vis des formes de relations que les gens sont susceptibles de nouer entre eux »

    C’est un travers de plus au débit de l’état, et non un argument pour lui laisser la main-mise dans les relations entre individus.

    « l’État continuerait de se retrouver nécessairement impliqué lorsque les conflits concernent des conjoints de confessions différentes, ou des gens sans religion. »

    Ou alors les parents s’adresseraient au conseil oecuménique des églises. Cela se fait déjà, par exemple entre protestants et catholiques sur d’autres sujets.

    Bref, mauvais article, au raisonnement très faiblard.

      1. Sinon pour te répondre Poli

        on peut dire la même chose de l’avortement. Il y a peut être plein d’enfants avortés qui auraient pu venir sur ce forum. En quoi est-ce egoïste de vouloir le bonheur de ses enfants? En quoi serait non Ethique de tout faire pour que ses enfants soient heureux?

        Je crois surtout que c’est un problème de Néophobie. La peur de tout ce qui est nouveau. mais concrètement dans une société Libérale et technologique, rien ne peut s’opposer à l’eugénisme étant donné que l’Eugénisme ne viole les droits et les libertés de personne. or c’est bien sur cela que doit se baser l’éthique Libérale! On ne peut interdire que ce qui porte atteinte au droit et à la liberté d’autrui.
        Ce qui n’est pas le cas de l’eugénisme

          1. Choisir son partenaire ce n’est pas choisir de modifier son partenaire. C’est ça qui me pose problème moral avec l’eugénisme: c’est une façon d’agir sur quelqu’un d’autre comme s’il s’agissait d’un bien. Autant le transhumanisme ne me semble pas un problème (se modifier soi-même pour, espère-t-on, s’améliorer) autant dans le cas de l’eugénisme on affecte une tierce partie qui n’est pas en mesure alors de consentir.

          2. Choisir son partenaire est une action réciproque. Pas choisir un enfant. Toute la différence est là.

            Le « droit » à l’enfant n’existe pas. Un individu n’est pas un bien. Cela reviendrait à ré-introduire l’esclavage.

  8. Libéral pour sur les sujets économiques (à part le financement du complexe militaro-industriel bien sûr) et interventioniste sur les sujets de vies privée. Pourquoi un article neocon sur contrepoints?

    1. effectivement l’enfant modifié n’est pas consentent. Mais l’enfant non modifié non plus. On ne donne pas d’avis sur sa naissance avant de naître

  9. J’ai été attiré par le titre. Je suis déçu du contenu de l’argumentation. Je ne suis toujours pas convaincu. Ce n’est pas en répétant « nous ne pouvons tout simplement pas… » et « on ne peut pas ne pas prendre position sur… » que cela va faire avancer les choses.
    Je pense que l’auteur exprime son manque de d’argumentation par une sorte d’autorité moralisatrice infantilisante. Je pense encore qu’il y a une infinité de solutions pour permettre de reconnaitre la parentalité en dehors du mariage institutionnalisé par l’Etat et vouloir nous faire croire l’inverse « parce que » c’est vraiment prendre son publique pour un con.