Le réalisme en sciences économiques

Publié Par Mathieu Bédard, le dans Économie générale

Il vaut mieux ne pas utiliser l’adjectif réaliste pour parler de l’école autrichienne, et ce pour une multitude de raisons.

Par Mathieu Bédard.

L’économie autrichienne attire énormément de curieux, de novices et de profanes vers elle. Ou, du moins, beaucoup plus que les autres courants de pensée en sciences sociales, mis à part peut-être le marxisme. Souvent, en tant qu’économiste, je suis surpris de voir à quel point des gens qui n’ont aucune formation en économie, et pour qui la façon de penser de l’économiste est relativement nouvelle, comprennent pourtant bien certaines théories. Il y a bien évidemment aussi certaines lacunes. Par exemple beaucoup de ces économistes amateurs (je ne dis pas ça de façon péjorative) n’ont pas un esprit critique aussi fin que celui de mes collègues. Un autre comportement fréquent est une certaine myopie ; ils écartent certains auteurs en fonction de critères superficiels comme leur appartenance ou non-appartenance, réelle ou ressentie, à certains courants de pensée.

Un argument que je vois souvent utilisé pour défendre l’école autrichienne, par ces férus de l’école autrichienne mais aussi parfois chez certains économistes, est que ses théories sont plus « réalistes » que celles des autres écoles de pensée. Cela peut s’interpréter de plusieurs façons qu’on peut généralement regrouper en deux catégories : (1) les hypothèses de l’école autrichienne sont plus réalistes, (2) les conclusions sont plus près de la réalité.

Bien entendu, aucun économiste ne cherche à être complètement déconnecté de la réalité et à avancer une théorie complètement irréaliste. Pourtant, il vaut mieux ne pas utiliser l’adjectif réaliste pour parler de l’école autrichienne, et ce pour une multitude de raisons.

Ceux qui prétendent que l’école autrichienne avance une théorie aux hypothèses plus « réalistes » le font parfois à partir du sentiment que celle-ci aborde de véritables hommes et non pas comme des calculettes maximisatrices. Sans suggérer que s’attacher à la réalité est superflu, ou que la théorie gagne à être complètement abstraite, un certain niveau d’abstraction, et donc de détachement de la réalité, est nécessaire. Il y a un exemple que j’aime donner à mes étudiants pour leur expliquer ce qu’est un modèle ; celui de la mappemonde. Si l’on devait créer une mappemonde « réaliste », qui traduit parfaitement la réalité, elle serait… complètement inutile. Tout d’abord elle serait à l’échelle 1:1, donc impossible à transporter avec soi, ensuite les routes et les villes seraient grandeur nature, donc difficilement visible sans l’abstraction des traits de couleurs et des grandes lettres indiquant les lieux. Cette mappemonde « réelle » ne nous serait d’aucune aide pour établir un itinéraire, ou pour comprendre comment le monde est fait. À l’inverse, les mappemondes comme on les connait, bien qu’elles soient abstraites, bien qu’elles déforment la réalité, bien qu’elles omettent presque tous les détails qui font que le monde est monde, nous aident à comprendre la géographie.

La même chose peut être dite de la théorie économique : un modèle pour expliquer le comportement des hommes qui serait parfaitement réel serait parfaitement illisible. Pour rendre ces comportements lisibles et compréhensibles, la science économique a justement choisi de se concentrer sur la rationalité. Réfléchir aux choix et actions de l’homme à partir de sa rationalité permet d’isoler certains traits, et ainsi pouvoir théoriser sur ceux-ci. Bien entendu, ce qui fait que l’homme est homme va bien au-delà de sa rationalité. Ceci n’exclut donc pas la possibilité, et la nécessité, des analyses pluridisciplinaires. Comme Hayek le rappelait : « Un économiste qui serait seulement un économiste ne sera jamais un grand économiste, et je suis même tenté d’ajouter que l’économiste qui n’est qu’un économiste est susceptible de devenir une nuisance si ce n’est pas un réel danger. » Peter Boettke se plait à ajouter à cette citation que la seule chose pire qu’un économiste qui ne connait que l’économie est le philosophe politique qui ne connait pas d’économie.

