La peine de mort aux États-Unis : des raisons d’espérer ?

Publié Par Roseline Letteron, le dans Amérique du Nord, Droit et justice

La peine de mort pourrait un jour être abolie aux États-Unis non parce qu’elle constitue une violation du droit à la vie, mais parce qu’elle coûte trop cher.

Par Roseline Letteron.

Une marche contre la peine de mort devant la Cour supérieur de Justice des États-Unis, située à Washington.

Les États-Unis n’ont pas la même conception des droits de l’homme que les Européens, on le sait. Récemment, la tuerie de Newtown a suscité une remise en cause très partielle du droit de porter des armes, limitée aux milieux « libéraux ». Mais elle a provoqué aussi, il faut bien le reconnaître, un accroissement sans précédent de la vente d’armes. De nombreux Américains ont demandé un fusil d’assaut au Père Noël, et l‘ont effectivement trouvé au pied du sapin.

Cette violence de la société américaine est particulièrement illustrée par le maintien de la peine de mort dans l’ordre juridique. Elle peut punir les crimes fédéraux, mais aussi figurer dans le code pénal des États fédérés. Pour le moment, seuls dix-sept États sur cinquante ont aboli la peine de mort (le dernier en date étant le Connecticut en 2012), et vingt-neuf n’ont exécuté personne depuis au moins cinq ans. Dans ce domaine, un récent rapport publié par le Death Penalty Information Center donne, peut-être, quelques raisons d’espérer une évolution lente vers l’abolition.

Une stabilisation de la baisse

Les chiffres sont relativement encourageants. Le rapport montre une tendance durable à la diminution, avec 43 exécutions en 2012, comme en 2011. On assiste à une stabilisation de la baisse, si l’on considère qu’il y avait encore 85 exécutions en l’an 2000. Le nombre de personnes détenues dans le couloir de la mort est passé de 3222 à 3170, réduction peu sensible mais réelle, sachant qu’elles étaient 3670 en l’an 2000. Quant aux condamnations, elles ont connu une augmentation relativement marginale (de 76 à 78), mais qui n’entrave pas un mouvement général de baisse (224 condamnations en l’an 2000 et 315 en 1996).

Ces chiffres sont encourageants, mais ils marquent davantage une stabilisation dans la baisse qu’un mouvement clairement affirmé vers l’abolition, comme s’il était impossible de faire mieux.

Le Vieux Sud farouchement attaché à la peine de mort

Cette situation s’explique largement par les disparités entre États. Le rapport montre que les trois-quarts des exécutions de 2012 ont eu lieu dans quatre États : le Texas, l’Oklahoma, le Mississippi et l’Arizona. 65% des condamnations sont intervenues au Texas, en Floride, en Californie et en Alabama. On le voit, les États du Sud restent farouchement attachés à la peine de mort, et leur population ne semble pas la remettre en cause. La baisse des statistiques provient donc des autres États, qui semblent s’orienter vers des moratoires, voire l’abolition. Les chiffres ne révèlent donc pas une tendance générale abolitionniste, mais bien davantage un clivage très affirmé entre le Nord et le Sud.

Verra-t-on une évolution dans les années qui viennent ? Peut-être, car les études d’opinion, notamment celle effectuée par le Public Religion Research Institute montrent que les Américains sont désormais divisés en deux blocs à peu près égaux. À la question portant sur la peine la mieux appropriée pour punir leur meurtre, 47% se prononcent pour la prison à la perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, et 46% pour la peine de mort. Sans doute sont-ils troublés par d’autres études, et notamment celle menée par John Donohue, de Stanford University, qui montrent que les accusés issus d’une minorité visible poursuivis pour avoir tué un blanc ont trois fois plus de risque d’être condamnés à mort que les accusés blancs dont la victime est blanche.

