Syrie et Palestiniens : une solidarité à géométrie variable

Publié Par Nathalie Elgrably-Lévy, le dans Moyen Orient

Le conflit israëlo-palestinien déclenche des mouvements de « solidarité » immédiats, alors que la situation dramatique du peuple syrien semble laisser froid nos « indignés » nationaux.

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis Montréal, Québec.

Combats en Syrie

D’une part :

Il y a 20 mois débutait la guerre civile en Syrie.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ce conflit a fait 40 000 morts (mais certainement davantage).  C’est l’équivalent de 2 000 morts par mois.

Le nombre total de réfugiés dans les quatre pays voisins de la Syrie (Turquie, Liban, Jordanie et Irak) s’élève à plus de 408 000.

Au Québec, à peine 220 personnes ont répondu à l’appel du Collectif  syrien pour participer à une manifestation ayant pris la forme d’un sit-in.  Aucun politicien n’était présent.  Aucun syndicat.

D’autre part :

L’opération israélienne Pilier de la défense,s’est amorcée il y a 6 jours (le 14 novembre). Le chef militaire du Hamas, Ahmad Jabaari, a été assassiné  et un peu plus de 60 Palestiniens ont perdu la vie depuis le début des bombardements israéliens, selon un récent bilan fourni par les services des urgences à Gaza.  Notons que cette attaque était en réponse aux dizaines de tirs de roquettes et missiles lancés récemment par le Hamas et d’autres organisations terroristes depuis la Bande de Gaza sur une population civile israélienne de plus d’un million et demi de personnes.

Au Québec :  on organise aussitôt une manifestation pro-palestinienne à  laquelle plus de 2000 personnes participent, y compris les députés de QS Françoise David et Amir Kadir et des représentants de l’ASSÉ et des étudiants de Concordia.

Face à un déséquilibre aussi flagrant, je me questionne :

Pourquoi tant de soutien aux Palestiniens et pratiquement rien pour les Syriens ?

Est-ce que 40 000 morts parmi les Syriens valent moins que 60 morts parmi les palestiniens ?

Comment tous ces bien-pensants qui manifestent peuvent-ils donc justifier leur discrimination envers les Syriens ?

Lire aussi sur Contrepoints :

Sur le web

Laisser un commentaire

  1. Israël a toujours tort. C’est pourtant simple.
    @ Vincent : Il ne sont pas antisémites. Ca, c’est mal.
    Maintenant, c’est cool d’être antisioniste.

    Pauvres de nous…

  2. De la mauvaise foi des deux bords. Le votre et ceux qui brandissent le sort des palestiniens a chaque tappage médiatique. Cessez donc de philosopher sur les morts.
    On aimerait bien savoir combien de Palestiniens sont morts depuis le debut de ce conflit?
    En syrie c’est en.dictature. Israel, n’est ce pas une démocratie qui bombarde des civils? Qu’importe la raison invoquée. L’indignation est de mise pour les deux conflits. Honte a vous de jouer au jongleur sur des morts.

    1. C’est une dictarure donc ils ont le droit aux massacres ? lol ?

      L’auteur ne jongle pas, il CONSTATE. C’est un fait, en occident personne n’aime Israël, mais on adore tous les dictateurs.

      1. Je me demande souvent comment les français réagiraient si des fous banlançaient des centaines de roquettes sur les villes françaises par dessus la frontière suisse, par exemple, et que la Suisse laisse faire.

        S’il est vrai qu’Israël n’est pas tout blanc, les terroristes d’en face sont bien pires, à mon avis.

        1. « Je me demande souvent comment les français réagiraient si des fous banlançaient des centaines de roquettes sur les villes françaises par dessus la frontière suisse, par exemple, et que la Suisse laisse faire. »

          +1

          Mais tu dois être un sioniste, je vois que ça, pour oser vouloir répondre à des attaques de roquettes… Si tu étais dans le camp du bien, tu saurais que la bonne réponse à avoir contre le tirs de roquette venant d’un pays voisin, c’est l’auto-flagellation.

          Bon, et on ne parlera pas de l’endoctrinement antisémite dès le plus jeune âge dans certaines (?) écoles palestiniennes…

    2. @ Jo

      La France et les USA sont aussi des démocraties qui bombardent des civils en Afghanistan.

      À la différence prêt, que dans le cas d’Israël, c’est le territoire d’Israël qui est directement menacé, alors que l’Afghanistan ne représentait aucune menace directe contre la France.

        1. @ DoM P

          Je ne crois pas que c’est en bombardant l’Afghanistan que l’on résoudra les problèmes de 95 ou du WTC. Il s’agit de problèmes intérieurs, pas extérieurs.

          Dans le cas d’Israël, il y a une guerre de frontière, c’est bien plus une guerre légitime que celle de l’Afghanistan.