La seconde interprétation serait que la théorie autrichienne décrit mieux la réalité. Or, c’est une interprétation qui pose encore plus problème puisque la théorie autrichienne se veut subjectiviste, et que les phénomènes économiques significatifs, comme la valeur ou les anticipations, n’existent pour ainsi dire que dans le ressenti individuel de chaque individu. Si, en effet, il semble que la théorie autrichienne établisse de meilleures « prédictions », il faut comprendre qu’elle s’attache précisément à être jugée non pas sur la qualité de ses prédictions, mais sur la qualité de son raisonnement aprioriste. Prétendre qu’elle décrit mieux la réalité objective serait se méprendre sur la nature de ce que la théorie autrichienne tente d’expliquer et sur les critères de scientificité en sciences sociales.

Il n’est donc pas tout à fait exact de prétendre qu’un type d’analyse économique, et tout particulièrement l’analyse de l’école autrichienne, est plus « réaliste » que ses alternatives. On peut en revanche tout à fait défendre que l’école autrichienne explique mieux les phénomènes concernés, qu’elle choisit des abstractions plus pertinentes, ou encore qu’elle s’attaque à des questions qui semblent plus intéressantes et importantes que d’autres écoles de pensée.


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  1. Cet article me semble fumeux par endroits:
    Critiquer l’economie autrichienne en s’attaquant a ce que « on » en dit. Or ce concept de realisme est utilise par tous les proselytes de toutes les theories, pas specialement l’economie autricheienne ou la praxeologie. Je vois pas ce que le fait de prendre la theorie autrichienne apporte au debat. Parce que bien que l’auteur s’en defende, ce qu’il critique avant tout est l’amateurisme en economie. Je vois pas en quoi les partisans irreflechis de l’ecole autrichienne sont plus nuisisble a la science economique que les partisans du keynesianisme, de l’ecole de la regulation, des monetaristes, des collectivistes ou que sais-je encore.

    En revanche, je trouve que l’aspect que l’auteur oublie est la conformite de la theorie aux criteres episthemologiques. Or il me semble que justement l’ecole autrichienne est celle qui a le plus fait l’effort de s’y conformer. Mais je reste ouvert a la discussion.

    L’exemple de la mappemonde me fait rire dans le sens ou il existe une exemple qui a largement tendance a diminuer la valeur illustrative de cet argument: Google Earth… Cet exemple frole l’osolescence…

  2. Les profanes ne sont pas les seuls à employer mot « réaliste » pour décrire l’EA. Par exemple, dans sa préface à la seconde édition de MES, Salerno, se référant à Menger, recourt lui aussi à ce mot (« causal-realist »). L’idée est de rappeler par ce terme que l’AE essaie d’étudier la formation des prix dans le monde réel et non sous d’hypothétiques conditions d’équilibre.

  3. Il y a réalisme et réalisme.

    Le réalisme se réfère en premier lieu à la doctrine épistémologique selon laquelle la réalité existe indépendamment de l’observateur et des théories qu’il peut en faire (et se pose ainsi contre toute philosophie de l’esprit). Il y a donc une réalité objective à étudier.
    Il se trouve que ce niveau ontologique d’objectivité des faits et des lois de causalité porte en sciences sociales sur le contenu subjectif des faits sociaux (évaluations, anticipations, buts…), c’est-à-dire le niveau ontique (voir Hayek 1952). L’objectivisme ontologique est donc parfaitement compatible avec le subjectivisme ontique (voir Uskali Mäki 1990).

    La démarche réaliste consiste à pratiquer des abstractions de la réalité des particuliers de manière à en tirer des universaux (tant en termes d’objets qu’en termes des relations causales – de nécessité – qui les co-ordonnent). Le réalisme aristotélicien est immanent par opposition à transcendantal : l’existence des universaux dépend donc de celles des particuliers, c’est-à-dire que les universaux existent dans les particuliers qui les exemplifient, et pas dans une sphère indépendante de la réalité (comme le monde des Idées chez Platon).

    Ce réalisme philosophique doit être distingué de la notion de réalisme que l’on trouve dans le « réalisme des hypothèses » (Mäki 1990), mais nous devons reconnaître le lien étroit entre les deux. Toute isolation théorique de la réalité empirique nécessite toujours un certain degré « d’irréalisme » au sens des hypothèses. Le tout est de savoir quel type d’isolation permet une abstraction des éléments justement essentiels de la réalité pour juger de cet irréalisme. A ce titre, le type d’isolation adopté est guidé par les buts scientifiques qui peuvent diverger.