La peine de mort coûte trop cher

Peut-être, mais peut-être pas. Car on voit aussi apparaître un autre argument, plus surprenant, en faveur de l’abolition. La peine de mort est, en effet, très coûteuse pour les États qui la maintiennent dans leur ordre juridique. Le Death Penalty Information Center, toujours lui, a publié, en 2009, le rapport « Smart on Crime : Reconsidering the Death Penalty in a Time of Economic Crisis« . Il montre qu’un condamné à mort passe en moyenne quinze à vingt ans dans le couloir de la mort, pour un coût qui s’élève à environ trois millions de dollars par ans. En comparaison, un condamné à perpétuité ne « coûte » qu’un million de dollars.

La peine de mort pourrait peut-être, un jour, être définitivement abolie aux États-Unis, non pas parce qu’elle constitue une violation du droit à la vie, non pas parce qu’elle rend irrémédiables les erreurs judiciaires particulièrement nombreuses dans ce pays, mais tout simplement parce qu’elle coûte trop cher. « Appuyons nous sur les mauvais motifs pour nous fortifier dans les bons desseins« , disait Vauvenargues.


Sur le web.

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  1. Hippolyte Canasson

    Avec la peine de mort on finit par évoquer les erreurs judiciaires.
    Il serait intéressant de corréler les deux.

    A déplacer le curseur en amoindrissant les peines, on va vers une justice moins rigoureuse et vers plus d’erreurs judiciaires.

    La compassion pour les criminels me semble odieuse quand on en manque pour les victimes.

    Je suis contre la peine de mort, que messieurs les assassins commencent les premiers.

  2. Je suis POUR la peine de mort, surtout pour les tueurs d’enfants. Que les pays abolissent la peine de mort…. c’est le droit. Mais alors il faut instituer une justice punitive à la hauteur des délits et crimes et ne pas être laxiste, notamment sur l’âge des prévenus : un jeune de 17 ans qui tue un enfant ne sera JAMAIS meilleur et continuera. Par contre, ne pas non plus mélanger les détenus dans une prison et faire se côtoyer des meurtriers et des escrocs par exemple ; séparer les « malades » des « impulsifs » ; etc…Mais en définitive je reste POUR la peine de mort.

      1. @Deconomicon: Mina Slander n’est pas representative des lecteurs de contrepoints et franchment pas celle qui fait les posts les plus argumentes. Donc assimiler ses propos a ceux de « les defenseurs officiels de la liberte » me semble juste hasardeux. Si je prend le pire troll du forum du journal « le monde » et que je le remballe sur une ou deux phrases d’un commentaire d’humeur, je m’adresse a « la gauche » ou « aux keynesiens »…

        Vous faites la morale a Mina a propos de ses generalites douteuses et vous faites… exactement la meme chose, en l’enrobant un peu mieux. Tartufferie que tout cela…

      2. Les socialistes appellent « meurtre légal » la peine de mort: S’ils étaient raisonnables (mais alors ils ne seraient pas socialistes…) ils devraient appeler séquestration légale la prison, et vol légal les amendes…
        Et spoliation légale les impôts.

        Toute répression est une violation des droits humains de celui qui la subit, toujours et partout.

        Les socialistes pour qui l’État, donc la contrainte et la répression, est le principe de toute chose, sont donc les plus grands ennemis des droits humains.

        Les partisans de la peine de mort ne demandent pas qu’elle soit appliquée, mais que l’État ait le droit d’y recourrir si nécessaire, et dans ce cas à l’encore des pires criminels.

        Les socialistes, eux, veulent soumettre la population entière à une infinité d’interdictions et d’obligations auxquelles toute infraction soit punie de petites atteintes à leurs droits; le tout au moyen d’un État tentaculaire et financé par la spoliation de l’essentiel des revenus…

        Tout cela au service de l’utopie démentielle d’abolir toute responsabilité, donc toute liberté; donc de la culture de l’excuse, dont l’abolition de la peine de mort est un aspect.

        La vérité sur ce point a été dite il y a 5 siècles: L’homme n’est ni un ange ni une bête; et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.

        L’abolition de la peine de mort fait du mal, pas du bien.

        1. « L’abolition de la peine de mort fait du mal, pas du bien. »

          Et son rétablissement ferait-il du bien ? Comment vous y prendriez vous, qu’on rigole un peu.

