Obama n’arrive pas à la cheville de Roosevelt

Publié Par Daniel J. Mitchell, le dans Amérique du Nord

Obama n’est qu’une version « Mini-Moi » de Roosevelt. Tant mieux : le New Deal avait été une mauvaise chose pour l’économie !

Par Daniel J. Mitchell, depuis Washington D.C., États-Unis.

J’ai expliqué à maintes reprises que le New Deal de Franklin D. Roosevelt (FDR) avait été une mauvaise chose pour l’économie. On peut en dire autant des politiques menées par Herbert Hoover, puisqu’il avait, lui aussi, contribué à élargir le fardeau des dépenses fédérales, à relever les taux d’imposition et à accroître l’interventionnisme du gouvernement.

Aussi, lorsque j’ai été spécifiquement invité à participer à un colloque sur Barack Obama, Franklin Roosevelt et le New Deal, je me suis dit : chouette !

On m’a demandé de répondre à cette question: « Est-on confronté à une relance de même niveau que celle de FDR ? » Voici quelques-uns de mes éléments de réponse :

Le président Obama veut sans doute être un nouveau Roosevelt, et ses politiques partagent une parenté idéologique avec celles qui ont été imposées durant le New Deal. Mais il n’y a vraiment aucune comparaison possible entre les années 1930 et aujourd’hui. Et c’est une bonne chose. Comme l’explique Walter Williams et Thomas Sowell, les politiques du président Roosevelt sont de plus en plus interprétées comme ayant eu un impact négatif sur l’économie américaine. (…) Ce qui aurait dû être une récession passagère ou sérieuse est devenue la Grande Dépression.

En d’autres termes, je considère qu’Obama n’est qu’une version « Mini-Moi » de Roosevelt [1], ce qui est bien mieux (ou, pour être plus précis, moins pire) que la vraie chose.

Pour sûr, Obama souhaite relever les taux d’imposition. De plus, il a étendu le contrôle de l’État fédéral sur l’économie. La principale réalisation de sa première année de mandat a été la prétendue relance, toujours fondée sur la même théorie keynésienne qui dit qu’une nation ne peut s’enrichir qu’en faisant transiter l’argent d’une poche à l’autre. (…) Obama a obtenu du Congrès la validation de son plan de santé, mais heureusement son coût représente peu de chose en comparaison de la Sécurité sociale et de ses 30 milliards de dollars de déficit à long terme. Et la loi de sauvetage Dodd-Frank n’est rien par rapport à l’ensemble de l’interventionnisme du New Deal de Roosevelt. En d’autres termes, les politiques d’Obama ont poussé le pays dans la mauvaise direction et ralenti la croissance économique. En revanche, Roosevelt avait considérablement alourdi le poids de l’État et réussi à nous maintenir dans une dépression durant une décennie. Par conséquent, Dieu merci, Barack Obama n’est pas Franklin Roosevelt.

La dernière phrase de l’extrait ci-dessus synthétise parfaitement le fond de ma pensée. Je pense que les politiques menées par Obama ont été mauvaises pour l’économie, mais qu’il a fait beaucoup moins de dégâts que Roosevelt dans la mesure où ses erreurs politiques ont été beaucoup plus faibles.

De plus, Obama n’a jamais proposé quelque chose d’aussi fou que la « Proclamation des droits économiques » de FDR. Comme je l’ai souligné dans mon article, cela « aurait créé un lourd dispositif de droits plaçant l’Amérique sur la voie d’une transformation en État-providence défaillant, comme en Europe, quelques décennies avant même que les États européens ne fassent la même erreur. »

D’un autre côté, les présidents successifs ont fini par créer ce massif édifice de droits, auquel Obama a ajouté sa pierre avec l’Obamacare. Et il s’obstine à s’opposer à toute réforme des droits acquis, qui permettrait à l’Amérique d’éviter de devenir une autre Grèce. Finalement, peut-être que je ne lui accorde pas suffisamment le crédit d’être aussi mauvais que Roosevelt.

PS: Voici un dessin humoristique des années 1930, encore valable pour illustrer la situation économique d’aujourd’hui.

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Sur le web.
Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.

Notes :

  1. Il est intéressant de noter que, venant de la gauche, Dean Baker du Center for Economic and Policy Research est fondamentalement d’accord avec moi. Mais uniquement dans le sens où il dit aussi qu’Obama n’est qu’une version réduite de Roosevelt. Dean considère effectivement qu’Obama devrait pousser plus loin son côté FDR et gaspiller davantage d’argent dans des projets encore plus grands de prétendues relances.

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  1. ça fait rire quand on voit les présidents préférés des américains : Delano, Clinton, Kennedy et Obama.

    Ceux qui méritent vraiment cette place sont Harding et Coolidge qui ont très bien géré le crash et la crise post guerre.