    Les théories en termes de modèle (fonctionnalisme) cherchent à capturer la réalité dans un moule formel par souci de prédiction, alors que les théories de processus causaux (causalité génétique) tentent d’isoler les éléments essentiels de la réalité par souci de compréhension (NB : la distinction entre théories génético-causales et théories fonctionnelles est effectuée par Mayer en 1932), ce qui n’exclut cependant pas la prédiction.

    Les autrichiens faisaient face à une montée en puissance des théories en termes de modèles formels et tentaient de proposer une perspective théorique en termes de compréhension de la réalité. Cette compréhension nécessite de mettre à jour certaines caractéristiques essentielles de la réalité. Cette démarche réaliste nécessite donc une dose d’irréalisme dans le processus d’abstraction, mais le critère pour juger de la nécessité et du caractère approprié de cet irréalisme est bien la « façon dont marche le monde », c’est à dire ses caractéristiques « essentielles » (Mäki 1993, 2001).

    Reférences rapides :
    HAYEK, Friedrich (1952/1953/) Scientisme et sciences sociales, Plon.
    MÄKI, Uskali (1990) « Scientific realism and Austrian explanation », Review of Political Economy, Vol. 2, n° 3, pp. 310-344.
    MÄKI, Uskali (1993) « The Market as an Isolated Causal Process: A Metaphysical Ground for Realism » in Bruce Caldwell & Stephan Boehm (eds), Austrians Economics: tensions and New Directions, Kluwer Academic Publishers, pp.
    MÄKI, Uskali (1994) « Isolation, Idealization and Truth in Economics », Poznan Studies in the Philosophy of the Sciences and the Humanities, Vol. 38 pp. 147-168.
    MÄKI, Uskali (2001) « The Way the World Works (www): towards an ontology of theory choice », in The Economic World View: Studies in the Ontology of Economics, édité par Uskali Mäki, Cambridge University Press, pp. 369-389.

  4. Par ailleurs, je trouve paradoxal que les termes « hypothèses » et « modèles » soient employés dans l’article, puisque la raison pour laquelle on peut dire de l’AE qu’elle est « réaliste » est précisément que cette école ne recourt pas à ces notions (ces deux mots proviennent d’ailleurs des sciences de la matière, où elles auraient dû rester confinées.)

    Comme le rappelle Rothbard, dans une footnote de MES, l’AE, à proprement parler, ne recourt pas à des modèles (dont la vocation est de représenter certains traits de la réalité) mais à des constructions imaginaires (dont la vocation est de se différencier de la réalité, et d’aider à comprendre cette dernière par contraste). Une exception possible, à mon sens, serait le schéma descriptif de l’ABCT (mais encore ce « modèle »-là est-il différent des modèles utilisés par les autres écoles d’économie).

    Quant aux « hypothèses », elles n’ont de sens que dans les domaines où l’on ignore la nature du « premier moteur », i.e., en sciences de la vie et de la matière. Dans de telles sciences, il est nécessaire de prendre des hypothèses, de les tester, et de regarder si les résultats obtenus sont réguliers et conformes aux prédictions. A l’inverse, en économie, on connaît le premier moteur : la volonté humaine. Il n’est donc pas besoin d' »hypothèses » (tout au plus peut-on préciser les conditions d’application du théorème discuté, notamment l’usage de la monnaie). Les deux principales « exceptions » (et encore, on peut discuter sur le point de savoir si ce sont de véritables « exceptions ») sont l’existence de ressources diverses et la désutilité du travail. Rothbard s’en explique dans In Defense of Extreme Apriorism.

  5. Tout cet article est un homme de paille.
    Bravo, vous avez prouvé que l’EA n’est pas l’exact reflet du monde, ce dont personne ne doutait.
    Or, pour être plus réaliste réaliste que d’autres théories, l’EA n’a pas besoin d’être réaliste de manière absolue, mais seulement un peu plus que les écoles concurentes.

    On peut dire d’une carte qu’elle est réaliste si elle décrit bien me téritoire qu’elle représente selon les critères convenus, même si elle en reste extrenement différente.