    1.  » un jeune de 17 ans qui tue un enfant ne sera JAMAIS meilleur et continuera.  »
      C’est ce qu’on appelle de la fine psychologie étayée de rigoureuses études.
      Sources ? Données ? Preuves ?

  3. Je suis contre la peine de mort et encore plus contre la prison à perpétuité. Mettre quelqu’un en prison sans qu’il ait un espoir d’en ressortir est un non-sens.

    D’autre part, une personne peut changer. Elle peut repartir à zéro et de quelqu’un de mauvais devenir quelqu’un de bien. Il faut donc l’encourager à cela et non pas lui donner le signal qu’une fois une certaine ligne passée, elle n’a plus rien à perdre.

    Par contre, je pense qu’il faudrait des peines plus lourdes mais surtout au niveau financier. Quelqu’un qui est reconnu coupable devrait avoir un impôt spécial au moins jusqu’à ce qu’il ait remboursé tous les frais de justice que son acte a engendré, ainsi que les dommages commis aux victimes.

    1. @aloygah,

      Oui ? Genre Patrick Henri ? Qui a eu la vie sauvé à une voie de jurés près, lesquels (9 jurés populaires et 3 jurés magistrats) ont votés à une voie près la peine de substitution après la plaidoirie de Rbert Badinter, lequel était connu, à ce moment, comme ministrable par Mitterrand, dans un contexte électroral où, la majorité des voix aux législatives étaient à gauche pour une majorité de député qui était à droite.

      1. @ Hippolyte Canasson

        En tout cas Patrick Henri n’a pas profité de sa mise en liberté provisoire pour tuer à nouveau, même s’il n’a pas non plus été un modèle d’intégrité.

        Mais je pensais plutôt à quelqu’un comme Karla Tucker, qui avait tué sous l’emprise de la drogue, et qui avait non seulement regretté son acte, mais aussi commencé un travail de prévention contre la drogue en prison.

  4. Article dans la droite ligne du sieur Badinter : vive le laxisme et le laissez-faire !

    Sous un parapluie (assez factice) du respect de la vie humaine, on nous a bâti une justice encourageant la victimisation des COUPABLES… en oubliant les risques que ceux-ci ne cessent de faire encourir à la société. Drame vécu par les VICTIMES et leur entourage ? Qu’ils aillent donc se faire voir ailleurs ! Où se situe les tarés dans tout ceci ?
    D’où une des diverses causes d’inflation des récidives, et la dangerosité accrue dans nos villes. Mais qu’importe : l’idéologie politique et le larmoiement de juristes sont saufs. Quelques uns se donnent bonne conscience, aux autres de subir …

  5. Contrepoints tombe de plus en plus bas…les USA une société violente par ce que les Américains achétent des armes et défendent la paine de mort ? Non cela s’appel la justice et la liberté, tout le mouvement libertarien est pro arme, et la paine de mort est vu par beaucoup comme l’application du principe de proportionalité des paines issu du droit naturel (cf « L’ethique de la liberté »)

    1. Je suis d’accord. Cependant, le problème avec la PdM est que les erreurs ont un certain caractère irréversible.

      Connaissez-vous un système judiciaire parfait, ne commettant pas d’erreurs ?

      Considérez-vous que le droit à la vie de ceux qui subissent la peine par erreur est sacrifiable et vaut moins que les avantages supposés de la peine de mort ?
      Ce qui signifie qu’il y aurait des individus sacrifiables dans l’intérêt collectif… C’est tout de même paradoxal que des personnes se disant libérales prétendent cela.

      1. @ph11,
        je vais aussi être basique, la peine infligée aux victimes est irréversible.
        Le procès de l’erreur judiciaire n’est pas le procès de la peinne de mort.
        En édulcorant les peines, ont rend, (on c’est nous) une justice fade qui incite à l’erreur judiciaire par le manque de rigueur induit par la faible peine réversible. Symboliquement aussi c’est donner à l’état (c’est nous) le monopole de la violence et une compensation aux proches des victimes et à l’opinion.