  3. Ah oui ça c’est encore un truc que je n’ai pas encore bien compris.

    Des représentants du « camp du bien » de moi connu sont d’un antisémitisme à faire peur. Ils n’ont que les « pauvres travailleurs vs la méchante finance » à la bouche par contre un bon juif semble être un juif décédé pour eux.

  4. Je ne sais pas pourquoi les palestiniens attirent la sympathie. Peut-être le résultat d’un demi siècle de victimisation obscène?

    En revanche, je sais pourquoi les Syriens n’attirent pas notre sympathie. On estime qu’un homme sur 2 dans ce pays travaille pour les services secrets. Historiquement ce pays destabilise toute la région. Et surtout, proposer une lugubre théocratie à la place d’une dictature, on conçoit que ça n’attire pas l’adhésion. Et heureusement.

    Oublions ce coin du monde, repère de Trolls et allons voir ailleurs. On a déjà assez donné dans l’indignation.

  5. Donc si y a des salauds parmi les suisse qui balancent des roquette sur la France, faudra sacrifier tous les suisse qui sont pris en otage pour ces salauds?
    Une manière de réfléchir assez bizarre.
    L’autre me ramène aux bombardements de l’Afghanistan par les USA (toute aussi scandaleux). Faites le ménage dans vos tête. Et dites vous que l’Arabe de Gaza qui se fait bombarder ou l’Israelien de Haifa qui se prend une roquette sont les mêmes. Des figurants dans une violence qui va au dela d’eux. Le jour ou vous comprendrez ça, ce jour là on aura bien avancé.
    Parler de la Syrie est autre chose, des bombardements à coups de drone par les USA est autre chose, du Tibet, de Cuba, du Venezuela… y’en a des exemples de la barbarie. Qui parle de la Corée du Nord? Personne. Parlons en, si vous voulez mettre en perspective les morts de ce monde. Mais essayer de voir qui est la victime. Et pour moi c’est tout autant les Gazaouis que les israeliens.

    1. « Donc si y a des salauds parmi les suisse qui balancent des roquette sur la France, faudra sacrifier tous les suisse qui sont pris en otage pour ces salauds? »

      Je n’étais pas au courant que le gouvernement israélien voulait sacrifier tous les palestiniens en réponse aux attaques de roquette. Mais je dois être mal informé…

    2. @ Jo

      Bien évidemment que les victimes sont dans les deux camps.

      Mais l’auteur n’est pas en train de faire un réquisitoire sioniste contre les Palestiniens, l’auteur s’étonne simplement qu’en Occident, l’on ne fasse grand cas que de la cause palestinienne, alors que l’auteur montre qu’en terme de chiffres, cette cause est actuellement bien moins dramatique que d’autres situations comme la Syrie (et on pourrait ajouter la Corée du Nord, et plein d’autres).

      Alors on pourrait se demander pourquoi les politiciens, les syndicats, et de nombreuses associations proches de l’extrême-gauche se focalisent sur la cause palestinienne en particulier?

      Et cela est d’autant plus inquiétant que le passé européen ne plaide pas en faveur des Juifs.

      1. Oui, nous vivons une époque où il est de plus en plus difficile de différencier le juif de l’antisémite. Tenez, prenez Jean-Marie Lepenovitchstein: on dirait un Breton!

  6. facebook_marcel.bonnard

    les 2 conflits ne sont pas comparables, la syrie c’est une guerre interne , les victimes sont tuées par les 2 camps, à gaza c’est un pays qui en massacre un autre

    1. « à gaza c’est un pays qui en massacre un autre »

      Ah bon? Une source pour appuyer ces dires grotesques?

      D’ailleurs ça veut dire quoi « un pays qui massacre un autre pays »? Non parce-que là je vois pas trop…

  7. Notez que le fameux « Observatoire syrien des droits de l’homme » n’est en aucune façon un organisme rattaché à la Ligue des droits de l’homme. C’est en effet une structure proche des rebelles qui n’est aucunement plus objectif qu’une source émanant du régime en place.

    Donc quand on cite un organisme, on se renseigne sur sa source et auquel cas on précise que l’information est peut être biaisée !

  8. Article d’une grande bêtise. Il faut savoir que les « rebelles » de Syrie sont des mercenaires payés par Israël et l’OTAN pour déstabiliser le régime. Bien entendu que les journalistes, agents du système, ne manifestent pas, tous souhaitent que Bachar tombe.
    http://www.infosyrie.fr/ renseignez-vous.
    Quant aux commentaires, ils sont d’une rare bêtise. On soutient les Palestiniens simplement car ils se sont faits voler leurs terres par un État violent et belliqueux, raciste, qui traite ses citoyens musulmans comme des citoyens de seconde zone.