    La question à se poser est: l’école Autrichiene décrit-elle mieux la réalité économique que le Keynesianisme, et les abstractions qu’elle utilise ont-elles vocation à être plus proche de la réalité, si oui, elle est plus réaliste.

    1. Un modèle théorique (économique) ne peut jamais être pleinement réaliste. Mais il importe qu’au moins les hypothèses qui le définissent le soient sinon le modèle est vain.

      Parce que leurs hypothèses de travail sont irréalistes, les modèles socialistes ou keynésiens ne peuvent être des modèles économiques valables. Poubelle ! Pas de temps à perdre avec des fadaises !
      Ces modèles sont défendus par de faux économistes qui n’ont pas pour but de rendre service en comprenant l’économie mais d’imposer leur volonté de domination sur autrui. Les faux économistes instrumentalisent l’économie à leur profit et désignent leur intérêt privé sous le vocable « bien commun ».

      L’EA décrit en revanche les hypothèses nécessaires et suffisantes permettant de définir un modèle économique mais elle ne le définit pas. Ainsi, le potentiel de progrès de la science économique reste entier, à condition de respecter l’apport décisif de l’école autrichienne.

  6. L’article de Mathieu Bédard est très faible. Il me semble qu’il regarde la tradition autrichienne avec les lunettes de quelqu’un qui est nourri d’économie « mainstream » et qui ne voit pas la différence radicale entre les deux conceptions de la discipline économique.
    Heureusement, les commentaires d’Emmanuel Martin et de Raoul remettent les choses en place.

  7. Si l’école autrichienne est bien plus réaliste que d’autres, en un sens très simple.

    réalisme au sujet de x = x existe indépendamment de la représentation que l’on a de lui.

    Certes l’école autrichienne n’est pas réaliste sur les valeurs, mais il y a un sacré paquet d’autres « phénomène économiques significatifs » sur lesquelles elle est franchement réaliste : les individus, les préférences des individus (qui fondent les valeurs subjectives) les ordres spontanés, l’Etat, l’utilité marginale décroissante, la monnaie, les cycles économiques, le fait que les phénomènes économiques aient une nature indépendante de nous etc. . cf. http://ontology.buffalo.edu/smith/articles/menger.html.
    Ca n’a rien d’anecdotique, bon nombre de ces réalismes opposent l’école autrichienne au monétarisme, qui embrasse à de nombreux égards une perspective instrumentaliste.

  8. Je remercie Emmanuel pour son commentaire qui est plus complet, précis, et emploi une discours beaucoup plus académique que mon billet, écrit dans une langage familier pour s’adresser à un problème familier. Emmanuel confirme certains de mes arguments et apporte des corrections et clarifications à certains autres. Je pardonne à Gérard Dréan, je publierai une version abrégée de mon blog pour lui.

    1. Merci de me pardonner (je me demande bien quoi…) mais inutile de publier une version abrégée de votre blog ; je suis tout à fait capable de le lire in extenso.
      Je maintiens mon jugement, qui repose sur les mêmes arguments que ceux d’Emmanuel Martin et Raoul, que je n’avais pas jugé utile de répéter. J’ajouterai que les « 10 affirmations qui définissent l’économie autrichienne » selon Peter Boettke, que vous citez dans votre blog (article du 1/12/2010) sont autant d’exemples de réalisme, car ce sont des affirmations déduites de l’observation de la réalité, contrairement aux affirmations fondatrices de l’économie « mainstream » qui n’ont d’autre justification que de permettre le raisonnement mathématique.

      1. A ce sujet je vous invite à lire mon article sur le « Temps » dans L’école autrichienne de A à Z édité par F. Facchini et A. Gentier. En revanche je ne pourrai pas vous faire de version abrégée, il fait déjà à peine 4 pages et j’aurais du mal à réduire. Salutations.

  9. Evidemment cela dépend de qui utilise ces termes et de ce qu’il en a compris, mais normalement le terme de « réalisme » associé à l’école autrichienne désigne l’idée que l’école s’inscrit grosso modo dans la tradition réaliste en philosophie, variante aristotélicienne. C’est en tout cas le point de départ pour Carl Menger, semble-t-il. Voilà tout.