        1. «la peine infligée aux victimes est irréversible»

          Certes, mais parce qu’il y a des victimes on peut donc sacrifier des innocents ?

          « Le procès de l’erreur judiciaire n’est pas le procès de la peinne de mort. »

          Cependant, c’est lié. On ne peut pas non plus trop saucissonner les choses.
          La peine de mort, d’accord, s’il n’y a pas de doute quant à la culpabilité. Mais la nature de l’État, des institutions feront qu’il y aura toujours des erreurs. L’État est une organisation humaine et l’homme n’est pas forcément rationnel.

          « une justice fade qui incite à l’erreur judiciaire par le manque de rigueur induit par la faible peine réversible.»

          1/ C’est quoi, une justice fade ? La justice doit être juste et pas être utopique.
          2/ Mouis, c’est probable. Mais alors il faut faire en sorte que le juge ne soit pas déresponsabilisé de ses choix.
          En cas de peine capitale, si le juge est responsable de négligence, a condamné alors qu’il y avait un doute et qu’on découvre que la personne était innocente, il est responsable de sa mort et doit être considéré comme meurtrier.

          «Symboliquement aussi c’est donner à l’état (c’est nous) le monopole de la violence»

          Je me demande si c’est une bonne chose que l’état ait un tel monopole…

          «l’état (c’est nous)»

          Non. Tout comme l’esclavagiste n’est pas ses esclaves, l’État, ce n’est pas nous .

        1. @P: On sait parfaitement que Breivik ne sera pas le seul. Il n’y a pas un pays au monde pratiquant la peine de mort qui n’ait pas une erreur judiciaire de condamanation a mort a son actif. Pas un. Alors cessons de nier le fait que l’Etat n’est pas une institution suffisemment digne de confiance pour qu’on accepte de lui donner le droit de vie et de mort sur les citoyens. La question est la.

  6. - Peine de mort pour les crimes (meurtre, viols)
    – Mettre en place un système qui fasse payé au coupable et non au contribuable ses erreurs.

    PS: je ne comprend pas pourquoi le mec reste 10 ans dans le couloir de la mort. Après tout, il serait logique que dès que le jugement est prononcé, la peine de mort soit effectuée tout de suite.

    1. Naturellement!!!!!! Et puis, comme les juges aux Etats-Unis sont élus, plus il y a de condamnations à mort, plus ils sont assurés d’être réélus, youpie!!! Simplement, il ne faut pas oublier le nombre de condamnations injustement prononcées – erreurs judiciaires. Vous faîtes donc comment pour faire réssusciter un inocent, hein?????

      1. @Bamboula, c’est le procès de l’erreur judiciaire que vous faites, le procès d’une justice laxiste, approximative.

        « Vous faîtes donc comment pour faire réssusciter un inocent » C’est la bonne question, mais il faut la poser aux assassins

  7. Que la peine de mort coûte plus cher que la perpétuité est assez paradoxal. A-t-on des explications? Est-ce parce que le statut du condamné est temporaire jusqu’à l’exécution et que cela entraîne des gaspillages?
    Attention, l’argument du coût est très facile à retourner. Il suffirait d’appliquer la peine de mort rapidement pour faire de très grosses économies. Une injection, le salaire d’une dizaine de personnes pendant une journée, un cercueil en sapin. La facture ne serait pas bien lourde.

  8. « Les États-Unis n’ont pas la même conception des droits de l’homme que les Européens » : affirmation mensongère, scandaleuse entame, proprement illibérale, lourde de sous-entendus méprisants à l’encontre du bouc émissaire favori des socialistes. Il y a certes des nuances mais on ne peut faire comme si les E-U niaient les droits de l’homme à l’instar de la Chine ou de l’Arabie Saoudite. Que fait ce billet anti-libéral d’inspiration socialiste sur Contrepoints ?

