Le Père Noël est aux ordures

Publié Par h16, le dans Édito

La nouvelle est tombée cet après-midi sur nos téléscripteurs : la société Merry Christmas Corp. a été placée sous contrôle judiciaire après que son dirigeant, Nicolas Noël, dit « Petit Papa », a été arrêté et écroué pour les nombreuses activités frauduleuses auxquelles se livrait sa société.

Cela n’avait en effet que trop duré puisque les scandaleuses opérations duraient depuis maintenant plusieurs centaines d’années et avaient provoqué des dégâts considérables. Les chefs d’inculpation sont multiples. On se remémore en effet que Merry Christmas Corp. était mouillée dans des affaires sordides d’exploitations de lutins sur des horaires plus qu’étendus, de la concurrence déloyale, des maltraitances à animaux, et j’en passe.

Ces lutins, sous-payés ou carrément pas du tout, devaient fabriquer des jouets pour des millions de consommateurs dans le monde. L’inspection du travail avait remis en janvier dernier un rapport accablant sur la société : lors de leurs perquisitions, les inspecteurs du travail avaient surpris les lutins, travaillant non-stop sur des jouets de toute nature, dans un environnement clos et au contact de produits chimiques dangereux ; aucune trace de salaires versés n’a pu être fournie par le dirigeant, ni la preuve qu’une cotisation d’une quelconque nature avait été versée à l’URSSaf. Les inspecteurs du travail n’ont pas non plus trouvé d’information concernant la moindre couverture sociale. L’absence de papiers en règle pour les lutins a permis d’aboutir à la conclusion évidente qu’ils étaient bien sous l’emprise d’un esclavagiste bedonnant et cynique les ayant dépouillés de leur passeport et les faisant travailler pour compenser leur logis et leur couvert.

Les inspecteurs ont aussi été alertés à de nombreuses reprises par la CGT et FO pour non respect de l’obligation d’un Comité d’Entreprise, les droits de syndicalisation des lutins étant foulés aux pieds sous le prétexte scandaleux que les lutins ne sont pas des êtres humains. D’autre part, la HALDE a été saisie à de multiples reprises pour discrimination outrancière : il semble qu’en effet, aucune lutine n’était embauchée dans les ateliers de Merry Christmas Corp. Ne respectant ainsi ni la mixité sociale, ni même la plus élémentaire présence de lutins handicapés pour atteindre les quotas fixés par les autorités, la société a, pendant de trop nombreuses années, bafoué les règles égalitaires de ce pays !

En outre, Nicolas Noël semblait marquer un point d’honneur à entrer en conflit avec toutes les lois sanitaires du pays. Comme les inspecteurs et la médecine du travail le rappellent, depuis les lois Manger-Bouger entrées en vigueur avec Grollande 1er, il est interdit de manger trop gras, trop salé, trop sucré et de ne pas faire d’exercice ; or, les prises de sang et les analyses d’urine du prévenu montrent qu’il abusait manifestement de tout, deux fois, avec beaucoup de sauce. Son alcoolémie fait l’objet d’analyses plus poussées par la faculté de médecine qui a ici un cas clinique unique. Son indice de masse corporelle, sans rapport même lointain avec les préconisations en vigueur dans notre beau pays, amène les docteurs qui ont examiné son cas à songer sérieusement à un enregistrement pour le Guiness Book.

Il y a, malheureusement, encore plus grave : lors de son intervention, la police a constaté qu’une étable, attenante au swet-shops de l’esclavagiste, contenait six rennes en bien piteux état ; interrogé à leur sujet, Nicolas Noël a avoué ne leur faire prendre l’air qu’une fois par an, pendant la nuit la plus longue et la plus froide de décembre – probablement pour ne pas alerter les voisins – et leur faire subir une vitesse abominable lui permettant la visite de millions de points de chute pendant 24 heures, sans pause ! Il s’est expliqué de la maigreur de ces pauvres animaux en arguant du fait que le traîneau auxquels ils sont attelés doit pouvoir voler (d’où la recherche d’un poids le plus faible possible). Le cynisme de l’individu, au surplus pondéral évident, a dégoûté une partie des enquêteurs.

Et paf c'est Noël !

Mais la chute de Merry Christmas Corp. sera en réalité due directement à l’action en justice de Chronopost, concurrent direct de la société, pour concurrence déloyale. Il est en effet apparu que l’ensemble du staff de la société devait être dopé pour arriver aux performances hallucinantes observées par le management de Chronopost. La société française a ainsi noté qu’en 24H, Merry Christmas Corp. distribue des millions de colis partout dans le monde, avec un taux d’erreur frisant le 0, et ce quelles que soient les conditions de trafic ou météo. Le dépôt de plainte aura permis, grâce a un jugement en référé favorable à la compagnie française et à la mobilisation politique du pays, déclenchée par un Montebourg remonté comme un coucou, d’arrêter les activités néfastes de la société renégate privée (et évidemment pas française).

À partir de 2013, ce sera donc la société toute fraîchement renationalisée « Chronopost » qui, le 24 décembre, se chargera de distribuer l’ensemble des cadeaux aux enfants, avec la précision qu’on lui connaît. Justice est rendue !

Bonne nuit les petits !

—-
Billet initialement paru en Décembre 2007
Sur le web

Laisser un commentaire

  1. C est une tragédie….sauf que le père noel habite et fabrique en Finlande (en euros ce con…). Il n a en effet pas le droit de vendre à perte, mais donner : oui ! Quant aux lutins, ils n utilisent aucuns produits toxiques à part la gnole et la poudre magique. Les rennes boivent du glogg, d ou leurs nez rouge. Et ce pere Noel n a plus une thune de toute façon. En tout cas en 2013, si on veut rester en France, on a interet d y croire au pere noel. Reste un creneau : les associations, fondations et autre tion pour prendre de l argent au peuple en jouant sur la douleur, la pitié, la charité, le partage….de l argent gratuit des autres. Et la, inspirez vous des dames de France et autres stars de sport pour rouler sur l or et surfer sur la misère des autres. Joyeux noel !