Du ministère du temps libre au redressement productif

Publié Par Charles Sannat, le dans Non classé

Le ministère du Temps libre était un ministère français qui fit partie en 1981 des innovations du premier gouvernement de Pierre Mauroy, entérinant en cela la volonté du président de la République nouvellement élu, François Mitterrand.

Par Charles Sannat.
Article publié en collaboration avec le Contrarien matin.

Montebourg au temps libre pour moins de dégâts ?

Je l’avoue bien volontiers, je suis un peu taquin… Mais que voulez-vous, c’est à ça que l’on reconnaît les « contrariens » !

Je me souviens – enfin pas vraiment car en 1981, finalement, je n’étais qu’un gamin, mais en tout cas cela fait partie des bonnes blagues gardées en mémoire qu’il est toujours utile de pouvoir ressortir lors d’un dîner en ville. Donc en 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, il a fallu montrer déjà à l’époque que le changement, c’était maintenant.

Le ministère du Temps libre était un ministère français qui fit partie en 1981 des innovations du premier gouvernement de Pierre Mauroy, entérinant en cela la volonté du président de la République nouvellement élu, François Mitterrand.

Et franchement, de vous à moi, un ministère du Temps libre occupant à temps plein plein de gens pour occuper ceux qui n’ont rien à faire, j’ai toujours trouvé l’approche très drôle et effectivement pour le moins créative.

André Henry fut ce ministre du Temps libre. Ce nouveau ministère prit directement la responsabilité des administrations du tourisme, de la jeunesse et des sports auquel fut adjointe une nouvelle direction « du loisir social, de l’éducation populaire et des activités de pleine nature ».

Là, quand on aborde le concept de la direction du loisir social, de l’éducation populaire et des activités en pleine nature, cela fleure bon le castrisme cubain et la nostalgie d’une époque révolue. Mais franchement, avec le recul et notre regard de maintenant, quelle rigolade mes amis !

Bon, je vous entends rire et rire encore de cette bonne vieille blague des années 80, mais attendez un peu que l’on parle des derniers chiffres du chômage. Ils sont dramatiques.

On peut les amoindrir, les atténuer, mais en gros c’est une catastrophe annoncée. Ce qui est très intéressant comme toujours, ce n’est pas le chiffre que l’on vous donne en boucle, mais le détail. On apprend que les radiés pour cause de défaut d’actualisation représentent 45% du nombre de chômeurs en « moins », et cette catégorie augmente de presque 7%. On apprend que l’emploi en CDD s’effondre. On apprend que l’emploi en intérim s’effondre. On apprend que les licenciements économiques sont presque anecdotiques dans la mesure où tous les plans sociaux annoncés actuellement n’ont pas encore été concrétisés par les vagues de suppressions d’emplois attendues. Prenons l’exemple de PSA. À Aulnay, l’usine va fermer et la direction du groupe Peugeot souhaite supprimer 8 500 postes. Ce sera peut-être moins, mais en attendant, tous ces ouvriers ont encore un travail… et cela se voit très bien dans le détail des statistiques. On apprend enfin, et c’est bien sûr le plus grave, que toutes catégories confondues, le taux de chômage en France s’élève désormais à 16,4%, loin, très loin hélas, des 10 ou 11% que l’on évoque habituellement.

Vous trouverez dans les pages suivantes les copies des tableaux de ces statistiques de sources officielles puisqu’il s’agit des documents du ministère du Travail.

Alors au rythme où vont les choses, il est évident que la récession en 2013 sera beaucoup plus forte que le concept marketing fort mignon de croissance zéro. C’est un tsunami économique qui s’annonce et pour l’emploi, la crise, c’est maintenant.

Peut-être que l’on devrait donc envisager de modifier les attributions de notre ministre du Redressement productif et dont l’activité essentielle est de gérer, d’apporter plus un soutien psychologique à nos concitoyens touchés par des plans sociaux qu’une aide réelle au développement économique de nos entreprises – ce qui est logique, Montebourg ne peut pas remplir à lui seul les carnets de commandes de nos sociétés en difficulté.

Il pourrait donc être assez adapté de mettre notre cher Arnaud (Montebourg) au ministère du Temps libre, parce que par les temps qui courent, du temps libre, il y en a plein.

Et puis de vous à moi, ça tombe bien, il a déjà la tenue pour aller à la plage, Laurence Parisot le trouve tellement beau en marinière…


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    1. Mais non ! Vous ne comprenez rien. Les socialistes sont l’intelligence incarnée. Ils nous le répètent à longueur de temps. Il faut donc les croire. Non mais !