    Ceci dit, aucun Etat ne devrait avoir le pouvoir de peine de mort contre ses citoyens. En revanche, les victimes qui se défendent contre leurs agresseurs ne doivent pas être poursuivies mais plutôt récompensées si leur défense les conduit à éliminer leur agresseur. La mort de l’agresseur ne doit jamais être une sanction mais rester la conséquence potentielle d’un crime au moment où il est commis.

    1. « affirmation mensongère, scandaleuse entame, proprement illibérale »
      —————————–
      Bah disons que venant d’un habitant de la vieille Europe, qui a causé deux guerres mondiales et qui est restée assise pendant qu’un génocide se produit en plein Europe centrale à 1h d’avion de Paris il y a encore peu, on se demande qui devrait être scandalisé par l’affirmation « les États-Unis n’ont pas la même conception des droits de l’homme que les Européens »…

    2. @Cavaignac, Aux états-unis, à ma connaissance, ça n’est pas les états qui condamnent mais les jurés, représentation populaire par excellence, en votant, à l’unanimité. C’est une exemple de démocratie.
      En France, aux assises, le jury n’est pas composé que de jurés populaires, il comprend des magistrats, dont le poids prédomine et votent à la majorité.

  9. Aucun état (gouvernement, institution…) ne devrait pouvoir prononcer la peine capitale. par contre les victimes (parents, marie, épouse…) pourrait la demander en termes de réparation à la place d’un remboursement des « dommages ». A propos de remboursement de dommages il pourrait prendre la forme d’une sorte « esclavage » pour le coupable qui devrait se mettre au service de la famille pendant un certain nombre d’années négociable (10-20 ans) comme cela se faisait parfois chez les celtes. Cuchulain, un héros de la mythologie celtes avait volontairement remplacé le chien qu’il avait tué par accident.

    1. Mais euh, Laurent : moi qui n’ai plus aucune famille, je serais moins cher à tuer qu’un autre pourvu de plusieurs femmes et d’une floppée d’enfants ?

      1. Pas de justice sans erreur judiciaire. Ou alors vous devez réécrire l’histoire du droit. Watch the facts, ou prend un passeport pour le pays d’Oz.

  10. Bon , les Américians n’ont certainement pas la même conception des Droits de l’Homme que les Européens, mais il n’empêche, Twitter refuse toujours de donner les noms des abonnés qui postent des commentaires qui choquent certains à notre enfantine ministrette aux joues rebondies Nadjat.
    Donc pour ce qui est du respect du Droit des Hommes à penser et à s’exprimer, nous n’avons pas de leçons à leur donner.

  11. Pour ce qui est la peine de mort, je crois que ceux qui y sont favorables n’ont jamais été confrontés à l’inéluctatibilité de la mort et au « plus jamais ». Et ils ne doivent pas avoir bien réfléchi à ce que signifie « retirer la vie ». Se sont »ils posé la question face à face avec eux-même : au nom de quoi puis-je me doter du pouvoir de retirer la vie ? Qu’est-ce qui m’y autorise ?

  12. Tout d’abord , la peine de mort supprime la récidive . Ce qui est un avantage certain . D’ailleurs , il est très difficile d’obtenir le nombre
    de personnes qui perdent chaque année la vie du fait de la récidive .
    Ensuite , si la peine de mort n’est pas totalement dissuasive , elle
    l’est en partie .
    L’effet dissuasif dépend de la certitude et de l’immédiateté de la peine .
    Cela suppose un taux d’élucidation le plus élevé possible.
    En France , avec la police scientifique , le taux d’élucidation est élevé
    – de l’ordre de 80 / 90 % .
    Si les paramètre précités sont bons , l’effet dissuasif sera plus efficace et permettra de sauver des vies humaines .
    Il ne faut pas hésiter à défendre la peine de mort , qui devrait faire l’objet d’un réferendum d’initiative populaire – ce qui nécessite de mettre en place la démocatrie directe: réferendum à l’initiative d’une
    pétition de 500 000 citoyens et hors Président et Assemblées – ce qui
    se pratique dans certains pays – la Suisse notamment mais certains états en Amérique ( Etats-Unis) , dans certains Lands en Allemagne .
    Et la peine de mort ne doit être appliquée que si la culpabilité est certaine- ce qui est souvent le cas .
    La plupart des assassins agissent rationnellement . Dans certains cas ,des homicides sont commis hors raison rendant inopérant l’effet de dissuasion . Cela ne justifie pas l’abandon de la peine de mort .