  10. soutiré sur le blog de Kevin

    ça m’a bien plu
    et à vous?

    comparaison autrichienne mainstream

    L’analogie/métaphore/image, l’exemple, de la mapemonde – sphère comme modèle du monde) est excellent.

    L’économie autrichienne y voit le monde avec plus ou moins de détails, peuplé d’êtres humains ayant des modes de comportements élémentaires et fondamentaux.
    Ils agissent, évaluent, choisissent, interagissent.
    Leurs fins sont les leurs, leur subjectivité est là.
    Ce ne sont pas des « données » chiffrables.
    Il y a des chaînes de causalité de principe, des conséquences de principe.
    L’information et la connaissance y sont dispersées, imparfaites, liées au lieu et au moment.
    Le temps joue son rôle dans les processus, dans la transmission, la coordination. Les courts termes se fondent dans les longs termes.
    On donne même une place de choix à un être mystérieux : l’entrepreneur.
    Des systèmes complexes interconnectés. des sytèmes complexes à l’intérieur de systèmes complexes. Un continuum.

    L’économie moderne/dominante/mathématique/économétrique/statistique/macro/ludique, a une mapemonde cubique, ou pyramidale ou polyédrique très irrégulière, d’une irrégularité ad hoc selon la compréhension des économistes.
    Des facettes planes, des théories disjointes, ne sachant pas passer d’une facette à l’autres.
    Les données sont « données » – given data.
    Il y a des trous dans les facettes.
    Pas de place pour l’entrepreneur.
    Pas de place pour le temps, sinon un temps de lapin mécanique, calibré, sautillant .
    On n’est plus dans les explications de principe mais on recherche des explications de détail et contrôle.
    On retrouve le monde des moments merveilleux de l’enfance. Il y a les bons, les méchants, les imparfaits, et surtout la baguette magique. L’homme au gros bâton, le pouvoir politique quel que soit le régime, est haut dehors, au dessus, il peut corriger/coordonner/réguler/réparer. La mégère Conjoncture règne. D’où vient-elle? mystère. Elle vient. On va s’en occuper. L’imperfection est partout. On va s’en occuper. Le jeu n’est pas optimal. On va optimiser.

    Conclusion : on peut dire que l’économie autrichienne est plus « réaliste » mais l’économie mainstream/etc./etc. est beaucoup plus drôle/fun, beaucoup plus fun.

  11. Je vois là un discours totalement philosophique pour ne pas dire totalement absent de rationalité. Alors pourquoi la théorie autrichienne est-elle plus capable de représenter la réalité que le marxisme par exemple ? Pourquoi donc faudrait-il suivre les principes de l’économie autrichienne plutôt que celle du marxisme ? Bien entendu l’économie est basée sur la subjectivité. La valeur que chacun donne aux choses est différente d’un individu à l’autre et elle est totalement subjective. La réalité se base malgré tout sur cette subjectivité en l’acceptant. Dans l’échange chacun y trouve son compte car la valeur subjective du produit échangé est différente entre les acteurs sinon personne n’y trouverait son compte ! Le communiste ne donne-t-il pas une valeur arbitraire à chaque chose annulant le besoin de l’échange, annulant toute économie ! C’est simpliste mais c’est réel !

    1. D’abord, ne confondez pas valeur et prix. Ensuite non, le marxisme ne donne pas de prix à chaque chose, pour la simple raison que s’il n’y a plus d’échange, il n’y a plus de prix. S’il n’y a plus de prix, nous finissons tous pauvres puis esclaves car le travail ou l’épargne ne peuvent plus avoir de prix. En détruisant les marchés, le marxisme conduit à imposer arbitrairement des tarifs qu’il ne faut pas confondre avec des prix.

      L’appauvrissement qui s’est produit à l’échelle d’un pays se produit exactement de la même façon à l’échelle des secteurs d’activité collectivisés en France où des tarifs administratifs arbitraires remplacent les prix (éducation, santé, retraites, énergie, transports, logement public, culture…) Mais avec une nuance : l’incurie évidente de ces secteurs est masquée par leur potentiel à aspirer les richesses produites dans les secteurs concurrentiels (taxes, subventions). Bref, la chute est plus lente mais, si rien ne change, l’économie française finira quand même par s’effondrer, comme celle de l’URSS, pour les mêmes raisons.