        1. @ Le Sauralien

          Israël a des institutions bien plus libérales que les principaux autres régimes de la région, en particulier celui de l’autorité palestinienne qui est une dictature infâme qui détourne les aides occidentales au profit d’un petit nombre (Arafat était milliardaire!)

          Ensuite, la création de l’État d’Israël a été décidée par l’ONU à partir d’un protectorat britannique peuplé par des arabes et des juifs. Au lendemain de cette décision, les pays arabes ont livré la guerre à Israël dans le but de le détruire. Israël n’a pu se sauver qu’en gagnant militairement de manière assez inattendue le conflit et en étendant ses frontières sur ses assaillants pour avoir une plus grande marge de manœuvre militaire.

          Israël est depuis sa création en état de guerre, or, aucune guerre n’étant propre, il n’échappe pas aux dérives de cette situation. Par contre, les Israéliens n’étant ni responsables de la création de l’État d’Israël, ni ceux qui ont déclenchés ce conflit, il me semble quand même difficile de leur attribuer toute la faute de la situation.

          1. Et j’ajoute que c’est même probablement parce que les pays voisins d’Israël se revendiquaient du socialisme, alors qu’Israël était surtout l’allié des USA (bien évidemment ultralibéraux), que l’on n’a pas à être surpris du parti-pris évident des socialistes occidentaux…

          2. Rappelons également, à toutes fins utiles, que suite à la première guerre israélo-arabe, de 1948 à 1967, quasiment une génération, les territoires de « Gaza » et de « Cisjordanie » étaient entre les mais de pays arabes.

            Pendant 19 ans, les voisins d’Israël avaient toute latitude pour créer une Palestine s’ils en avaient eu envie.

          3. Notons le paradoxe, chez nos amis indignés pro-palestiniens: On s’y accorde pour ériger le nazisme en horreur absolue. Mais d’un autre côté on soutient ces types http://www.massorti.com/IMG/jpg/salut_nazi_palestinien.jpg

            Car oui cette guerre se nourrit du racisme, et il n’y a pas d’autres issues que l’anéantissement total d’un des deux camps. Car « qui conquiert une ville libre et ne la détruit point, va au devant de sa propre perte », chaque stratège le sait. Pourtant depuis 50 ans on assiste à un jeu de petites « guéguerres » interminables, surement sous l’influence de quelques associations humanistes, dont la seule action est de faire perdurer un conflit, et attiser ainsi la haine du voisin.

            Je déteste la violence. Mais soyons réaliste, pourquoi il n’y a plus eu de guerre avec l’allemagne apres la seconde GM? Parce que les américain, avaient bien compris (et c’était d’ailleurs relayé dans leurs films destinés aux soldats), qu’il fallait aller cette fois-ci jusqu’à Berlin leur coller une claque. Apporter l’horreur à l’arrière pour briser les va-t-en-guerre. Sinon ce peuple vivra dans l’esprit de vengeance, sans se souvenir de la cruauté de la guerre précédente.

            Alors let’s go. Que cette guerre jète enfin les bases d’une nouvelle relation entre israël et la palestine. Comme on a su le faire avec l’Allemagne.

        2. Ca n’a rien à voir avec le libéralisme, en l’occurence. Les palestiens qui tirent des roquettes sur les zones habitées d’Israël ne se comportent pas comme des libéraux pur jus non plus, voyez…
          Mais on note tout de même quelques différences de méthodes, notamment dans le fait qu’Israël tente de minimiser les pertes civles alors même que les membres du Hamas se dissimulent parmis femmes et enfants, tandis que le Hamas vise délibérément des civils, que les israëliens tentent de protéger en y consacrant des fortunes.

  9. L’obsession anti-israélienne des bien-pensants tient au plaquage sur ce conflit du schéma anticolonial.
    L’image d’un état-nation développé et intrus matant une révolte de victimes « autochtones » constitue ce nouvel opium des intellectualisants, en manque depuis l’effondrement de la révolution socialiste. En réalité, tout différencie l’épopée des réfugiés juifs des conquêtes coloniales.
    C’est ainsi qu’on aboutit à cette hébétude, digne des grands drogués, qui considère Israël en tort quoiqu’il fasse, tout évènement étant ramené au péché originel de sa création. Israël est toujours l’agresseur, alors qu’il réplique, simplement parce qu’il est né, croit-on, d’une invasion.
    Plus grave, le rêve de destruction d’Israël qui sévit continûment parmi ses voisins arabo-musulmans n’est jamais considéré. Ni les multiples concessions d’Israël, dont l’une des plus paradoxales fut l’évacuation de Gaza, devenu bizarrement une « prison ».
    Donner raison au bellicisme arabe conduit au recroquevillement d’Israël sur ses « faucons ». A quoi bon concéder si la concession ne sera pas reconnue ?