  13. « un condamné à mort passe en moyenne quinze à vingt ans dans le couloir de la mort » et ça coûte trop cher. Joli sophisme. L’allongement de death-row est le fait des opposants à la peine de mort et vous nous le resservez bien réchauffé comme argument supplémentaire. Il suffit de raccourcir death-row, c’est tout, et c’est d’autant plus facile que les analyses d’ADN ont réduit à la portion congrue les risques d’erreur judiciaire, qui étaient la raison principale de l’opposition à la peine de mort.

    « Appuyons nous sur les mauvais motifs pour nous fortifier dans les bons desseins », disait Vauvenargues. Donc, la peine de mort c’est mauvais-motif-vilain-pas-beau. Pourquoi? par définition, na! Et laisser faire un tueur c’est bon-dessein-bisous-bisous-tout-plein-partout. Pourquoi? Par définition, na! Joli morale. Henri Désiré Landru et Youssouf Fofana vous disent « merci » et vous font de gros bisous-bisous tout plein partout.

    1. Je propose que si l’on réintroduise la peine de mort, cela soit par lapidation, et que celle-ci ne soit pas exécutée par un fonctionnaire, mais par la population, en particulier ceux qui soutiennent la peine de mort.

      Cela permettra aux partisans de la peine de mort de joindre l’acte à la parole, de faire des économies sur la manière de mettre à mort, et de permettre à ceux qui veulent se venger directement du tord commis de le faire.

      1. He he pas bête ! Cela risque de convertir une partie des défenseurs de la peine de mort à son abolition (ou éveiller des instincts sadiques ?).
        Dostoïevsky avait souligné l’horreur de la guillotine (« L’Idiot ») du fait même qu’elle est un instrument dont le résultat est propre et certain, donc d’une terrible froideur.

    2. « les analyses d’ADN ont réduit à la portion congrue les risques d’erreur judiciaire »

      A condition que les procureurs acceptent ce verdict, C.F. l’affaire Hank Skinner, où le ministère public refuse toute analyse ADN qui risquerait de contrarier le jugement initial…

  14. Libéralement, pour moi la seule façon de juger la PdM c’est :
    1) l’égalité en droit.
    2) qui peut se permettre de donner la mort ?
    Personnellement, je ne fait pas assez confiance à l’état pour lui donner le droit de tuer un citoyen, fut-il étiqueté crapule.

    Par conséquent, j’aurais tendance à admettre la PdM sous seulement trois conditions
    a) les motifs de mort légale sont limités à des crimes de sang (on ne tue pas pour des actes qui n’ont pas entrainé de mort), à propos desquels ont un accord social assez large pour estimer qu’ils sont punissables de mort, et bien sûr sans rétroactivité.
    b) le cas relève sans le moindre doute de ce genre de motif (on est donc absolument sûr que l’auteur est bien celui qui est accusé)
    c) l’état ne tue pas lui même ; il se contente de se laver les mains du sort du condamné, en proclamant qu’il ne lancera aucune poursuite en cas de sa mort (ça revient assez largement au même, mais pas tout à fait néanmoins) ; donc n’importe qui peut le tuer à vue, si il en a le souhait et le courage. En attendant le condamné est simplement emprisonné pour la durée maximale, dans les conditions usuelles.

    1. @ P

      La condition c n’est pas applicable. Elle pousserait le condamné à devoir tuer à nouveau pour se défendre de ceux qui essayeraient de le tuer ou de profiter de la situation, puisqu’il saurait qu’il ne pourrait plus compter sur l’aide de la police.

      Si vous voulez vraiment légaliser le principe d’un vengeur de sang, il faudrait alors aussi des villes refuges, où le vengeur de sang n’a pas le droit de tuer le meurtrier. Comme cela le meurtrier a la possibilité de refaire sa vie, et de ne plus vivre aux dépens de l’État, et les proches de sa victime savent que s’ils le rencontrent ailleurs que dans la ville refuge, ils peuvent se venger.

