Journaux : la taxe Google ne fait pas l’unanimité

Publié Par Alexis Vintray, le dans Médias

La taxe Google pour les journaux est une très mauvaise idée vient rappeller Jean-Baptiste Giraud, directeur de la rédaction d’Économie Matin.

Par Alexis Vintray.

Contrepoints demande depuis longtemps la fin des subventions à la presse, qui biaisent la concurrence et surtout sont incompatibles avec une démocratie saine (vous pouvez signer notre pétition). Les médias restent d’un silence de plomb sur ce sujet, on comprend bien pourquoi. Pire, nombreux sont ceux qui font pression sur le pouvoir politique français pour obtenir une taxe sur Google, qui devrait les payer pour leur amener du trafic !

Une aberration heureusement condamnée par quelques acteurs de la presse. The Economist, journal le plus influent au monde avait déjà pointé du doigt cette demande des éditeurs français. C’est Jean-Baptiste Giraud, le directeur de la rédaction d’Économie Matin, qui vient maintenant embrayer sur ces critiques dans un article réquisitoire paru vendredi dernier. Avec des mots très durs, il rappelle que la presse doit s’atteler à trouver un nouveau modèle au lieu de chercher à mendier perpétuellement :

La presse, au lieu de chercher à prendre le virage du numérique, virage ultra difficile à négocier, personne ne le conteste, mais inéluctable, s’attaque, tel Don Quichotte avec ses moulins à vent, à un faux problème. Depuis début décembre, 25 chaînes de télévision sont disponibles gratuitement en France via la TNT, une centaine via le câble et les box ADSL. Les radios ? Pas une ne vous demande non plus d’insérer une pièce de deux euros le matin pour écouter les infos.

Et d’ajouter :

La presse doit se réformer. Sortir de l’assistanat comme l’écrivait voici quelques jours Pierre Chappaz sur Economiematin.fr. Trouver comment gagner de l’argent autrement. Et non pas croire que c’est Google qui doit la subventionner, au même titre que l’État, qui toutes aides confondues, la soutient à hauteur de 1,5 milliard d’euros par an. Au prétexte que la presse préserve la démocratie. Mais à l’heure d’Internet, des blogs, réseaux sociaux, etc, l’argument ne tient plus.

Newsweek, et tant d’autres, ont arrêté leur édition papier (Économie Matin aussi, désormais pure player Internet). Soit, cette mutation est inéluctable et il faut l’accepter, soit, le modèle de la presse payante et sur abonnement a toujours un avenir, et il faut l’assumer. Sans perpétuellement tendre la sébille à droite à et à gauche, ni dénoncer de fantomatiques concurrences déloyales.

En changeant de modèle, tout simplement.

À lire sur economiematin.fr

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  1. J’aimerais beaucoup que cette taxe soit mise en application, rien que pour voir les journaux pleurer à nouveau quand ils ne seront plus référencés !
    En plus, cette taxe irait très bien en France, où il faut déjà payer fort cher pour être autorisé à rendre service aux gens.

    1. Avec l’exemple belge, je pense que la loi française serait « patchée » pour empêcher le dé-référencement : quand il s’agit de taper dans les caisses des autres, l’Etat n’a peur de rien pas même du CC ou de la CJE.

  2. « oit, cette mutation est inéluctable et il faut l’accepter, soit, le modèle de la presse payante et sur abonnement a toujours un avenir, et il faut l’assumer.  »
    Encore faut-il apporter un contenu de qualité!

    1. @Fergunil

      Arrêtez d’être condescendant! Vous trouverez toujours quelqu’un qui pensera que ce que vous faites, regardez, lisez etc n’est pas toujours très intelligent. Et alors! Si la télé devait être intelligente ou cherchez sans cesse à rendre les gens plus intelligents, plus personne ne la regarderait ou bien seuls les très grands scientifiques et encore, même eux doivent aussi décompresser. Une bonne « connerie » de temps en temps, çà ne fait pas de mal! Tout est affaire de dosage!

      1. Je ne suis pas condescendant, je remarque simplement que « proposer de la qualité » n’est pas l’unique solution, et que « proposer du brainless » marche très bien aussi.
        Ensuite vous faites le postulat que « émission de qualité » => « émission où on apprend quelque chose », rien n’est plus faux. On peut avoir une émission de loisir très bien sous tous rapport, tout comme on peut avoir une émission culturelle complétement naze.
        Je constate simplement qu’on peut se faire de l’argent en mettant une grosse douzaine de jeunes dans une maison en toc en les filmant h24, ça ne coûte pas chère et ça rapporte pas mal.
        Donc dire que les journaux s’en sortiront uniquement si ils proposent de la qualité est faux.
        Quant à la forme de votre réaction, je vous dirait bien volontier d’arrêter de hurler à la condescendance quand tout ce que vous pouvez produire est un homme de paille …