      1. Le principe de lieux refuge me parait bon. Historiquement le bannissement sous peine de mort était un châtiment courant pour un crime de sang ; cette réponse légale au problème me semble correcte

  15. article partisan, comme d’hab, venant de cet auteur

    « La peine de mort coûte trop cher », sans blague ?

    et loger, blanchir et nourrir un assassin pendant 50 ans ,voir plus, ça coûte combien aux contribuables ??………………

  16. Réfexion autour de la peine capitale

    Au USA la peine de mort est trop souvent appliquée tandis qu’en Inde ou au Botswana et au Japon elle n’est appliquée que dans les cas « les rares parmi les rares »( Cour suprême de l’Inde 1980) et en tenant compte d’éventuelles circonstances atténuantes.Elle ne s’applique pas au enfants( Japon 1948; Inde 1972;Botswana 1966); et en général au femmes et au vieillards.Mais la peine capitale pour Bastiat et Emille Ollivier etait une usurpation du pouvoir de la part de l’état.Plus simplement peu d’états sont suffisamment exemplaires pour infliger la peine capitale car corruption , incompétence …Il serait nettement plus intéressant en tant que libéral de se placer dans une optique d’indemnisation par le travail et les biens personnels comme sous les Francs (loi salique de Clovis ) dans un chanter pénal que l’individu criminel choisirait a ses frais ou l’état se chargerait de cela de manière la plus économique pour tous…Et remboursement par le travail et les biens personnels.D’autre part en dehors du risque d’erreurs judiciaires peu de peuples et d’individus sont capables de rester suffisamment modéré et r calmes devant le caractère atroce de certains crimes donc cela limite encore plus les états et les cas ou la peine de mort peut être en application  » les rares parmi les rares »(Cour suprême Inde 1980).Et certainement pas les USA ou la France qui ne possèdent aucune des qualités de modération et d’ exemplarité pour infliger un châtiment de cette gravité!

  17. Je suis le seul à ne pas voir le rapport entre la peine de mort et le socialisme ? Qu’on soit pour ou contre je vois pas le lien direct avec la propriété collective des moyens de production, « l’égalité » économique ou les autres principes attribué en général au socialisme.

    « Socialiste », « de gauche », « progressiste » et « contradicteur » ne sont pas des synonymes…

    C’est vraiment une attaque pavlovienne absurde (ça vaut aussi dans le débat sur l’avortement, le mariage gay, les drogues…). Quand les libéraux (ou ceux qui se revendiquent tels) s’insulte entre eux de socialistes ça me rappelle l’attaque systématique en fascisme de la part de l’extrême gauche.

  18. @ Fucius

    « Le pouvoir de tuer ne peut donc pas être le monopole absolu des truands ou des islamistes. »

    Oh que si, et il est d’ailleurs même très dommage que l’État ne leur a pas laissé en plus le monopole du vol, du viol, du chantage, etc.

    « Vouloir l’abolition de la peine de mort, c’est-à-dire qu’il soit interdit à l’État de tuer qui que ce soit pour quelque raison que ce soit »

    Ce n’est pas ce que nous prônons.

    Dans une perspective libérale, l’État est là pour exercer le droit de légitime défense, et pas pour procéder à des exécutions.

    Or, le droit de légitime défense peut impliquer que l’on doive tuer pour sauver sa propre vie. Dans ce cas, le meurtre est légitime et le meurtrier devrait être traité en héros et non en criminel.

    Par contre, une condamnation à mort revient à un assassinat. Elle ne correspond pas à un impératif de légitime défense, elle ne devrait pas être un mandat de l’État.

    Enfin, puisque vous citez le christianisme, dans une perspective chrétienne, seul Dieu a droit de condamner à mort. Il l’a fait à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, mais il a cessé clairement de le faire dans le Nouveau, ce qui devrait être la référence des chrétiens.